Inprecor 1974–2004

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PAYS-BAS

Un tournant pour la classe ouvrière néerlandaise ?

· Inprecor n° 76, 1er mai 1980 · p. 24-26 · 2 326 mots

Syndicalisme Stalinisme

Un tournant Jan HENSGENS

La déroulée # 4 mars dernier journée d'action, à laquelle ont participé 400000 personnes.

journée était par le FNV (Federatie Neder-

Vakbeweging - la Fédération des erlandais), en réponse aux mesures frappant la classe ouvrière. Le gouvernement de droite de la Démocratie chrétienne (Christelijk De-

Appel) et libéral VVD (Vereniging voor

Demokratie Association pour la la démocratie) ont proposé une loi limitant les augmentations de salaires ; ils veulent que le gouvernement puisse indirectement dans les négociations salariales.

20 mars, il y eut une seconde journée nationale d'acétait débattue au Tweede Kamer (le parlement hollandais). Amsterdam plus grande manifestation de toute l'histoire des Pays-Bas : 100000 personnes, venues de partout, y ont participé et il y avait ce jour-là plus de 150000 grévistes dans tout le pays. Cependant, toutes pas fait céder le gouverqui, soutenu par les employeurs, poursuit la mise en œuvre de ses plans d'austérité. La direction du FNV tient encore un discours très dur et il est évident que la base des syndicats est prête à d'autres acmanifestations sont-elles le prélude aux confrontations de classes qui se dérouleront en Hollande ? Voilà la

Au cours des dernières années, il y a eu plusieurs mobilisations syndicales aux Pays-Bas. En février 1977, la classe ouvrière s'est mise en grève à une large échelle; ces étaient un avertissement donné aux employeurs afin qu'ils ne tentent plus de remettre en cause l'échelle mobile des salaires. La direction du FNV a commencé la lutte sous la pression des syndiqués très combatifs. Ces actions ont permis de faire reculer l'offensive Ce fut une leçon très importante pour les travailleurs qui ont compris que c'était par l'action qu'on pouvait rempor-

Il y eut une autre lutte au cours de l'été 1978: des dizaines de milliers de fonctionnaires se sont mobilisés contre les mesures d'austérité qui devaient les frapper doublement. La direction de l'ABVA (Algemene Bond voor Ambtenaren - le syndicat des fonctionnaires) avait accepté des «mesures économiques raisonnables», à la condition que cette politique d'austérité conduise à la création de nouveaux emplois. La décision du Parlement y fut en définitive défavorable et la direction de l'ABVA a arrêté toute action, demandant aux travailleurs d'accepter la règle démocratique. Ce fut une défaite pour

En décembre 1978, eut à nouveau des actions de masse dans la fonction publique dans quelques secteurs, tels travailleurs des transports ur-

Get des services gré la loi qui interdit aux fonctionnaires hollandais de nouveau, la obstruction et ignora la détermination des syndiqués à continuer l'action. Elle mit un terme aux mobilisations en acceptant un mauvais compro-

Pays-Bas mis. Après ces actions, la radicalisation de la base et le renouvellement des cadres de l'organisation a conduit le syndicat des fonctionnaires à des positions de gauche.

En juin 1979, il y eut à nouveau des mobilisations syndicales. Le FNV tout entier y participa et, pour la première fois dans l'histoire des fonctionnaires, ces derniers y prirent part en tant que secteur de la classe ouvrière. Ces mobilisations sont maintenant did'austérité du gouvernement CDA-VVD qui essaye de diviser les travailleurs en prenant pour cible principale les fonctionnaires et les chômeurs. Tous les fonctionnaires et les chômeurs indemnisés voient leurs revenus amputés de deux pour cent. En même temps, le gouvernement s'attaque aux publics aide publique, services de éducation, etc.), en diminuant ses

La bureaucratie du FNV a organisé une à Utrecht pour montrer la colère de ses membres. Plus de 40000 personnes ont participé au meeting qui a suivi, la plupart scandant : «A l'action ! A l'action qu'avait joué le FNV pour arrêter les luttes précédentes toujours présent dans les mémoires. Mais, encore une fois, la bureaucratie trahit la classe

: la manifestation du 19 juin n'était en fait destinée faire baisser la pression grandissante. nouveau les bureaucrates ont battu rien obtenir. Le 23 août, les dockers ont présenté à leur tour la note aux syndicats. Ils ont commencé une grève sauvage à Rotterdam. Les travailleurs de la

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compagnie de remorquage, Smit Internationale, ont démarré les premiers. Ils réclamaient une augmentation de salaires d'environ 50 florins (120 francs français) pour pouvoir d'achat. Ils refusent totalement toutes les diminutions de salaires. Ils ne croient désormais plus aux contes de fées selon lesquels l'augmentation des profits capitalistes pour corollaire d'emplois. Après la décision du tribunal de faire cesser la grève, il y eut une extension du mouvement. Sur les docks de Rotterdam, les travailleurs lancèrent une grève de solidarité. En-

7000 dockers alors en grève, mais le syndicat refusa de reconnaître grève sauvage et d'ouvrir la caisse de grève pour les dockers. La grève des docks s'est terminée par une victoire partielle. Mais les travailleurs ont été obligés d'arrêter l'action après sept semaines et demie avec un très faible résultat, car, en face d'eux, il y avait le front des employeurs, des syndicats, et c'était trop.

Mais ces grèves sauvages dans les docks ont été choc terrible pour les directions syndicales. La tête de L'IB-FNV (Industrie Bonden - Syndicat de l'industrie) s'est mise à redouter la combativité des cadres de la base; c'est pourquoi elle a recherché une solution pour regagner son autorité. Elle a organisé une greve grève en septembre 1979 à la raffinerie Shell, revendication la semaine de 35 heures et cinq par jour. Cette action soldée par une grande défaite. La grève a été brisée par un gang de bandits recrutés par la direction de Shell chez les non-grévistes. Le syndicat de l'industrie n'organisa aucune riposte et appela ses membres à reprendre le travail afin d'éviter une escalade de la violence.

Jusqu'à la fin de nombreux plans d'austérité du gouvernement et des yeurs ont échoué. contre l'échelle mobile a été repoussée et le programme d'austérité de 1978 battu en brèche. D'un autre côté, gouvernement et les capitalistes ont réussi à localiser les points faibles au sein des nale Vakverbond - le syndicat rattraper leur bande à part (1).

aurait bureaucratie des créations ouvrière.

classe étaient cette

Il y a une combativité évidente des cadres de tion de rechange qui donner mobilisations.

janvier 1980, le gouvernement de l'Etat et laires pour deux mois. Certaines augmentations, obtenues dans l'industrie de la un te décision. Mais il n'y avait en même temps aucun contrôle d'une véritable flambée le blocage des salaires par la nécessité d'ajuster les plans socio- économiques aux économiques rendre publiques. Les prévisions

1980 ment pessimistes, dans un contexte d'augmentation des prix de l'énergie et de dégradation des termes de l'échange sur le marché mondial. Le gouvernement est en train d'étudier un plan supplémentaire d'austérité portant sur 4 milliards de flotions collectives a été repoussée

1979. de syndicats puissent faire aboutir quelques-unes de leurs revendications même modérées, comemplo-

L'attaque me la diminution du temps de travail et une augmentation des salaires de deux pour cent (seulement !). Les deux syndicats, le FNV et le CNV, sont fule mesures sont une attaque à leur syndicats néerlandais. Le FNV et le CNV (Christelijk Nationational-chrétien) font toujours dent Le CNV s'est tenu à l'écart de ces mobilisations et aujourd'hui il commence à dénoncer la «radicalisation» du FNV. Mais cela a révélé aussi que la

One peut et ne pourra pas jouer un rôle dirigeant dans les luttes de la

Elle refuse de soutenir les actions entreprises par ses propres membres et les autres travailleurs. Au contraire, elle inscrit toutes ses activités dans le cadre de la négociation tion et de la lutte parlementaire.

base, mais il manque actuellement une direcpuisse des perspectives aux La première semaine de La a annoncé un blocage des sacomme celles plans viande après une courte grève, étaient remises en cause par cetdes prix et l'on peut donc parler des prix. Le gouvernement justifiait loi, qu'il venait de sont particulièreration regroupe rins. La négociation des convenradicalisé, crate. et il est fort improbable que les adhérents. 2) rieux. Ils reconnaissent que ces entière ment néerlandais.

droit de libre négociation. Le président du FNV, Wim Kok, a fait d'abord un rapport assez modéré sur la décision gouvernementale : «Ces mesures renla tâche impossible au FNV en l'empêchant de montrer ses capacités à prendre des responsabilités».

les discours de masse à grande lors de voulait utiLe fut le Parles'ouvre période de 1) Le FNV est la plus grande fédé syndicale aux Pays-Bas avec un 1,1 million d'adhérents. Elle deux anciennes fédérations : la NKV, syndicat catholique

Get le NVV social-démoElle s'est donné pour oblectif la fusion de tous les syndicats affiliés. Le CNV est absent de ce regroupement et il compte 300000

Aux Pays-Bas, les salaires étaient parmi les plus bas du monde industriel, après la Deuxième Guerre mondiale, en raison de l'intervention active du gouvernement. A l'heure actuelle, la politique salariale tout

Best dictée par le gouverne-

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pendant 24 heures et 100000 autres ont débrayé. Dans l'imprimerie, les chiffres concernent respectivement 7000 et 15000 travailleurs; dans l'industrie alimentaire, 15000 et 5000; dans la construction, 15000 et 50000; dans les transports, 20000 et 5000; et les fonctionnaires ont joué •un rôle actif avec une participation de 65000 personnes. La vie publique a été désorganisée ce jour-là. Les cars régionaux n'ont pas fonctionné. Les travailleurs des ports étaient en grève. A travers tout le pays, il y eut des manifestations; les plus grandes ont eu lieu à Amsterdam avec 35000 personnes et à Rotterdam, avec 25 000. Le lendemain, la plupart des journaux n'ont pas paru ou avec un nombre limité d'éditions. Ce qui est remarquable, c'est que cette mobilisation se soit étendue à tout le pays. Dans certaines régions, les travailleurs se sont mobilisés pour la première fois depuis des années. Dans un grand nombre de régions, la grève fut totale. Les syndicats belges, l'ABVV et l'ACW, ont appelé les travailleurs belges qui travaillent en Hollande à se joindre à la mobilisation du FNV. Le FNV a annoncé qu'il continuerait les mobilisations au niveau politique même si le Parlement acceptait les plans du gouvernement. Ces plans limitent la liberté de négociation, ce qui est une attaque fondamentale contre l'ensemble du mouvement svndical. Le

Sgrève, afin de garantir les droits des non-grévistes.

Malgré l'action des syndicats, la loi sur les salaires a éte votée par le Parlement. Le gouvernement a mis immédiatement cette nouvelle loi en application et a annoncé que, pour le reste de l'année, les salaires étaient bloqués au niveau de janvier 80. Les travailleurs qui touchent un salaire minimum perdent 50 florins nets par mois. L'augmentation des prix de l'énergie n'est plus compensée au niveau des salaires. L'échelle mobile des salaires et le pouvoir d'achat des travailleurs subissent une forte attapatrons néerlandais peuvent être satisfaits.

Les travailleurs vont maintenant payer la crise de l'économie capitaliste.

Le FNV se doit de répondre à cette provocation ouverte du gouvernement. Mais il ne sait plus comment poursuivre la lutte. Une grève générale de 24 heures n'est guère tentante car il a peur de perdre le contrôle des luttes qui continuent. En quelques endroits, des grèves courtes ont été menées, dans une entreprise après l'autre, comme une traînée de poudre. Mais en général, la réaction des dirigeants syndicaux est hésitante. Les mobilisations de la base sont bien accueillies, mais la bureaucratie ne prend pas d'initiatives locales et n'impulse pas d'actions dans les entreprises. Au dernier moment, elle a décidé d'organiser une manifestation nationale à Amsterdam, le 20 mars. Elle a appelé les travailleurs à quitter le travail et à venir manifester à Amsterdam. Pour la première fois depuis la grève de 1903, les travailleurs et les 90 co travailleuses des chemins de fer ont été appelés à grève. Cette journée d'action n'eut qu'un succès relatif. La grève des chemins de fer a été un échec. Il y eut plus de 3000 grévistes, mais les autres 23000 non-grévistes furent capables de les remplacer. 150000 personnes ont fait grève toute la

La manifestation à Amsterdam a réuni 100000 participants. La raison de ce demi-échec doit être imputée à la politique hésitante de la bureau-

Le temps de préparation, trois jours, fut trop court. Apres les mobilisations lors de la marche du 4 mars, ils auraient dû commencer à préparer une journée d'action nationale. Avec un investissement actif des membres et des cadres dans des comités d'action, dans les usines, Il aurait ete possible de faire beaucoup plus. aussi, en raison du manque de perspectives, comme par exemple une grève générale de 24 heures et du manque de revendications concrètes, comme l'augmentation de deux pour cent des salaires, ou la diminution du temps de travail, etc. la mobilisation a été limitée. Enfin, au cours de la semaine précé dant la marche du 20, la direction du FNV a dit qu'il fallait s'attendre à une défaite, qu'il faudrait s'en tenir à cette journée d'action.

Une autre raison est le fait qu'il n'existe pas d'alternative à ce gouvernement. Le parti social-démocrate PVDA (Partij van de Arbeid - Parti travailliste), qui est hégémonique chez les travailleurs syndiqués, n'a pas d'autre solution à proposer plan d'austérité d'une geants du parti disent qu'eux non plus ne peuvent pas garantir le pouvoir d'achat des travailleurs pour les années à venir. Le parti communiste hollandais (CPN) cautionne tout à fait la politique de la direction du FNV. De plus, leur solution passe seulement par la lutte contre la crise capitaliste à l'aide de mesure gouvernementales, dans le cadre de l'économie capitaliste. Quand le gouvernement aura mené à bien sa politique, les syndicats pourront commencer les négociations sur les conventions col-

Mais leur face aux employeurs est affaiblie. Quelques syndicats ont menacé de mobiliser les travailleurs sur un certain nombre de revendications concrètes pendant les négociations avec les veulent par là saper l'application de la loi. Les dirigeants syndicaux ches. En outre, le FNV et le CNV réclament une compensation en janvier 1981 pour les de salaires subies cette année. Le FNV annonce qu'il veut organiser de nouvelles actions l'an prochain afin l'indemnisation des travailleurs. Dans ce sens, nous allons entrer dans une nouvelle période d'affrontements de classes aux Pays-Bas. Le 30 mars 1980

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