D) croissance industrielle et ANS la logique pour protéger au mieux les débouchés extérieurs des effets de la crise mondiale, les responsables brésiliens ont accéléré la recherche de nouveaux marnotamment ceux «pays en voie de développe-
(PVD). C'est ce explique pour une large part le caractère d'apparence «progressiste», pour ne pas dire «non-aligné» de la diplomatie brésilienne. Si la ligne Rio-Johannesbourg a été supprimée en juin dernier au bénéfice d'une liaison avec la Côte d'Ivoire et l'Angola, ce n'est pas seulement parce que la Rio-Johannesbourg avait perdu 25 millions de dollars en 1978, c'est encore moins pour «protester contre l'apartheid», comme cela fut bien entendu proclamé. C'est tout simplement parce que les exportations du Brésil atteignent aujourd'hui 700 millions de dollars vers l'Afrique de l'Ouest. Le Brésil, qui livre déjà les automobiles Volkswagen de Lagos et assure de grands travaux de génie civil au Nigeria, a signé en janvier dernier un accord commercial qui quadruple les achats brésiliens de pétrole nigérian (ils passeront à 80000 barils par jour) et qui prévoit un développement développement en retour des achats nigérians de produits brésiliens que le commerce bilatéral devrait atteindre 5 milliards de dollars 1983. quons à titre de comparaison que le commerce extérieur total du Brésil (exportations plus importations) a atteint 32 milliards en 1979.
De même, la raison de la reconnaissance par le Brésil du gouvernement MPLA dès 1975
- en contradiction apparente avec Washington - a trouvé son explication le mois dernier BRASPETRO, filiale TROBRAS, la société brésilienne du pétrole, vient de recevoir du gouvernement angolais un droit de prospection, un droit d'exploitation dans une société mixte en cas de découverte, l'espoir de vente de matériel pétrolier, et en attendant tout cela une garantie de livraison de 15 à 20000 barils par jour. Le traitement dont l'OLP bénéficie actuellement à Brasilia relève des mêmes considérations. Le Brésil, pour trouver des alternatifs aux Etats-Unis aux autres grandes nations industrielles menacées par la récession, va placer ses œufs jusqu'au Moyen-Orient. Avec quelques succès. L'industrie brésilienne d'armements est florissante, contrairement à beaud'autres. Son chiffre d'affaires aura atteint en 1979 environ 450 millions de dollars. Ses pays clients ont été à ce jour la Libye, Abu Dhabi, Oman, la Syrie et le Togo. L'Irak a même passé une commande de 2000
ENGESA, l'entreprise nationale d'armeréalise 90 % de son chiffre d'affaires à l'exportation. A noter que le Brésil sera prochainement même en mesure d'exporter des hélicoptères, grâce à coopération industrielle avec la SNIAS française dans la société HELIBRAS. Dans l'autre sens, le Brésil s'efforce de signer des contrats d'approvisionavec les pays arabes, ainsi que des projets de coopétion industrielle dans ces mêmes pays. Tel était par exemple l'obde Delfim Neto lors de son récent voyage au Moyen-Orient.
La recherche de partenaires dans le sous-continent américain n'est pas moins active. Le Brésil, qui considère que son industrielle rend son économie complémentaire celle de pays moins industrialisés de la région, relance la vieille et endormie ALALC (2). Pour la première fois au cours de ce président brésilien s'est rendu à Caracas les 6 et 7 novembre. Alors que les échanges Brésil-Venezuela atteignent 400 millions de dollars, le montant des contrats qui seront signés entre les deux pays d'ici un atteindre 2 à 3 milliards de dollars, a assuré le général Figueiredo. A noter que depuis le ler janvier les livraisons de pétrole vénézuelien sont passées de 26 000 à 50000 barils par jour. D'ores et déjà la pénétration des intérêts brésiliens dans les petits Etats si-
Usa frontière, Uruguay, Paraguay et Bolivie, en font un sous-impérialisme à l'échelle des pays latino-américains. A noter que l'Argentine, qui pendant longtemps a devancé l'industrialisation du reste du sous-continent a perdu son leadership en faveur du Brésil. Significatifs sont de ce point de vue le rachat de Chrysler Argentine par Volkswagen Brésil et le transfert progressif des activités de Fiat Argentine vers Fiat Brésil.
Entre 1971 et 1978, la part des exportations brésiliennes se dirigeant vers l'ALALC est passée de 12,2 à 12,8 % (soit plus 5 %), vers le Moyen-Orient de
2,8 % (soit plus 140 %), vers l'Afrique de 2,4 à 5 % (soit plus 110 %), vers le Comecon de 4,4 à 5,8 % (soit plus 30%), vers l'Asie et l'Océanie de 7,9 à 9,8 % (soit plus 25 %). Par contre, la part des Etats-Unis a baissé de 26,2 à 22.7% (soit moins 13 %), celle de l'Europe (AELE plus CEE) de 38 à 33,5 % (soit moins 12 %). La modification de la destination des exportations de produits finis est encore plus nette.
Près de 40 % de celles-ci sont destinées actuellement aux PVD contre 30 % en 1973.
L'effort de déploiement du commerce extérieur brésilien se porte également vers les «Etats socialistes». Il semble qu'à cet
égard, le Brésil souhaiterait réussir une percée identique à celle réalisée par l'Argentine. Des contrats importants pourraient d'ailleurs être prochainement signés : Moscou a proposé à Brasilia la construction de la centrale hydroélectrique de Porto Primavera (Etat de Sao
Au d
VEME les statistiques offi-
Icielles ne peuvent cachei la réalité du «miracle». Selon la fondation Getulio Vargas, le salaire minimum de 1978, selon les régions, ne représente que 96 à 63 % de ce qu'il était en 1960, alors que le PNB de 1978 représente 438% de celui de 1960 et le PNB par habitant, en 1978, 268 % de celui de 1960. En même temps VIPEA (Institut de recherche du ministère de la Planification) se félicite de ce que la productivité du travail ait crû de 2,79 fois entre 1963 et
D'après l'IBGE (Institut brésilien de géographie et de statistiques), une population active de 38 millions (le Brésil comprend actuellement presque 120 millions d'habitants), 70 % recevaient moins de trois fois le salaire minimum, ce qui faisait dans les régions les plus favorisées un salaire par mois d'environ 1000 francs français. A l'intérieur même de ces 70 %, les situations sont très inégales puisque l'on peut estimer qu'aujourd'hui plus de la moitié de la population active reçoit moins d'un salaire minimum, soit entre 250 et 325 francs français, suivant les ré-
Paulo). Le contrat représente plus d'un milliard de FF. La concurrence la France pour la fourniture des équipel'Etat de Sergipe. Le contrat se monte à plus d'un demi-milliard de FF. Le développement de ces liens, là aussi, ne sera pas iable, le mira
Le tableau suivant extrait d'une étude de l'IBGE sur la période 1960-76 n'a pas besoin de commentaires. Les chiffres désignent parfaitement la fonction économique de la dictature.
Couches de population %
5% les plus aisés
15% suivants
30% suivants
50% les plus pauvres depuis 1973 ayant été d'environ 7 %, la masse salariale ne représente chaque année rien de plus que l'augmentation du
Grâce au détournement d'une étude confidentielle de L'IPEA, la presse brésilienne a pu rendre public l'été dernier quelques indicateurs sociaux. L'emploi n'a crû, entre 1960 et 1976, que de 2,7% par an, soit moins vite que la croissance démographique (2,8 %)
économique «miraculeuse» est due en fait à l'augmentation considérable sans conséquences sur la politique du PC brésilien.
1) «Completely Knocked Down», c'est-à-dire éléments complètement démontés, donc destinés aux ateliers de montage.
2) Association latino-américaine de libre échange.
cle !
de la productivité par travailleur, donc du taux d'exploitation. La production par ouvrier est passée de 24597 cruzeiros en 1960 à 76640 cruzeiros en 1976.
Comment s'étonner de revenus Redistribution 1960 1976 27% 39% 12% 28% 28% 0 28% 21% -7% 17% 12% -5% dans ces conditions que le nombre d'accidents du travail n'ait cessé de croitre, passant de 46,6/1000 par an en 1960 à 49,3 en 1976.
Il serait «tombé» à 43,7 en
1978, après une grande campagne publicitaire.
Sur le plan médical, les progrès sont négligeables. Toujours selon le même rapport officiel, la mortalité des enfants en-dessous de 5 ans, de
105/1000 en 1960, était encore de 101/1000 en 1975.
Au pays du «miracle» économique, plus d'un enfant sur dix risque de mourir avant
Lavoir atteint l'âge de 5 ans...