adoptée le 30 novembre 1979
TACHES ET OBJECTIFS a) Congrès extraordinaire de la COB Les luttes de novembre, contre Natusch, et de décembre, contre le «paquet économique» de Gueiler, constituent dans leur ensemble une grande expérience historique. Le mouvement ouvrier doit se réunir en un congrès extraordinaire de la COB pour tirer un bilan, et se préparer consciemment aux prochaines luttes, avec un programme, un plan de lutte, des objectifs précis et une ligne d'offensive révolutionnaire. b) L'alliance ouvriers-paysans
Sans la mobilisation organisée de la paysannerie, liée à celle du prolétariat, la victoire finale ne sera pas possible. Le ler novembre, la participation des paysans fut faible, en raison de la politique de la direction de la COB. Mais face au «paquet économique», une large mobilisation née. Les syndicats ouvriers, la COB, les partis ouvriers, tous nous devons préparer, avec un programme, des objectifs politiques, des propositions organisationnelles, la mobilisation avec les paysans, nous devons les y appeler et les organiser. Objectivement, il y a une alouvriers-paysans. Mais il faut lui donner une base programmatique et organiser des luttes communes. c) Intervenir dans la crise de
L'armée est divisée. C'est un coup très dur porté au capitalisme et c'est le résultat de la lutte des classes. Les notions les plus élémentaires de tactique révolutionnaire nous indiquent qu'il est très important de faire un travail politique en direction des courants démocratiques et
3 avril 1980
Extraits de la résolution par la Commission politique du POR-Combate (Section bolivienne de la IVe Internationale) progressistes de l'armée pour les attirer aux côtés de la COB, pour faire échec ensemble à la droite fasciste au sein mée. Il est absurde d'attaquer l'armée comme si elle était un tout uni et homogène. Il faut en gagner une partie. C'est l'autre condition pour rendre plus proche la victoire du mouvement ouvrier et révolutionnaire. d) Front unique de masse
Il est nécessaire de donner au mouvement ouvrier une direction politique unique. Pour cela il est fondamental de construire le Front unique de masse de tous les partis ouvriers et de la gauche anti-impérialiste, aude la COB. Ce sera front très large, très utile pour les luttes démocratiques; mais au sein duquel il sera nécessaire d'organiser révolutionnaire avec des tendances politiques révolutionnaires, qui en seraient le noyau politique, dirigeant la lutte vers des objectifs révolutionnaires; c'est-à-dire que ce serait une direction politique de la COB. Alors, pour intervenir dans les élections, si elles ont lieu, le Front unique de masse, ou front large, est le moyen le plus efficace et le plus sûr pour triompher. L'UDP est en crise. Lançons un appel à ses composantes de gauche et intégrons-les au front unique de masse autour de la COB, et ne menons politique sectaire, de diversion et purement électoraliste dans le dos de la COB, comme cela s'est fait jusqu'à présent. Nous ne pouvons réaliser un véritable front de masse si la COB n'en est pas nante. L'étape actuelle férente; elle se situe à un nisupérieur à 1978.
e) Préparation militaire des syndicats et des partis Les prochaines luttes seront de plus en plus politiques, avec un contenu révolutionnaire des affrontements décisifs avec l'armée. Cela aura un cercaractère de guerre civile. C'est à cela que conduit la lutte de classe dans sa dynamique interne. Cela signifie que le mouvement ouvrier partis ouvriers doivent se préoccuper de la question militaire, de l'armement des travailleurs et des militants révolutionnaires. Nous avons accumulé de nombreuses expériences 1952. Il faut se préparer discuter consciemment de l'organisation militaire, liée à la préparation politique et programmatique du mouvement ouvrier, des syndicats et des directions. f) Développer l'action de la
COB, en tant que pouvoir ouvrier et populaire
La force et l'autorité conquises par la COB sont l'un des éléments les plus importants. Personne, ni le gouvernement, ni les forces armées ne peuvent nier cette réalité parce que la COB représente la majorité nationale et qu'elle a une énorme capacité L'armée est puissante car elle de tanks, socialement elle ne mobilise personne; et ce qui est déterminant, ce ne sont pas tanks, mais les forces sociales organisées et mobilisées un programme. Le Congrès, de la même manière, siège dans les airs. Pour ces raisons, syndicats droit d'intervenir dans tous les problèmes qui soient d'ordre économique, politique, social ou technique, administratif, culturel, etc. On doit discuter et se prononcer sur tous les problemes, donner des solutions, les mettre en œuvre, lutter et non pas se contenter de critiquer la situation. Si ce gouvernement et ce congrès existent, c'est grâce à la lutte des masses centralisée par la COB. Si la COB n'existait pas, la situation serait différente. C'est de cela que découle le droit souverain de la
COB d'intervenir dans tous les problèmes de gouvernement, du Congrès, des forces armées, de l'université, etc., et de mettre en avant les positons de la classe ouvrière au-dessus de tous les problèmes, d'imposer leur prise Naturellement, il y aura conflits et des résistances. La COB doit se développer en tant que véritable pouvoir ouvrier. Les syndicats et tout le mouvement ouvrier doivent discuter ces problèmes et impulser une action politique et révolutionnaire de la COB. Dans ce pro-
Oil faut développer la tendance politique révolutionnaire et accroître son poids au sein de la COB afin de donner à celle-ci la direction qui lui manque. g) Organiser des comités de défense démocratique et anti-fascistes dans tout le pays
L'imprévision et l'improvisation sont les pires ennemis dans la lutte révolutionnaire. La montée de la lutte des masses va nécessairement susciter ment lui-même, soit par l'intermédiaire d'une nouvelle tentative de coup d'Etat fasciste qui n'est en aucune manière à écarter. Il est nécessaire de se préparer à y apporter la réponse adéquate. Cela signifie que dans chaque quartier, dans chaque zone, campement, village, compaysanne, doive organiser une grande chaine de comités de défense démocratiques, anti-fascistes et révolutionnaires, doivent, d'une façon régulière, assurer préparation politique et militaire. Le POR-Combate en appelle révolutionnaires, syndicaux, aux activistes, pour qu'ils créent immédiatement ces organismes.
Ces comités établiront des liaisons directes avec les usines, les mines, les quartiers populaires, les campagnes et avec leurs syndicats respectifs, afin de pouvoir coordonner leurs actions le moment venu. h) Tribunaux populaires
Après sept années de crimes perpétrés par Banzer et le génocide populaire, après l'a venture de Natusch, du ler novembre, menée avec la collaboration des «banzéristes» et des «movimientistes» (1), après tous les actes scandaleux et les vols qui ont été commis, ces crimes ne peuvent rester impunis. Quand un ouvrier poussé par une nécessité vitale, vole un pain, ou quand un paysan prend une des poules du patron, la bourgeoisie les punit de 10 ans de prison. Ceux qui ont asdes milliers d'ouvriers, paysans, d'étudiants, hommes, des femmes et des
Get qui ont détruit l'économie nationale sont des criminels; ils doivent être punis par le peuple.
Le Tribunal pénal ne peut pas intervenir, ni mener à bien sa tâche, ni assurer le châtiment de Banzer parce que ce sont eux - les Banzer, les Natusch -qui manœuvrent et les organes répressifs et judi-
La loi bourgeoise ne sert pas à châtier les représende la grande bourgeoisie; elle ne sert qu'à tuer les membres du peuple exploité. Et la preuve en est que ces criminels sont en liberté et bien protégés.
Les institutions comme le pouvoir judiciaire et le parlement, ne servent pas à châtier ces criminels. Et le pouvoir exécutif avec Gueiler à sa tête ne fait que donner des garanties à ces assassins. Il y a un accord secret en Natusch et Gueiler, et y compris avec quelques parlementaires de la gauche. Il y a plus de trois groupes de gauche qui sont compromis là-dedans.
Il est nécessaire de convoquer un congrès extraordinaire de la COB, afin de former un Tribunal populaire pour juger tous les contre-révolutionnaires, en premier lieu, Banzer et Natusch, et leurs complices, et pour décider des châtiments qui correspondent à l'immensité de leurs crimes et délits. Le mouvement ouvrier, le peuple exploité, les syndicats et la COB sont seuls en droit de juger et de châtier ces bourreaux en organisant les tribunaux populaires. En dehors d'eux, personne n'est capable de le faire. Les discours au Parlement sont des cris dans le vide, ce n'est que du bruit..., et dans le meilleur des cas, une simple propagande politique à des fins personnelles.
En conclusion : récemment les masses ont été près du pouvoir et l'absence d'une direction politique révolutionnaire s'est fait sentir. Il est essentiel de se mettre à la construction du parti révolutionnaire, avec une méthode bolchévique et scientifique, sous une forme dynamique, intelligente, planifiée et audacieuse. Les conditions sont prêtes pour un grand développement et pour effectuer un bond en avant. La question est de se préparer de l'intérieur pour effectuer un tel bond qui, rapidement, signifiera aussi un bond en avant dans le processus révolutionnaire.
Il est nécessaire d'avoir pleinement conscience de deux faits : la bourgeoisie, avec ou sans élections, ne pourra stabigouvernement; au contraire, sa crise et sa décomposition vont s'approfondir. D'autre part, ouvrier, paysan et populaire va s'unifier organiquement, développer son niveau de cience politique, élever sa capacité de lutte et sa volonté de changer l'ordre des choses actuel; ils voudront liquider le capitalisme. C'est dans ces conditions qu'il faut construire - la direction qui fait défaut, construire le parti marxiste-révolutionnaire, organiser le front unique de masse et avancer dans la lutte pour affaiblir, faire reculer le capitalisme, gagner du terrain pour le mouvement ouvrier et avancer jusque vers le gouvernement ouvrier. (1) Partisans du général Hugo
Banzer et du MNR - Mouvement nationaliste révolutionnaire-, de Paz Estenssoro.