ES 21 revendications avancées par le Comité inter-
• entreprises de Gdansk comme les modalités d'organisation des travailleurs polonais pour mener leur combat représentent une mise en question directe du pouvoir de la bureaucratie.
Elles indiquent que la dynamique de cette mobilisation se dirige dans le sens de la conquête du pouvoir politique par la classe ouvrière et de l'établissement d'une réelle démocratie socialiste.
En 1957, le Ve
Congrès mondial de la IVe ternationale adoptait une résolution intitulée : Montée, déclin et chute du stalinisme. Dans cette résolution, un chapitre entier était consacré au programme de la révolution politique, dont le potentiel s'était affirmé avec force en Hongrie et en Pologne en 1956.
Le développement des révolutions polonaise et hongroise... ainsi que toute la discussion internationale déclenchée par la crise actuelle de la dictature bureaucratique rendent impérieuse la formulation par la IVe
Internationale d'un programme plus détaillé et plus précis pour cette révolution. Il ne s'agit pas d'un programme de revendications immédiates ou transitoires, qui pourraient conduire aux premières actions de masse contre la dictature bureaucratique. De telles revendications, suivant en général la ligne des revendications incorporées dans le Programme de Transition pour l'URSS doivent être élaborées par les marxistes révolutionnai-
L'organisation de l'Etat ouvrier doit être revue à la lumière de la théorie léniniste classique en la matière, la théorie de la démocratie soviétique en tant qu'élargissement et non restriction des droits et libertés démocratiques dont peut disposer l'ensemble des masses laborieuses aux libertés dont elles par rapport jouissent même dans les Etats bourgeois les plus démocratiques.
Dictature du prolétariat et démocratie soviétique sont synonymes dans ce sens que l'octroi de libertés politiques illimitées aux masses laborieuses peut être accompagné d'une restriction ou même d'un refus de libertés politiques à tous les représentants des classes hostiles, c'est-à-dire à tous mme de la IV In pour la révol ution politique lutte des travailleurs polonais. Invement ouvrier, liste après 1968*. res de l'Union soviétique et des pays de «démocratie populaire», sur la base des conditions concrètes qui existent dans ces pays. Le programme esmarxistes révolutionnaires présentent mane de relie pol, et au lendemain de l'éclatement de la révolution politique. C'est le programme pour l'édification de la démocratie soviétique dans l'Etat et l'économie, problème crucial de la révolution politique autour duquel la discussion parmi les ouvriers avancés est centrée, comme l'ont prouvé les exemples polonais et hongrois... UN ELARGISSEMENT DES DROITS ET LIBERTES DEMOCRATIQUES ceux qui œuvrent au renversement de l'Etat ouvrier basé sur la suppression de la propriété privée des grands moyens de production.
En pratique, l'exercice réel du pouvoir par des soviets, des conseils librement élus par les travailleurs manuels et intellectuels des villes et des campagnes, organismes à la fois législatifs et exécutifs et représentant pour cette raison une forme supérieure d'organisation démocratique, n'est possible que si les garanties suivantes existent : a) Liberté d'organisation pour tous les partis qui se placent dans le cadre de la légalité soviétique, dans le cadre de la constitution de l'Etat ouvrier;
ternationale
Nous publions ici des extraits de ce chapitre dont l'actualité du contenu est une fois de plus révélée par la
Les intertitres sont de la rédaction d'Inprecor.
Congrès mondial de la IVe
Internationale a initié une nouvelle discussion sur la question de la démocratie socialiste à la lumière des expériences de luttes des travailleurs tchécoslovaques et polonais, des discussions de la «dissidence chinoise», comme des débats qui ont surgi sur ce thème au sein du mouparticulièrement en Europe capitab) Liberté effective de presse et de c'est-à-dire réunion, droit pour appuyée chaque tendance par un nombre minimum légalement établi d'ouvriers manuels et intellectuels, ou par un avis des soviets, d'obtenir à leur disposition des locaux de réunion, du temps d'émission aux stations de radio et de TV, du papierjournal et des installations d'imprimerie au prorata des disponibilités;
c)
gislatifs centraux et des principaux fonctionnaires centraux, provinciaux et locaux, au scrutin secret et avec multiplicité des candidats ou de listes, représentant les divers partis soviétiques, et révocabilité des élus au gré de leurs électeurs;
d)
Limitation du traitement de tout fonctionnaire dans l'administration, avant tout dans l'administration de l'Etat, au salaire d'un ouvrier qualifié;
* Les lecteurs trouveront ces nouveaux textes dans le numéro spécial d'Inprecor, consacré au XIe
Congrès mondial de la IVe Internationale.
(Les commandes peuvent être passées à l'adresse suivante :
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93101 MONTREUIL CEDEX
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avec la mention «Congrès mondial» et un chèque de 35 F.)
e) Election et réélection périodique des juges au scrutin secret, garantissant leur indépendance complète par rapport aux organes d'administration de l'Etat. Juridiction contradictoire, avec le droit de défense assuré dans chaque cas, et sur la base du
Dissolution de tous les organes permanents de sécurité intérieure secrets. Ils doivent être remplacés par des milices ouvrières publiques, fonctionnant au besoin à l'aide d'organes auxiliaires soumis constamment au contrôle public des soviets; g) Armement général des travailleurs et établissement d'arsenaux d'armes automatiques dans les entreprises et les quartiers ouvriers.
Le principe léniniste dont s'inspire la IVe Internationale, que, si la violence est nécessaire dans les relations entre le prolétariat et l'ennemi de classe, elle doit être bannie des relations qui opposent à l'intérieur de la classe ouvrière les tendances différentes du mouvement ouvrier, et les relations qui opposent à l'intérieur du parti révolutionnaire fractions. La dictature du prolétariat signifie l'emploi de la violence contre l'ennemi de classe, en fonction de sa résistance. La démocratie soviétique signifie le refus d'employer la violence à l'intérieur du mouvement ouvrier, et le recours exclusif du parti révolutionnaire dans ses relations avec sa classe et les autres couches laborieuses de la société à la persuasion et à l'expérience.
Comme en pratique les frontières entre la classe ennemie et les classes laborieuses ne sont pas nettement tracées; comme de nombreuses conpeuvent amener l'ennemi de classe à s'appuyer sur les courants les plus conservateurs de ces classes laborieuses, l'avant-garde révolutionnaire peut être amenée parfois choix douloureux : ou admettre qu'une situation dangereuse se développe pour l'Etat ouvrier, ou bien employer, pour écarter ce danger, des méthodes qui sapent gravement la confiance des travailleurs dans l'avant-garde et dans leur tés absolues ni des dogmes, la IVe Internationale déclare que, sur la base de l'expérience passée, il est absolument clair qu'un Etat ouvrier a constamment à faire face à deux dangers aussi longtemps que la victoire mondiale du socialisme n'est pas assurée : le retour de la contre-révolution capitaliste et l'affirmation de la dégénérescence bureaucratique. Plus l'Etat est faible, plus la pression ennemie
Get plus la confiance de la grande majorité des travailleurs ainsi que leur initiative politique font défaut, et plus toute mesure de contrainte exercée contre des parties de la propre classe sape la confiance de celle-ci dans l'Etat et ouvre la porte à dégénérescence bureaucratique. pourquoi il est du devoir du parti révolutionnire de se soumettre au verdict démocratique des soviets, même quand ceux-ci commettent des erreurs graves que l'expérience permettra à la masse des travailleurs de reconnaître et de corriger tôt ou tard. C'est seulement dans cet esprit que le principe : TOUT LE POUVOIR AUX SOVIETS, comme base d'organisation de l'Etat ouvrier, prendra tout son sens.
En développant le programme de la révolution politique pour le rétablissement de la démocratie ouvrière dans les Etats ouvriers, la IVe Internationale maintient inébranlablement le principe de la défense tous les Etats ouvriers contre l'impérialisme. Elle combattra tous les efforts de celui-ci pour exploiter la révolution politique dans ses propres intérêts contre-révolutionnaires. Ces efforts s'accentueront dans la mesure où la révolution politique progressera. Cela rend d'autant plus urgente notre tâche d'explication permanente de notre position traditionnelle en la aux masses et aux cadres LES RELATIONS ENTRE
L'APPAREIL D'ETAT ET LE
PARTI REVOLUTIONNAIRE
La dégénérescence bureaucratique de l'URSS a démontré que les racines de la puissance de l'appareil bureaucratique résident dans sa disposition plus ou moins arbitraire de l'appareil de production de l'Etat. Les relations entre l'appareil d'Etat, l'appareil dirigeant de l'économie, et le parti révolutionnaire sont pour cette raison décisives pour assurer l'essor de la démocratie socialiste soviétique. Ces relations doivent être régies par les principes suivants:
Distinction fondamentale entre l'Etat ouvrier et le parti révolutionnaire, l'un ne pouvant se confondre avec l'autre ni être subordonné à l'autre. Ceci signifie notamment que, dans aucune condition, un organisme quelconque de l'Etat - a fortiori un organisme de sécurité — ne peut intervenir dans des discussions ou des luttes de tendances internes du parti. Ceci signifie aussi qu'aucun organisme d'Etat élu par les masses (ou les soviets) ne peut être modifié dans sa composition sur décision du
Election et contrôle démocratique des dirigeants du parti par les membres du parti, par l'observation stricte de toutes les règles de fonctionnement du centralisme démocratique : congrès et conférences à périodes fixes, naux au scrutin secret, liberté d'organisation de tendances allant jusqu'au droit de publication de bulletins intérieurs de tendance, information et discussion aussi complète que possible à la base avant que ne soient des différends importants par des organismes centraux, pas de sanction contre des membres sans accord des organismes de base dont ils sont membres, etc.; c) Contrôle démocratique de l'appareil d'Etat et de l'appareil économique par la masse du peuple ladans ses soviets locaux d'usine. Election et révocabilité des principaux membres de ces appareils par ces organes respectifs. Participation active des différentes tendances politiques existantes au choix de dirigeants et de programmes d'action d) Absence de privilèges matériels attachés à l'exercice de fonctions dirigeantes, des exceptions ne pouvant être tolérées que dans le cas de techniciens non membres du parti qui doivent dans ce cas être soumis à un contrôle sévère par les organismes soviétiques de base; e) Principe du maximum d'information et de publicité pour toutes les questions controversées au sein du parti, des organismes d'Etat et des organismes dirigeant l'économie. C'est la condition indispensable pour que le prolétariat puisse effectivement diriger l'Etat et pour qu'il acquiert le plus rapidement possible l'expérience nécessaire afin d'effectuer cette direction avec le maximum d'efficacité possible.
LE PARTAGE DES FONCTIONS
ECONOMIQUES L'organisation de l'économie socialisée, pendant la période de transition du capitalisme vers le socialisme, est la pierre de touche de l'évolution de l'Etat ouvrier vers l'élargissement de la démocratie socialiste jusqu'au moment où la démocratie elle-même dépérit comme dernière forme de l'Etat, ou vers les déformations bureaucratiques de l'Etat et l'apparition de nouvelles inégalités sociales pouvant aller jusqu'à une dégénérescence bureaucratique monstrueuse.
En tant que marxistes, nous savons que la dégénérescence bureaucratique de l'Etat ne peut être qu'une étape transitoire dans l'histoire de la lutte pour le socialisme mondial, étape rendue possible par l'insuffisance des bases matérielles dont dispose un Etat ou un groupe d'Etats ouvriers, et par son isolement. Cependant, en reconnaissant cette cause dernière de la dégénérescence, les marxistes n'ad-
mettent nullement un déterminisme mécaniste et automatique, c'est-àdire l'inévitabilité d'une dégénérescence extrême du type soviétique. Ils reconnaissent seulement que plus la base matérielle de l'Etat ouvrier est pauvre, plus grand est le risque de déformations bureaucratiques de l'Etat. Mais en s'appuyant sur la douloureuse expérience soviétique qui a coûté au prolétariat soviétique et international des hécatombes, des défaites et des sacrifices évitables, ils comprennent la nécessité absolue pour l'avant-garde révolutionnaire, pour le facteur subjectif, de contrecarrer dans la mesure du possible le jeu des forces objectives spontanées nées du besoin, de la pression du milieu adverse, du manque de culture et de qualifications, etc.
Il est essentiel de concevoir à ce sujet un partage des fonctions et des pouvoirs économiques qui limite à l'extrême les possibilités d'arbitraire bureaucratique, tout en créant en même temps les garanties les meilleures pour un essor aussi harmonieux que possible des forces productives. Ce partage des pouvoirs doit s'établir schématiquement d'après le plan suivant : a) Décisions centrales (dans un
Congrès national des soviets ou des conseils ouvriers), après discus-. sion démocratique de plans opposés, en ce qui concerne les grandes lignes de la répartition du produit national (politique d'investissement, taux de progression, politique des prix et des salaires). La IVe Internationale rejette comme antidémocratique et anticommuniste le mythe anarcho-syndicaliste de l'autonomie complète des entreprises qui ne peut aboutir qu'à la lutte de concurrence sur un marché, plus ou moins libre ou plus ou moins monopolisé, entre des entreprises, avec toutes les injustices que cela entraîne (appropriation par les ouvriers des usines plus modernes d'une partie du produit créé par les ouvriers des entreprises plus arriérées, etc.) et avec le danger de la dislocation de l'économie planifiée; b) Gestion des entreprises par les conseils ouvriers dans le cadre du plan général élaboré par les représentants élus de l'ensemble du prolétariat. Ces conseils doivent contrôler et, au besoin, modifier en cours de route l'exécution du plan, et doivent défendre, contre des exigences injustes de l'appareil central, les intérêts particuliers des producteurs (normes de travail et de salaire dans leur application concrète, licenciement et embauche, organisation du travail, etc.) Ils doivent élire le directeur et constituer en même temps la grande école de gestion, dans laquelle un nombre croissant de travailleurs s'initie, à tour de rôle, à l'exercice des fonctions d'administration des entreprises;
Rôle de contrôle joué par les syndicats qui, devant les conseils ouvriers - représentant avant tout le point de vue de la production - et les organes centraux de planification, doivent surtout défendre les intérêts des ouvriers en tant que consommateurs et citoyens ayant des besoins culturels déterminés. Ils doivent discuter des normes générales du travail et des salaires et de leur application aux branches d'industrie et aux usines dans le cadre de contrats collectifs à termes fixes:ils doivent veiller à la sécurité sociale des travailleurs sous toutes ses formes sans remplir un rôle d'administration (qui incombe à l'Etat, c'est-à-dire aux organismes locaux d'auto-administration); ils doivent s'efforcer de réduire la durée du temps de travail, d'augmenter les possibilités de congés payés et de participation des travailleurs à la vie culturelle sous tous ses aspects, etc. Ils doivent être basés, comme le parti, sur la stricte règle d'adhésion volontaire, contrairement aux conseils ouvriers et soviets, dans lesquels tout salarié de l'entreprise ou de la localité a automatiquement droit de vote.
La garantie effective du droit de grève est en même temps la garantie du caractère effectif et non pas purement formel de ce partage des pouvoirs économiques.
En affirmant l'importance de ce partage des pouvoirs économiques, la
Internationale affirme même temps que toute structure organisationnelle quelqu'idéale qu'elle capitalisme lui-même avait préalablesoit, reste une forme vide de contenu aussi longtemps que ne s'épanouissent pas la démocratie ouvrière politique et la participation effective à la vie politique d'un nombre croissant de prolétaires. Dans une économie planifiée, la détermination des grandes proportions de répartition du revenu national représente la décision capitale qui fixe à tous les organismes d'autogestion un cadre plus ou moins rigide auquel ils ne peuvent échapper sans désorganiser l'ensemble de la planification. Aussi longtemps qu'une majorité de prolétaires ne participe pas à cette décision, de directe ou indirecte (par ses représentants librement élus), qu'en connaissance de cause, elle ne fixe pas elle-même la limite des sacrifices qu'elle consent pour l'essor des forces productives, on ne peut parler réellement d'une démocratie soviétique véritable, épanouie. Aussi longtemps que différents courants vriers n'ont pas le droit de présenter des plans généraux ou partiels de rechange au choix des travailleurs, cette participation reste plus fictive
REPARTITION ET ACCROISSEMENT DES RICHESSES EXISTANTES Le socialisme est une forme d'organisation sociale basée sur l'abondance. Au moment où le prolétariat conquiert le pouvoir dans n'importe quel pays, y compris dans le pays le plus avancé, les forces productives ne suffisent pas à assurer une telle abondance à tous ses citoyens et a fortiori à tous les citoyens du globe. L'époque de transition entre le capitalisme et le socialisme est donc de toute façon une période pendant laquelle le prolétariat ne pourra se contenter d'une répartition nouvelle et plus juste richesses existantes. Il devra de toute façon assurer un accroissement considérable de la production ourante de richesses, et de là du stock des moyens de production à la disposition de la société, pour arriver à son but : l'organisation d'une société qui assure à chaque homme la satisfaction pleine et entière de tous ses besoins, sans calculer cette satisfaction d'après la mesure exacte du travail que l'homme lui aura fourni en échange.
A la lumière de cette thèse, on pourrait supposer qu'il n'existe qu'une différence quantitative entre les problèmes d'essor de la production posés pour un Etat ouvrier ou un groupe d'Etats ouvriers encore à peine industrialisés, et pour des Etats ouvriers apparus dans des pays où le
directement ces progressions parallé- a) Que le parti révolutionnaire miliment assuré un large épanouissement de l'industrie moderne. Ce n'est pas le cas : il y a entre ces pays des différences qualitatives en ce qui concerne les problèmes posés par l'essor d'une industrie socialisée : a) Du point de vue social, dans le premier groupe de pays, l'industrialisation, même si elle dispose de l'aide d'une économie socialiste internationale, se développe dans un milieu hostile (la majorité de la population constituée par les petits producteurs paysans). Dans le deuxième groupe de pays, l'Etat ouvrier peut compter dans sa politique économique sur l'appui de la majorité, sinon des 2/3 de la population;
vue économique, dans le premier groupe de pays doit correspondre à des objectifs combinés : à la fois les intérêts particuliers des travailleurs, l'élévation de leur niveau de vie et de culture, etc. et la nécessité de différencier la paysannerie (en détacher une couche de paysans pauvres qui peuvent s'intégrer librement dans une économie socialisée, et une couche de paysans moyens qui peuvent être neutralisés dans la lutte contre l'accumulation primitive des paysans riches). Dans le deuxième groupe de pays, l'essor de l'économie peut être fondamentalement orienté vers la satisfaction des besoins croissants de la masse des producteurs, tout en réservant pendant une longue période transitoire une tranche importante du produit national à l'aide à accorder aux Etats ouvriers moins industrialisés.
La IVe Internationale n'affirme pas seulement le principe qu'il est d'imposer aux travailleurs une marge de sacrifices supérieure à celle qu'ils acceptent librement. Elle affirme en même temps que toute tentative de surélever systématiquement pendant une longue période le taux d'accumulation se répercute négativement et sur la productivité du travail et sur l'auto-discipline des producteurs, et crée ainsi des pertes et des faux frais énormes qui épongent en grande partie les avantages escomptés d'une telle accumulation. N'est rentable à la longue qu'une planification qui étaproportion harmonieuse croissance des différents secteurs de l'économie, entre l'industrie, l'agriculture et le système des transports et entre les différentes branches de l'industrie d'un tel système doit être une progression de la production accompagnée d'une élévation plus ou moins équivalente du niveau de vie des producteurs. Plus les producteurs peuvent facilement mesurer eux-mêmes les, et plus consciente et enthousiaste deviendra leur participation créatrice à l'essor économique. Les exigences d'un tel développement harmonieux de toutes les branches de l'économie excluent par avance toute politique de collectivisation forcée de l'agriculture, source de stagnation sinon de recul de la production agricole et de graves désordres dans l'approvisionnement en vivres des villes.
Elles peuvent par contre conciliées avec la création de coopératives de production agricole dans toutes les couches de la paysannerie qui sont socialement et économiquement prêtes à accepter un tel mode de production, à condition qu'il leur ap porte des avantages matériels précis.
Sans exclure la nécessité qui peut se présenter même à l'avenir qu'un Etat ouvrier isolé sur un continent déterminé doive entamer par ses propres forces la construction d'une économie socialiste, toute l'expérience a démontré que la division internationale du travail et l'entraide entre différents Etats ouvriers sur un pied d'égalité représentent un facteur facilitant et stimulant l'essor de l'économie, un facteur de toute façon indispensable pour rattraper et dépasser le niveau de productivité du travail atteint dans les pays capitalistes les plus avancés, seul critère de la victoire définitive de l'économie socialisée sur l'économie capitaliste. Toute idée de pouvoir achever la construction d'une économie socialiste autarcique dans un seul pays ou dans un petit comme un mythe réactionnaire.
LA DEMOCRATIE SOVIETIQUE ET LE LIBRE ESSOR DE TOUTES LES ACTIVITES CULTURELLES
La démocratie soviétique, objectif de la révolution politique dans les Etats ouvriers dégénérés et de la révolution sociale dans les pays capitalistes, est inconcevable sans un esssor libre de la création artistique, du travail scientifique et de toutes les activités culturelles de l'homme. Un tel essor s'avère d'ailleurs de plus en plus une condition indispensable à une exploitation pleine et entière du formidable réservoir de forces créatrices techniques et productives que la révolution met à la disposition de la société nouvelle. Un tel essor libre ne signifie pas que le parti et l'avant-gars'abstiennent de manifester leur propre avis au sujet des multiples controverses qui peuvent apparaître dans des domaines théoriques. Mais cela signifie :
te activement par la propagande et la persuasion pour toutes les thèses du marxisme et du matérialisme dialectique et historique, qu'il exige que la possibilité la plus ample soit donnée pour suivre l'enseignement de toutes ces thèses, sans que l'Etat impose l'adoption ou l'exposé exclusifs de ces thèses au personnel enseignant ou à la jeunesse; b) Qu'aucune tendance scientifique, artistique ou culturelle qui n'est pas considérée comme progressive ou la plus progressive, par l'avant-garde révolutionnaire, peut être réprimée ou punie administrativement ou entravée dans son effort de producc) Que l'Etat ne donne pas son investiture officielle, ni avantages matériels, ni par une distribution de postes hiérarchiques à une tendance quelconque dans le domaine de la science, des arts ou de la production culturelle, domaines qui sont les plus mûrs pour l'application intégrale du principe de l'auto-admid) Que le parti distingue nettement
Centre le choix d'objectifs sociaux, économiques ou culturels à atteindre par priorité (par exemple la solution prioritaire de la crise du logement par rapport aux besoins de l'esthétique urbanistique) et la nécessité de défendre sur le plan théorique (de la planification à longue échéance) des principes corrects se rapportant à ces objectifs, même s'ils ne sont pas immédiatement réalisables.
La démocratie soviétique est de même inconcevable sans la destruction radicale de toutes les barrières qui empêchent aujourd'hui encore une majorité de citoyens de jouir des dons matériels et culturels de la civilisation. Elle doit garantir la gratuité entière de l'enseignement à tous les la sélection ne pouvant s'opérer strictement que d'après les capacités; elle doit garantir à chaque citoyens des soins de santé gratuits sans discrimination sociale Elle doit assurer aux jeunes une participation pleine et entière, et autonome, à la vie politique. réaliser pleinement le principe «à travail égal, salaire égal», aider au maximum l'émancipation de la femme de millénaires de soumission... Elle doit revoir dans l'esprit de la révolution d'Octobre le code du mariage, le droit au divorce et à la maternité volontaire (distribution de moyens anti-conceptionnels et droit à l'avortement), les droits des enfants, l'auto-administration de l'école, dans le sens de l'égalité absolue entre l'homme et la femme, de l'absence maxima de toute contrainte matérielle d'un être humain sur un autre...