Catherine VERLA Coté imposé pai le gouverne- 'EST avec un plan d'austéri ment en vertu d'une procédure exceptionnelle (lui permettant de passer outre l'opposition prolongée de l'Assemblée fédérale), que la Yougoslavie a entamé l'année 1980. Une des raisons en a été le décalage entre la récession touchant les «partenaires» européens capitalistes (provoquant, entre autres, une baisse de leurs achats sur le marché yougoslave) et le taux de croissance très important de la Yougoslavie ces dernières années (elle ne connaît pas la «stagflation» !). Cela signifiait, dans le cadre actuel d'exploitation insuffisante de ses propres matières premières, une augmentation très forte des importations yougoslaves donc une aggravation de la dette extérieure et de nouvelles flambées inflationnistes. Ce sera à mettre au bilan des débats en cours sur l'intégration de ce pays dans le «nouvel ordre économique mondial».
L'INCERTITUDE... En attendant, le doute règne sur l'efficacité des mesures prises. Déjà, le précédent gel des prix, introduit en août dernier, avait provoqué des stockages de marchandises (entre autres de café), par spéculation sur des hausses de prix à venir et déclenché une véritable crise d'approvisionnement à Belgrade en décembre (avec menaces de démission politique des fonctionnaires locaux). Mais ce n'est là que le sommet de l'iceberg.
Un équilibre très i
Après les vastes purges du début des années soixante-dix touchant en fait tous ceux qui - de «droite» et de «gauche» -remettaient en cause l'unité et le monopole du pouvoir politique de la Ligue des communistes yougoslaves (LCY), l'auto-censure règne encore dans l'attente de l'après-titisme. Certains espè rent une nouvelle phase de libéralisation politique de la part de l'équipe politique au pouvoir qui, sinon, ne pourrait faire disposerait pas d'une popularité suffisante pour contenir les tensions. Ce serait un moyen d'élargir son soutien populaire. Et, à l'appui de cet argument, on voit ces temps derniers, fleurir quelques déclarations sur le besoin de «réconciliation» avec ceux qui ont été mis à l'écart ou qui ont démissionné de la LCY. On parle de reconsidérer la situation de la revue Praxis bannie, dont les collaborateurs marxistes de gauche, à Belgrade, ont été interdits d'enseigner à l'université en 1975.
Mais même ceux qui espèrent cette libéralisation politique, ne cachent pas leur crainte qu'elle ne s'effectue dans un contexte favorable aux forces centrifuges, où les nationalismes exacerbés pourraient conduire à un éclatement de la Fédération. Dans la situation actuelle, l'éclatement de la Yougoslavie signifierait une plus faible résistance à la fois à l'environnement capitaliste et à l'intervention soviétique (avec sans doute un sort différencié pour les différentes républiques).
La crainte des «Russes» est omniprésente, entretenue par les autorités qui savent bien que nstable c'est un facteur de cohésion de la population, un facteur qui peut l'empêcher d'exprimer pleinement son mécontentement. On a supprimé beaucoup de permissions dans l'armée et les citoyens participent à des gardes de nuit sur leur lieu de travail. Et, s'il est peu probable qu'une intervention militaire directe se produise, il est certain que le Kremlin n'a pas hésité à multiplier les échanges bilatéraux directs avec les diverses républiques ces dernières années et qu'il n'hésitera pas, comme par le passé, à exploiter les dissensions nationales pour renforcer ses propres positions.
Dès lors, la principale incertitude se situe sur le plan des rapports de force internes entre les différentes classes et couches sociales et entre les diverses tendances susceptibles d'orienter la LCY et le système yougoslave.
Quels ont été, en profondeur, les effets des mesures prises depuis 1971 sanctionnées légalement par la nouvelle Constitution de 1974 et surtout par la «Loi sur le travail associé», adoptée fin 1976 ?
Dès leur mise en place, nous souligné qu'elles mèneavons raient à une impasse (voir Inprecor, numéro 41/42 du 30/12/ 1979 et numéro 25 du 30/3/ 1978).
Il faudra que les tensions sociales contenues dans cette fin de règne de Tito s'expriment au grand jour pour mesurer réellement de quelle façon ces réformes ont pu affecter la conscience des travailleurs et transformer les rapports de forces sociaux. Dire que l'autoges-
tion est largement formelle en Yougoslavie est une banalité. La façon dont elle a été rendue formelle a considérablement varié selon les grandes étapes qu'a connu la Yougoslavie (voir dans ce numéro, Les principales сиractéristiques des grandes étapes du systeme yougoslave). Et ce serait passer à côté d'un des plus riches laboratoires d'expériences, du point de vue du mouvement ouvrier et de la construction d'une société socialiste effectivement autogestionnaire, que de balayer d'un revers de main l'expérience yougoslave sans se donner la peine d'en étudier les contradictions - infiniment plus riches que celles des voisins de l'Est -. Ce serait aussi se désarmer totalement en Yougoslavie, même face aux grandes échéances qui viennent.
LES TENDANCES
A LA RESTAURATION
DU CAPITALISME EN 1968-1971
Pendant longtemps, on avait identifié, en Yougoslavie, planification centralisée et bureaucratie. C'est au nom d'une plus grande efficacité des pouvoirs autogestionnaires, au niveau des entreprises, que le principal instrument de la planification avant 1965 — le Fond central d'investissement -, a été démantelé avec la Réforme économique. Le marché («socialiste», mais aussi le marché mondial, avec l'ouverture des frontières) était la contre-partie, considérée comme inévitable, de la «liberté» de l'autogestion par rapport aux entraves bureaucratiques centrales de la période antérieure. En peu de temps - dès 1968, cela devait se manifester -, on a vu à la fois avec l'extension des lois du marché, la planification devenir inefficace, le poids des ouvriers se réduire au profit d'une montée des «spécialistes» du «management» et le chômage se développer (1). On a assisté à une progression fulgurante des forces sociales favorisées par le développement du marché, en particulier les directions des entreprises d'importexport, mais surtout celles des banques et autres intermédiaires financiers qui ont réalisé, dans cette période, une accumulation ne cons derable des entrepi ses (qui ne dépendaient quasiment plus que des banques pour leurs investissements).
Un véritable programme de restauration du capitalisme était, formulé dans la logique de la Réforme : au nom de la «rationalité», liée à la concurrence sur le marché, au nom de «l'esprit d'entreprise» que les travailleurs avaient adopter dans un tel cadre, ne fallait-il pas supprimer bien des droits de l'autogestion, permettre des licenciements légaux, stimuler l'intéressement des responsables d'entreprises et l'uti-
«efficace» des fonds accumulés par la restauration d'un marché du capital et, finalement, étendre la propriété privée ?
L'apprenti-sorcier avait été la direction de la LCY elle-même. C'est dans ses rangs mêmes qu'un tel programme trouvait ses plus ardents défenseurs (quelle qu'ait été leur conscience des tes de son application). La logique de la concurrence était également contradictoire avec celle de la solidarité avec les secteurs et les régions les moins développées. Les inégalités que s'accroître, égoïsmes régionaux que s'affirmer et prendre la forme d'oppositions entre les républiques - c'est-à-dire aussi entre les nationalités.
En 1971, un vaste mouvement réclamait en Croatie qu'il n'y ait plus aucune intervention centralisant les ressources et aboutissant à une «colonisation» (sic!) des régions riches par les plus pauvres. En particulier, cette république qui, par le tourisme de la côte dalmate, rapportait au pays une bonne part de ses devises, réclamait de garder pour elle l'intégralité de ses recettes. Le mouvement, partiellement impulsé par les dirigeants locaux de la LCY, a pris des couches petitesbourgeoi une dynamique séparatiste et de orientées vers le commerce international, idéologiquement exploité par l'Eglise et les oustachis croates et, semble-t-ll, peu implanté parmi les travailleurs), bien que le caractère de la planification ait pu donner aux re. vendications exprimées un fondement anti-bureaucratique réel.
cette expression ouverte de la désintégration, non de la planification, mais aussi de la LCY et de la Fédération elle-même, la direction a opéré un brutal tournant en 1971. UN TOURNANT CENTRISTE
BUREAUCRATIQUE Les grandes caractéristiques du nouveau cours, adopté depuis lors, ont été les suivantes : - Sur le plan politique : la répression de toutes les oppositions, la critique publique (faite par Kardelj, principal théoricien du régime, mort l'an passé) de la «désintégration prématurée de la dictature du prolétariat», c'est-à-dire du «rôle dirigeant du Parti», le renforcement du poids de l'armée dans la LCY et dans l'appareil d'Etat, la remise au pas des syndicats qui s'étaient quelque peu émancipés par rapport à leur rôle de courroie de transmission dans la période antérieure.
Sur le plan social, il s'est agi d'un nouvel équilibre s'appuyant sur les travailleurs (1) Le chômage pour cause de rentabilisation économique est interdit théoriquement. En pratique, dans la période 1965-1971, la concurrence entre les entreprises et la détermination des revenus selon les résultats du marché a conduit les travailleurs à accepter les licenciements comme « inévitables», en choisissant de renvoyer au foyer les femmes mariées prioritairement.
Actuellement, sont comptabilisés comme chômeurs, les jeunes en quête de leur premier emploi, les paysans insatisfaits des ressources de leur petit lopin de terre, les personnes ayant trouvé un emploi à temps partiel provisoire.
Pour une analyse plus détaillée des tendances à la restauration du capitalisme, voir «Critique communiste» numéro spécial
LE CONTROLE OUVRIER AUTOGESTIONNAIRE : UN BILAN POSITIF (2) Sur la base d'une analyse des conflits et des grèves qui s'étaient produites au sein des entreprises (voir Dossier sur les grèves), les syndicats ont débattu puis adopté, en 1972-1974, des mesures de contrôle ouvrier qui ont été institutionnalisées dans la «Loi sur le travail associé» adoptée fin 1976. La Loi reconnaît aux travailleurs la possibilité d'exercer leur contrôle, de demander publiquement — oralement ou par écrit - des comptes sur n'importe quel aspect de la gestion de l'entreprise, à tout moment. Ils peuvent exercer ce droit directement, au travers du Conseil ouvrier ou par la mise en place d'un organe spécial, le «Comité de contrôle ouvrier autogestionnaire». Une enréalisée en 1976 sur ces comités montre à quel point les travailleurs leur ont accordé de l'importance. en principe l'organisation syndicale qui doit établir les candidatures pour les membres de ces comités de contrôle, il s'avère que dans 67 % des cas, c'est directement la réunion des ouvriers qui a constitué la liste des
Dans 80 % des cas, ces comités ont effectué un travail public dans toutes ses phases, tous les travailleurs ayant droit d'accès à leur activité (contre 20 % de travail non-public dans la phase de recherche des faits et de documentation). Dans 75 % des cas, les rapports ont été présentés à l'Assemblée des ouvriers ou devant le Conseil ouvrier (contre 15 % des cas où le rapport a été présenté aux directions de la LCY et des syndicats). Sur les 1602 comités enquêtés, la proportion tés enquêtés, productifs qui en étaient membres, était de 81 %, soit un chiffre considérable- considérablement plus élevé les organes de conseils ouvriers et de gestion (voir Dossier sur les grèves). 44 % étaient membres de la LCY.
Si l'on étudie qui a initié les actions entreprises par les Comités de contrôle autogestionnaires ouvrier, dans 73 % des cas il s'agissait des ouvriers et des membres des Comités de conalors que le Conseil ouvrier n'avait proposé d'initiatives que dans 9 % des cas et que 2 % des initiatives seulement avaient été suggérées par la LCY ou les syndicats. Les organes sur lesquels les enquêtes ont porté, ont été dans 46 % des cas les organes d'affaires et les services spécialisés de l'entreprise, dans 17 % des cas, le
Conseil ouvrier.
Le Comité de contrôle n'est pas habilité à prendre des décisions sur les irrégularités qu'il a relevées. Mais il informe les travailleurs et les organes susceptibles de prendre les décisions.
Dans 72 % des cas, ce sont directement soit les Assemblées de travailleurs, soit le Conseil ouvrier qui ont pris les décisions pour éliminer les irrégularités relevées. Dans 10 % des cas, aucune décision n'a été prise malgré le rapport (ce qui ne signifie d'ailleurs pas qu'aucune décision ne sera prise, mais que la conclusion n'était pas encore tirée lors de l'enquête). Dans les cas où la proposition du Comité de contrôle n'a pas eu de suite, ces comités ont, dans 64 % des cas fait appel à la LCY et aux syndicats, dans 25 % des cas, ils ont réuni l'Assemblée des travailleurs et demandé une décision d'urgence. Voici quelles sont les questions qui ont motivé les enquêtes : Les Comités ont traité: - des abus de fonctions - des rapports bureaucratitiques des dirigeants à l'égard des ouvriers (6 %), - des revenus personnels réalisés irrégulièrement (10 %), - des fausses présentation des réalisations d'affaires (6%), - des dépenses irrationnelles de représentation (5 %), de l'application des décisions des réunions ouvrières (10 %). - du non-respect des clauses des actes autogestionnaires (21 %).
UN ELARGISSEMENT DES
SUJETS DE CONFLITS SOCIAUX On a souligné l'écart accru entre les droits reconnus et la réalité des pouvoirs effectifs des travailleurs. Mais nous ne dirons pas que ces droits sont simplement formels. L'efficacité frappante des grèves, ou des actions de contrôle ouvrier, sont le reflet de rapports sociaux où pèsent très concrètement les droits d'autogestion : les directions d'entreprise sont nommées et révocables par les travailleurs. Et les dirigeants de la LCY ou des syndicats savent bien également que la stabilité de leur poste tient au calme social. D'où la diligence avec laquelle ils tentent de résoudre les conflits lorsque les grèves éclatent. Il n'y a pas d'assise, dans des rapports de propriété privée, pour ces dirigeants politiques et de ces technocrates et il n'y a même pas non plus la relative stabilité politique des bureaucrates nommés par le haut, comme à l'Est. C'est d'ailleurs pourquoi, en 1971, quand, en même temps que les purges, la direction titiste a lancé une vaste campagne (largement démagogique bien sûr...) contre tous ceux qui s'étaient enrichis frauduleusement, beaucoup d'entreprises en Croatie ne trouvaient plus de volontaires pour être directeur...
Ceci étant, l'autogestion est aussi une «réalité idéologique», comme on dit là-bas, c'est-à-dire un droit, largement rendu formel aujourd'hui par tous les mécanismes évoqués plus haut, mais un droit pour lequel les travailleurs se révolteraient s'il était supprimé. Et le fait que ce droit soit étendu à de nouveaux domaines ne peut être neutre pour l'avenir dans la conscience ouvrière.
A l'appui de cet optimisme, nous dirons que ce n'est sans doute pas un hasard si l'on souligne dans la dernière pério(2) Les statistiques suivantes sont tirées du rapport écrit de Neca Jovanov, fait à partir d'une enquête réalisée en 1976 et qui a reçu 1756 réponses d'organisations du travail.
de un élargissement des thèmes de conflits. Par exemple, on m'a cité des cas de grève des paiements des charges locatives (un exemple de charges censées être décidées par les Communautés d'intérêt autogestionnaires et qui «tombent», en fait, sans concertation avec les intéressés) ; mais aussi un très puissant mécontement sur la question de l'accès à l'université. Il faut savoir qu'une des raisons du chômage yougoslave est le décalage entre la formation acquise par les jeunes et les postes de travail. En gros, il y a de fortes offres d'emplois dans les secteurs de la production matérielle (les moins payés...) et trop de sociologues...
Alors on vient d'introduire en Croatie, pour la généraliser, une réforme de l'enseignement instituant une sorte de contrôle ouvrier sur l'enseignement et de lien entre l'accès à un tel enseignement et le besoin qu'en a la société (besoin, en l'occurence, exprimé par une garantie d'embauche délivrée à l'avance à l'étudiant par telle ou telle entreprise). L'échec en est déjà manifeste, mais la réforme a suscité pas mal de remous. C'était la prime à la combine - et donc aux privilèges bureaucratiques.
L'ALTERNATIVE
Face à des conflits de ce type, face aussi à la prolifération de toutes ces questions sur lesquelles les travailleurs devraient trancher alors que d'autres le font à leur place, on entend exprimer aujourd'hui en Yougoslavie des points de vue très élitistes, sinon carrément technocratiques : «Il y a des tâches ingrates, d'autres plus nobles. Il est normal que ceux qui sont les plus compétents et les plus qualifiés soient les mieux payés. Et puis les ouvriers ne peuvent décider de tout, il est normal qu'ils délèguent leur pouvoir aux spécialistes...». D'ailleurs m'a aussi dit un éminent professeur :«Les ouvriers ne comprennent pas ! Ils se disent «Je paie un directeur pour qu'il dirige, et voilà qu'il me demande mon avis sur tout, en plus de ma journée de travail !!!».
Pourtant on signale aussi un «îlot de socialisme» dans cette commune ou un ancien partisan, devenu directeur d'usine, a réussi à créer une toute autre conception de la micro-société qu'il a animéeavec ses compagnons de travail. Là, les ingémoins que dans le reste du pays, pourtant ils ne veulent pas partir. Toute l'organisation du travail a fait l'objet d'une refonte créative où la compartimentation et les anciennes divisions s'estompent. La productivité en a été décuplée. Les ressources ont été collectivement gérées de
A LIRE DANS INPRECOR
«Le système yougoslave face à ses impasses» C. Verla
Numéro 41/42 du 30/12/1979
«Le nouveau système d'autogestion» C. Verla Numéro 25 du 30/3/1978 - «Des choix fondamentaux»
C. Verla Numéro 61/62 du 11/11/1976 - «Le point d'une situation confuse»
C.Verla Numéro 39 du 5/12/1975 - «Praxis supprimée !» Numéro 21 du 13/3/1975 - «Les contradictions des Etats à constitutions socialistes»
Mihoil Markovic Numéro 20 du 27/2/1975
«La reprise en mains» C. Verla Numéro 3 du 4/7/1974 - «Halte à la répression contre les professeurs marxistes et des étudiants socialistes !» Numéro 2 du 20/6/1974 façon à créer un cadre de vie sociale où les services sont développés et de qualité.
solutions alternatives technocratiques existent et font leur chemin (mais avec quelle étendue et quelle rapidité, c'est encore impossible de le dire). Les mécanismes qui empêchent l'autogestion d'être une réalité, per-• mettent quand même de formuler plus clairement les exigences. La Démocratie ouvrière, politique, est le facteur décisif pour la transformation profonde de tous les rapports sociaux :
- Pas de choix réel, pas de vote réel, sans pluralisme des projets présentés; - Pas de moyens de contrer la force des technocrates, si les travailleurs ne sont pas une force collective, consciente des divers choix possibles et de leurs implications. Il faut que les plus larges débats politiques puissent avoir lieu sur les grandes options en présence. Il faut que les grands points de vue divergents puissent publiquement s'affronter avec les moyens audio-visuels des mass-media tous les niveaux. Il faut que les délégués soient ensuite élus sur des programmes et des mandats qui ont pu faire l'objet de tels débats publics. Il faut que tous ceux qui partagent un point de vue commun sur les grandes options puissent se regrouper, même conjoncturellement, pour élaborer et argumenter de façon claire et convaincante. Dans un tel cadre, les syndicats et partis doivent être également le lieu de débats publics où les positions minoritaires doivent être connues et avoir les moyens de s'exprimer collectivement. Aucune appartenance politique ne doit donner de privilèges dans la prise de décisions appartenant aux organes d'autogestion; - Pas de choix réel sans le temps et la formation pour les effectuer, cela doit être pris sur le temps de travail;
Pas de choix réel, si l'on reste soumis à la logique du. marché et de la compétition : les grandes options de développement doivent être débattues de façon à prendre en compte les objectifs de remise en cause des inégalités et des vieilles divisions entre les villes et les campagnes, travail manuel vail intellectuel et division sexuelle du travail dont le maintien perpétuerait durablement les privilèges sociaux et ne permettrait pas de donner à tous et à toutes le droit à un travail désaliéné. Le 4 avril 1980