Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

CHINE

Une histoire que nul ne peut ignorer

· Inprecor n° 69, 7 février 1980 · p. 40-46 · 5 361 mots

Chine URSS et Russie

ne peut ignorer Yi MING

A révolution culturelle est morte mais elle a profondément marqué ple. Plusieurs millions d'enfants de la Chine sont morts au cours de cet immense mouvement, les monts et les plaines de notre pays sont arrosés de leur sang rouge. Le sang des martyrs ne devrait jamais couler en vain. Il nous faut sérieusement tirer les leçons de cette douloureuse expérience. La révolution cultu-

LE SUMMUN

Etant donné le passé historique et social de notre parti, le gauchisme apparaît plus facilement que la déviation droitière. Il n'en est que plus dangereux. Pendant les années de guerre, nous étions obligés de corriger rapidement la ligne du fait de la pression ennemie et de remplacer l'erreur. Après la prise du pouvoir, personne n'a jamais nous contraindre à corriger nos erreurs comme auparavant. Depuis trente ans, une ligne d'opportunisme gauchiste loppe, croît, endommage plus d'une fois les acquis du parti et finalement conduit le pays à la catastrophe de la révolution cul-

Après la libération du pays et la réforme agraire, d'opportunisme gauchiste commencé à prendre forme. A l'époque, deux points ae vue relle doit être analysée au plus tôt. Le marxisme nous indique que nous devons chercher l'origine de la révolution culturelle du côté de l'économie sociale, de la politique, de la pensée et de la tradition et non pas nous contenter de dénoncer une responsabilité individuelle. Dans ce court texte, nous allons seulement chercher à déterminer l'origine de la révolution culturelle. DE LA LIGNE D'OPPORTUNISME GAUCHISTE différents existaient dans le parti. Ils se traitaient mutuellement de «courant de la consolidation de la nouvelle démocratie» et de «courant du socialisme utopique». Les représentants du premier courant sont Liu Shaogi et Bo Yipo (1) ; leur théorie se fonde sur théorie du «capitalisme d'Etat» de Lénine et met en relief le thème du développement des forces productives de la société. Ils pensent que dans un pays économiquement arriéré comme la Chine, le pouvoir politique du

Liu Shaoqi : l'un des principaux dirigeants du PCC, dont il devint le vice-président. Président de la République populaire, il sera le principal accusé de la Révolution culturelle. Mort et réhabilité quasi-officielle-

Bo Yipo : l'un des principaux économistes du PCC, devient ministre des Finances, évincé durant la Révolution culturelle.

prolétariat peut et doit autoriser le développement du capitalisme dans les limites fixées par la loi, construisant ainsi progressivement les bases du socialisme. Le second courant avance la théorie de l'égalitarisme paysan. Ils constatent le rétablissement progressif de l'économie nationale et notent qu'une parpaysans commence s'enrichir, retrouvant un niveau de vie analogue à celui d'avant-guerre. Les tenants du second courant commencent donc lancer des mots d'ordre alarmistes : «On est partagé en deux pôles de classe», «l'alliance ouvrière et paysanne est en danger», «la ligne des paysans riches triomphe». Ces étiquettes sont aussitôt collées aux camarades qui insistent sur la ligne du «Septième congrès» (2). Le résultat de la lutte entre ces deux lignes est un certain compromis. La ligne générale de la période de transition adoptée par le parti en 1953 indique en effet qu'il faudra 15 ans ou plus pour réaliser progressivement l'industrialisation du pays et la transformation socialiste de l'agriculture, de l'artisanat et du commerce capitaliste. Cette ligne générale fut cependant rapidement écartée par les gauchistes. C'est en 1955 que débute le mouvement «contre le conservatisme droitier la femme aux pieds bandés» qui prit pour bouc émissaire le camarade Deng Zihui (3). Dans l'élan de ce mouvement, les 500 millions de paysans tous suivi la ligne du collectivisme. C'est ainsi que débuta une ère nouvelle durant laquelle les citadins furent obligés d'utiliser des bons de rationnement dont le nombre croissait de jour en jour, pour obtenir les produits de première nécessité . Ils gauchistes) la juste ligne l'aventurisme» avancé congrès du PCC avait tenu une deuxième session en mars 1949, à la veille de la prise du dans l'ensemble 3) Deng Zihui : longtemps respon-

Usable de l'Agriculture pour la Commission du Comité central, élu au Comité central par le Neuvième congrès du PCC tenu en 1969.

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par le camarade Zhou Enlai (4). Ils n'ont (4). Ils n'ont pas attendu la stabilisation des coopératives de production agricole de niveau inférieur pour les transformer en coopérative de niveau supérieur. Ainsi, en 1957, les tâches dont la réalisation devait s'effectuer en 15 ans furent accomplies en moins de 4 ans. Les gauchistes s'enorgueillissaient de ces glorieux «exploits». La ligne gauchiste gagnait ainsi de plus en plus dans le parti, créant les conditions d'un effondrement économique.

En même temps, le gauchisme s'affirmait dans le domaine idéologique. Le «Huitième congrès» (5) du parti déclara que la principale contradiction à laquelle nous avions à faire face était la contradiction entre les rapports de production modernes et les forces productives arriérées. Après la réalisation de l'essentiel des transformations socialistes basées sur le collectivisme, la lutte des classes à grande échelle était terminée. Pourtant les opportunistes gauchistes, pour leurs propres besoins, ont commencé à fausser la doctrine de la «lutte de classe»- Ils se refusent à faire un effort pour étudier la façon d'utiliser dans le domaine idéologique les méthodes démocratiques : les débats comme moyen de développer le marxisme et de surmonter les divergences entre les différents courants de pensées. Au contraire, ils agitent comme un 4) Zhou Enlai (Chou En-lai) : l'un des principaux dirigeants du PCC, réputé «modéré» et fidèle exécutant de la ligne du parti. Premier ministre de la République populaire, il a réussi à échapper à toutes les purges politiques jusqu'à sa mort en 1975. Très respecté, apparemment, par la population. 5) Le Huitième congrès du PCC se tint du 15 au 27 septembre 1956. 6) L'auteur fait ici allusion à la période des «Cent fleurs» (fin 1956-début 1957) et du «Mouvement de rectification» qui suivit, durant lesquels une sévère répression contre les «droitiers» succéda à une période très libérale où l'expression d'idées diverses (les «Cent fleurs») était encouragée. Le «Grand bond en avant» (1958-1960), impulsé par épouvantail la «différence entre la pratique et la théorie», recourent purement et simplement à la méthode facile de la répression pour consolider la dictature du prolétariat. On «attire» d'abord les «contestataires», après on leur colle l'étiquette de «droitiers» avant de les envoyer à la «rééducation par le travail». En pratiquant ainsi la «lutte des classes», les «gauchistes» n'ont pas seulement frappé l'é ite ( ie mllions d'intellectuels), mais ils préparent aussi le climat propine au «Grand bond en avant. (6). Dorénavant, personne n'osera plus dire la vérité aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du parti.

Aux lendemains de la libération, nous avons abandonné la possibilité d'établir des relations avec les pays occidentaux. Nous avons adopté la ligne de «tout sur le modèle soviétique», «tout sur un côté». Ce n'était pas intelligent mais nous avons quand même atteint les objectifs économiques prévus par le premier plan quinquennal, avec l'aide de l'Union soviétique. Sous la direction des camarades Zhou Enlai et Chen Yun (7), notre économie nationale a progressé, entre 1953 et 1957 soit 18 % pour l'industrie et 4,5 % pour l'agriculture, Après la condamnation des erreurs de Staline par l'Union soviétique, la confiance qu'on portait au «grand frère» a disparu, l'idée traditionnelle de la «grande Mao, visa à engager la Chine dans un «bond» dans le communisme par la accélérée de communes populaires dans les campagnes et par une mobilisation intensive de la population qui devait permettre d'arracher le pays au sous-développement malgré son arriération technologique archaïques. On peut avoir une idée de la démesure du projet du «Grand bond en avant», en notant que Mao espérait que la Chine pourrait rattra-

15 ans le niveau de production par tête d'habitant de la de-Bretagne. C'est à l'occasion de la deuxième session du Huitième congrès du PCC . en mai 1958, que le «GBA» fut officiellement lancé. 7) Chen Yun : l'un des principaux économistes du PCC et l'un des vice-présidents du Comité

Chine» a recommencé à fleurir. En conséquence, «la Ligne «la Ligne générale», «le Grand bond en avant», «les communes populaires», ces pures «inventions nationales» naissent comme des champignons après la pluie. Sous «l'éclairage glorieux» des «Trois étendards rouges» (8), les fantasmes comme «chaque Mu doit produire dix mille Jin» (9), «un an de combat acharné pour entrer dans le communisme» remplissaient les pages des divers organes du du parti. Les journaux montraient ainsi combien certains dirigeants de l'époque étaient de «gauche». Bien sûr, tout le monde à l'époque n'était pas malade mental, nombreux étaient ceux qui se contentèrent de sauver leur peau : on «se tait après avoir critiqué la droite». Dans le murmure des louanges, seul le grand général Peng (10) a dit la vérité. Il fut cependant écarté de la scène. Durant l'été 59, tout le parti a profondément senti les dangers de la ligne «gauchiste», mais le CC qui s'est réuni à Lushan s'est mobilisé pour renverser sa droite; quelle tragédie attristante ! Ce mouvement «pour renverser la droite» n'a pas seulement «renversé» un nombre très important de camarades qui étaient par ailleurs les plus actifs et les plus loyaux, mais en même temps a bouleversé la vie de milliers de gens affamés. La production alimentaire est tombée de 250 millions de tonnes en 1958 à central du parti élu par le Huitième congrès. Evincé durant la révoluion culturelle

Les «Trois étendards rouges» (le «Grand bond en avant», la «Ligne générale» et les «communes populaires») résument l'orientation de la fin des années cinquante. 9) Un Mu représente environ 6,6

Fares (un are équivaut à la surface d'un carré de 10 mètres de côté). Un Jin représente environ 500 grammes : chaque Mu de champ de riz doit donc produire 5000 kg 10) Peng Dehuai : l'un des principaux dirigeants du PCC, membre du Bureau politique, vice-président du Conseil gouvernemental et ministre de la Défense. Evincé pour s'être opposé à la ligne de Mao lors de la Conférence de Lushan, réunie en juillet-août 1959.

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L'année arriver

1962 pour

2,4 % mine. La

1960, pour perdre blé être libre.

dance gauchistes ne se tendant dans

11) Chen Boda : ancien secrétaire de Mao (depuis 1937), dont il met en forme théorique les orientations et les pensées. Sera le Président du Comité de la Révolution culturelle d'être lui-même avant avec l'élimination des «radicaux» de la Révolution culturelle en 1971.

Kang

Sheng

: entre au Bureau politique en 1931, chef éternel des services de sécurité.

membre

Comité de la Révolution culturelle, il ne sera disgrâcié qu'après sa mort survenue en 1973.

12) Le Neuvième congrès du PCC s'est réuni du 1er au 24 avril 1969.

quée on dére teurs avec infantile

Mais changé.

faindusencore les gaule programme politique du complusieurs centaines, milliers pour arriver progressivement à la disparition de l'Etat et du que les parti, aprés la prise du pouvoir.

sont jamais gramme politique d'un «socialisme» féodal fasciste - la soil'ombre leur disant «Ligne fondamentale» du Neuvième congrès (12), prôée

Lin

Biao par heng.

cette omportement qu'un

'est plus façade, ils remplacent le léniisme épuré qui réprimera rouges qui échappent au contrôle de la fraction maoïste. Il est désigné par le Neuvième du phin officiel de Mao. Il meurt dans des circonstances pour le moins obscures en 1971.

Tient arrêtés là, core les onsides «réformala «maladie communisme». recommen cé, leur ligne profon dément Durant la deuxième trahit de l'année 1962, quand l'économie nationale commença congrès. à remonter du fond du gouffre, la clique de charlatans, tels que Chen Boda et Kang Sheng (11) s'est empressée, lors de la 10è plénière du Huitième CC, de déchirer la résolution du Huitième congrès. Ils ont affirmé «qu'à chacun selon son besoin est le seul contenu du socialisme». En profitant de la banqueroute des «communes les populaires», ils ont déclaré que munisme devait être retardé de voire de d'années, avant d'être réalisé. Ils ont com- des plétement abandonné l'essence du socialisme scientifique : le développement du système de «propriété d'Etat», qui a pour classe dirigeante le prolétariat, vers le système « d'individus unifiés», c'est-à-dire le collectivis-

Ils ont abandonné la tâche historique du prolétariat qui est le dépérissement des classes Ils l'ont remplacé par le pro-

(13) et Kang épo que, maquillage de révolutionnaire par l'i13) LIn Biao : militaire de carrière, 15) Huang

Oil remplace Peng Dehuai au poste 1927 de ministre de la Défense après la Conférence de Lushan. L'un des prin-

«radicaux» de la Révolution il est aussi chef de l'Armée té mouvements de masse ou de Gardes congrès comme le dautaire, depuis 14) L'auteur polémique ici de fait avec les thèses développées lors de la Conférence de Lushan par Mao. de Pékin.

déalisme fondé sur la négation du rôle déterminant des forces productives, par le volontarisme et l'égalitarisme du système de rétribution. La vraie nature de opportuniste n'est autre que le révisionnisme qui complètement le marxisme et la ligne du Huitième

Cette ligne de révisionnisme gauchiste n'a pas pu, au début, être démasquée par les masses parce que ses instigateurs sont fourbes et sournois. Ils pointent d'abord la flèche empoisonnée vers l'extérieur du parti, ils prennent comme cible imaginaire les quelques résidus de l'ancienne classe exploiteuse qui a presque disparu (14). Ils retournent progressivement leur flèche après que leurs théories aient eu gain de cause.

Leur cible change, passant «contre-révolutionnaires dans les masses» à la «bourgeoisie du parti». Elle passe de la «cellule de base infiltrée par l'ennemi» au «QG de la bourgeoisie». Finalement, grâce à l'étroite collaboration des plumes de Chen Boda, Kang Sheng, des fusils de la clique de Lin Biao, Huang Yongsheng (15) et de la police secrète de la clique de Xie Fuzhi (16), ils ont modifié la ligne politique du Huitième congrès ainsi que les instances dirigeantes : au niveau central, le congrès national du peuple, le président du pays; au niveau local, les différentes autorités politiques locales et les structures de masse. L'opportunisme gauchiste est devenu nalement le pouvoir royal féodal; il a atteint son summun et a préparé ainsi les conditions nécessaires de sa propre chute.

Yongsheng: engagé dès dans la lutte révolutionnaire. Commandant militaire de la région de Pékin en 1966, il deviendra dirigeant en 1968 du nouveau Comirévolutionnaire du Guangdond avant de se rendre à Pékin et de devenir chef de l'Etat-major général de l'Armée populaire de libération. 16) Xie Fuzhi : de formation miliministre de la Sécurité 1959, un «radical» de Révolution culturelle durant laquelle il dirige le Comité révolutionnaire

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En lisant les lettres du camarade Mao à Jiang Qing (17) et ses conversations avec Snow (18), il n'est pas difficile de constater qu'il était contre le culte de la personnalité dans la nuyeux. Il savait que ce culte n'est pas matérialiste et qu'il s'oppose aux principes du parmalgré tout comme une arme efficace dans la lutte politique (entre fractions). L'histoire prouvé que Lin Biao et la Bande des quatre (19) ont profité de cette considération du camarade Mao. Il n'est pas possible de faire avancer l'histoire en s'appuyant sur la superstition arriérée du peuple. Il n'est pas possible non plus de consolider les acquis du parti en endommageant la démocratie du parti. La «révolution culturelle» est justement le fruit du manque de démocratie au sein du parti.

Votre parti est composé en majorité de paysans petits-bourgeois, la vie démocratique qui existait dans le parti bolchévique (du bas vers le haut) est absente dans notre parti et la distance qui sépare (le régime de notre parti) de celui du marxisme originel des sociétés occidentales est encore plus grande. Pour diriger la révolution, notre parti a dû 17) Jiang Qing (Chiang Ch'ing) : ancienne actrice, devint la femme de Mao Zedong, après avoir rejoint Yenan en 1937. Elle sommets du pouvoir à l'occasion de la Révolution culturelle dont représente l'aile dite Elle sera évincée du pouvoir avec la chute de la «Bande 18) Edgar Snow : journaliste amé ricain qui a pu, prises, rencontrer Mao et publier ses entretiens. 19) Bande des quatre : nom donné par ses adversaires a la traction maoiste qui regroupe, de Mao, Jiang Qing, Wang Hongwen, Yao Wenyuan et Zhang Chungiao. Renversé par Deng 1976.

LES MAUVAIS RESULTATS DU CULTE DE LA PERSONNALITE culture traditionnelle chinoise. Dans ce processus, traditions humanistes dans la société féodale, cette partie du marxisme a été négligemment abandonnée. Dans les premières années du parti, la direction de type familial de Chen le considérait (20) a causé l'échec de la grande révolution. Apres, le parti a subi la leçon tragique de l'époque Wang Ming (21). La vie démocratique, à l'époque de Yenan (22), a malgré tout, ellen'étaitpas saine. Certains jeunes éduqués qui ont une notion de la démocratie plus précise, ont été un peu choqués et découragés quand ils arrivèrent de la zone blanche à Yenan, en voyant les vieux cadres préoccupés surtout par les plaisirs de la danse et draguant les étudiantes. Ils ont manifesté plus tard, ils ont été classés et de comme révolutionnaires» par la clique de Kang Sheng. Ils étaient les précurseurs «contre-révolutionnaires», «droitiers» et capitaliste». la Chine ancienne que le «vainqueur soit queur soit roi et le perdant bandit» (23), a prolongé pro20) Chen Duxiu : l'un des pêres fonatteint les elle

«radicale». des quatre». à plusieurs reconfuse. après la mort Hsiaoping en fraction mac "ste fondément le parti.

points à cause du rait été de démocratie

Liu geants dans été un exemple dans parti, mais mécontentement;

«espions» et «contretions dus, des millions de de proché de de «courant

La règle traditionnelle de marxistes en communisme nois, secrétaire général du PCC jusqu'à l'échec sanglant de la deuxième chinoise en 1927, échec dont Moscou lui fera porter l'entière responsabilité malgré le rôle catastrojoué dans la détermination de la ligne du PCC par Staline et ses

Chen Duxiu sera gagné aux idées de l'opposition de gauche avant d'être arrêté par le Kuomitang. A mort

(1942)

orientation politique est devenue très

21) Wang Ming : représentant de la fraction stalinienne pro-Moscou au sein du PCC durant les années trente. Il sera progressivement évincé

Uses racines dans Après la confirmation de la justesse de certains de vue du camarade Mao Zedong, nombreux sont ceux qui le flattèrent, le couronnèrent comme le «sauveur» du peuple. Ils ont ainsi ouvert la mauvaise voie; celle qui ausuivie par le camarade Shaogi, en incluant les personnels et les statuts du parti, quand il fut chargé de rédiger ces derniers pour le Septième conrévélation des erreurs de Staline a profondément choqué notre parti. Peu rapport secret fait par Khrouchtchev au Vingtième congrès du PCUS, le rapport du camarade

Ziaoping, au nom de la direction du parti, visant à moles statuts du parti au Huitième congrès, a correctement souligné la nécessité lutter contre le culte de la personnalité. Les statuts du parti, adopté par le Huitième congrès, ne comprenaient plus de noms propres d'individus, élevant ainsi de beaucoup la qualité idéologique du parti. Mais tout fut inversé, quelques années plus tard, après la rupture des relasino-soviétiques. «Tous ce que les ennemis ont défennous devons le dénoncer» : Khrouchtchev s'est rapla Yougoslavie et ainsi de suite. Le nationalisme étroit a troublé les idées de certains camarades et les anti-

Sont profité. Depuis les années 60, Lin Biao parade avec le titre de «bon d'une longue lutte interne au PCC qui se soldera par le départ de Wang Ming à Moscou où il mourra. 22) L'époque de durant laquelle les forces du PCC et de l'Armée rouge se sont réfugiées dans les confins sententrionaux de la Chine après la «Longue marche», avant de repasser à la contre-offensive à l'occasion de la guerre sino-japonaise qui débute en 1937. 23) Dans la Chine ancienne, la lé

Bitimité d'un empereur ne tient son ascendance royale (à «sang»), mais au fait même qu'il ait à s'emparer du pouvoir victoire est le signe qu'il a bel et bien reçu le «mandat du ciel», retiré par là au précédent empereur detait.

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élève» du président Mao pour vendre ses «volontarismes» et promouvoir à fond l'idée de «l'autorité absolue». Selon les informations dont on dispose, à part quelques désapprobations de la part des camarades Deng Xiaoping, Lu Dingyi, Luo Ruiqing (24), sur certaines positions exagérées de Lin Biao, il y a eu très peu de résistance, avant la «révolution culturelle», face au débordement de la «pensée de Lin Biao». Pendant de très longues périodes, beaucoup de vieux camarades n'ont pas compris l'intérêt de la démocratie dans le parti. Ils n'ont pas fait d'efforts et de sacrifices à part le camarade Peng Dehuai qui était un prévoyant) : ils croyaient que l'arme du culte de la personnalité pouvait pro24) Deng Xiaoping : l'un des principaux dirigeants du PCC, dénoncé comme le deuxième tenant du «retour au capitalisme» au sein du Parti, après Liu Shaoqi. Aujourd'hui l'homme fort du nouveau régime.

Lu Dingyi : ancien ministre de la Propagande et de la Culture, évincé durant la Révolution culturelle.

Luo Ruiqing : vice-président du Conseil gouvernemental, tre de la Défense et chef de l'Etatavant d'être arrêté en 1966 25) Chen Yi : rejoint le PCC en 1923.

Un des dirigeants militaires durant les guerres de libération, proche de Zhou Enlai, vice-président de la Commision des affaires militaires du Comité central à la veille de la Révoculturelle, meurt en 1972, étant alors ministre des Affaires étrangères.

110 7 18 téger le drapeau du parti, préparant l'opinion publique à la contre-révolution de la clique de Lin Biao. Une fois le désastre arrivé, les gens se sont réveillés mais il était trop tard pour s'appuyer sur la démocratie. Durant la llè session plénière du Huitième Comité central et les sessions de travail qui ont suivi, une bonne majorité de membres du CC furent destitués par une petite bande de seigneurs de guerre et d'intellectuels verreux sous prétexte qu'ils «agissaient contre le président Mao», qu'ils sont «contre la pensée de Mao Zedong». En février 1969, les camarades Chen Yi, Li Fuchun, Li Xiannian, Tan Zhenlin, Nie Rongzhen, Ye Jianying Xiangqian (25) ont brandi le drapeau du parti pour contrer

Li Fuchun : rejoint le PCC en France au début des années vingt, participe Longue marche; après 1949, est mis à la tête de la Commission du Plan, vice-président du Conseil gouvernemental, proche de Zhou Enlai, perd son poste au Bureau politique en 1969.

: rejoint le PCC en 1927, commandant des forces de guérillas, devient ministre des Finances en 1954, vice-président dr Conseil gouvernemental, proche de Zhou Enlai, subit une éclipse durant la Révolution culturelle, mais reste membre du Bureau politique.

Tan Zhenlin : membre du Bureau politique en 1966, ministre de l'Agriculture.

Nie Rongzhen : l'un des dix maréchaux de la Chine nommés en l'arme de la dictature individuelle contrôlée par Lin Biao et la «Bande des quatre». L'issue fut extrêmement tragique, l'arme a déchiré le drapeau, mais la masse est restée inerte côté; car pendant longtemps, elle a appris à considérer l'arme comme le drapeau, le drapeau comme l'arme. LE DENOUEMENT DES 17 ANS

Il existe aujourd'hui une tendance à séparer 17 et 11 ans (26) : 17 ans, ce serait le paradis, 11 ans, ce serait l'enfer. Cette tendance est coupée de l'histoire ou bien elle veut cacher délibérément le lien entre les deux.

Que ce soit le glorieux Mao Zedong, ou bien la minuscule «Bande des quatre», personne ne peut créer la «révolution culturelle» tout seul. L'histoire est toujours écrite par le peuple. Il en est ainsi pour le 5 avril (27), comme pour la «révolu-

L'analyse de Marx sur la prise du pouvoir par Napoléon III doit nous servir d'exemple pour étudier la «révolution culturelle». Il est évident que sans le soutien ou la neutralité de la majorité des jeunes et des citoyens à différentes époques et à différents degrés, il aurait été impossible pour la «Bande des quatre» et Lin Biao de lutter contre les cadres de l'ensemble du parti.

Ye Jianying : participe à la «Commune de Canton» en 1927, nommé maréchal en 1955, membre du Comité central en 1969, président de l'Assemblée du peuple.

Xu Xiangqiang : l'un des dix maréchaux, membre du groupe de la Révolution culturelle dans l'Armée 26) C'est-à-dire 17 ans après la prise du pouvoir de 1949 (soit 1966) et 11 ans après (soit 1960) : la fin du ‹Grand bond en avant» et les débuts Je la Révolution culturelle. 27) 5 avril 1979, date de la manifes

Station populaire de la place Tien An Men, réunie en l'honneur du défunt Zhou Enlai et violamment réprimée par la fraction maoïste. manifestation est en quelque sorte la date anniversaire de l'actuel «Mouvement démocra-

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De 1921 à 1949 (28), en vingt-huit ans, le peuple chinois a appris à connaître le PCC. Il était le plus courageux dans la lutte contre le Japon. Il était le plus ferme dans la lutte contre l'impérialisme et les colonialistes. Il était plus honnête et plus juste que le Kuornintang (29), plus discipliné, plus vivant et il avait plus d'avenir. Le peuple vit dans le parti l'espoir et la possibilité de reconstruire le pays. Il soutint donc volontairement le PCC. Durant la période de la révolution démocratique (30), les membres du PCC n'ont pas trahi le peuple. Leur grande qualité s'était trempée dans les prisons des réactionnaires et forgée à l'odeur de la poudre des champs de bataille. Après la prise du pouvoir, le parti a commencé à devenir source d'honneur et de position sociale. Sous le feu des flatteries, certains membres du parti ont très vite dégénéré. L'honneur du parti n'était pas sérieusement atteint, car il avait su diriger à temps la campagne des «Trois anti» (31), corrigeant sévèrement les éléments corrompus.

En 1957, le parti dirigeait déjà le pays depuis 8 ans, il est difficile d'éviter la prolifération des «trois mauvais styles de travail» et des «cinq attitudes» (32), en s'appuyant seulement sur la conscience et la «ré-éducation idéologique» des cadres. Le parti a donc fait appel aux masses de l'extérieur, en vue de nous corriger. Cette mesure fut très populaire, mais, ô surprise, «anti-droitier». Non seulement 28) C'est-à-dire de la fondation du PCC à la prise du pouvoir. 29) Kuomingtang : parti nationaliste bourgeois, qui disputa au PCC la direction du mouvement national, combattit violemment. Aupolicière néo-coloniale à Taiwan. 30) Période qui succède immédiaà la prise du pouvoir 31) La campagne ruption, au gaspillage et au bureaucratisme». Elle est dirigée en direc-

7 février 1980 les cadres n'ont pas été éduqués par le mouvement, mais au contraire, ils sont devenus de plus en plus arrogants. Depuis lors, disent-ils : «Qui ose me toucher est contre le parti». Malgré le fait que les cibles du mouvement «anti-droitier» soient en majorité des intellectuels et que la masse ouvrière et paysanne n'ait pas encore été touchée, le lien entre le parti et les masses n'existe plus; on cherche plutôt à éviter le parti.

Pendant la période 1958-1962, le comportement des cadres a profondément évolué : le mensonge, les étiquettes, insultes et les violences deviennent monnaie courante. Le goût du luxe et le gaspillage, le vol et la corruption, les infractions à la loi sont apparus massivement. Cette fois-ci, ils frappent directement les ouvriers, les paysans et les masses à différents niveaux, portant un coup fatal à l'honneur du parti. Il est clair que le désastre est dû à l'orientation erronée du parti, mais le peuple n'a pas bronché, il a supporté. C'est le meilleur signe que la masse accordait encore sa confiance au parti, qu'elle était précieuse ! Evidemment, au moment où tant de monde lutte entre la vie et la mort, la métamorphose des cadres s'est accélérée. La confiance d'une partie de la population mécontente, ébranlée. La société a réellement connu des troubles et des mouvements d'agitation; c'était prévisible. La direction aurait dû prendre ses responsabilités, elle aurait dû prendre des initiatives pour résoudre correctecion des cadres et des fonctionnaires. Ce mouvement se prolonge jusqu'au 30 avril 1952. 32) La campagne contre les «Trois erreurs dans le style de travail», qui prolonge les «Cent fleurs», dénonce le bureaucratisme, le subjectivisme et le sectarisme. Les cing erronées concernent les bureaucratiques, apathiques, extravagants, arrogants 33) Le Dixième plénum du Huireaffirme le thème devenu désuet de la permanence de la lutte des ment ces problèmes. A l'époque, elle n'en a rien fait, au contraire, elle a rendu la base responsable de la situation. Le soi-disant «ne jamais oublier la lutte des classes» n'était autre que le fouet donné aux cadres de base pour mâter les masses. Le soi-disant «mouvement d'éducation socialiste» (33) était un couteau à double tranchant qui pouvait s'appliquer aussi bien contre la masse que contre les cadres. Les mouvements politiques successifs n'ont fait qu'accentuer la contradiction entre les cadres et la masse, entre le parti et la masse alors que leurs rapports étaient déjà tendus, à la suite de trois années difficiles.

Au même moment, notre parti a lancé le mouvement «anti-révisionniste» au niveau international, malgré le fait que le peuple ne fût pas familier avec la situation en Union soviétique. Il connaissait très bien la situation sociale en Chine : les cadres usés par la «lutte entre les deux lignes» voyaient leur volonté révolutionnaire régresser. Ils vieillissaient et personne ne s'intéressait aux intérêts des masses. La rétribution selon le travail était détruited éterminants. privilèges deve-

La jeune génération, qui n'est pas au courant de tout, fait porter la responsabilité de plusieurs années de désastre aux bureaucrates à côté d'eux. Ils mettent tous leurs espoirs dans les «autorités absolues», au-dessus de tous. Ils recherchent la vitalité et la pureté du socialisme. Ils cherchent à casser la caste classes au sein du parti. C'est Mao lui-même qui insiste sur le «Camarades, n'oublions pas la lutte des classes !» dans le discours qu'il prononce devant le CC le 24 septembre. Le «mouvement d'éducation socialiste» fut formulé en 1957 par Mao, mais ne prendra forme qu'en 1962, après le Dixième plénum. Il s'agit d'un mouvement de «réarmement moral et idéologique» qui s'appuiera sur la lecture des «Trois textes les plus lus», à savoir trois courts textes de Mao de l'époque de Yenan («A la mémoire du De. Norman Béthune», «Servir le peuple», «Comment Yükong déplaça les montagnes»). C'est à cette occasion que la «Pensée de Mao Zedong» devint omniprésente

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de la bureaucratie pour développer leur savoir et leur intelligence. Ils sont donc pour transposer la lutte «contre le révitional au niveau national. Les gardes rouges, dans le temps, étaient leurs représentants.

En gros, dans la Chine de 1966, le peuple ressent généralement pour «les 17 ans», en particulier les 9 dernières années, un certain dégoût, voire dessus. Le peuple rêve de choses meilleures; quoi ? Il ne le sait

C'est justement dans cette situation que la clique des escrocs Lin, Chen, Khan, Jiang (34), peut utiliser le pretige du «Grand maître, grand leader, grand dirigeant, grand timonier» pour présenter au peuple la «révolution culturelle» comme la potion magique. Il existe beaucoup d'exemples comme ceux-ci dans l'histoire. Le roi de France s'était associé avec les citoyens Développements et avatars leurs pouvoirs aux grands seigneurs français menaçaient le «comité de la révolution culturelle» s'est appuyé sur les gardes rouges pour détruire les différentes structures du parti.

Durant la «révolution culturelle», le peuple s'est éduqué lui-même, il a compris, vers la pratique et l'expérience, que la «nouvelle autorité» était cent fois plus sévère que l'ancienne. «11 ans ne valent pas 17 ans», la résurrection du féodalisme est un danger beaucoup plus réel que la résurrection du seulement les officiels corrompus ne résoudra pas les problèmes de la société. La frénésie de la superstition et l'anarchisme ne sont pas l'égal de la bureaucratie et de la classe privilégiée. Seules la démocratie et la légasocialisme apporter les «Quatre modernisations» (35) de la Chine et l'avenir brillant de la vraie prise en main (du pays) par le peuple. L'histoire a tourné une page nouvelle. Inspirons-nous profondément l'expérience suivons fermement la voie préconisée par le marxisme. Avancourageusement juste direction du PCC. dans le pays. Cette campagne verra aussi le renforcement du rôle politicertaine manière la Révolution cul-

Chen Boda, modernisations» central de politique de la direction le 13 janvier 1975 lors de la première session de la Quatrième par Zhou Enlai. Il s'agit de la moderl'agriculture, trie, de la défense nationale et enfin de la science et de la technologie.

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