L. l'essentiel de l'industrie au- A General Motors, comme tomobile iranienne, à l'exception de la firme Iran National, est une chaîne de montage, chargée d'assembler les diverses détachées fabriquées dans les usines mères de Detroit.
Les actions de la GM Iran étaient réparties entre la multinationale US (45 %), un fairiste iranien (Jafar Akhavan, par ailleurs président de la Banque Dariush) (45 %), tandis que les 10 % restant avaient été «généreusement» donnés à la Fondation Pahlavi (1).
La GM Iran compte 3050 ouvriers et salariés et monte des modèles de «belles américaines» (Buick, Cadillac, Chevey), ainsi que des véhicules utilitaires (Pick up Chevrolet et Jeep Willys).
Les seules pièces fabriquées made in Iran, sur les différents modèles, représentent une part dérisoire : ce sont les pneus, les vitres.
Avant le 8 septembre 1978, le vendredi noir du massacre de la place Jaleh (2), l'activité politique dans une usine fortement contrôlée par la Savak et 1) La Fondation Pahlavi, fondation «charitable», était en fait le centre nerveux du racket impé-
Elle possédait des actions dans les principales industries, chaînes d'hôtel. Pour l'investisseur étranger ou iranien désireux de faire aboutir rapidement, sans trop de tracasseries administratives, ses projets industriels, il était particulièrement recommandé d'offrir à titre gracieux, va sans dire, une bonne pincée d'actions à la Fondation Pahlavi.
La Fondation Pahlavi était ainsi une institution de charité bien orientée puisqu'elle a versé, entre 1977 et 1978, 33 millions de tomans (deux milliards de centimes) à l'impératrice la princesse Achraf, cinq millions et le shora islamique de la «General motors» ses syndicats jaunes était des plus restreinte. Après le vendredi noir, quelques activistes, en multipliant les précautions distribuèrent des tracts ou fide Khomeiny.
Après cette première phase d'activité, il y eut la première de former un shora, tandis que les premières prises de parole publiques dans les ateliers se développaient et que résistance ouvrière prenait la forme d'une baisse généralisée des cadences.
shora formé comptait 30 représentants des différents ateliers. Le jour de sa première réunion, la direction et l'encadrement. américain décidèrent Pendant plusieurs jours, le shora et les travailleurs de la GM se réunirent àl'UniversitéPolytechnique comme nombre d'autres personnels des usines en grève ou lock-outées.
Après plusieurs jours, les travailleurs obtinrent que l'usine soit réouverte. La baisse des cadences se généralisa lorsque les travailleurs «reprirent le travail». demi de tomans au frère du chah, Mahmoud, et quinze millions à divers autres Pahlavi (soit neuf cents millions de centimes). (cf. Robert Graham : Iran, the illusion of poéd. Croom-Helm, pp. 214 et suivantes - Paul Belta-Claudine Rul-
:L'Iran insurgé, Ed. Sindbad, pp. 295 et suivantes)
fit décréter la loi martiale dans les douze principales villes du pays.
la troupe ouvrit le feu sur les manifestants qui se concentraient autour de la place Jaleh. On dénombrer plus corps à la morgue du cimetière de
Les mots d'ordre étaient désormais directement politiques, contre la monarchie et le gouvernement. Le shora a pris le contrôle de la cafetaria et, pour éviter une nouvelle fermeture ou des licenciments, organisé l'occupation de l'usine une semaine avant l'insurrection.
Deux semaines après le 11 février, bulletins secrets un nouveau shora qui commence à prendre le prendre le contrôle de toute l'usine.
Cinq commissions sont formées : une commission pour contrôler la direction, une autre pour contrôler la comptabilité et les finances, une autre pour gérer les approvisionnements, une autre contrôle la production.
Enfin, un comité de recherche technologique, où sont invités les techniciens et les ingénieurs a été mis en place. Au bout de deux mois, il a présenté un plan de reconversion industrielle.
UN PLAN DE RECONVER-
SION INDUSTRIELLE Dans les ateliers aussi, les travailleurs ont dû commencer à prendre des initiatives, démontant et auscultant par exemple les systèmes d'injection électroniques importés tout prêts des Etats-Unis, pour être capables de les reconstituer sans les plans d'origine, qui faisaient défaut.
Après le départ des techniciens américains et des patrons iraniens, les travailleurs de la GM ont demandé au gouvernement, en l'occurence le ministère de l'Industrie et des Mi-
nes, d'envoyer une équipe de nes, directeurs. Ils sont venus à trois en avril 1979. Mais toutes les décisions de ces «managers par intérim» furent soit proposées, soit ratifiées par les 19 membres élus du shora.
Les capitaux iraniens (privés et Fondation Palhavi) ont été nationalisés.
Pour faire face au manque de pièces détachées, les ouvriers de la GM ont participé à la foire exposition qui s'est tenue en décembre 79 à Téhéran où les re-
LE CONTROLE Sur le plan de l'usine, le shora a pris la décision de baisser drastiquement les hauts salaires (de 50000 tomans 19000, c'est-à-dire de 30000 francs francais à 12000 francs tandis que les bas salaires pas250 - de 780 à 1290 francs français). Une bibliothèque a été constituée, une coopérative a été créée, financée par la vente du mobilier et des automobiles des experts américains en-
L'ancienne séparation entre la cantine des ouvriers, le self des employés et le restaurant réservé au personnel d'encadrement n'existe plus. Il n'y a plus présentants des différentes usines venaient indiquer leurs besoins et ce qu'elles pouvaient produire.
Toujours dans le but d'assurer une reconversion industrielle, le shora de la GM a pris contact avec les sept autres usines de montage automobiles, mais aussi avec les fabriques de machines-outils de Tabriz et d'Arak et même avec des firmes étrangères, japonaises ou d'Europe de l'Est. DES SALAIRES désormais qu'une seule cafeteria qui sert un repas unique à bon marché.
Les cent cinquante travailleurs qui avaient été licenciés pour fait de grève ont été réintégrés et ont reçu leurs arriérés dans les ateliers est à l'unisson de ces transformations. Les chaînes tournent au ralenti; les travailleurs, petits groupes, boivent le thé brûlant et discutent des derpolitiques. Plus rien à voir avec le climat de terreur qu'imposait la Savak. Il est vrai que le shora a mis sur pied une commission d'enquête qui a ouvert tous les dossiers des anciens savakis.
Le shora de la GM a été à l'initiative de la constitution du Shora islamique des travailleurs de Téhéran, qui regroupe les shora de 78 entreprises et a organisé une manifestation de plusieurs dizaines de milliers d'ouvriers à • l'ambassade US (voir le numéro précédent d'In-
Ainsi l'on peut dire que le shora de la GM en terme de contrôle ouvrier, d'ouverture des livres de comptes, de contrôle de la production est l'un des plus avancés.
Pourtant tout n'est pas aussi simple. A plusieurs reprises, dans la discussion, les membres de ce shora «islamique» nous expliquent que l'extrême-gauche n'a pas sa place dans le shora. Le shora de la GM a envoyé des équipes d'ouvriers aider à réparer les voitures de la «croisade de la construction» (3), mais il a également appuyer les pasdars lors de l'offensive d'août dernier au Kur-
La «Croisade de la construction» a été lancée par la fondation des Mostazafin (fondation des déshérités) qui a pris la succession de la Fondation Pahlavi. Il s'agit de lancer un programme de construction de logements pour les sans-logis. . Ce plan en fait n'a pas commencé d'être mis en œuvre.