Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FEMMES

«Nous voulons rentrer dans l'industrie»

Inprecor n° 70, 21 février 1980 · p. 33 · 732 mots

Femmes Syndicalisme

A deSanana et au Québec, des femmes ont engagé une campagne qui a obtenu un énorme impact dans la presse bourgeoise en faveur de l'accès des travailleuses à postes dans l'industrie.

Avec l'aide d'Action - travail/femmes - une organisation montréalaise qui aide les femmes à obtenir des emplois non traditionnels -, des Québécoises ont engagé la bataille pour pouvoir rentrer dans les chemins de fer (CN - Canada national), s'appuyant pour ce faire sur l'existence d'un programme d'action positive mis en place au CN à l'occasion de l'année de la femme. qu'elles eussent réussi à faire entrer une demi-douzaine de femmes au CN en 78, ce dernier refusa l'an dernier, d'embaucher d'autres femmes connues pour leurs opinions féministes et leur engagement politique. L'une d'entre elles saisit l'occasion de la campagne électorale en 1979 pour défier le ministre du Travail qui faisait de grands discours démagogiques dans ses meetings de faire appliquer le programme du CN. Quelques jours plus tard, elle

Ce fut le pour la signal pour que commencent à se manifester des dizaines de femmes victimes de discriminations sexuelles qui, toutes, avaient engagé récemment des actions pour faire respecter leurs droits, mais qui étaient restées isolées jusque-là, sentiment qu'elle était la seule à se battre dans son coin. Et surtout, cela permit de lancer le débat dans le mouvement syndical sur l'emploi des femmes et la nécessité de se battre pour leur accès à tous les postes de travail (action positive).

De nombreux délégués de la métallurgie, chemins de fer, de l'habillement, etc., présents à la Conférence des femmes travailleu-

21 février 1980 ses organisée en octobre par la

FTQ (Fédération des deux principales centrales syndicales au Québec) se montrérent prêts à soutenir une telle campagne et organiser des meetings dans leurs syndicats respectifs pour sensibiliser la base au problème de l'action positive et faire que le programme adopté à ce propos par la conférence de la FTQ se voie concrétisé.

Au Canada, c'est à partir d'une campagne engagée pour protester contre le refus de la STELCO d'embaucher femmes que tout a démarré Cette compagnie, la principale entreprise dans plusieurs villes, pas embauché une seule travailleuse depuis 1961, en dépit des 30000 demandes effec. tuées par des femmes durant cette période (chose que personne ne pouvait imaginer avant que se crée le Comité pour le retour des femmes à la STELCO). Il y a quelques mois, devant le refus de la diembaucher, cinq militantes féministes qui, qualifications professionnelles nécessaires pour être engagées, ont intenté un procès STELCO. S'appuyant sur le fait que, durant la guerre, les femmes représentaient la majorité de la main d'œuvre de la compagnie alors qu'elles n'en forment qu'un demi pour cent aujourd'hui et qu'il s'agit là s'agit là discrimination sexuelle, elles sont parvenues à mobiliser l'opinion publique, comme en témoigne l'abondant de presse qu'elles ont rassemblé, et à obtenir le soutien de déterminantes mouvement ouvrier. La Fédération des syndicats de l'Ontale syndicat des postiers, celui des métallos (l'USWA), le NDP (National Democratic

Party) ont tous passé des résosont engagés à mobiliser leurs rangs pour briSTELCO. Résultat : deux femmes qui étaient sur les listes depuis un été engagées dans les puis trois ouvrières embauchées dans des à la production. premières depuis près de 20

Du coup, la compagnie aéronautique Aircraft qui, elle aussi refusait d'embaucher des femmes depuis 15 ans, s'est vue conplusieurs ouvrières et la National Steel Car qui faisait des grandes déclarations à la presse affirmant que, pour sa part, elle n'avait bauche féminine s'est vu tenter un procès par une travailleuse noire qui s'était présentée il y a peu et à qui on avait refusée tout emploi. L'essentiel cependant est que cette campagne ait pris de l'ampleur et qu'elle rencontre un significatif dans les organisagrès de la Fédération de l'Ontario cet automne, un long débat a eu lieu sur le «seniority

(système qui donne la préséance aux travailleurs les plus anciens, aussi bien à l'embauche que lors de licenciements) et sur la manière dont il perpétue les discriminations, en particulier à l'égard des femmes. Le congrès a voté une motion pour que 10% des embauches soient attribuées à des femmes, puisqu'elles représentent 10% de ceux qui ont demandé à s'embaucher depuis 1961.

Pour le mouvement des femmes au Canada, la question de l'action positive est deve-

Run axe central de la bataille dans la campagne présidentielle qui se déroule

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