J.L.D dans les rues de Fort de France criant leur colère, exigeant une politique contre le chômage, l'amélioration de leur troupes de répression... Deux iour (17 et 18 avril) de grève générale : dockers, ouvriers municipaux, ouvriers agricoles, travailleurs de l'électricité, de la petite métallurgie, du bâtiment, du commerce, de la petite dustrie, enseignants,etc. se retrouvèrent au coude à coude à l'appel du «Comité de Coordination» des syndicats et des différents courants du mouvement ouvrier: Dijoud, ministre français des colonies, peut mesurer à l'aune de cette mobilisation le «succès» de sa politique aux Antilles!
Rarement poutant l'appareil de propagande anti-populaire a été aussi largement mis à contribution contre une grève.
L'enjeu était de taille. Les yeux de beaucoup étaient en effet tournés vers les Antilles, à la suite d'une formidable campagne d'intoxication menée par la presse bourgeoise française. Annoncée en novembre 1979 par un article du journal Le Point traitant du «complot castriste» dans les Antilles française elle répondait clairement aux ordres du ministre giscardien des DOM .
Cette campagne, les déclarations fracassantes auxquelles elle a donné lieu («Les Antilles resteront française, que cela plaise ou non»...«L'ordre sera maintenu et on s'en rendra compte sous peu» Dijoud), l'envoi de deux escadrons de gardes mobiles, visaient un but précis : prévenir les explosions sociales qui structurent l'horizon antillais, intimider au maximum le mouvement ouvrier et anti-colonialiste, placer ouvertement la France comme gardienne sûre de l'ordre impérialiste dans toute la région.
LE COLONIALISME
TARDIF... Car la politique française dans ses colonies d'Amérique comporte des impératifs qui prennent en compte l'ensemble du champ de l'Amérique centrale et de l'Amérique du Sud. Dans le cadre de la concurrence inter-impérialiste, aggravée la crise, l'impérialisme français utiliser les Antilles comme plateforme pour l'aggression économique, diplomaque. voire militaire de la zone.
stratégie compte tenu de l'incertitude de la solution néo-coloniale dans un pays à tradition ounégligeable, consolidation de la présence française, une modernisation capitaliste des archaïsmes économiques et pour cela, une mise au pas du mouvement ouvrier. Mais il y a loin du projet à la réalisation.
Le gouvernement français a vécu le score électoral positif de la droite en mars 78 comme un encouragement à mettre les bouchées doubles dans l'exécution de sa politique.
résolution de son Comité Central en mars 78, le Groupe Révolution Socialiste pronostiquait:«Pris du vertige du succès, le pouvoir colonial créera peu à peu les conditions d'une contestation violente de ses exactions».
De fait, avec la lente reprise ultérieure des luttes ouvrières, inaugurée en Guadeloupe par
Antilles une grève combative des travailleurs de la SIG (société immobilière), on vit ressurgir le casque colonial! Les CRS furent lancés contre les grévistes de la SIG. Peu de temps après, un déploiement im.pressionnant de gendarmes s'abattit sur les dockers en grève à Fort de France. Par la suite, ouvriers du bâtiment et ouvriers des garages en Martinique subirent les mêmes interventions. Dans la même période, l'appareil policier et judiciaire fut la jeunesse, contre les militants, contre la presse d'opposition.
On décida d'inculper des enseignants, lycéens, d'élèves d'un lycée de Martinique, à la suite de la «séquestration» du proviseur, afin d'obtenir la réouverture du. lycée fermé après une mobilisation des élèves contre deux professeurs français. Un autre enseignant fut lourdement condamné après un affrontement avec le chef d'établissement fut muté, mais nullement inquiété.
De même, un «coup let», opéré contre une dizaine de jeunes Martiniquais a permis de lever le voile sur les brutalités policières dans les gendarmeries, sur les protections dont jouissent les militaires français dans les colonies, sur le parti pris de l'administration judiciaire. Le crime des jeunes emprisonnés, dont l'un a trouvé la mort en prison, dans des conditions plus que suspectes, est d'avoir riposté aux violences et aux agressions des militaires français sur une plage.
A Basse-Terre (en Guadeloupe), une manifestation visant à imposer la publicité des débats du Conseil général fut répri mée, tandis qu'à Fort de France, une manifestation anti-
colonialiste, le 14 Juillet 1979, violemment aggressée par la police, se soldait par un mort dans la foule.
LA RESISTANCE
DES MASSES Le tableau dépeint ci-dessus est révélateur : la politique du pouvoir se heurte vive résistance de masse se manifeste selon deux axes : les luttes sociales et la lutte contre la répression.
Sur le plan revendicatit, outre les grèves signalées haut, et portant fense du pouvoir d'achat, plusieurs actions firent monter la tension : blocage des rues de Fort de France pendant une matinée entière par des cenchauffeurs de taxi mécontents; en novembre 79, grève générale de la fonction publique (quatre jours à la Martinique, Guadeloupe) et nifestations contre gouvernemental de te à « l'indemnité de vie chère», journée ville morte au Lamentin en Martinique, comme point culminant d'une mobilisation contre la fermeture d'une usine sucrière (Lareinty), grève grande manifestation Guadeloupe contre la fermeture d'une autre usine sucrière (Blanchet).
L'année 1980 débuta par la mobilisation des travailleurs de l'usine Antilles-Plastiques en lutte contre la fermeture, celle des ouvriers agricoles de Martinique (manifestation contre les licenciements un dédommagement le cyclone David), celle des travailleurs des assurances pour défendre leur pouvoir d'achat, celle des travailleurs de l'enfance inadaptée contre un licenciement, etc.
Contre la répression, la grève de la faim d'un enseignant frappé permit une sensibilisation de l'opinion deux manifestations). Un meeting unitaire répondit à l'inculpation des enseignants, élèves et parents d'élèves du lycée de Trinité en Martinique: Mais surtout une large mobilisation aux mois de juin et juillet 1979 à Fort de tenus à Fort de France, l'occupation des la télévision) la mise en liberté des jeunes condamnation étant jugée l'administration.
à une qui ment de cette bruit des ne provoqua espérée.
tation sur la déavril masse.
grandes male projet porter tes où la revendication de la dé-
(libertés mocratie me) était le seul complément aicoisé aconomistes, la quesen cette tardive émergence:
inexistence et pour tion, ou plutôt rupture totale réel après exterminés;
de classes interdisant et esclavagistes;
* assimilationisme né» de la petite
(il y eut bourgeosie tie lons racistes;
* assimilationisme forcené de la politique française dans les
France, a arraché (apres une dizaine de meetings de quartiers, au Lamentin, trois manifestations et locaux de être emprisonnes, leur par la suite insuffisante par part de C'est donc le développeradicalisation que le colonialisme a voulu stopper. Mal lui en prit. Le bottes coloniales pas la protesIl souleva une indignation telle que même une partie de la droite exprima ouvertement son scepticisme le. sur la méthode. Un meeting unitaire combatif et les deux jours de grève générale des 17 et 18 traduisent la tendance ascendante du mouvement de
LA POLITIQUE DES ANTICOLONIALISTES Après des décennies de lutpolitiques, défense de la dignité, antiracis- cialiste.
aux dures luttes syntion nationale antillaise a surgi à sa véritable place: celle de question centrale de la période.
Les circonstances historiques originales ont une part importante dans l'explication de d'une nation antérieurement à la colonisaavec les peuples caraibes exisson. tant et qui ont été totalement
Nos violence des antagonismes toute «unité nationale» entre esclaves te pour «spontabourgeoisie solutions plus confiante dans la démocrafrançaise que perspective. dans «l'exclusivisme» des coîles par rapport au pragmatisme britannique; etc...
Mais la politique stalinienne (économisme syndical dont la traduction politique ne pouvait que l'assimilationisme -jusqu'aux années cinquante — incompréhension de la question nationale, sectarisme...) a une responsabilité décisive dans l'évolution des rapports de force au sein du mouvement anti-colonialiste.
Le quatrième Congrès du GRS en décembre 1979 a clairement défini une tâche politique centrale: conquérir avec le mouvement ouvrier et sur la base de ses intérêts propres, la direction de la lutte de libération nationa-
La réalisation de cette tâche est loin d'être aisée. D'abord parce que la combinaison de l' aggravation de la crise coloniale d'une part, et le retard du mouvement ouvrier sur la question nationale d'autre part, crée un créneau propice au développement de toutes sortes de populismes (populisme économique, culturel, racialoide), plus favorables à la récupération nationaliste qu'à la transcroissance so-
Ensuite parce que les PC, responsables en partie de leur relative perte de terrain face aux nationalistes, sont eux-mêmes tentés par un alignement sur le langage nationaliste petit-bourgeois au lieu d'une politique hardie pour lier la question nationale et la question sociale. Le rôle des marxistes-révolutionnaires, et en particulier du GRS, sera déterminant pour établir cette liai-
Taxes de lutte, qui combinent notamment la bataille concrète pour l'unité et l'indépendance de classe prolétariat, la lutte permanenles libertés démocratiques et la mise en avant de politiques (constituante) s'inscrivent dans cette
Le problème central aujourd'hui est de provoquer la fusion de la combativité ciale encore fortement écono-
Ils apparaissent, soit comme une évolution discrète et honteuse du maoïsme des années 1960, soit comme
En Guadeloupe, ils se structurent autour d'une réalité syndicale (l'Union Générale des Travailleurs Guadeloupéens), fruit d'une exploitation par des ex-maoïstes des lacunes de la CGTG dans le secteur agricole. Leur expression économiste. Leur position indépendantiste ne suffit pas à en faire une alternative réelle aux autonomistes du PCG.
Leur mensuel cherche à protéger une hégémonie problématique sur les divers projets nationalistes-radicaux.
En Martinique, le nationalisme radical, s'organise aujourd'hui autour de deux pôles: le mouvement «La Parole mairie ((Rivière Pilote), le syndicat «Centrale Syndicale des Travailleurs Martiniquais» dirigé par un Frantz AGASTA qui ne parvient pas, dans le mouvement ouvrier, à faire oublier un passé peu reluisant de
Ces deux pôles, non fusionnés parce que nés de pratiques trop différentes, n'arrivent pas à attirer tous les francs-
Le groupe «Combat Ouvrier» est une création, dans l'émigration antillaise en France, de l'organisation trotskyste française «Lutte Ouvrière». Organisés dans les deux îles, ils disposent d'une influence dans certains syndicats et
Leur économisme, s'il a facilité un développement initial, ne peut résister aux exigences politiques de la ques-
La section antillaise de la IVe Internationale (le GRS) résulte de la rencontre de forces issues du PCM avec des militants. venus des mouvements lycéens et étudiants aux Antilles et dans l'émigration antillaise en France.
L'adhésion à la IVe Internationale au premier congrès de décembre 1973 concrétisait les bases du regroupement
L'organisation travaille en liaison avec les jeunes révolutionnaires de «Jeunesse d'Avant-garde», publie un hebdomadaire, possède une présence non négligeable dans les syndicats en Guadeloupe et en Martinique; un de ses militants est à la tête d'une municipalité d'unité anticolonialiste en Martinique. Elle édite une «revue politique
Son quatrième congrès tout en revenant sur les appréciations trop optimistes des premières années, a redéfini les moyens d'une orientation résolue vers les masses, dans la perspective de construction du parti ouvrier révolumiste avec la radicalisation politique qui s'exprime dans les appareils pour aboutir à un puissant mouvement anti-colodans la nialiste des masses de la lutte pour perspective l'indépendance.
Cette marche vers l'indépendance, nous la voulons liée étroitement aux luttes de nos frères dans l'ensemble du bassin caraibe. L'idée d'une Fédération des Etats socialistes de la
Caraibe, adoptée à notre premier congrès en décembre 1973, ne peut plus provoquer le scepticisme. Tous les courants anticolonialistes à des ont dû, degrés divers et suivant leur propre idéologie, installer la caraibe dans leurs dimension préoccupations.
Nos efforts actuels pour mettre en place, en Martinique et en Guadeloupe, des code solidarité mités unitaires avec les peuples de la Caraibe
(Grenade, Nicaragua, Haiti..)
sont notre façon à ce niveau de mettre nos actes en accord avec nos paroles.
20 avril 1980
LES NATIONALISTES RADICAUX un durcissement des courants national-réformistes.
politique (Union Populaire de Libération de la Guadeloupe) se heurte au Peuple» et «sa» tireurs du nationalisme radical.
LES MOUVEMENTS MARXISTES-REVOLUTIONNAIRES publient depuis un an un hebdomadaire.
tion nationale antillaise.
originel (révolution permanente, internationalisme).
et culturelle» (Tranchées), et de fréquentes brochures:
tionnaire dont les Antilles ont besoin.
LES PARTIS COMMUNISTES ANTILLAIS temps bénéficié gauche. Ces partis par la version coloniale du socialisme jauressien.
de l'électorat.
tradictions de l'assimilationisme conduisirent chez eux à une surgissement des forces de gauche au sein et au dehors de ces partis.
fluence contre laquelle ils se battent aujourd'hui.
LE PARTI PROGRESSISTE MARTINIQUAIS (PPM)
(sous
PURSS
Antilles.
le phénomène populiste et les lacunes du mouvement ouvrier.
collaboration de classe avancée (sous étiquette Force Ouvrière de Bergeron).
LES FORCES ANTI-COLONIALISTES
Les partis communistes de Martinique et de Guadeloupe ont longd'une absence complète de forces organisées sur leur résultent d'une greffe stalienne (via le Parti communiste français) sur un mouvement ouvrier d'origine syndicaliste, influencé
Leur transcroissance en partis de masse se fit à la Libération où ils contrôlaient de fait la majorité
Au cours des années, ils s'adaptaient à l'économisme syndical ambiant et ils réussirent par leur dynamisme à faire triompher le vieux rêve assimilationiste et vaguement égalitaire de la petite-bourgeoisie locale. Les concrise de conscience qui aboutit à un tournant en catastrophe vers l'autonomisme.
La montée de la révolution coloniale (Vietnam, Algérie, Cuba), puis la «révolution culturelle» chinoise, combinée avec les pulsions spontanées du mouvement de masse (émeutes de décembre 1959 en Martinique, grèves et luttes sanglantes de mai 1967 en Guadeloupe...) allaient créer les bases du
Des facteurs objectifs (diminution sociologique de la classe ouvrière agricole et sucrière) ajoutés à leurs faillites politiques (hésitation devant le problème national, sectarisme «anti-gauchiste»...) expliquent la perte d'in-
Le PPM, dirigé de - très — loin par le prestigieux poête Aimé Césaire, n'a pas d'équivalent en Guadeloupe. Produit d'une scission dans le PCM la pression à la fois du problème national et de la politique de - intervention en Hongrie de 1956), il fut au départ prisonnier d'une pléiade de politiciens bourgeois qui ne tardèrent pas à faire, par leur désertion, la preuve des difficultés d'un anti-colonialisme bourgeois aux
Parti d'influence plébéenne mais d'idéologie nationaliste petite bourgeoise, le PPM réussit à combiner, pour se hisser au niveau d'influence du PC, le prestige de Césaire, le contrôle de la mairie de Fort de France, à l'obstacle de leur conception syndicale-