PANAMA Panama, un centre d'entrainement militaire contre les travailleurs et les peuples d'Amérique latine, 14 bases militaires stratégiques avec leurs armes nucléaires, chimiques et bactériologiques, et en plus les avions-espions. Un refuge pour le les mercenaires, les tueurs-à-gage et autres trafiquants de drogue. Voilà la zone du canal : une épine fichée au cœur de Panama pour garantir la pérennité des intérêts impérialistes dans tout l'hémisphère Sud. L'importance de ce petit pays de l'Isthme centro-américain est disproportionnée par rapport à ses 75 650 km2 et ses 1570000 habitants. Connu surtout pas le canal et les multiples pavillons de complaisance qui croisent sur toutes les mers du globe, le Panama c'est surtout autre chose : une pièce clé dans le dispositif militaire, financier et commercial impérialiste tourné vers l'Amérique latine. La question du canal est d'importance et son histoire illustre les privilèges exorbitants que se sont arrogés les Etats-Unis sur ce bout de territoire déchiré par la fameuse "zone du canal" dont l'intérêt à long terme est bien plus décisif que celui du statut juridique ou la répartition des bénéfices de l'exploitation du canal lui-même. Quand le territoire de Panama acquiert son indépendance face à l'Espagne en 1821, il est partie intégrante de la Colombie. Une première compagnie, française celle-là, entreprend de creuser le canal entre 1880 et 1889 pour finalement en vendre les droits pour quelque 40 millions de dollars de l'époque aux Américains. La Colombie refusant de créer une zone pour le canal, le Panama se déclare indépendant le 3 novembre 1903 et concède aussitôt la zone de 5 miles de chaque côté du canal qui en fait un territoire de plus de 1 600 km2, contre une redevance qui reste ridiculement faible, en comparaison de ce qu'en retirent les Etats-Unis, malgré quelques réajustements en 1936 et 1945. Cette zone du canal connaît un statut juridique étonnant. Le gouverneur y est nommé par le président des Etats-Unis et devient du même coup président de la "Panama Canal Company" Enfin la propriété privée n'est pas admise, les 5/6 de la petite population de la zone sont des Américains et tout appartient à la "Panama Canal Company"
En 1964, les émeutes antiaméricaines font 22 morts et 500 blessés, et l'image des Marines tirant sur la foule reste un des symboles de l'acharnement des Américains à s'accrocher à ce territoire. Quand la Garde nationale, qui constitue l'essentiel des forces armées panaméennes, porte au pouvoir le général Omar Torrijos le 11 octobre 1968, bien peu étaient ceux qui pouvaient prévoir que le nouveau régime venu se substituer aux politiciens bourgeois et à leurs partis, incapables de contrôler la situation, allait donner dans le populisme "anti-impérialiste" Toujours est-il que depuis quelques années, et malgré les gesticulations et les poses grotesques de son Président, la Garde nationale a impulsé une orientation conséquente, de son point de vue, de contôle de la population. D'abord en organisant les paysans dispersés et abandonnés à leur désespoir individuel autour d'une réforme agraire limitée mais bien concrète, ensuite en s'efforçant de contrôler indirectement le mouvement ouvrier par Parti communiste interposé, enfin en finissant par s'attacher la petite bourgeoisie, surtout intellectuelle et les étudiants par sa démagogie anti-impérialiste. Depuis 1974, la renégociation du traité de Haybuneau-Varilla de 1903 est à l'ordre du jour. Pour bien comprendre la portée de cette renégociation, il faut savoir que l'espérance de viabilité du canal comme axe de communication entre l'Atlantique et le Pacifique est historiquement limitée à 30 ans, au plus 50 ans. Et cela en raison de l'augmentation croissante de la taille des navires qui déjà, pour une partie significative des tankers transporteurs de pétrole, ne peuvent plus emprunter ce canal vieillot et exigu et son système d'écluses. Ce qui intéresse fondamentalement l'impérialisme et ses alliés dans la région, c'est une stabilité politique relative du Panama qui ne remette pas en cause cette pièce décisive du statu quo en Amérique centrale comme en Amérique latine. Cette stabilité politique est nécessaire même s'il faut en payer le prix, c'est-à-dire même s'il faut lâcher beaucoup sur le statut juridique du canal et la reconnaissance de la souveraineté panaméenne, et un peu sur les bases stratégiques du Southern Command et des camps d'entrainement antiguerilla. Il s'agirait donc à terme de consolider le pouvoir du bonaparte Omar Torrijos en lui abandonnant, selon des échéances à préciser, la souveraineté sur le canal et en réduisant le nombre des bases sans en diminuer l'importance.
Ainsi l'on peut comprendre que Torrijos soit traité de "bon patriote" par Nelson Rockefeller, cet autre expert en indépendance nationale; ainsi l'on peut comprendre que les Pinochet, Geisel, Videla, Somoza et consorts appuient résoluement la revendication tonitruante de restitution du canal à l'Etat panaméen. C'est cette renégociation en forme de farce qui connaît l'appui du Parti communiste panaméen, jamais en retard d'un éloge pour l'"anti-impérialiste" Torrijos ; ce sont ces manœuvres de consolidation de l'Etat bourgeois panaméen qui voient les Cubains s'égarer dans une politique
Non aux bas
(Déclaration commune de
conférence des militants tro de soutien à la carte la plus "gauche" du maintien de la présence de l'impérialisme dans la région.
C'est parce que le fait de demander l'expulsion des Américains du canal dès maintenant et sans compensation pose le problème de leur présence militaire agressive - que le gouvernement
Torrijos ne se propose que d'égratigner - que les révolutionnaires panaméens dénoncent la politique qui, d'ultimatums verbaux en capitulation de fait, continue à assurer la mainmise impérialiste sur le pays et la région.
es militaires!
s participants à la première
tskystes d'Amérique centrale)