Inprecor 1974–2004

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PANAMA

Non aux bases militaires !

Inprecor n° 7, 26 mai 1977 · p. 21-22 · 1 410 mots

Amérique centrale Mexique

Pour tous les révolutionnaires de Panama, la lutte pour la récupération du canal constitue l'un de leurs axes centraux. C'est pourquoi il est important de définir comment s'est menée et comment se mène actuellement cette lutte. Historiquement, la lutte pour la récupération de la zone du canal a été confinée dansles limites d'une lutte de libération nationale, sans embrasser en même temps un projet de libération sociale. C'est encore le cas aujourd'hui. Pour tous les révolutionnaires authentiques, la tâche de iiberation nationale doit être liée aux tâches de libération sociale. Elles sont dialectiquement liées et nous ne pouvons l'oublier au moment de définir notre programme de lutte au sein de la société panaméenne. S'il faut comprendre le problème du canal comme un combat du peuple de Panama pour la récupération de notre principale ressource économique, il est également certain que notre lutte au niveau économique ne peut laisser de côté un aspect fondamental qui a des incidences directes sur l'activité des révolutionnaires à Panama, voire en Amérique latine et dans le reste du monde. Sans aucun doute, il s'agit de la question des bases militaires. Nous considérons que la lutte du peuple de Panama doit s'inscrire dans le contexte de l'existence de ces bases militaires et non dans le cadre de la simple "expulsion" des Nord-américains de l'administration de la zone du canal, en supposant que, grâce à cette dernière, nous pourrions conquérir la "pleine souveraineté" sur notre territoire, sans toucher fondamentalement aux bases militaires. Nous sommes convaincus que les négociations entre le régime bonapartiste bourgeois et l'impérialisme ne peuvent aboutir qu'à faire obtenir plus de prébendes à la bourgeoisie locale mais, en aucun cas, des avantages au peuple panaméen. De plus, celles-ci contribueront à renforcer cette même bourgeoisie. L'impérialisme et ses alliées, les bourgeoisies locales, ont besoin de maintenir leur principale protection : les bases militaires. Les bases militaires ne constituent pas seulement une garantie pour le maintien de Panama comme centre financier international et pour les investissements nord-américains dans la zone; elles sont la garantie du maintien du système capitaliste en Amérique latine. Les bourgeoisies latino-américaines sont incapables de contenir le mouvement des travailleurs dans leur propre démocratie formelle. De cette situation découle leur orientation actuelle et généralisée de coups d'Etat et de répression intense. L'impérialisme connaît cette situation et n'a même pas confiance dans ces gouvernements bourgeois répressifs. C'est pourquoi il manifeste tant d'insistance à maintenir ses base militaires à Panama. Jusque dans la répression, la bourgeoisie latinoaméricaine est une bourgeoisie dépendante. Cela explique sa nature et la lutte des révolutionnaires latino-américains pour les Etats unis socialistes d'Amérique latine. En dehors de ses effets économiques indubitables, le contrôle du canal par l'impérialisme possède un aspect politique essentiel : le maintien de ses bases constitue une garantie pour la préservation des intérêts de l'impérialisme en Amérique latine et dans le monde.

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PANAMA Bien que le peuple panaméen ait une tradition de luttes contre la présence militaire, il faut pourtant signaler que ces luttes n'ont pas dépassé le cadre du spontanéisme et qu'elles n'ont pas été permanentes. En tant qu'organisations révolutionnaires et aux côtés de tout le peuple de Panama, nous devons recueillir cette tradition et la pousser jusqu'à ses ultimes conséquences. Mais dans ce but, il est nécessaire de tracer la voie permettant de réaliser notre objectif, qui est aussi celui de tout le peuple de Panama. Le problème des bases militaires concerne effectivement tous les révolutionnaires d'Amérique latine et par conséquent du monde entier. Il doit donc être résolu par eux tous. L'intervention militaire illégale de l'impérialisme sur le sol de Panama concerne tous les peuples car elle est un obstacle sur la voie du socialisme, de la société des travailleurs. Voilà pourquoi l'impérialisme et les bourgeoisie latino-américaines (par l'intermédiaire de leurs gouvernements) se retrouvent d'accord pour la légalisation des bases militaires, pour la réduction des 14 bases connues et illégales à trois bases reconnues légalement par le nouveau traité. On veut ainsi nous priver de l'une de nos principales armes contre l'impérialisme, y compris dans les organismes bourgeois comme l'ONU, en accréditant l'idée que cela aurait été supposément accepté par tous les panaméens. C'est pour cette raison que tous les gouvernements bourgeois d'Amérique latine soutiennent le gouvernement de Panama dansles négociations. Sinon, comment expliquer que Somoza, Geisel, Pinochet et d'autres encore appuient le gouvernement panaméen "contre" l'impérialisme. L'impérialisme exige la légalisation de ses bases militaires par la bourgeoisie locale et latino-américaine. Tel est le prix qu'elle doit payer pour négocier les miettes économiques qu'elle a toujours reçues depuis l'indépendance de la Colombie et le coûteux traité de Haybuneau-Varilla par lequel la bourgeoisie de Panama s'est vendue à l'impérialisme. En plus des miettes économiques, la bourgeoisie locale reçoit également l'assurance de pouvoir survivre comme classe dominante sous la protection des bases militaires. Face à cette situation, nous disons avec le peuple, dont nous défendons les intérêts : NON AUX BASES MILITAIRES : Mais quel est le chemin qui nous mène à la récupération sociale du canal et à la disparition des bases du territoire panaméen ? Nous considérons que la réponse à ce problème doit être donnée par tous ceux qu'il concerne. Il faut internationaliser le problème de la présence militaire impérialiste sur notre sol. Cette internationalisation est la seule solution au problème actuel des bases militaires. Nous savons que ce problème ne eput être résolu ni par des négociations interminables ni par le soutien des gouvernements bourgeois, car l'existence des bases militaires est une garantie pour l'existence des gouvernements bourgeois, du capitalisme dans nos pays d'Amérique latine et dans le monde. Cette internationalisation repose sur une base objective. Si les bases militaires ont pour fonction de maintenir le système capitaliste en Amérique latine, alors tous les révolutionnaires d'Amérique et du monde qui luttent pour en finir avec ce système injuste doivent s'unir contre les bases militaires établies à Panama. Mais il ne peut s'agir que de tous les combattants anticapitalistes, pas des gouvernements bourgeois ni des bourgeoisies "progressistes" alliées à l'impérialisme. Le mot d'ordre "NON AUX BASES MILITAIRES" ne sera alors plus seulement celui des "ultras" panaméens, comme disent aujourd'hui les réformistes alliés au gouvernement bonapartiste bourgeois. Il deviendra le cri de tous les révolutionnaires anti-impérialistes et anticapitalistes du monde, y compris aux Etats-Unis, où se sont déjà formés plusieurs comités bénéficiant de l'expérience de la solidarité internationale avec les combattants vietnamiens, dont l'importance fut grande dans la défaite de l'impérialisme yankee au Vietnam. Tout ceci n'a rien à voir avec l'idéalisme, comme le diront certainement les épigones et autres lèche-bottes du bonaparte Torrijos. Les faits sont concrets : l'assassinat du Che en Bolivie, l'invasion de Saint-Domingue, l'intervention au Chili et ailleurs en Amérique latine et dans le monde furent organisées à partir de Panama. A chaque fois les bourgeoisies locales se révélèrent incapables de contenir le mouvement des travailleurs. A Panama même les exemples de luttes de solidarité internationale ne manquent pas. En conclusion, nous devons dire que la lutte pour l'expulsion définitive de l'impérialisme et de toutes ses bases militaires hors de la zone du canal de Panama n'incombe pas seulement au peuple panaméen. Parce qu'elle concerne objectivement d'autres peuples ainsi que le développement de la révolution en Amérique latine et dans le monde, cette lutte doit être menée internationalement par tous les révolutionnaires. La ligue socialiste révolutionnaire adresse un appel à toutes les avant-gardes d'Amérique latine et du monde, en particulier à celles des Etats-Unis et de Panama pour que nous formions un front uni contre la présence militaire impérialiste dans la zone. Ce serait un pas en avant qui contribuerait incontestablement à affaiblir les bourgeoisies locales, à démasquer leur caractère antinational et, plus concrètement, à révéler quel est le soutien essentiel qui leur permet de se maintenir au pouvoir. Il représenterait une dénonciation de l'existence des bases militaires et de ses conséquences pour de nombreux peuples. Il stimulerait le combat pour l'expulsion des bases militaires dans la perspective du développement de la révolution socialiste en Amérique latine. Pour la récupération populaire du canal: Pour l'expulsion totale de l'impérialisme nord-américain de notre sol! Révolution socialiste ou caricature de révolution ! LSR (Ligue socialiste révolutionnaire) Panama LMR (Ligue marxiste révolutionnaire) Nicaragua PRT (Parti révolutionnaire des travailleurs) Costa Rica OST (Organisation socialiste des travailleurs) Costa Rica GSI (Groupe socialiste internationaliste) San Salvador LCR ( Ligue communiste révolutionnaire; fusion de la Ligue ouvrière communiste, des Commandos camillistes et du groupe Spartacus) Colombie BS (Bloc socialiste) Colombie PRT (Parti révolutionnaire des travailleurs) Mexique LS (Ligue socialiste) Mexique.

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