Inprecor 1974–2004

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PEROU

«Por un gobierno de los trabajadores sin generales ni patrones»

· Inprecor n° 70, 21 février 1980 · p. 44-47 · 2 126 mots

Pérou et Bolivie Mexique IVe Internationale

«Por un gobierno de los trabajadores sin generales ni patrones» pérou Jean Pierre RIEL nuit tombante, sieurs milliers de personnes, venue des usines, de l'université, des «pueblos jovenes», ces immenses zones de misère ceinturent la ville, est rassemblée quartier qui borde le «Campo de Marzo», face au siège du «Jurado Nacional de Elecciones», le tribunal électoral national.

Aux cris de «Gobierno de los trabajadores, sin generales ni patrones» («Gouvernement des travailleurs sans généraux ni patrons»), «Unidad de la Izquierda con Blanco candidato» («Unité de la gauche, Blanco candidat»), elle acclame les représentants de la quasi totalité des forces révolutionnaires et classistes du Pérou qui, à quelques minutes de l'expiration du délai légal, sont venus enregistrer devant ce tribunal une alliance électorale, l'ARI, (Alianza Revolucionaria de Izquierda - Alliance révolutionnaire de la gauche). Ari signifie oui en quechua.

L'ARI présente la candidature de Hugo Blanco, dirigeant du PRT (Parti révolutionnaire des travailleurs, section vienne de la IVe Internationale), pour les élections générales du 18 mai prochain.

Hugo Blanco, candidat de l'ensemble des organisations révolutionnaires péruviennes, candidat de ceux qui, dans le mouvement ouvrier, au sein des organisations paysannes, ont impulsé les grandes luttes et mobilisations de ces dernières années, obligeant les mi-

Aloule enthousiaste de plu- leur retour dans les casernes,

politique et organisationnelle du mouvement ouvrier, c'est événement de toute première importance pour l'ensemble des travailleurs et des exploités du Pérou, pour la gauche péruvienne, marquée par une longue tradition de division, d'atomisation même, et de sectarisme. Cela va, sans nul doute, être un facteur nouveau et déterminant d'accélération et d'approfondissement de la mobilisation des masses dans la périos'ouvre, à partir de l'utilisation être ainsi faite de la campagne électorale. Ce qu'ont immédiatement, et avec inquiétude, souligné tous les commentateurs de la bourgeoisie péruvienne.

Il y a quelques encore, alors que l'ensemble organisations ouvrières débattaient sur la tactique à adopter lors des élections venir, même les partisans les convaincus unité derrière la candidature de Hugo Blanco n'osaient pronostiquer un tel résultat.

Il semblait même qu'au contraire, les acquis que représentaient le FOCEP et aussi l'UDP constitués durant campagne électorale pour la Constituante en 1978, étaient largement remis en question.

A cette époque, alors que se multipliaient les mobilisations ses peruviennes, partie des organisations ouvrières et révolutionnaires du Pérou surmontaient partiellement leur atomisation extrême et leur tradition sectaire, étendant d'une certaine manière au plan de la tactique électorale, l'unité réalisée dans les mobilisations et

C'est dans ce contexte que furent créés deux fronts électoraux, le FOCEP et l'UDP. L'un et l'autre se voulaient l'expression politique de la mobilisation unitaire des masses exploitées du Pérou. Alors que l'UDP était avant tout dominée par des organisations maoïstes et centristes et reflétait certaines des confusions politiques et straté giques de ces courants, le FOCEP regroupait l'essentiel des forces du trotskysme péruvien, d'autres organisations maoïstes et centristes et aussi des secteurs significatifs du syndicalisme «classiste» ouvrier et roge en fiat la lil aussi paysan. L'axe de son tique et organisationnelle de la classe ouvrière et des exploités du Pérou, à partir de l'approfondissement et de l'élargissement des mobilisations en cours.

Hugo Blanco fut, comme l'ont reflété les résultats électoraux, le porte-parole et le symbole aux yeux des masses de cette orientation.

L'expérience du FOCEP, expression de la volonté unitaire et classiste des masses péruviennes, s'est prolongée au-delà de la campagne électorale de 1978 dans de nombreuses mobilisations et luttes et aussi

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dans l'action de ses élus à la Constituante. Elle dément marqué les les plus avancés du mouvement ouvrier et du mouvement paysan organisé qui continuent à s'en revendiquer et à s'identifier à elle; le caractère massif des rassemblements convoqués au nom du FOCEP en est l'une des meilleures preuves.

Front électoral jamais sérieusemunt structuré, aux comités ce base nombreux, mais guère coordonnés entre le FOCEP n'est jamais devenu ce qu'il aurait dû devenir pour répondre aux aspirations et aux espérances placées en lui par les exploités du Pérou : l'embryon d'un parti politique ouvrier de

Au contraire, les préparatifs pour la campagne électorale à venir ont signifié une rupture de fait au sein du FOCEP.

L'une des figures les plus connues de celui-ci, Genaro Ledesma, avec un teur appelé «indépendant», teur appelé engageait voici quelques mois des négociations avec le Parti communiste péruvien (Unidad) et le Parti socialiste révolutionnaire (le parti des généraux dits «progressistes» se réclamant de la tradition réformiste bourgeoise et populiste de l'ancien président du Pérou - 1968-1975 , le général Velasco Alvarado).

Ces négociations ont conduit G. Ledesma et ses amis à rompre avec la ligne d'indépendance de classe du FOCEP et à conclure une alliance électorale avec le PCP, le PSR et quelques très petits groupes sans poids politique réel; cette alliance dominée politiquement et organisationnellement par (Unidad) - bien que Ledesma soit son candidat à la présidence de la République - propose en fait quelques timides réformes dans le cadre du maintien du système de domination de la bourgeoisie et d'une classique politique de collaboration de classe au service de celle-ci.

Dans cette a profonsecteurs

FOCEP, Ledesma, largement minoritaire, a bénéficié d'un atout juridique : profi-

PCP (Unidad) et le PSR au nom du FOCEP, tentant à partir de politique dont dans eux,

C'est ce «service», et non qui lui a valu le cadeau en redu PCP (Unidad)

tour candidature à la présidence de la République.

Quelles limites de son du FOCEP et des secteurs se revendiquant de son combat, cette opération séquences.

cause certains des acquis de la campagne

1978 petit secaurait pu signifier le début complète et sectaires teurs de la gauche péruvienne.

oïstes à l'extérieur ou au sein de l'UDP se prononçaient pour une candidature leur courant, et un secteur du trotskysme d'une candidature trotskyste.

de la IVe Internationale) et Huse prononçaient en faveur d'un électoral front le PCP ganisation aurait le droit de défendre l'intégralité de ses posipression de la nécessaire indépendance de classe et un jectif.

action de division et de trahison des bases politiques et du combat du

, bien que très tant du fait qu'il est devant les tribunaux de la dictature «propriétaire légal» du nom FOCEP, il a scellé son alliance avec le tes) la confusion ainsi créée de s'accaparer au plan électoral une partie du prestige et du capital de celui-ci jouit les masses péruviennes. un la force réduite qu'il représente,

: la qu'aient été les impact au sein de division aurait pu avoir de graves con-

En remettant en elles. pour l'élection de à la Constituante, elle retour à l'atomisation aux traditions de nombreux sec-

Déjà plusieurs groupes ma-

«marxiste-léniste», exprimant strictement péruvien, le PST, militait activement en faveur

Face à cette situation, le PRT (Parti révolutionnaire des travailleurs - section péruvienne go Blanco, l'un de ses dirigeants, le plus large possible quant à sa composition, au sein duquel chaque ortions, mais qui soit clairement et pratiquement un cadre d'exinstrument permettant d'avancer, dans la période actuelle, vers la réalisation concrète de cet obnos ca-

, les didiffé-

Au le la au aussI et tout qu'il soit des avec des forces bourmarginales soientonception, ratifiée reculs que

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dans le cadre de la campagne pour obtenir les signatures nécessaires à leur légalisation a été un extraordinaire révélateur. C'est par dizaines de milliers que se comptaient les participants à ces meetings qui partout scandaient «Izquierda unida por un gobierno de los trabajadores sin generales ni patrones», «Blanco candidato por un gobierno de los trabajadores sin generales ni patrones».

Enracinée dans cette réalité actuelle de la lutte des classes, la proposition de nos camarades du PRT prenait toute sa force. discussion bilatérale s'engageait avec le MIR (Movimiento de Izquierda Revolucionaria - Mouvement de la gauche révolutionnaire), l'une des principales composantes de l'UDP, pour établir les bases d'un projet de plateforme pour une telle alliance, puis la discussion s'étendait à l'ensemble des composantes de l'UDP, toujours à l'initiative du PRT.

Entre temps, se déroulait une assemblée générale nationale de l'UDP où les partisans d'un regroupement maoïste derrière la candidature d'Alfonso Barrantès Lingan, le président de l'UDP, menaient une ultime bataille.

Mais l'accueil fait à Hugo Blanco, littéralement porté en triomphe par l'assemblée alors qu'il venait porter le salut du PRT et exprimer les positions de son parti quant à la tactique électorale, soulignait l'isolement de ces positions sectaires. De manière spectaculaire, les délégués de base de l'UDP exprimaient la volonté unitaire des masses péruviennes.

Finalement, veille de la date limite du dépôt officiel des alliances électorales, un accord était conclu entre le PRT et l'ensemble des composantes de l'UDP à partir duquel l'ARI (Alianza Revolucionaria de Izquierda) pouvait être créée.

Cet accord qui a pour base le projet de plateforme antérieurement élaboré entre le PRT et le MIR s'inscrit dans la conception développée par le PRT de ce que doit être une alliance électorale dans les circonstances stipule en particulier «qu'aucune formation bourgeoise ne pourra participer à une telle alliance» et que l'ARS, un petit groupe que le PRT caractérise comme bourgeois et qui est partie prenante de l'un des fronts maoïstes en est exclu. L'accord toutefois n'inclut pas de formule de gouvernement. Il comprend la répartition des candidatures pour les élections parlementaires à raison de cinquante pour cent pour les courants maoïstes et centristes et cinquante pour cent pour le «Bloc socialiste», c'est-à-dire pour l'essentiel des forces se revendiquant du trotskysme. Il ratifie la candidature de Hugo Blanco à la présidence de la République.

Rapidement, les autres secteurs du maoïsme et du centrisme, regroupés au sein de l'UNR et du FRAS, des fronts d'organisations qui jusqu'alors n'étaient ni dans l'UDP ou le FOCEP se sont joints à l'accord sans qu'aucune modification, tant de la plateforme que de la répartition des candidature, soit introduite.

Le POMR (Parti ouvrier marxiste-révolutionnaire), organisatrotskyste CORQI, a lui aussi ratifié l'accord entre PRT et UDP et, de ce fait, est comme toutes les organisations précédentes partie prenante de l'ARI.

La seule organisation révolutionnaire qui a refusé d'être partie prenante de l'ARI est le PST, l'organisation trotskyste se réclamant au Pérou de la Fraction bolchevique. Pour justifier leur sectarisme, les dirigeants du PST tentent d'utiliser des arguments se voulant principiels. Selon eux, une alliance électorale ne peut être conclue que sur une base programmatique d'ensemble, en pratique sur les bases programmatiques du trotskys-

Ne pas faire cela revient à s'engager sur la voie de la collaboration de classe et du Front populaire. C'est d'ailleurs ainsi qu'ils caractérisent l'ARI, la position du PRT et de Hugo Blanco et aussi celle du POMR.

Cette conception, tout à fait nouvelle pour le PST et la Fraction bolchevique, doit etre •comprise à la lumière de ce qu'a été la tactique récente des dirigeants du PST : tout faire pour obtenir la légalisation de leur parti, collectant les signatures requises à cet effet au nom de Hugo Blanco. La légalisation du PRT n'étant pas encore acquise (60000 signatures ont été collectées alors que seulement 40000 sont requises, mais pour des raisons politiques évidentes, la dictature ne tient pas à donner un statut légal au PRT, le «parti de Hugo Blanco») et l'unité ne pouvant être réalisée sur une base aussi sectaire, le PST aurait été le seul cadre légal possible pour la candidature de Hugo Blanco. C'est d'ailleurs ce qu'exprimait avec peu de subtilité l'organe du PST «Bandera Socialista» de décembre 1979, lorsqu'il expliquait : «Nous mettrons notre légalisation au service de la candidature de Hugo Blanco», en d'autres termes, que Hugo Blanco devienne le candidat du PST !

Ces petites manœuvres sectaires, se cachant sous des positions faussement principielles, ont échoué; elles étaient par trop contradictoires avec la pression des masses pour l'unité derrière Hugo Blanco et condamnent aujourd'hui le PST à un isolement total ou à un nouvel et brusque virage politique, mais qui, de toute façon, laissera le PST hors de l'ARI, le délai légal pour intégrer une alliance électorale étant expiré.

Cette péripétie secondaire ne change évidemment rien à l'essentiel : l'unité des forces révolutionnaires et classistes du Pérou, pour la première fois réalisée, et derrière la candidature de Hugo Blanco.

D'ici quelques semaines va campagne électorale. Dans un contexte de crise de l'actuelle dictature qui oblige les milialors que les alternatives bour-

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geoises sont faibles et divisées, en particulier alors que l'APRA qui semblait encore puissante et cohérente lors des élections pour la Constituante connaît une forte érosion de son prestige et de graves conflits internes, l'ARI et Hugo Blanco symbolisent l'alternative des travailleuses et exploitées du

Pérou.

Elle doit, à travers le développement de la campagne et en liaison avec les mobilisations de masse que ne cesse de connaître le Pérou ces dernières années, masses représenter un grand pas en avant vers l'indépendance politiet organisationnelle de que celles-ci et être un exemple de politique classiste pour les masses latino-américaines dans leur ensemble.

18 janvier 1980

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