SANS SCRUPULES Très significative est l'histoire Dalkon Shield, un intra-utérin (stérilet), fabriqué par la firme A.H. Robbins, l'une des plus importantes aux USA. Ce stérilet a été expérimenté par un professeur de gynécologie des ghettos de Baltimore. Le professeur en question, Davis, n'a pas hésité à écrire un livre où il vante la supériorité du Dalkon Shield sur tous autres stérilets. Au moment la parution de son livre, Davis avait déjà gagné 250000 dollars sur la vente des stérilets. C'était en 1971. Depuis lors, l'on a établi de façon certaine que 17 femmes américaines sont mortes des suites de l'utilisation du Dalkon Shield. Il n'existe pas de statistiques valables pour les autres régions où ce stérilet a été vendu massivemert, notamment en Amérique latine (Honduras, Mexique...). Tout cela, qui est bien connu, n'empêche pas la firme de continuer à vendre son produit dans le Tiers Monde et même en Angleterre où une association s'est créée récemment pour défendre les femmes victimes du Dalkon Shield. Aux EtatsUnis, le procès intenté par une femme de 28 ans a abouti : la firme, condamnée à payer 3 millions et demi de dollars de dommages, a fait appel... Elle peut se le permettre : les montants des bénéfices de la firme et des royalties versées aux divers pro- Ires prouent Shie re moteurs du Dalkon Shield (Davis et
Un autre exemple flagrant est celui du Depo Provera, une injection contraceptive. Ce produit a été interdit à la vente et à l'exportation par la Drugs and Food Administration, l'organisme officiel qui contrôle tous les produits mis en vente aux USA. Il s'agit d'une dose massive de progestérone qui, une fois injectée, se maintient dans l'organisme de 3 à 6 mois. Or on s'est aperçu qu'elle provoque le cancer du sein chez les chiennes et accroît le danger de cancer de l'utérus de 0,3 à 0,4 pour cent... Le Depo Provera des saignement irréguliers un certain nombre de cas, la stérilité permanente après arrêt de la prise... En cas de grossesse préalable la firme Upjhon (1lème firme pharmaceutique sur le marché mondial) qui le fabrique, a détourné la loi américaine en distribuant son produit à partir de sa filiale belge. En 1977, l'IPPF (Fédération internationale pour la parenté planifiée) a approuvé l'utilisation du Depo Provera pour les programmes de contrôle des naissances, en particulier dans, le Tiers-Monde. Pour elle, en effet, ce qui prime, c'est la contraception massive et la limitation des populations dans le Tiers-Monde : de ce point de vue, une piqûre qui ne nécessite pas le consentement quotidien de la femtout court, parfois) représente bien sûr la contraception «idéale».
ET CRIMINELS
D'une façon générale, le TiersMonde sert de «poubelle» pour tous les produits dont on considère en Europe et aux USA qu'ils compor tent trop d'inconvénients : ainsi, les femmes du Tiers-Monde accès, souvent exclusivement, aux marques de pillules à forte dose d'œstrogène qui sont aujourd'hui déconseillées en général. Ceci est particulièrement scandaleux quand l'on sait que des contraceptifs ou produits (lait pour bébé...) qui connertent peu de contre-indications dans les pays développés, exigent des précautions chez des populations sous-alimentées, ané miées... et qui, de surcroît, ne bénéficient pas d'une surveillance sanitaire. Sans attendre tions d'infrastructures
lues, les femmes d'Amérique latine, d'Asie et d'Afrique, devraient pouvoir disposer des contraceptifs les plus «sûrs». Or c'est l'inverse qui se passe à cause de la politique de vente des industries pharmaceutiques.
By a pire encore. Les femmes du Tiers-Monde sont véritablement traitées comme des cobayes. Ainsi, au Guatémala, en 1974, les docteurs Charles Dafoe Thompson, de l'Université du Colo-
Sont expérimenté l'introducd'une substance inflammatoire dans les trompes de Fallope. Cette paraformaldéhyde, provoque la stérilisation totale par expérience fut effectuée absolument scandaleuse sur douze femmes à qui l'on injecta une forte dose de paraformaldéhyde, pour leur les trompes quelques jours afin d'étudier les effets de l'injection. Le personnel médical était prévenu du danger de l'expé rience puisqu'on lui avait fait prendre des précaution contre les effets corrosifs de la paraformaldéhyde. Douze femmes ont ainsi risqué leur vie, sans le savoir, et perdu définitivement des hormones vitales pour leur vie sexuelle. L'expérience a coûté 80000 dollars. Un autre hôpital, l'Hôpital de la Femme à Mexico, a reçu plus de 370000 dollars provenant de sociétés pour expérimenter des méthodes de stérilisation non chirur-
Les donations des compagnies nord-américaines impliquaient un certain quota de stérilisation : pour le respecter, l'hôpital en pratiqua sur des femmes de plus de 60 ans et sur des mineures de 15 ans!
C'est grâce aux femmes pauvres de Porto Rico que la pilule fut mise au point. Et, aujourd'hui encore, les femmes latino-américaines ou asiatiques testent régulièrement (sans le savoir) différentes formules de contraception hormonale.
Ces expériences se font dans la majorité des cas dans le cadre de programmes de contrôle des naissances, eux-mêmes financés par le gouvernement des Etats-Unis, les grandes banques impérialistes ou encore des institutions de l'ONU (la mondiale, en réalité contrôlée à 23 pour cent par les USA, bien que 129 gouvernements y soient représentés).
pourvoyeurs fonds des programmes de contrôle des naissances sont les fondations Ford et Rockefeller... et l'AID. Qu'est-ce que l'AID ? L'organisme responsadu gouvernement des USA au Tiers-Monde. L'AID est bien connue en Amérique latine où elle a financé «l'Alliance pour le progrès», les camps d'entraînements spéciaux des forces de répression... et les programmes de contrôle des nais-
Ces programmes ont pour objectif de faire baisser le taux des naissances dans le Tiers-Monde sous prétexte de promouvoir le bien-être, le développement et la paix. Leur raison d'etre véritable est, on ne peut plus clairement, exprimée par Mac Namara, ancien secrétaire d'Etat à la Defense aux USA, actuel dent de la Banque mondiale: « Si l'on ne résoud pas le problème de démographique effrénée, cela mènera à la faim, au chaos politique, aux émeutes, à l'insurrection et à la violence qui peuvent s'emparer des hommes déséspérés; c'est là un terrain fertile pour le communisme».
Le véritable objectif grammes de contrôle des naissandonc bien de maintenir les conditions nécessaires au développement de l'impérialisme et de préparer le terrain aux investissements de l'industrie privée. L'application de programmes de contrôle des naissances fait d'ailleurs souvent partie des conditions à «l'aide économipar le gouvernement américain aux gouvernements du Tiers-Monde (en Colombie, c'est très clair). Parfois aussi, les campagnes de contraception (par stérilet ou Depo Provera) ou de stérilisation sont directement liées à l'exploitation de l'une ou l'autre richesse (au Brésil, dans l'Etat de Belem pourtant souspeuplé, et parmi les Indiens d'Amérique Nord dont les réserves contiennent de l'uranium).
Tout ceci l'affaire des industries tiques. Non seulement les programmes de contrôle des naissances contribuent au maintien du système qui les fait vivre, mais elles y trouvent une série d'avantages immédiats. Et tout d'abord, l'ouverture d'un gigantesque marché, y compris pour leurs produits les plus sujets à caution, sous prétexte d'efficacité. Ensuite les milliers par l'impérialisme et par le gouvernement des USA dans les programmes de «contrôle des naissances» servent, entre autre, à aider les trusts pharmaceutiques dans leurs recherches et expérimentations de des contraceptives et/ou de stérilisation. Elles disposent donc d'une aide au publique. de protections importantes en cas de démêlés avec la justice ou avec les organismes de contrôle nationaux ; de ce point de vue, l'intervention de l'AID et de l'IPPF lors de l'interdiction du Depo Provera aux USA est exemplaire.
UN MARCHE, C'EST UN MARCHE! quelques exemples nous avons repris prouvent l'immense mépris pour la santé des femmes dont témoignent les industries pharmaceutiques, d'une part, et les programmes de contrôle des naissances financés par l'impérialisme, d'autre part. La façon dont les femmes d'Amérique latine, d'Asie et d'Afrique sont traitées est véritablement révol-
Mais il ne faudrait pas croire pour autant que les femmes des pays capitalistes avancés sont toujours bien loties, cela malgré l'existence dans certains pays (comme aux USA) d'administrations ou d'organismes liés à l'Etat qui controlent la qualité des produits mis sur le marché.
En l'accès des femmes aux méthodes de contraception est commandé par des impératifs de vente des firmes pharmaceutiques, plutôt que par leurs besoins, leur santé générale ou leur demande, ceci d'autant plus que la concurrence est forte. - La variété des produits existant sur le marché (souvent avec des compositions analogues) ne peut cacher d'importantes absences :par exemple, 1l existe aux Etats-Unis un stérilet étudié spécialement pour les femmes qui n'ont jamais eu d'enfant, mais il est impossible de le
Men Europe parce que le marché a été estimé trop étroit. - L'information qui doit accompagner l'utilisation des méthodes contraceptives comme tout médicament ou produit, est souvent directement - et exclusivement - le fait des firmes elles-mêmes, qui inondent les de prospectus élogieux. Là où ils existent, les organismes de contrôle sont impuissants à empêcher cette publicité... quand ils ne se reposent pas complètement sur elle. L'exemple du Danemark est, de ce point de vue, significatif. En 1974, effet, 8 femmes danoises ont intenté un procès à 5 firmes pharmaceutiques et à la Food and Drugs Administration de leur pays, ceci à la suite de thromboses cérébrales. Ces femmes n'avaient pas été examinées avant de se voir prescrire des pilules à forte dose d'œstrogènes (on sait depuis quelques années que ce sont les œstrogènes de synthèse qui sont à l'origine de la secondaires de la pilule, ce qui a amené à fabrinent peu, sinon pas du tout). L'administration danoise de «contrôle», de donner des instructions aux médecins quant aux à faire avant de prescrire telle ou telle marque de pilule, s'est contentée d'envoyer une circulaire (en 1966) aux firmes pour leur dede donner elles-mêmes des informations aux médecins. - La recherche est, elle aussi, commandée par le profit. Elle est le plus souvent financée par les trusts eux-mêmes. Ainsi, en millions de dollars ont été consacrés dans le monde à la recherche pour des méthodes contraceptives hormonales... et 50000 dollars seulement pour les méthodes d'application locale (stérilets, diaphragmes, spermicides améliorés...). Pourquoi parce que leur commercialisation est moins avantageuse : dans certains laboratoires anglais, certaines recherches ont manifestement abandonnées quand la pilule a été
NATIONALISATION DES INDUSTRIES PHARMACEUTIQUES Cet ensemble de remarques et d'exemples malheureux, scandaleux, n'a en aucun cas pour but de remettre en cause le progrès extraordinaire que représente l'existence thodes contraceptives. L'accès à la contraception est un droit pour toutes les femmes. Nous ne voulons pas non plus alimenter la propagande qui fait hurler certains au «danger» de la pilule car cette propagande a pour principal la liberté des femmes. Il faut effectivement faire attention, quand l'on met en avant les risques de certaines méthodes contraceptives, à ne pas décourager l'accès d'individus à toute contraception... avec les conséquences désastreuses que cela peut avoir. Au contraire, diffusion massive de la contraception
Mais la lutte conséquente pour le droit des femmes de choisir et le respect de leur santé passe par la mise en cause des industries pharmaceutiques, des programmes de condes naissances imposés populations et par la condamnation de l'impérialisme. Inversement, l'existence de lois qui assurent le droit de choisir aux femmes en matière contraception, d'avortement stérilisation est une qua non pour en terminer avec les abus criminels : la peur et l'absence de choix facilitent les manipulations. La revendication de méthodes de qualité et sans danger doit valoir autant pour les femmes les pauvres de la terre que pour les femmes vivant dans les pays capitalistes avancés. Il y va de leur santé, voire de leur vie, et de leur droit à une vie sexuelle.
Face aux pratiques des industries pharmaceutiques, il faut revendiquer :
leur nationalisation sans indemnité ni rachat; - la création d'offices nationaux de recherche et de fabrication des produits médicaux. Ces offices doivent être totalement indépendants et être contrôlés par les associations de consommateurs/trices, les organisations de femmes et de travailleurs; - un contrôle strict sur les licences nationales et étrangères; - l'information et la formation directe des médecins par ces offices nationaux;
l'interdiction de toute publicité à caractère commercial; - le libre accès et la gratuité des méthodes contraceptives;
- une éducation sexuellle active et l'information sur les précautions, contre-indications éventuelles directement auprès de l'utilisatrice;
avortement libre et dans de bonnes conditions, non à la stérilisation forcée.
Etant donné la structure multides industries pharmaceutiques, la lutte pour le respect de la santé des femmes et pour le contrôle de leur corps par les femmes elles-mêmes, ne peut qu'être qu'internationale, elle aussi. Poser la question pharmaceutiques à travers les procès en cours aux USA, en GrandeBretagne et au Danemark et lutter contre les stérilisations forcées font partie d'une même démarche qui doit avoir pour objectif d'ébranler l'impérialisme. Le fait que de exemples d'abus proviennent d'Amérique latine témoigne de la dynamique qui lie lutte anti-impérialiste, lutte pour la libération des femmes et droit à la santé et à l'intégrité physique des populations. C'est sans doute dans cette région du monde en effet que ces luttes sont les plus avancées.
Prétendre améliorer la santé des femmes dans le monde quer à l'impérialisme et aux industries pharmaceutiques pieux. A moins de les abattre, personne ne les empêchera de financer ou d'appliquer encore des programmes de stérilisation pour les Indiens de Bolivie à leur insu au lieu de créer des points d'eau des structures sanitaires de base.