Les 41 jours de grève des métallurgistes de l'ABC, dans la banlieue de Sao Paulo , du 1 avril.
au 11 mai, ont durement mis à l'épreuve la libéralisation conduite par la dictature militaire.
En révélant au grand jour la véritable politique de toutes les forces en présence, elle permet de mieux comprendre et dessiner le combat de classe qui s'engage au Brésil, seize ans après le coup d'Etat de 1964.
Nous publions deux articles, l'un sur la
Daniel BEN SAID
ENTRE 1964 et 1974, il
• n'y a pas eu de miracle au
Brésil, mais seulement le plus grossier des escamotages. En dix ans, broyé par la dictature, le peuple travailleur a perdu plus du tiers de son pouvoir d'achat au bénéfice des exploiteurs nationaux et internationaux.
Les inégalités se sont creusées, les contrastes aggravés. Les statistiques officielles manquent de fiabilité dans l'immensité brésilienne. Néanmoins, toutes les études récentes confirment les grandes tendances :
- les 40 pour cent les plus pauvres de la population, qui recevaient en 1960, 9,8 pour cent du revenu national, n'en recevaient plus que 7,8 pour cent en 1979, pendant que la part des 10 pour cent des plus riches passait de 50 à 51,9 pour cent (1).
- D'après une autre source, la part des 5 pour cent les plus riches de la population est passée de 27,3 pour cent à
36,3 pour cent entre 1960 et
1970, pendant que la part des
La grève des métallos a révélé
«libéralisation»
situation 50 pour cent les plus pauvres tombait de 17,7 pour cent à 13 pour cent. En 1970, 50,2 pour cent de la population active gagnait moins que le salaire minimum ; en 1972, 52,5 pour cent de la population active étaient passés au-dessous de la barre (2). - De 1961 à 1976, les salaires réels des travailleurs non qualifiés auraient chuté de 42 pour cent, pendant que ceux des personnels dirigeants montaient de 22 pour cent.
Cette exploitation forcenée s'est bien évidemment traduite sur l'évolution des conditions de travail : de plus en plus d'heures supplémentaires obligatoires, multiplication des accidents du travail (sur 4000 cas étudiés, 23 pour cent étaient des défaillances humaines et 77 pour cent aux conditions d'hygiène et de sécurité lamentables), discipline despotique dans les usines. Cette surexploitation se traduit également dans les conditions de vie quotidienne dans les grands centres urbains : flux migratoires et croissance monstrueuse des bidonvilles sans eau, sans
Brésil économique et politique après la grève des métallos, l'autre sur les problèmes de construction du Parti des Travailleurs.
Pour compléter ce dossier, nous publierons dans un prochain numéro d'Inprecor, à titre de document, le projet de programme pour le congrès du PT, adopté en avril par le congrès régional de l'Etat du Rio Grande do Sul, et nous reviendrons également sur l'attitude des organisations d'extrême-gauche face au PT.
égoûts, sans électricité, sans rues goudronnées, absence de crèches et de transports collectifs, masses d'enfants non scolarisés. A Sao Paulo, 8550 autobus circulent pour 6,8 millions de passagers par jour (soit
130 personnes par véhicules aux heures de pointe). De 1960 à
1973, la mortalité infantile a augmenté de 45 pour cent.
Ce sont les dessous sordides du miracle.
L'autre aspect, c'est le bond en avant de l'industrialisation et de l'urbanisation, un accroissement spectaculaire du développement inégal. De 1950 à
1975, la population de Sao Paulo est passée de 2,4 à 9,9 millions d'habitants, celle de Rio de Janeiro, de 2,8 à 8,3 millions. L'indice de production industrielle est passé de 100 en
1970 à 164 en 1975.
1) D'après Richard Webb et Guy
Pfefferman, dans récente une étude de la Banque mondiale.
2) Duarte dans Sao Paulo, «Crescimento e pobreza».
Loyla
1975, cité dans les «Cahiers du Féminisme», mars 1980.
De 1950 à 1970, la part des ouvriers et mineurs dans la population active est passée de 22 pour cent à 38 pour cent. Les industries mécaniques, électriques et le matériel de transport, qui occupaient 4,3 pour cent de la force de travail en 1950, en occupaient 17,5 pour cent en 1970. En 1974, dans l'Etat de Sao Paulo, elles en occupaient 29,2 pour cent. L'industrie automobile, qui produisait 174000 véhicules
1963, produisaient 1126000 en 1979 (3).
Mais cette croissance écos'est accompagnée d'un afflux permanent de cainternational l'investissement brésilien est devenu un paradis. Ainsi, 1977, les trusts impérialistes contrôlaient 100 pour cent de la production automobile et 94 pour cent de la production pharmaceutique.
Cependant la structure des échanges brésiliens continue de se modifier : la part des EtatsUnis dans les exportations est tombée de 48 1950 à 21 pour cent en 1974, pendant que celle de l'Allepassait de 1,6 pour cent à 7,5 pour cent, celle des Pays-Bas de 2,3 pour cent à 7,4 pour cent, celle du Japon de 0 à 5,7 pour cent. En ce qui concerne les importations, les Etats-Unis ne fournissaient plus que 27,7 pour cent en volume global en 1974 (contre 46,4 pour cent en 1970) alors que la part de l'Allemagne passait de 2,1 pour cent à 13.4 pour cent et celle du Japon de 0 à 9,8 pour cent (Allemagne plus Japon : 23,2 pour cent contre 27,7 pour cent aux Etats-Unis). Depuis 1974, cette tendance s'est confirmée
Pendant le boom écono- Pendant le mique de 1967-1973, 60 pour cent des investissements ont été pris en charge par l'Etat. Le nombre des entreprises d'Etat est passé de 37 en 1960 à 131 en 1976. Leur part dans les 300 premières entreprises est passé de 17 pour cent en 1966 (contre 36 pour cent au point que les importations en provenance de l'Allemagne et du Japon doivent à présent rattraper celles en provenance des Etats-Unis (4).
Mais, depuis le milieu des années 1970, le gouvernement brésilien entreprend de nouveaux efforts pour redéployer ses échanges commerciaux. Après la décision américaine de boycotter les livraisons de céréales à l'Union soviétique, le Brésil a refusé comme son argentin de suivre xemple et le président Figueiredo est invité en URSS où il cherchera probablement à négocier de nouvelles exportations soja. En même temps, le Brésil a amorcé un rapprochement de coopération mique avec l'Argentine, conclu des accords avec la CEE et la Pologne, passé un contrat de 20 ans avec l'Angola pour la prospection et la tion pétrolière (prise de participation de 17,5 pour cent de la Petrobras en Angola) et amorçait une offensive en direction des pays arabes (5).
Dans ces conditions, si la bourgeoisie brésilienne sort renforcée de cette phase d'expanelle n'en demeure pas moins fragile et divisée. dustrialisation n'est pas le fait d'une bourgeoisie nationale forte et énergique, mais de la combinaison entre l'initiative de l'Etat et l'injection de capitaux étrangers. La dictature militaire a pris, après 1964, la relève de l'Etat populiste pour conduire le processus de développement. L'appareil que et militaire a ainsi dû jouer le rôle que la bourgeoisie, en tant que classe, était incapable de jouer, en raison de son rachitisme. LA BOURGEOISIE PRISE AU PIEGE DE SON HISTOIRE aux firmes privées et 46 pour cent aux multinationales) à 32 pour cent en 1974 (contre 28 pour cent aux firmes privées et 40 pour cent aux multinationales).(6)
Cette situation provoque d'importantes différenciations au sein même de la bourgeoisie
Une fraction est directement associée à l'Etat dans des entreprises mixtes et souhaite le maintien d'une politique fortement interventionniste. Une autre fraction, plus faible, dans le secteur du commerce et de l'industrie légère, , réclame également la protec- la protection de l'Etat, alors que l'aile la plus dynamique, associée au capital multinational, souhaite que l'Etat se replie et abandonprivé l'investissement ne au secteur des biens de production.
Si la bourgeoisie a profité de cette phase d'expansion pour sortir du rachitisme, elle a profondément ressenti dès 1973 l'essoufflement du miracle, l'épuisement d'un cycle de croissance, et se trouve aujourd'hui, face à une récession qui commence, dans une position dif-
En effet, la crise menace de frapper de plein fouet l'économie brésilienne. Déjà, le taux d'inflation s'approche des sommets qu'il avait atteint dans les dernières années du populisme. Au premier trimestre 1980, il est de 17,9 pour cent contre 13,8 pour cent au premier trimestre 1979. De mars 1979 à mars 1980, il est supérieur à 83 pour cent (le record en 1964 fut de 92 pour cent). La dette extérieure est passée de 6 milliards de dollars US en 1973 à 50 milliards en 1980 !
Les projections démographiques prévoient qu'au rythme de croissance actuel, la population passerait de 120 millions à 203 millions en l'an 2000, avec un accroissement dramatique des disparités régionales.
Dans l'hypothèse forte (et plus qu'optimiste, compte tenu 3) Sources IBG et ANFAVEA. 4) Sources : «conjontura economica», 1972, actualisé avec des données Cacex, Banque du Brésil, citées par Carlos Langoni dans «A Economia da Transformaçao». 5) «Latin America Regional Report», 25 février 1980. Sources: Baer, «Sur le capitalisme d'Etat au Brésil», 1976.
du contexte international) d'une croissance annuelle de cent en moyenne, 14 pour cent de la population du sud indus-•
Get 54 pour cent de la population des régions agraires du nord se trouveraient encore dans une situation de sous-alimentation. Mais, dans l'hypothèse croissance de 4 pour cent, ce sont 39 pour cent de la population du sud et 75 pour cent de la population du nord qui connaîtraient la sous-alimentation. Or, l'an passé, le taux de croissance des industries automobiles est tombé de 13 à 5,5 pour cent (7).
Cette chute devrait se confirmer dans l'année en cours, avec les effets cumulés de la récession et des 41 jours de grève des métallurgistes de l'ABC, dans la région de Sao Paulo, qui signifie la perte irrémédiable de 12 pour cent au moins de la production annuelle.
maintenant bourgeoisie aura à affronter contradictions accumulées pendant un siècle.
intégration l'économie brésilienne conomie impérialiste mondiale lui fera subir directement l'onde choc de la récession et la crise prévisible de l'industrie automobile. tions, la bourgeoisie brésilienne devrait procéder à une restructuration d'autant explosive qu'elle ne dispose pas d'amortisseurs politiques et que les lenteurs de «l'ouverture démocratique» peuvent être source d'explosions sociales brutales.
De plus, l'écrasement institutions dictature militaire, a brisé les mécanismes traditionnels d'intégration de la classe ouvrière au prétendu consensus natio-
L'un des dirigeants du Parti des Travailleurs de Porto Alegre analyse cette faiblesse politique en ces termes : «Les racines historiques de la structure politico-partidaire au Brésil résident dans l'incapacité de la classe dominante bourgeoise d'accepter la démocratie et de rompre sa subordination au capital étranger. Le caractère élitiste et exclusif est une constante de la politique brésilienne. Il en fut ainsi sous l'Empire avec le vote censitaire, subordonné directement au pouvoir économique. Cela a continué sous la République avec le système des partis régionaux qui défendaient les des oligarchies latifundiaires et agro-exportatrices des Etats, en même temps qu'ils réprimaient bassement toute tentative de représentation politique des classes populaires. Le paternalisme de Vargas durant les années 1930-45, avec tout le dont bénéficiait un gouvernement nationaliste attentif à la question sociale, ne fut pas moins démobilisateur et opposé à la participation collective des masses. Et il ne fut pas moins cruel dans la répression. Les prisons furent toujours pleines de communistes et de syndicalistes qui luttaient pour l'autonomie et la liberté des structures syndicales. pays n'a connu une vie plus nationale et programmatique de partis qu'après 1945, s'est accéléré le processus d'industrialisation et d'urbanisation, quand les femmes votèrent pour la première fois, et il était impossible de ne pas percevoir le nouveau profil des classes sociales du pays. Même ainsi, le Parti communiste, été le quatrième parti en suffrages en 1945, était à nouveau interdit. La décennie de 1950 à 11964, dominée par le populisme nationaliste qui tentait de gagner le soutien des travailleurs au processus d'industrialisation parrainé par l'Etat, fut insuffisante pour que se créent des partis politiques plus solides avec des racines profondes dans les mouvements sociaux. Apres le coup militaire de 1964, se répète l'histoire que nous connaissons tous. Sans parvenir à maintenir une légitimité face à la société qui poursuit son processus d'apprentissage politique tout au long des années 60, le gros de la classe dominante appuie le coup militaire et accentue sa dépendance envers l'impérialisme, rendant impossible un capitalisme brésilien internationalement émancipé. Sans parvenir à gagner une quelconque légitimité, le gouvernement assura une décennie et demie de domination par la terreur policière et l'écrasement de toute tentative d'organisation populaire massive. C'est ce processus historique qui rend compte du désintérêt des masses pour la politique...» (8).
Cette extrême désorganisation des classes exploitées est bien sûr l'un des atouts majeurs de la bourgeoisie. L'inexistence du mouvement ouvrier organisé lui laisse une certaine initiative et une marge de manœuvre sur le terrain politique. Mais l'inexistence de toute tradition parlementaire et l'étouffement des partis constitue en même temps une faiblesse pour la bourgeoisie elle-même.
Au moment d'aborder une «ouverture démocratique» contrôlée, elle ne dispose pas d'instruments de représentation politique adéquats. Ses deux principaux partis, le PDS et le PP (9), sortis du fourreau de la dictature, ne lui permettent pas de s'unifier politiquement et de le clientélisme, la fragmentation par Etats, gangstérisme, qui marquent son histoire. Si elle n'est pas aussi désarmée que le fut la vieille bourgeoisie coloniale portugaise au moment de l'effondrement de la dictature, elle ne dispose pas non plus de l'appareil pré7) «World Bank Study : Brazil, human resources special report». 8) Raul Pont, membre de la direc-
PT du Rio Grande do Sul, dans un article publié par la presse de Porto Alegre. 9) Les quatre partis pour lesquels
La été conçue la nouvelle loi de légalisation sont le Parti démocrate social (PDS) qui est le parti de la dictature, le Parti populaire, parti de l'ancienne son nom indique, peut constituer une force d'appoint au régime, le PTB (parti travailliste) est l'héritier du populisme de la bourgeoisie nationaliste. Considérablement affaibli par sa cure d'opposition forcée, il conserve des bastions comme le Rio fief de l'ancien gouverneur Brizola. PTB qui participe aux réunions internasocial-démocratie. le PMDB, issu l'opposition légale à la dictature, constitue un vaste courant à la remorque de qui tient encore autant du mouvement que du parti. Le PCB, comme le PC do B (maoïste) s'y retrouvent côte à côte.
partidaire qu'avait pu construire la bourgeoisie espagnole préparer l'après-franquisme.
De sorte que la transition est pour elle un véritable casse-
Elle aurait besoin de té dans un processus électoral; mais rien ne garantit, en cas d'élections relativement libres de la coalition gouvernementale face aux partis de l'opposition légale, et notamment au PMDB, lui-même trop fragile pour contrôler et canaliser le mouvement de masse.
C'est pourquoi la bourgeoisie a su prendre l'initiative, à la remontée du mouvement de masse, d'une libéralisation limitée, concrétisée par les dispositions d'amnistie assez larges et la mise au point d'un mécanisme très complexe de légalisation des partis, conçu initialement pour déboucher sur un système quadripartite (PDS, PP, PMDB: PTB), à l'exclusion de toute organisation de classe indépendante.
Mais c'est aussi pourquoi, devant le surgissement imprévu du Parti des Travailleur et l'irruption des grèves ouvrières comme celle de l'ABC, l'appareil de la dictature louvoie et temporise, reporte les élections municipales initialement annoncées pour la l'année, et diffère l'adoption par le Sénat de l'amendement Lobao qui rétablirait l'élection des gouverneurs d'Etat au suffrage Elle s'efforce ainsi de gagner du temps pour consolider ses instruments avant les législatives prévues pour 1982 et les présidentielles pour 1984.
Mais comment mettre sur pied un plan électoral quinquennal alors que l'économie navigue à vue,, sans même un plan annuel ?
Miné par ces tions, le régime donne des signes de plus en plus nombreux de pourrissement. Les derniers mois ont vu se multiplier les scandales touchant directement les hautes sphères de l'appareil Ainsi le ministre de l'Agriculture, A. Stabile, et le propre fils du président Figueipour qués dans la vente d'un million des services de en plus au grand jour.
pousse à la globalisation stratégiques. Par exemple, fin de parlementaires qu'ont représenté les mouvegeoisie cherche contradicde rattrapage des salaires, en forme d'échelle mobile quée, mise en place ministre de l'Economie, fim Neto. Ce système prévoit aligné d'Etat.
matique national des prix de consommation (INPC) et une négosont trouvés impliillégale d'hectares une multinationale japonaise dans le Mato Grosso. Ainsi, le la général Golbery, éminence grise forte du régime, s'est-il vu personnellement impliqué dans une affaire de détournement de fonds rence.
santé. Ainsi le des Finances, E. Galet le président de la
Banque centrale, Carlos Langoni, ont-ils été directement écla-
Les plaies de la bureaucra-
Enfin, tie et de la corruption, héritées d'un Etat providentiel omniprésent, source de richesse comment me de pouvoir, s'étalent de plus quadrillage
L'unité ne règne pas davantage dans les rangs du patronat.
L'aile la plus dynamique est consciente que l'absence de canaux de négociation et d'intégration de la classe ouvrière au niveau de l'entreprise représente à terme une menace : elle monstres de l'ABC) et à leur politisation rapide directement dirigée contre la toute puissance de l'Etat. Des flottements se sont ainsi manifesté parmi les déjà refusé représentants patronaux, qui se superposent à d'autres fractures
Luis
Vidigal présente sa candidature à la présidence de la puissante fédération patronale des indus-
LIBERALISATION CONTRE
AUSTERITE : UN MARCHE
DE DUPES
Après les coups de semonce ments grévistes de 1979, la bourgains de à neutraliser la autre côté, classe ouvrière la plus combative, pour gagner du temps sur le
Neto tente plan économique comme sur tunées.
C'est le sens du système trupar le salaires
Delun rattrapage semestriel autosur l'indice tries de l'Etat de Sao Paulo, pour s'opposer à la politique coûteuse de plans d'industrialisation de l'Etat dans des régions arriérées, et prêcher concentration encore plus des pôles industriels existants en vertu • des mécanismes sauvages de la concur-
Symptômatiquement, le président Figueiredo a apporté un discret soutien au président sortant, De Nigris, plus étroitement lié à la bureaucratie militaro-technocratique de l'Etat.
les 80000 communautés de base de l'Eglise, qui représentent, après l'effondredu populisme, le seul de masse de la population pauvre, ne sont en rien le principal rampart de la dictature. Une aile radicale et militante trouve des appuis jusque dans la hiérarchie. Pendant la dernière grève de Sao Paulo, l'évêque de Sao Bernardo (Claudio Hummes) et l'archevêque de Sao Paulo (Paulo Arns), ont apporté un soutien actif aux grévistes, leur ouvrant les églises et leur offrant leur aide matérielle. Ils auraient été rappelés a l'ordre par le Vatican, deux mois après la visite de Jean Paul II, qui a d'ores et leur proposition de visiter la zone particulièrement turbulente de l'ABC et les régions rurales qui ont connu ces derniers temps de violents conflits sociaux. ciation annuelle de la progression salariale en fonction des productivité. D'un au titre d'une . plus grande justice sociale, d'instaurer un impôt sur le capital touchant les 35000 familles les plus for-
Mais, après quelques mois à peine de mise en pratique, le système de rattrapage des laisse éclater toutes ses contradictions.
Tout d'abord, l'inflation est trop rapide (40 pour cent par semestre) : de sorte que les salaires ne font que courir
après l'inflation. Ce qui pousse les travailleurs dans certains secteurs à demander un réajustement trimestriel ou mensuel. Ensuite, la procédure de négociation annuelle sur le gain de productivité constitue, bien que négociations soient désynchronisées par branches et régions, une échéance régulière et fréquente pour lutter contre l'érosion du pouvoir d'achat. Si la notion de gain de productivité veut donner à l'affaire un tour technocratique, les travailleurs ont vite eu conscience de son arbitraire pseudo-scientifique. Ils sont ainsi poussés à exiger un contrôle sur la marche de l'entreprise pour pouvoir évaluer la nature de cette progression, et en attendant, exigent les augmentations salariales dont ils estiment avoir besoin, comme les 15 pour cent au-dessus l'indice exigés par les métallos de l'ABC ou les 10 pour cent arrachés par les dockers du port de Santos, malgré la trahison de leur grève par la bureaucratie syndicale. Le risque est grand, quelques de voir ces grèves et ces explosions se synchroniser dans grève générale. Seule l'inexpérience et la faiblesse organisationnelle du prolétariat retarde de telles possibilités. Enfin l'indice lui-même pose des problèmes au gouvernement. Il assure que le taux d'inflation n'est pas égal dans chaque Etat du Brésil, qu'il est plus faible dans les grandes régions industrielles du sud où les grandes industries. Il a ainsi le culot de prétendre rattrapage l'indice tournerait à l'avantage des travailleurs de ces régions, envisage mettre sur pied des indices différencies par Etat.
Quant à l'impôt sur le capital, inutile de préciser, en l'absence de mécanisme de contrôle et vu le degré de corruption des hauts fonctionnaires, qu'il a fort peu de chance de donner quelque résultat.
Toutes ces opérations de la bourgeoisie peuvent paraître fort acrobatiques, mais le fond de l'affaire, c'est qu'il lui est difficile de faire avaler aux travailleurs et paysans surexploi-
Brésil, la même supercherie que réussit à faire passer la bourgeoisie espagnole avec le inestimable des partis communiste et socialiste : l'acceptation d'une austérité accrue en échange de la consolidation démocratique.
D'une part, parce que la bourgeoisie espagnole a conduit opération délicate, partir de 1976, avant l'entrée dans une nouvelle récession, alors que la bourgeoisie brésilienne devrait le faire à chaud, en plein déclenchement de la récession.
D'autre part, parce qu'elle ne dispose pas de partis ouvriers légaux et de masse, aussi dociles que le PC et le PSOE, pour se faire au sein même de la classe ouvrière les artisans de cette politique de collaboration ouverte.
Enfin et surtout, parce que les promesses démocratiques ne nourrissent pas son homme dans un pays de pauvreté absolue, où la majorité des ouvriers et des salariés agricoles gagnent un salaire minimum de 300 franes revendiquaient raire de 2,25 francs alors que le prix du paquet de cigarettes est de 2 francs, le prix du litre d'essence 2,50 francs, le prix du litre de lait 1,80 franc et le prix du journal 1,20 franc; et on dit que les métallos sont une aristoouvrière!...). Dans les campagnes, paysans des grandes propriétés foncières sont soumis à un demi-servage, sous le contrôle de patronales, nourrissent parfois de bananes vertes la moitié du temps.
Dans ces conditions, l'armée la force la plus cohérente et la plus unifiée du régime. Et encore, des différenciations ont commencé à manifester 1978, quand le PMDB a soutenu la candidature du général Euler Bentes face à celle de Figueiredo. Plus récemment face à la grève de l'ABC : «Plusieurs révélations viennent d'êapportées, Journal de Genève, quant au rôle joué par l'armée dans le durcissement inattendu de Brasilia. C'est un plan orchestré par la seconde armée brésilienne, stationnée à Sao Paulo qui a permis l'arrestation des principaux leaders syndicaux. C'est la Sécurité militaire qui a mené l'opération et c'est une loi d'exception militaire qui en a également couvert l'exécution. Le Brésil des généraux demeure une réalité» (10).
Si la bourgeoisie a donc le plus grand mal à puiser en elle-même les ressources et forces nécessaires pour conduire le processus d'institutionalisation démocratique, sa principale force réside bel et bien dans la faiblesse des organisations ouvrières et populaires. On ne sort pas de là. L'attitude modérée et le rôle de médiateurs respectueux joué par les partis de l'opposition légale (PMDB et PTB) pendant la grève de l'ABC en est une illustration supplémentaire. Au lieu d'exiger le rétablissement des libertés démocratiques et la convocation d'une Constituante souveraine qui figurent à leur programme, ils s'efforcent de jouer les entremetteurs afin de ne pas compromettre l'ouverture graduelle promise par les généraux. Le Parti communiste, installé dans le PMDB au nom de la nécessaire étape démocratique franchir aux côtés de la bourgeoisie nationale, n'a pas été le moins actif dans les opérations de démobilisation, conformé. ment à un rôle qu'il est désormais bien accoutumé à tenir.
C'est donc bien l'irruption du mouvement de masse et l'é. merrien i dependant, le Parti ouvrier indépendant, le des Travailleurs, qui sont susceptibles de bousculer tous les scénarios précaires et de ruiner les calculs des états-majors de Brasilia.
L'EVEIL MASSIF DE LA
COMBATIVITE OUVRIERE
L'explosivité du mouvement ouvrier et paysan est le corollaire logique de sa faiblesse organisationnelle et de l'absence de mécanismes légaux d'intégration. 10) Journal de Genève du 11/5/80.
La radicalisation qui s'est développée les trois dernières années est le signe d'un éveil massif de la combativité, mais le niveau de conscience demeure des plus élémentaires. Le détonateur de cette renaissance du mouvement fut la révélation par le FMI en 1977 d'un trucage gouvernemental sur l'indice des prix, qui aurait provoqué une perte de salaire de 34 pour cent en un an pour les travailleurs en 73-74. Ce scandale exhumé par un organisme officiel a donné aux exploités le sentiment de la légitimité de leurs revendications et les a encouragés à la lutte pour récupérer leur dû.
En 1979, malgré le flou des statistiques, on évalue à 4 ou 5 millions le nombre de travailleurs impliqués dans des actions revendicatives : plus que dans les dernières années du régime Goulart et plus que jamais dans l'histoire du Brésil.
La plupart de ces grèves ont porté sur des revendications salariales et quelques-unes sur les droits syndicaux ou la réintégration de délégués syndicaux réprimés : 14 jours de grève des 240000 métallos de l'ABC pour l'augmentation des salaires et la libération de leurs délégués; 8 , jours de grève des 10000 ouvriers de Mannesman (à Contagem, banlieue de Belo Horizonte) pour augmentations de salaires; 12 jours de grève des 3800 ouvriers de la FIAT de Rio pour augmentations salariales et réadmission de délégués; 5 jours de grève de 35000 métallos de Contagem pour 80 pour cent d'augmentation salariale; 2 jours de grève des 80000 travailleurs des transports de Sao Paulo pour une augmentation salariale de 80 pour cent et la reconnaissance •de leur commission syndicale; 2 jours de grève grève analogue des 222000 analogue des 222000 travailleurs des transports dans la région de Rio; 6 jours de grève des 80000 travailleurs de la construction de Belo Horizonte et 5 jours des 64000 de Porto Alegre pour 100 pour cent d'augmentation salariale (11).
Si les luttes phares ont été celles des métallos de l'ABC et celle de la construction de Belo Horizonte, où les ouvriers en révolte ont tenu la rue pendant plusieurs jours dans un climat insurrectionnel, il eut également des luttes massives chez les enseignants et les employés de banque des principaux Etats.
sur les cinq derles luttes les furent celles de la métallurgie. Les motifs de grève les plus fréquents furent les augmentations de salaire ou le paiement de salaires en retard. Mais l'Etat de Sao Pau-
La lui seul, enregistré la moitié du nombre total d'actions revendicatives de l'ensemble du pays. Ce qui reflète fidèlement les effets du développement inégal au niveau du. mouvement ouvrier lui-même (12).
La radicalisation ne s'est pas limitée aux secteurs outouché les secteurs d'employés et d'enseignants, les femmes, à travers les associations de quartiers et le mouvement contre la cherté de la vie (mais aussi avec l'apparition d'un mouvement autonome qui s'est exla tenue d'un congrès de 4500 femmes de Sao Paulo, le 8 mars) et des étudiants (encore que les mouvements de solidarité à la grève des métallurgistes de l'ABC aient été décevants dans l'université de Sao Paulo). Elle a mobilisé secteurs entiers de la paysannerie, et surtout récemment dans le sud, contre les taxes gouvernementales sur les exportations de soja, avec des manifestations de villages entiers.
Mais la faiblesse' organisationnelle du mouvement ouvrier n'a guère permis d'arracher des victoires à la mesure des mobilisations. Il y a plus d'échecs que de succès dans toutes ces luttes, souvent admirables, de l'année 1979. Et surtout, elles ont laissé de fortes traces dans la conscience d'une couche large de travailleurs, mais peu d'acquis organisés sur le terrain. Il n'existe pas de commissions syndicales ou de ou de comités dans les entreprises comparables, même de loin, à ce que furent les commissions comme embryons d'un syndicalisme indépendant, au crépuscule du franquisme espagnol.
En effet, les syndicats officiels restent régis par une loi de 1943, directement inspirée de la Charte mussolinienne du travail, qui les subordonne directement au ministère du Travail. Si les cotisations syndicales sont obligatoires, l'affiliation est volontaire et seuls les adhérents élisent leur direction. Mais cette direction élue peut être suspendue par le ministère du Travail, comme le fut l'an passé celle des embanque de Porto Alegre et comme vient de l'être celle des métallurgistes de l'ABC.
Le problème de l'indépendance syndicale envers l'Etat et de l'unité syndicale reste done central.
Les syndicats sont en effet organisés par métiers, sans la moindre structuration intersyndicale. Il y eut bien au début des années 60 une certaine tolérance des structures de coalition inter-syndicale, comme le Commando General dos Traba lhadores (CGT) sous Goulart, ou même comme le mouvement inter-syndical contre le blocage des salaires (MIA) dans les années 67-68, à partir des grandes grèves d'Osasco et de Contagem. Mais, par la suite, le durcissement de la dictature a imposé un retour à l'atomisation totale et étouffé le pouvoir de négociation directe des syndicats légaux, de plus en plus confinés dans des fonctions de gestions des services sociaux, sous la houlette de «pelegos» dociles au régime. (13) 11) Sources : Polycopié du Centre œcuménique de documentation et d'information, Rio. 12) Source : Cadernos do CEAS,
1977. 13) Pelegos : bureaucrates syndicaux, littéralement «tapis de selle», que l'on met entre la selle et la peu du cheval. L'image parle d'elle-même. Ce ne sont pas seulement ment des des bureaucrates, mais des «vendus».
La reconnaissance de l'activité syndicale dans l'entreprise est pratiquement nulle. Le cas de Saab Scania, où les syndicats suédois ont imposé en 1977 la reconnaissance d'un comité syndical dans l'entreprise, est une exception.
Le blocage de la vie et de l'action syndicale dans l'entreprise pousse inévitablement les militants et dirigeants syndicaux : combatifs, dit «authentiques». vers la recherche de solutions politiques. Rien d'étonnant donc à ce que, après avoir exploré les limites et les impasses de la lutte dans le cadre des structures syndicales officielles, les responsables syndicaux parmi les plus prestigieux, tels que Jaco Bittar (président du syndicat du pétrole de Campinas), José Ibrahim (ex-président du syndicat métallurgiste d'Osasco), Manoel da Conceiçao (ex-président du syndicat des travailleurs ruraux de Pindare-Mi-
Dès les préparatifs, au mois de mars, la grève des métallurgistes de Santo Andre, Sao Bernardo et Sao Caetano, fut dénoncée par une campagne des medias comme une grève politique, une grève du PT, dès lors que Lula n'était plus seulement un dirigeant syndical, mais le leader d'un parti politique en construction. Cette offensive visait à isoler la grève pour mieux l'écraser.
Une défaite claire et nette des métallos aurait porté un coup à l'avant-garde la plus combative du prolétariat brésilien, discrédité sa direction syndicale, et, par ricochet, décapité le PT. L'enjeu était donc multiple. Les travailleurs de l'ABC, par leur revendication salariale de 15 pour cent au-dessus de l'indice risquaient de battre en brèche la politique salariale de Delfim Neto. En exigeant la stabilité de l'emploi pour au moins un an, le droit d'affichage et le respect de leurs délégués, ils voulaient faire rentrer les droits syndicaux dans l'entreprise. En se mettant en grève, ils défiaient ouvertement rim), Olivio Dutra (président du syndicat des banques de Porto Alegre), Paulo Skromov (président du syndicat des cuirs et plastiques de Sao Paulo), Wagner Benavides (président du syndicat du pétrole du Mina Gerais), et surtout Luis Inacio da Silva «Lula» (président du syndicat des métallurgistes de Sao Bernardo), aient pris la tête du mouvement pour un parti ouvrier indépendant, le Parti des Travailleurs.
Après des débuts hésitants et difficiles, ce mouvement a commencé à se consoli der dans les derniers mois de 1979, au point de gagner l'adhésion de parlementaires et de conseillers municipaux et de devenir plus qu'un grain de sable, un véritable galet dans l'engrenage de la réforme partidaire que le gouvernement tentait laborieusement de mettre sur nied. LES 41 JOURS DE GREVE DE L'ABC la prétendue «ouverture» vantée par Figueiredo.
Le gouvernement crut d'apourrissement rapide de l'ac-
C'était compter sans l'expérience rapidement accumulée par les métallos. Devant 50000 personnes, le 16 mars, au stade de Sao Bernardo, Lula exposait une véritable stratégie : il fallait commencer tout de suite à freiner les cadences («opération tortue») et à refuser les heures supplémentaires pour réduire les stocks patronaux. Il fallait remplir un fond de grève et continuer les négo-
Au vu des résultats, travailleurs se prononceraient sur la grève seulement le 1er avril, avec la paie du mois de mars, intégralement en poche. Pendant 15 jours, ce furent des meetings volants dans les quartiers et aux portes des usines, des explications dans les bus de ramassage. Le ler avril, 60000 métallos unanimes votaient la grève en réponse l'intransigeance patronale, pour le 2 avril à minuit. Et, à minuit, le 2 avril, preuve de la maturité et de la force du mouvement, la «fourmillière l'ABC» s'arrêtait pile, à 90 pour cent, sans piquets.
Comme la grève ne s'efle gouvernement le 17 avril, par décréter l'illégalité de la grève. fermer les locaux syndicaux, arrêter les dirigeants, dont parade était prévue. Les réunions et le ravitaillement étaient organisés dans les locaux de l'église.
Une direction de leurs élisait en son sein des dirigeants syndicaux arrêtés. L'apparition de «400 Lulas» élargit la couche de travailleurs qui font l'expérience des responsabilités dans la lutte.
La grève continuait jusqu'au ler mai, dans ces conditions, et montrait encore sa force avec une manifestation de 120000 personnes qui faisaient lever l'interdiction de défiler, les autorités craignant, face à la détermination de l'assemblée, un affrontement généralisé. Mais dès le lendemain, la répression s'intensifiait encore et, au bout de 41 jours de grève, les métallos décidaient la reprise du travail, mais la continuation de la guerre dans l'usine par le ralentissement des cadences et l'insubordination : désormais, derrière chaque machine, le patron trouverait un ennemi irréductible.
Le bilan est donc très partagé.
Sur le plan revendicatif, les travailleurs n'ont pas obtenu grand chose. Mais, contrairement à toutes les prévisions, ils ont fourni une extraordinaire démonstration de force et un exemple à tout le prolétariat brésilien.
Le patronat aura payé cette grève au prix fort (certaines estimations officielles parlent d'un milliard de dollars). Mais surtout, la ténacité de la grève et l'intervention directe du gouvernement ont fait tomber le masque libéral dont prétendait
se se parer la dictature. Il sera difficile de légitimer le processus électoral annoncé pour sus électoral 1982, en gardant en prison les dirigeants syndicaux. Et, en les libérant, la répression se montrerait velléitaire et ligotée dans ses contradictions : déjà, l'an passé, le ministère du Travail avait dû céder et rétablir Lula dans ses fonctions syndicales après l'avoir suspendu. Enfin, libérer Lula sans le réintégrer dans ses responsabilités, c'est en faire un martyr en liberté totalement disponible pour se consacrer à la construction du PT.
Plus lucide et éclairée, la A BAS LA La grève des métallurgistes de l'ABC constitue un parfait révélateur de ce que sont les tâches du mouvement ouvrier au Brésil autour de trois axes. 1 - Tout d'abord, la lutte pour les libertés démocratiques, le rétablissement grève, la légalisation sans restriction des partis politiques, l'abolition de toute censure et l'amnistie totale, la convocation immédiate d'une Assemblée constituante libre et souveraine, en un mot, pour que le renversement de la dictature priorité. dans ce sens que se sont orientés les propositions du PT pendant la selon les
Skromov, au journal Em Tempo (ler nationale, le PT a proposé aux autres courants du mouvement syndical, la convocation de toutes les catégories de travailleurs pour discuter les perspectives d'une grève générale de soliproposition qui s'est la prétendue 'unité syndicale' (animée par le PC) et qui, de mise en pratique par le seul PT. Au niveau du moudémocratique, a lancé une proposition de lancement d'une ample campagne pour la liberté et l'autonomie syndicale, pour le bourgeoisie internationale ne s'y trompe pas, à l'image du très sérieu* Journal de Genève, qui titre un article de bilan de la grève «Victoire à la Pyrrhus pour les généraux brésiliens».
Les ouvriers, quant à eux, ont acquis la conviction que la démocratie dont se gargarisent les journaux «s'arrête aux portes des usines». Les partis l'opposition respectueuse n'ont même pas eu le courage de se battre pour leur programme. Seul le PT est apparu comme un parti militant, un parti d'authentiques travailleurs qui se collettent avec la dictature. DICTATURE MILITAIRE droit de grève». 2 - Ensuite la lutte sans compromis contre l'exploitation et pour les revendications ouvrières : * pour un salaire minimum unique ouvrier et pour une authentique échelle mobile des salaires fondé sur un indice contrôlé par les travailleurs. Ces derniers ont fait l'expérience en 1973 et 1974 de l'escroquerie à l'indice. On veut maintenant les diviser et les tromper avec des indices différenciés par Etat . Ils constatent tous les jours que les salaires ne font que traîner la patte derrière une inflation galo pante : même avec 15 pour cent d'augmentation au-dessus de l'indice, les métallos de l'ABC n'auraient eu qu'une augmentation annuelle de salaire de 86 pour cent pour une inflation supérieure à 83 pour cent, c'est-à-dire une perte de salaire réel du fait des délais de réajustement; * le refus des heures supplémentaires, le ralentissement des cadences, l'échelle mobile des heures de travail; * l'expropriation des grandes entreprises multinationales et nationales, des latifundia; un plan économique ouvrier de reconversion et de production; * le contrôle ouvrier sur les prix, sur la production, sur les livres de comptes. Au gouvernement qui prétendait contrôler le fond de grève des métallos de Sao Bernardo, les grévistes répondaient avec beaucoup d'à-propos en réclamant l'ouverture livres de comptes de Volkswagen, Mercedes, FIAT, General Motors, Saab Scania, Perkins, Ford, Chrysler, Toyota, etc. 3 - Enfin, la lutte pour l'unité
Get l'indépendance de clas- pour l'unité et l'indépendance syndicale, pour une centrale unique des travailleurs, indépendante du ministère du Travail; pour la reconnaissance des droits syndicaux dans l'en- pour un parti de masse ouvrer, pour un parti parti des travailleurs, pour la construction du PT (14). 14) Pour avoir une idée d'un programme plus complet, porter au programme pour le PT par le congrès du Rio trabalhadores
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