Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

AFGHANISTAN

Thèses sur l'Afghanistan

Inprecor n° 70, 21 février 1980 · p. 9-14 · 4 250 mots

Afghanistan URSS et Russie Stalinisme Inde et Asie du Sud

Résolutions r présent du 2

- Thès

LA résolution minoritaire suivante a été présentée à la réunion du 26 au 29 janvier 1980 du Secrétariat unifié de la Quatrième Internationale. - Le renversement du régime

Daoud, en avril 1978, a marqué le début de la révolution sociale en Afghanistan.

La guerre civile a éclaté quand les capitalistes réactionnaires, les propriétaires fonciers et des secteurs du clergé ont organisé la résistance contre la révolution, en particulier contre les premières mesures de la réforme agraire. Ces forces s'opposèrent aux ouvriers et aux paysans dont les intérêts étaient de développer et d'appronfondir le processus révolutionnaire. Dès le départ, la contre-révolution fut soutenue par la dictature militaire capitaliste du Pakistan et par l'impérialisme, en particulier l'impérialisme américain. Le soutien impérialiste fut accrû après le renversement du chah par les masses iraniennes.

La possible victoire de la contre-révolution pro-impérialiste en Afghanistan constitue une menace pour l'Etat ouvrier d'URSS. Dès le début, Moscou a fourni une aide militaire au nouveau régime afghan et, en décembre 1979, a envoyé des troupes soviétiques, en nombre important, pour soutenir l'armée afghane contre les classes exploiteuses et leurs appuis impérialistes.

21 février 1980 ninoritaires sur ées au Secrétari

6 au 29 janvier

les sur l'Afghani

Dans cette guerre civile, la victoire du gouvernement du PDPA (Parti démocratique populaire d'Afghanistan), soutenu par les troupes sovietiques, sur les forces contre-révolutionnaires représenterait un coup pour l'impérialisme et la réaction afghane et correspondrait aux intérêts des masses laborieuses en Afghanistan et partout dans le

2 En toile de fond aux combats actuels en Afghanistan, il y a des dizaines d'années d'oppression et d'exploitation impérialiste, d'abord Grande-Bretagne, puis après la Deuxième guerre mondiale principalement par les Etats-Unis. Réduit à une situation semi- coloniale, l'Afghanistan a souffert, sous une forme particulièrement aigue, des terribles conditions imposées à toutes les nations opprimées.

La révolution d'avril 1978 fut confrontée à la situation suivante : seulement 15 % des terres agricoles potentielles étaient irriguées; 90 % des hommes et 95 % des femmes étaient analphabètes ; plus de 40 % de la population des campagnes qui représentente 70 % de la population totale du pays, ne possédaient pas de terre et 40 % de petits propriétaires arrivaient à peine à survivre. Le pays a peu de fonds de réserve contre les catastrophes naturelles - un demi-million de personnes périrent lors de la sécheresse de 1969/1972. Dans un l'Afghanistan at unifié

1980 'stan -pays de 18 millions d'habitants, il n'y a que quatre villes de plus de 100000 habitants, y compris Kaboul avec ses 750000 habitants. L'industrie est développée; le taux de chômage est supérieur à 20 % et un million de travailleurs sont contraints de quitter l'Afghanistan pour chercher du travail dans les pays voisins; 14 % de la population sont encore nomades. Un enfant sur deux meurt avant l'âge de cinq ans et l'espérance de vie moyenne est inférieure à

La condition des femmes est particulièrement barbare. Sur 8 enfants scolarisés, il y en a un seulement du sexe féminin. Parmi les femmes qui ont été à l'école, seulement 5 % travaillent. Des traditions réactionnaires, comme le prix de la fiancée et le port obligatoire du voile, subsistent.

La question nationale, dans ses aspects les plus importants, reste sans solution, avec la domination traditionnelle -des Pachtouns sur les Balouchi, les Ouzbeks, les Turkmènes, etc.

La classe capitaliste et les propriétaires fonciers, en Afghanistan, se montrèrent absolument incapables de répondre aux besoins les plus aigus du pays. Les tentatives de réformes du roi Amunillah, au début des années vingt, furent dans un premier temps arrêtées puis annihilées par son renversement en 1929.

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gouvernement Daoud, au pouvoir en juillet 1973, lors du renversement de la monarchie, se montra également incapable de résoudre les problèmes rencontrés dans le pays. Après des promesses de réformes qui ne furent jamais réaroyale, dont lui-même est membre, continuer à dominer le pays. Le roi et sa famille continuaient àtoucher des revenus ;

était toujours dirigée par les officiers de l'ancien régime; aucune réforme agraire ne réalisée. Les partis politiques étaient interdits et ensuite les organisation ouvrières, particulier, l'objet d'une répression féroce.

Le régime Daoud que corruption et inefficacité; on estime que seulement la moitié des fonds destinés au «plan» économique d'après 1975 furent effectivement utilisés pour des objectifs utiles. L'Afghanistan était de plus en plus affaibli par l'importance de la dette extérieure. l'approfondissement de la crise sociale, Daoud s'orienta vers l'instauration de liens étroits avec le chah d'Iran l'impérialisme avec le régime réactionnaire Zia du Pakistan. Des conseillers de la SAVAK aidèrent à construire la police politique de Daoud.

Début 1978, l'Afghanistan se trouva dans une situation telle que le régime Daoud n'avait aucune perspective à proposer et s'orientait vers une dépendance de plus en plus directe vis-à-vis de l'impérialisme, prinsoutien de la réaction dans ce pays.

4 Kha, nan des principabar

dirigeants du PDPA le 17 avril 1978, provoqua une réaction foule de 15000 personnes assista à ses funérailles en signe de protestation. Les jours suivants, il y eut de nouvelles manifestations. Daoud riposta en arrêtant plusieurs dirigeants du PDPA et en tentant de décapiter l'oppo-

Face aux mesures répressives prises par le régime Daoud et s'appuyant sur la mobilisation anti-gouvernementale, le PDPA réussit à utiliser une partie de l'armée pour renverser Daoud et instaurer un nouveau

Le nouveau régime effectua des purges dans la haute hiérarchie militaire et dans l'ap pareil d'Etat, annonça un programme de réformes en trente points en faveur des ouvriers et des paysans; il commença à prendre des mesures pour l'ap-

Parmi les mesures sociales, la plus importante était la réforme agraire qui commença à être réalisée le ler janvier 1979. Il fut fixé un plafond à la propriété de la terre et toutes les propriétés qui dépassaient ce plafond étaient confisquées et distribuées gratuitement aux paysans sans terre et aux nomades. Selon le gouvernement, la première partie de ce programme fut achevée en juin 1979, quand la terre fut distribuée à environ 250000 familles. De plus, toutes les dettes contractées par les paysans auprès des propriétaires fonciers étaient abolies.

Parmi les autres mesures progressistes prises par le gouvernement du PDPA, il y avait la construction de nouvelles écoles et de centres médicaux, une campagne de masse pour l'alphabétisation qui toucha des centaines de milliers de personnes et, pour la première fois dans l'histoire afghane, la légalisation des syndicats.

Le nouveau régime commença aussi à s'attaquer à deux des problèmes pour les masses afghanes : l'opdes femmes et les droits des minorités nationales opprimées en Afghanistan. Des mesures spéciales furent prises pour améliorer la condition des femmes, comme l'enseignement obligatoire pour les jeunes filles, des cours spéciaux pour les femmes mariées, l'interdiction du mariage des enfants et la réducdu montant du la fiancée». Des mesures furent prises contre l'oppression des minorités nationales, entretenue par les régimes précédents, comme la publication de journaux, la diffusion de programmes de radio et l'enseignement en Ouzbek, en Balouche et en Nou-

Ces mesures progressistes et d'autres, comme la libération de 8000 prisonniers politiques, gagnèrent un soutien populaire au nouveau régime. Même dans la presse impérialiste, on trouve des indications de ce phénomène. Par exemple, le Wall street journal du 16 janvier 1979 nota que, quand le gouvernement du PDPA changea le drapeau du pays, «plus de 150000 personà Kaboul... manifestèrent pour saluer le drapeau mier jour où il fut levé. Des manifestations de soutien eurent lieu dans d'autres villes. Ces manifestations avaient été organisées, mais d'après les témoins, participants étaient réellement enthousiastes».

Les premières mesures pour l'organisation des masses, impulsées par le PDPA, furent la création d'organisations de femmes et de jeunes, de syndicats et de comités de défense armés, au niveau local, pour répondre aux attaques contre-révolution-

Contrairement aux mensonges de la presse bourgeoise qui raconte que ce qui s'est produit en Afghanistan n'était rien d'autre «qu'un coup d'Etat téléguidé d'URSS» qui imposa des réformes contre la volonté de la population, les faits prouvent qu'une véritable révolution sociale dans l'intérêt des ouvriers et des paysans avait commencé en Afghanistan après avril

• Ceux qui profitaient de l'oppression et de l'exploitation en Afghanistan - les capitalistes, les propriétaires fonciers, les usuriers, les producteurs et les marchands d'opium, les contrebandiers, les anciens officiers de l'armée, les monarchistes et des secteurs de la hiérarchie religieuse - ripostèrent à ces mesures progressistes et populaires en commençant une guerre de guérilla contre le gouvernement du PDPA. Ce soulèvement commença vraiment début 1979, après les premières mesures de la réforme agraire.

Cette rebellion réactionnaire a pour centres les régions où l'opium est la principale culture, surtout près de la frontière avec le Pakistan. Les propriétaires de

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champs d'opium et les contrebandiers, menacés par la réforme agraire et les mesures prises contre le commerce de l'opium, ont utilisé les revenus obtenus par ce sale commerce pour financer les opérations militaires contre-révolutionnaires.

Les forces réactionnaires de la guérilla prétendent mener une «guerre sainte» islamique contre le «communisme athée», en essayant ainsi de récupérer le anti-impérialiste des peuples islamiques. mass-media capitalistes, partout dans le monde, se firent l'écho de cette interprétation. s'explique par l'alliance des réactionnaires avec l'impérialisme et se voit dans leurs dénonciations Iran. De plus, presque tous les musulmans, y compris les partisans du gouvernement. aucune mesure restrictive vis-àvis de la liberté de religion et de nombreux mollahs connus soutiennent le régime. La caracguerre civile comme une guerre des «musulmans» contre les «athées» est uniquement démagogique pour une de classe des exploiteurs contre les exploités et les opprimés.

Dès le début, l'impérialisme américain s'est montré hostile au gouvernement du PDPA et à ses mesures radicales, en particulier après que la révolution iranienne ait chassé son fidèle allié de Téhéran. Il a peur des répercussions de la révolution afghane sur les peuples opprimés de la région qui menaceraient les intérêts impérialistes. L'administration Carter prit immédiatement des mesures pour essayer d'étouffer et de faire reculer la révolution afghane.

Une campagne de propaganfut lancée dans la presse capitaliste, autour de la menace que constituait la révolution.

Une réunion spéciale se tint au commandement atlantique de l'OTAN, en juin 1978, à Annapolis (Maryland), pour sager les mesures à prendre.

représentants américains arrêtèrent toute nouvelle aide économique en février

21 féurier 1980

1979 et essayèrent de bloquer les prêts consentis à l'Afghanistan par les institutions financières internationales.

Avec la dictature au pouvoir Washington appuya et aida les forces contre-révolutionnaires qui pouvaient être utilisées contre le gouvernement de Kaboul. Le gouvernement américain utilisa des institutions étroitement liées à la CIA, telles que la Fondation asiatique et l'Agence américaine de répression des trafics de drogue qui a des rapports avec les producteurs et les convoyeurs d'opium. Un des principaux dirigeants de la contre-révolution des Etats-Unis et eut des entretiens avec les représentants du Département d'Etat américain en mars 1979 avant de quitter les Etats-Unis pour la contre-révolution

La position géographique de l'Afghanistan, en Asie centrale, ses frontières avec l'Iran, le Pakistan et ce qui est aujourd'hui l'URSS, ses minorités nationales imbriquées entre ces différents pays, en ont fait depuis longtemps un centre de lutte internationale. L'impérialisme britannique chercha à contrôler l'Afghanistan pour protéger les frontières de l'Empire indien et faire pression sur la Russie. C'est pour cette raison qu'il se lança à trois reprises dans la guerre contre l'Afghanistan. Après la révolution russe, cette politique était un des aspects de l'effort de l'impérialisme pour s'opposer puis contenir et encercler l'Union soviétique.

Après la Deuxième guerre mondiale, les Etats-Unis tentèrent, sans succès, par une combinaison de menaces et «d'aid'intégrer l'Afghanistan dans le Pacte de Bagdad. Parmi les menaces, il y eut le soutien aux mesures prises par le goupakistanais la minorité pachtoun du Pakistan et le blocus économique partiel en 1960/1963, avec la fermeture de la frontière pakistanaise; ce blocus ne fut rompu que grâce à un pont aérien soviétique et indien.

Les mesures prises par Washington vis-à-vis aujourd'hui son inforces réactionnaires en Afghanistan, reflètent non seulement l'impérialisme d'écraser les ouvriers et les paysans afghans, mais aussi son objectif de longue date d'établir un régime pro-impérialiste mal'installation de bases militaires dirigées contre l'URSS et la révolution coloniale dans toute la région. 7 Avec la montee, soviétique, du stalinisme qui représentait les intérêts caste bureaucratique privilégiée, les relations entre l'Union soviétique et l'Afghanistan furent déterminées, non plus en fonction de l'intérêt général des masses laborieuses en Aghanistan et dans le monde entier, comme c'était le cas pendant les premières années de l'URSS, sous la direction de Lénine et de Trotsky, mais dans le cadre contre-révolutionnaire du «socialisme dans un seul pays». Ce que voulait la bureaucratie soviétique, c'était installer en Afghanistan un régime capitaliste «neutre» qui ne deviendrait pas une base militaire de l'impérialisme dirigée contre l'URSS. Dans ce but, à partir des années cinquante, le Kremlin signa d'importants accords commerciaux et militaires l'Afghanistan, protestation sérieuse contre les politiques réactionnaires des différents ré gimes afghans ni contre les consociales imposées masses. Moscou poussa le PDPA à accepter des compromis avec les forces bourgeoises nationales «tant éprises de la paix».

Ces relations furent troublées d'une part quand Washington obtint que Daoud prenne ses distances vis-à-vis de Moscou au milieu des années soixante-dix, et noue des relations plus étroites avec l'impérialisme et ses clients dans la région. Puis, d'autre part, avec le retournement de 1978 qui n'a été ni orchestré ni prévu par Moscou, et avec le renforcement des luttes menées par la contre-révolu-

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tion soutenue par l'impérialisme ce qui dérangeait le jeu de la «coexistence pacifique».

Face à cette nouvelle situation, le gouvernement soviétiaux demandes d'aide que faisait le gouvernement du PDPA, en signant une douzaine d'accords ques et en envoyant des conseillers et de l'équipement militaires. L'aide militaire augmenta avec l'extension et le renforcement de la contre-révolution.

La lutte pour mener à bien une véritable réforme agraire et d'autres mesures, comme l'organisation d'une riposte à l'offensive militaire contre-révolutionnaire soutenue par l'impérialisme, représenterait un formidable défi même pour une direction révolutionnaire. PDPA est un parti stalinien avec un programme de collaboration

Le PDPA, par ses hésitations et ses méthodes bureaucratiques, a sapé le large soutien populaire que lui avait gagné les premières mesures qu'il avait prises. Craignant que les masses ne initiatives échapperaient à son contrôle, le PDPA ne fut pas capable d'entraîner les ouvriers et les paysans dans une dynamique révolutionnaire dans les limites du possible et du nécessaire. Déchiré par de sauvages batailles de fractions et par les purges et la répression, n'ayant pas gagné de base sociale dans les larges masses, ce que lui aurait pourtant permis de réaliser ses mesures progressistes, dans les campagnes en particulier, le PDPA a vu sa capacité de mener une lutte efficace contre la contre-révolution annihilée. Ce fut un élément du renforcement de la contre-révolution appuyée par l'impérialisdans ce contexte, qu'après plusieurs mois d'hési-

Moscou décida d'envover des dizaines de milliers de soldats soviétiques en Afghanistan. Le Kremlin pense qu'il y avait menace d'une victoire de contre-révolution qui mettrait en danger l'Etat ouvrier en Union soviétique, et par là même les intérêts de la caste bureaucratique soviétique elle-même qui dépendent de l'existence et du maintien de l'économie nationalisée et planifiée en

Certains journalistes bourgeois ont avancé l'hypothèse que le Kremlin avait envoyé ses troupes en Afghanistan parce qu'il craignait que la guerre civile dans ce pays soit un sujet de mécontentement pour les musulmans et les nationalités opprimées en Union soviétique qui vivent près de la frontière ghane. Le niveau de vie et les acquis sociaux, qualitativement supérieurs en Asie centrale soviétique représentent des arguments contre cette hypothèse.

Asiatiques soviétique être attirés par les appels de la réaction afghane «au nom de l'islam» est réfutée aussi par la confiance dont a fait preuve Moscou en envoyant une majorité de troupes de ces nationalités en Afghanistan.

La conséquence immédiate de l'entrée des troupes de combat soviétiques a été un renforcement significatif de la lutte contre la contre-révolution. Cependant, cela ne signifie pas que la bureaucratie soviétique ait abandonné son orientation de collaboration de classe dans sa étrangère. Au contraire, la caste bureaucratique envisage tous les problèmes du point de vue de la défense de ses propres intérêts privilégiés et parasitaires.

Mais, cette politique de collaboration de classe ne veut pas simplement dire un soutien direct à Washington et aux forces contre-révolutionnaires. assurer sa position face à l'impérialisme, la bureaucratie soviétique cherche des soutiens parmi les ouvriers et les paysans. Ce qui implique non seulement son soutien sans principe au programme de directions bourgeoises ou petites bourgeoises, mais aussi, en certaines circonstances, lorsque c'est une question vitale, une aide économique et militaire à d'autres Etats ouvriers, à des mouvements anti-impérialistes et à des gouvernements en guerre contre l'impérialisme.

Les révolutionnaires ne refusent pas de telles aides, ils refusent la politique contre-révolutionnaire du Kremlin.

Quand les intérêts de la bureaucratie et ceux des travailleurs coïncident partiellement temporairement, c'est le cas pour la défense de l'Union soviétique face aux menaces contre-révolutionnaires, le Kremlin envisage et résoud le problème, comme il le fait pour les autres problèmes, de façon absolument indépendante des intérêts et même des idées ou sentiments du prolétariat international.

Cela s'est vu en Afghanistan par la façon bureaucratique dont Hafizullah Amin a été congédié puis tué et dont il a été remplacé au poste de président par Babrak Karmal; cela s'est vu aussi dans le fait que l'URSS n'a pas mobilisé la classe ouvrière internationale contre le danger de contre-révolution en Afghanistan. Ces méthodes restent dans le cadre fixé par l'impérialisme et sèment la confusion sur le véritable rôle et les objectifs de l'Union soviétique.

Mais, ce n'est pas l'utilisation de la puissance militaire soviétique dans la lutte contre les forces réactionnaires qui constitue un obstacle au développement de la révolution en Afghanistan, - Quelles que soient les intentions du Kremlin, cette participation est progressiste -mais la politique de Moscou est globalement une politique contre-révolutionnaire et de collaboration de classe en Afghanistan et dans le monde entier.

L'écrasement définitif de la contre-révolution suppose l'ap plication de mesures progressistes au niveau social et économique; cela a déjà commencé et aller jusqu'à l'expropriation des capitalistes et l'instauration d'un Etat ouvrier.

Pour répondre aux intérêts des ouvriers et des paysans, les moyens les plus efficaces sont la mobilisation et l'organisation indépendantes des masses. Moscou et le PDPA essayeront de contrôler les initiatives indépendantes des masses et de limiter leur participation.

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Mais quelles que soient les orientations politiques bureaucratiques du PDPA et de la bureaucratie soviétique, les ouvriers et les paysans afghans ne pourront progresser s'ils n'écrasent pas la contre-révolution. Les victoires sur les forces réactionnaires peuvent encourager les masses à lutter pour leurs propres intérêts.

8 Certaines organisations ouvrières, sous la pression de l'impérialisme, ont condamné l'utilisation des troupes soviétiques en Afghanistan. Telle est la position des Partis communistes d'Italie, d'Espagne, du Mexique, de Grande-Bretagne d'Australie, entre autres, et des Partis sociaux démocrates.

La bureaucratie de Pékin, suivie par les groupes maoïstes partout dans le monde, a non seulement condamné cette intervention, mais s'est alignée sur la campagne impérialiste, de plus elle a promis d'augmenter son aide à la dictature au pouvoir au Pakistan.

Toutes ces forces se sont alignées dans le camp de la réaction, alors qu'une guerre civile est menée contre les intérêts les plus élémentaires des ouvriers et des paysans afghans et contre soviétique. Pour ces PC et ces partis sociaux démocrates, leurs relations de colpérialisme sont plus importantes que la victoire de la contre-révolution en Afghanistan qui condamnerait les masses afghanes à une répression féroce et à

Accuser les troupes soviétiques d'avoir violé le principe de «l'auto-détermination» de l'Afghanistan, est profondément hypocrite. Ce sont les impérialistes, et non l'Union soviétique, qui ont opprimé l'Afghanistan pendant des dizaines d'années et qui l'ont maintenu dans une situation d'arriération et de sous-développement. La victoire des forces contre-révolutionnaires ne permettrait pas «l'auto-détermination» de l'Afghanistan, mais sa domination encore plus directe par l'impérialisme. De plus, une telle position revient à refuser de reconnaître l'actuel gouverne-

21 février 1980 ment du PDPA comme gouvernement légitime de l'Afghanistan, parce que ce gouvernement est pour l'aide des troupes soviétiques.

Un autre argument, c'est que l'intervention soviétique va jeter les masses afghanes entre les mains de la réaction. Cela supposerait que les nationalistes alghans pretereraient une prise de pouvoir réactionnaire à la chilienne ou à l'indonésienne plutôt que la présence soviétique. Cela supposerait de plus que les paysans soutiendraient les propriétaires fonciers, les ouvriers leurs patrons capitalistes

5, et des ce en les forces

Use joindraient aux forces pro-impérialistes simplement parce que les troupes soviétiques sont dans le pays. C'est absolument contradictoire avec les lois de la lutte des classes.

La véritable question pour les masses dans le monde, c'est la lutte pour faire échec aux tentatives contre-révolutionnaires de l'impérialisme pour arrêter et faire reculer les conquêtes des ouvriers et des paysans, et non pas de mettre en place un régime contre-révolutionnaire et pro-impérialiste. En faisant chorus avec la campagne de propagande capitaliste con-

10.1/26 tre l'Union soviétique, ces PC, sociaux-démocrates et les maoïstes ont non seulement planté un couteau dans le dos des ouvriers et des paysans mais ont, une fois de plus, trahi les travailleurs de leur propre pays.

Si l'Union soviétique devait retirer ses troupes, cela constituerait un encouragement pour les forces contre-révolutionnaires et les conduiraient probablement à la victoire. Cela signifierait que les éléments les plus réactionnaires tes de la société afghane, prendraient le pouvoir en réprimant sauvagement les ragées et feraient reculer leurs luttes pour toute une période. L'impérialisme s'assurerait une base dans la région. L'Afghanistan deviendrait le fer de lance de la contre-révolution impérialiste, dirigé contre l'Union soviétique, contre la révolution iranienne (qui serait la première à essuyer la colère des forces impérialistes à nouveau renforcées) et contre les masses opprimées de la région en général. Cela signifierait un coup très grave porté à la révolution mondiale; cela encouragerait l'impérialisme et augmenterait le danger de guerre.

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Brzezinski, le conseiller de Carter, à la frontière pakistano-afghane

D'autre part, le rôle des troupes soviétiques était d'aider la lutte des Afghans contre la contre-révolution. Une défaite des forces réactionnaires supprimerait un obstacle dans la bataille que mènent les ouvriers et les paysans pour approfondir le processus révolutionnaire et serait un coup important porté contre la politique impérialiste dans la région.

Cela aurait des répercussions sur la lutte des masses pakistanaises contre la dictature au pouvoir. Cela s'est déjà vu dans les manifestations des Balouches au Pakistan en faveur de l'intervention soviétique. Cela affaiblirait les forces réactionnaires en Iran en les privant de l'appui solide de ce bastion réactionnaire et pro-impérialiste et, par conséquent, renforcerait les luttes des ouvriers et des paysans qui se battent pour développer le processus révolutionnaire dans ce pays. En ouvrant un nouveau champ de bataille contre l'impérialisme, cela aiderait les luttes anti-impérialistes du monde entier, de l'Indochine au Nicaragua.

En outre, il serait encore plus difficile alors pour l'impérialisme d'utiliser son énorme puissance militaire contre les masses laborieuses au niveau international ou contre l'Union soviétique et les autres Etats ouvriers. Cela aiderait le prolétariat international à gagner du temps - en particulier aux Etats-Unis -pour désarmer les impérialistes fauteurs de guerre.

Une défaite des forces contre-révolutionnaires en Afghanistan signifierait un nouveau changement du rapport de forces, au niveau international, au détriment de l'impérialisme.

Donc les tâches par rapport à cette lutte sont d'une grande importance. La condamnation de l'utilisation des troupes soviétiques représente une aide à la contre-révolution et à l'impérialisme - que ce soit consciemment, pour des raisons de collaboration de classe, comme c'est le cas pour certains PC ou les sociaux-démocrates, ou inconsciemment comme c'est le cas pour les maoistes.

L'impérialisme américain a organisé une campagne de propagande dans le but de désorienter la classe ouvrière monde entier. Il tente de cacher la véritable nature de la guerre civile en Afghanistan et d'accroître la participation de Washington.

Il stimule l'opposition anticommuniste à l'intervention soviétique et tente de rassembler des forces autour de la demande du retrait des troupes.

L'objectif est également de créer un climat favorable pour faire accepter aux travailleurs des Etats-Unis l'utilisation des troupes impérialistes contre les luttes des opprimés dans le monde entier.

Washington et ses alliés ont aussi répondu à l'utilisation des troupes soviétiques en Afghanistan en augmentant l'aide militaire aux réactionnaires afghans et à la dictature militaire du Pa-

Ils ont appliqué des mesures de rétorsion contre l'URSS et l'Afghanistan et ont accéléré leurs préparatifs de guerre. Parmi ces mesures, il y a : - la suspension des envois de céréales et autres biens à "'URSS; - le détournement des envois de nourriture effectués par les organisations charitables internationales destinés à l'Afghanistan vers les bases contre-révolutionnaires du Pakistan; - la menace de boycottage des Jeux olympiques de Moscou en 1980; - les tentatives pour réinstaurer le service militaire aux Etats-Unis; - l'accroissement des budgets militaires des impérialistes; - les pourparlers pour établir de nouvelles bases militaires dans l'Océan indien et le Golf persique.

La tâche essentielle de la IVè Internationale doit être de lutter contre l'offensive réactionnaire en faisant campagne au sein de la classe ouvriere. pour laire connaitre la vérité sur la guerre en Afghanistan et le rôle contre-révolutionnaire de Washington.

Nous devons participer aux mouvement de protestation contre les mesures prises par les impérialistes américains et leurs alliés contre la révolution afghane et l'URSS.

Nous devons convaincre la classe ouvrière internationale que défendre la révolution afghane correspond à ses intérêts vitaux.

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