Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

POLOGNE

La mise en place des syndicats indépendants

· Inprecor n° 85, 25 septembre 1980 · p. 11-15 · 4 070 mots

Cyril Smuga était le pseudonyme de Jan Malewski, coéditeur de l'Inprekor polonais (1981-1990) et directeur d'Inprecor à partir de 1998.

Syndicalisme Pologne Stalinisme

ANS une interview accordée à

Presse. le 18 septembre derni

Presse, le 18 septembre dernier, Lech Welesa a reproché aux autorités polonaises de faire obstacle à l'application des accords conclus à Gdansk, puis étendus à l'ensemble du pays.

Au cours de la réunion des délégués des syndicats indépendants qui s'est tenue le 17 septembre à Gdansk, ceux-ci ont fait part du grignotage par la bureaucratie des concessions qu'elle avait été contrainte d'accorder aux grévistes pour leur faire reprendre le travail.

Ainsi Lech Walesa a pris l'exemple de la retransmission de la messe: «Il avait été convenu

Cyril SMUGA

Après dix-sept jours de grève ge nérale à Gdansk, soutenue par des grèves de plus en plus nombreuses dans l'ensemble de la Pologne, alors qu'une grève générale pointait, la bureaucratie polonaise a cédé. L'accord conclu le 31 août rendait possible la création de syndicats indépendants de l'Etat-Parti, reconnaissait le droit de grève, garantissait la sécurité des grévistes et des «personnes les aidant». Sur les revendications matégouvernement s'engageait rielles, le présenter des solutions suivant un calendrier précis (1).

Le ler septembre, le Comité de grève inter-entreprise (MKS) se mise en no

Gc place dicats indépendants l'Agence Franceor. Lech Welesa a

June voie de garage.» que la messe pas- veaux syndicats indépendants. transformait en rection provisoire du Syndicat indépendant autogéré ((NSZZ) et prenait possession d'un local provisoire. Des grèves écla taient dans tout le pays, façon de vérifier que «l'accord de Gdansk» pouvait être appliqué ailleurs. En Silésie, où la grève avait paralysé plusieurs dizaines d'entreprises à par-

1 - LA CONSTRUCTION DES «Dix-sept jours de grève, menée solidairement dans de nombreuses entreprises, nous ont donné conscience de notre force et de notre valeur.» «Notre force est créatrice et non destructice, car elle s'expri

Pologne serait sur la première chaîne de radio, et maintenant un envoyé de l'épiscopat vient nous appeler au secours car on leur impose une émission par région, et censurée. J'ai déjà téléphoné deux fois au ministre. Je n'ai pas eu de réponse.» Lech Walesa a poursuivi: «Il va falloir réfléchir à ce qu'on peut faire, y compris la grève. Concrètement.

fermement, finie la rigolade; on essaie de nous attirer sur

Le dirigeant du MKZ a également signalé que les autorités polonaises utilisaient des astuces juridiques pour refuser d'enregistrer, dans certaines régions, les noutir du 28 août, un accord était si-

Outre les 21 gné le 4 septembre.

revendications de

Gdansk, les travailleurs obtenaient la dissolution du syndicat officiel local, la suppression du système «quatre équipes de six heures», le samedi libre et la retraite à 50 ans pour les mineurs de fond.

SYNDICATS INDEPENDANTS me dans notre fierté ouvrière, notre souci du bien commun, le réalisme

(1)

Pour plus de détails, cf. nos articles dans «Inprecor», numéros 82-83 et

84.

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de nos revendications et dans la liberté de parole que rien ne peut étouffer. Cette liberté confronter nos réflexions, gresser vers les justes qui ne peuvent provenir que du débat, et non de la claque.»

Ces leçons, c'est constitutif du syndicat indépendant du chantier naval de Gdynia qui les tire, dans l'éditorial de son Bulletin d'information, numéro un. Et il ajoute: «Nous organiser et élire de nouveaux repré-

(...), adressez-nous les syndicats se développent et orgade la région de Gdansk. L'acquis de la grève, c'est que les dirigeants sont connus, qu'ils ont la confiance des travailleurs. «Ils nous ont conduits à la victoire» - tel est le sentiment de tous. Et les magouilles qui tentède dissuader d'adhérer au syndicat indépendant font, à Gdansk, long feu. Ainsi, au chantier naval «Commune de Paris» de Gdynia, le conseil «en quittant le syndicat (officiel), travailleurs vont perdre privilèges: vacances, prestations soles militants du NSZZ, nous arrangerons ça, les maisons de nos cotisations à tous.» Ces quelques mots suffisent. La grève forgé de solides liens de solidarité, les phrases des bureaucrates n'y peuvent rien.

Le local du MKS - devenu MKZ, comité syndical inter-entreprises - de Gdansk déborde de visiteurs. L'appartement pièces et l'unique téléphone ne suffisent pas. On commence à dire que les autorités ne respectent pas l'acque le voïvode (préfet) de Gdansk offre un local plus grand, avec plusieurs lignes téléphoniques. Des délégations ouvrières entreprises région. On vient chercher des informations, des réponses aux problèmes qui se posent. On s'inquiète de la contre-information insidieuse distillée par les autorités: sur les privides permanents du nouveau syndicat, leurs salaires, les voitures qu'ils auraient n'en est rien, et d'ailleurs, les rumeurs ne prennent pas, on fait confiance. Les dix permanents syndicaux reçoivent 100 zlotys par jour, moment (ce qui est en-dessous du salaire moyen officiel), seul Walesa a eu un appartement - «mais il a cinq enfants, comment veux-tu qu'il puisse vivre dans son deux-pièces avec sa femme !» répond-on, dû attendre.

permet de de prosolutions, le comité devons nous de leur radicalisme - l'utilisation d'une photocopieuse.

Mais la confiance le 11 septembre, un les travailleurs nôtres), d'entreprise caux.

due; le même jour, ments du Lénine

«Pour nouveau:

qu'on sés, c'est qu'ils les ont!» rumeur suffira vistes et le nouveau syndicat fait dans la continuité, tel n'a pas été fois des comités ouvriers de mobilitaient Gdansk, mais tion, ni le niveau de conscience ne pouvaient être comparés à celles de la signature de l'accord, puis, quelques jours plus tard, la publication une nouvelle ère.

la grève des soixante-douze entreprises et mines laissait avec le MKS un premier stade d'organisation. La dissolution du syndicat officiel local à Jastrzebie faisait du nouveau

NSZZ l'unique syndicat. La question même si certains pensent qu'il aurait

Les projets de statuts et le programme d'action du syndicat, largel'organisation, discutés par-

Les assemblées générales des délégués d'entreprise font le plein.

En quelques jours, il y a plusieurs d'amendements.

Et, lotente d'obtenir dans cours hension» des locaux et le droit d'utiliser le matériel d'impriéconomique merie disponible. C'est là d'ailleurs discours.

bât blesse: le MKZ n'a toulon lequel jours pas de ronéo, tout est imprila main, feuille par feuille.

qu'une

Seul le comité de la «Commune»

- les «communards» comme on les tie appelle à cause du nom de leur chantier naval et peut-être aussi à

Mais, mêlent les progrès de l'organisation, le MKZ tum au voïvode : «Si vous ne nous laissez pas l'accès régulier aux médias (en attendant qu'on ait les le chantier naval Lénine s'arrêtera.» Le lendemain, les premières tribunes du MKZ ont été acceptées par les quotidiens lo-

La situation reste d'ailleurs tentrois départe-

Gdansk, ont fait grève de les 1500 zlotys pas avait proposé pour nous faire reprendre le 16 août, à ce laisse moment, il y avait des choses plus

La importantes, mais s'ils les ont propoobjectives (2).

2 - VERS L'ORGANISATION DE L'ENSEMBLE DE LA CLASSE

OUVRIERE POLONAISE

Si à Gdansk, et dans une moindre mesure à Szczecin et Wroclaw, le passage entre l'organisation des grés'est le cas ailleurs en Pologne. La grève de

Gdansk était suivie avec intérêt, parsation - semi-clandestins, semi-tolépréparaient la grève et contac-

Gdansk-Gdynia-Sopot. L'annonce de de l'accord par les médias ouvraient véritablement

En Haute-Silésie, la victoire de

Cf.

Il faudra que les dirigeants du MKZ descendent sur place, expliquer qu'il faut attendre, consolider qu'on a signé accord prévoyant un calendrier, qu'il faut tenir les engagements..., pour que les travailleurs reprennent. «A charge de revanche !». Danger de glissements gestionnaires dans ces dis-

? Sans doute. La «compréde la mauvaise situation du pays rythme L'argument, fallacieux, se«on ne peut distribuer plus qu'on ne produit», porte, alors autre organisation de la production, basée sur la démocraouvrière, libérerait des forces productives insoupçonnées.

dans ce débat, s'entredes considérations tactiques: sur la nécessité de renforcer le syndicat, de le doter d'une presse pour unifier le niveau de conscience, de ne pas partir trop tôt de peur de n'être pas compris et d'ouvrir la voie à une contre-offensive en règle de la bureaucratie.

Car l'hypothèque n'en continue pas moins de peser sur le nouveau syndicat. Son existence reste inégale à travers le pays, et même à les structures ne se sont encore mises en place. Et la discussion sur le rôle du syndicat apparaître des divergences. prudence des dirigeants MKZ s'appuie done sur des réalités de recrutement ne se posait pas, tous les grévistes devenaient membres du syndicat indépendant. Mais à Katowice, la capitale régionale, la question se posait en d'autres termes: ici, il n'y avait eu que peu de grèves et la structure officielle subsistait. Les oppositionnels du Comité pour la fondation des syndicats libres se sont même vus empêchés de pénétrer dans Huta Katowice, l'aciérie la plus moderne de Pologne. Il a fallu qu'une grève fasse céder les bureaucrates lo-

Des problèmes similaires se sont posés lors de la discussion des «21 points» les 16 et 17 août. Avec des arguments pour le moins discutables, les militants de l'opposition ont fait comprendre au travailleurs la différence qu'il peut y avoir entre des revendications immédiates, qui permettent d'instaurer un nouveau rapport de forees et d'avancer sur cette base (syndicat libre !) et le programme d'ensemble d'une société alternative.

«La victoire au bout de la grande grève», «Inprecor», numéro 84.

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caux, pour qu'autour de Huta Katowice commence la restructuration

Ce qui s'est passé à Walbrzych,

Basse-Silésie, est typique de la création des syndicats dans les régions où la grève a démarré au moment où l'on signait à Gdansk. Les travailleurs, comme en Haute-Siléont obtenu plus que les «21 points». Dans la mine, la direction a même accepté de payer au syndicat indépendant autant de permanents qu'en avait le syndicat officiel. Les autorités ont cherché à préserver l'avenir, en n'entravant pas le fonctionnement du nouveau

Le président du syndicat sont des membres du

Parti, un peu effrayés par l'opposition. Mais Jacek Pilchowski, un ré-

Robotnik, fait également partie du comité constitutif. Plus expérimenté, son rôle n'est pas mince. Et les deux du Parti sont allés d'eux-

Lâché par

Szczepanski, ancien directeur de la radio-télévision prévu

Las, en manque d'exutoire à la colère d'autres fortunes, ses fait inculper.

Un inventaire ses biens commence. Ce qui suit n'en est premier aperçu.

Il en dit long sur «les liens entre le

Parti que les voient les bureaucrates.

aussi, possédait :

- une ferme de seize hectares, moyen officiel : 5000 zlotys);

un petit palais près de Varso-

- une maison de vingt-trois chambres dans la région de Bieszeune villa dans la banlieue varsovienne, avec piscine couverte

«quatre prostituées de couleur»;

une résidence safari à Nairobi un immeuble de rapport, uniquement des studios, à Varsocomplexe de fermes d'élevage porein;

trois avions, sept voitures (dont une Mercedes et une BMW);

syndicalistes occidentaux, donc nécessaire (3).» nir» la constitution de libres. Ainsi, vice-président étaient satisfaits des syndicats exis leurs s'engagent par écrit à ne pas demander l'aide d'un «ex- C'en était trop ! Une grève a immé-

Comment vivent les bureaucrates tons une salle de projection équipée de neuf cents cassettes vidéo (rien que du porno, relles du monsieur étaient limitées), une piscine, un sauna et un salon de amis l'ont thailandais», dans les locaux de la RTV polonaise, amis de la direction.

Enfin, au cas où berait dans les mains des «gueux», le monsieur s'était

«malade» lui caisse noire d'un million de dollars à Londres.

pris de court.

Qu'on enquête de Gierek) dans le Beskid Slaski, gé par le secrétaire du pour lui et ses hommes (la plus deviné, celle lui-même), qu'on regarde vers propriété de Cyrankiewicz à Zakoil ne s'agit là que des exemples les les mineurs en grève en Silésie ont que un an de leur salaire!

pert» - Jan Litynski, fondateur du

KOR et de Robotnik. La raison,

Litynski l'explique rapidement: «Le président du Comité, membre du

Parti, (...) ne sait pas ce qu'est que l'action collective. Spontanément, il se comportait plutôt comme certains de militants expérimentés lui semble

Dans de nombreuses régions du pays, l'accord de Gdansk a été reçu avec stupeur par les bureaucrates locaux. Ils ont même tenté de «préveà Mielec, dans une usine aéronautique, une réunion de cadres du Parti a adopté une résolutants et n'avaient donc pas besoins de nouveaux syndicats» ! Puis, la direction a exigé que tous les travailindépendants local du MKZ, cela ne suffisait pas, ajoupartageait l'usage avec ses une

Dur pour lui, il a été aujourd'hui une brebis un peu près vers Slupsk,

Parti local plus grosse est, ou vers ce qu'a mis de côté

Jaroszewicz (tous deux ministres)...

connus. A une autre échelle,

(3)

diatement éclaté, exigeant l'application de l'accord de Gdansk à Mielec et le limogeage du directeur de l'entreprise et du secrétaire du Parti du département. Après cinq grève, les travailleurs reprenaient le syndicat indépendant autogéré ! Les grèves provoquées par de telles réactions de l'appareil ont continué dans d'autres villes et n'ont pas aujourd'hui. Même la publication, le lundi 15 septembre, d'un décret autorisant l'enregistrement officiel des syndicats indépendants auprès de la préfecture de Varsovie - signe qu'il n'était pas possible, de l'opposition des caciques de décréter l'enregistrement local ! — n'a pas eu d'effets immé-

UNE PREMIERE REUNION

NATIONALE DES SYNDICATS

INDEPENDANTS Le 16 septembre, les syndicats Haute-Silésie (Katowice) et de Mazovie (Varsovie et Lodz) ont déposé leurs demandes d'enregistrement. Les autres attendaient le résultat de la réunion nationale commencée à Gdansk, dans le le mercredi 17 septembre. Un millier de délégués venus

Pologne représentaient cats indépendants porte-parole du MKZ, en avait présenté le but: «Je voudrais que cette nous permette situation et notre comportement pour la suite.» sistait la veille à Gdansk sur le fait s'agissait pas du congrès des syndicats indépendants problème de l'enregistredans la construction mouvement, du projet de loi sur les syndicats, des statuts et du programme d'action, ainsi que de l'attitude à observer vis-à-vis des syndicats qui ont rompu en bloc avec le CRZZ officiel. Mais la question d'une fédération nationale restait en suspens: à Gdansk, gences sont apparues sur cette question au sein du MKZ et une position d'attente - compromis inévitable -était adoptée. Pour Walesa: «Nous ne sommes pas encore prêts à former une fédération nationale. L'avenir montrera si des gens de toute la

Interview à «Libération» du 9 septembre 1980.

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Pologne veulent ou non se joindre à nous.» semble que des résistances vis-à-vis d'un tel projet soient justifiées par l'attitude du syndicat indépendant de la Haute-Silésie: premier à demander son enregistrement officiel et jouant un peu cavalier seul. Un autre question est celle de la presse. Selon certaines informa-

Dans la plupart des entreprises en grève, les travailleurs avaient dissous les conseils d'entreprise. Cette structure de cogestion, créée au lendemain de la guerre pour officialiser conseils ouvriers nés spontanément et qui avait participé à l'élaboration du premier que celui-ci soit imposé par en-haut (en violation des résolutions prises dans les usines), avait tiquement de jouer un rôle après

Ils étaient composés des seuls permanents du syndicat officiel et des membres de la direction et leurs prérogatives avaient de fait été usurpées par la directions et les syndicats. Le nouveau Code

Ces structures avaient été à tel point videes de leur contenu que, même en 1956, les travailleurs n'ont pas tenté de s'en emparer. Les conseils ouvriers sont nés à l'époque spontanément, à côté de ces structures, avant d'être eux aussi et transformés en «conférences d'autogestion ouvrière» (KSR) dont le rôle est purement consultatif et dans lesquels les ouvriers ne sont présents qu'au niveau du sigle !

Après 1976, les militants de l'opposition, en particulier ceux regrouautour de Robotnik, une lente reconquête de ces conseils, tentant d'y faire élire des ouvriers combatifs. Ils n'y sont parvenus que rarement, mais cette actiaux conseils d'entreprise. de programme d'action, élaboré par le NSZZ de Gdansk, en témoigne. Les syndicalistes indépendants, soucieux de ne pas faire jouer au syndirôle d'un pouvoir ouvrier, se proposent de renouveler les conseils d'entreprise, en renouant avec la tradition qui était la leur dans les années 1944-1949. Conscients de danger, c'est sur ce terrrain que les bureaucrates multiplient les pressions et les embûches. Le terrain est libre, l'accord de Gdansk n'avance rien de concret sur ce terrain.

Le déroulement au conseil d'entreprise tions, une rotative syndicats britanniques au MKZ sedouane rait sous

Gdansk. La prudence de militants du MKZ pourrait être liée au fait qu'ils envisagent la possibilité de se doter d'une nmaisesser regionale, moment que les autorités teront pas un journal national.

3 - LES CONSEILS D'ENTREPRISE de bus de MZK ports en commun) témoigne sourde lutte qui terrain. Tous les coups mis, militants laisse un des cessé praavec la direction dans la masse des

«délégués» ont eu lieu début septembre.

du travail, un contremaître prend à part des militants du syndicat indépendant, let, quatre jeunes,

29 ans, chauffeurs de bus.

cédent, Edward monté place à Stanislaw apparatchik, du POUP.

porte-parole de un courant développé. A Gdansk, envoyée par les dans le port de trise, diffusion de de l'erreur, pensent pour le n'accepest parties

Au copains, de Varsovie (transdes risques, de la s'engage sur ce sont peret l'inexpérience des jeunes aux maespace directions.

A

MZK, une grève avait eu lieu le 12 juilexplique de comité de grève, seule.

des délégués élus atelier par élus précédemment toutes les instances sur liste unique.

Les travailleurs ont obtenu, entre d'entreprise. De nouvelles élections

Deux jours avant les élections, délégués ouvriers

26, 27, 28 et êtes sympa, courageux, leur dit-il, été brimés pendant ces

4 - LES REMOUS DANS L'APPAREIL, KANIA REMPLACE

GIEREK A LA TETE DU POUP

La nuit du 5 au 6 septembre, le comité central du Parti modifiait la composition du bureau politique du POUP. Le premier secrétaire préétait

Gierek, qui

Enfin, en première ligne en août s'opposer aux revendications

Gdansk, «malade», laissait sa

Kania, morne responsable de l'armée et de la police politique

(4)

l'avaient tout d'abord présenté comme le partisan de la manière forte le chantier naval Lénine de Gdansk avait été préparée durant la seconde de la grève), puis comme le

(5)

ceux qui pronaient hebdomadaire la signature de l'accord. Entre-temps, est vrai, dans l'armée et dans la

(ou de peur) avec les grévistes s'était ont affirmé leur solidarité avec les grévistes. A Lublin, les militants du dernières années, vous n'avez rien. Justement, je viens de recevoir des bons (4) pour des téléviseurs couleur. C'est en principe pour la maimais ils en ont déjà assez. Ca vous intéresse ?» . Deux d'entre eux acceptent, puis se rendent compte courent dire «non». Il trop tard, les demandes sont moment des élections, travailleur se lève: «Il y a là quatre ils ont beaucoup fait, pris faut les élire pour les protéger. Les élus ne peuvent être virés.». Immédiatement deux autres interviennent: «Ces deux jeunes, ils sont corruptibles. Tenez, il y a deux jours, ils avaient déjà pensé à profitendu, les anciens membres du conseil - ont de l'expérience, que, s'ils n'ont rien fait, ils n'ont pas fait de mal. Les arguments portent. Un débat houleux s'engage, non sur le rôle du conseil mais sur la confiance qu'on peut ou non accorder à ces «jeunes». Finalement, sur sept élus, ils ne sont que trois. Il y a deux anciens membres et deux qui ne se sont pas montrés ni dans la grève, ni dans l'ancien conseil. Le quatrième délégué n'est pas élu — il n'était pas syndiqué et le syndicat indépendant, «c'est un groupe informel !». Sur les sept, trois sont membres du Parti. Pendant la grève, les quatre délégués représentaient l'ensemble du dépôt... (5). comité ouvrier de mobilisation, anciens de la grève générale de juillet dans la ville, avaient reçu l'assurance des policiers que ceux-ci refuseraient de réprimer la greve si elle éclatait.

opposants emprisonnés ont raconté qu'ils ont remarqué la sympathie de certains policiers chargés de les garder: on les tenait au

Un certain nombre de produits déficitaires (TV couleur, machines à laver automatiques, voitures...) ne sont accessible que si on obtient un bon. Sinon, la liste d'attente est de plusieurs années.

Un compte-rendu de ces élections, partiel, a été publié dans «Polityka», officieux du POUP, du 6 septembre 1980. Inutile de dire qu'on présentait ces élections comme un exemple et qu'on insistait sur la corruptibilité des délégués. Mais c'est aussi un signe des temps, auparavant de tels reportages n'étaient publiés que dans les journaux d'oppositions auto-édités.

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courant de la situation tait avec eux des disfonctionnements du régime !

Mais quelle que soit la volonté de la nouvelle direction de la bureaucratie, qui a reçu un appui très chaud des «frères» soviétiques, ses marges de manœuvres sont réduites. D'abord parce que le POUP ne dispose plus de dirigeants de la trempe d'un Gomulka, capables de gagner la confiance des masses. La majorité des dirigeants staliniens du vieux PC de Pologne ont été assassinés en 1938 lors de la dissolution du Parti par Staline. POUP, très faible en 1944, ne s'est construit qu'une fois au pouvoir, recrutant souvent des militants soucieux de leur carrière que de l'avenir de la classe ouvrière.

Les dix années durant lesquelles Gierek a dirigé le Parti ont été marquées par un développement phénoménal de la corruption (6): à tel point que la presse parle aujourd'hui officiellement des «800 propriétaires de la Pologne». De l'aveu même de Kania, «c'est l'absence d'un entre le Parti et la classe ouvrière qui est à l'origine de la récente vague de mécontentements». Et soucieux de rétablir ce lien, s'est déclaré confiant «que le jour viendra» où les ouvriers polonais pourront à nouveau considérer le Parti «comme le leur». ne avancé à dire quand ce jour viendra (7)!

Juste après le plénum, Kania et les siens sont partis en tournée pour rassurer l'appareil local, et expliquer la nouvelle politique.

prudence d'autant plus grande qu'une autonomisation des organes locaux s'est faite sentir, notamment dans l'attitude adoptée aux nouveaux syndicats. Les Parti et la classe ouvrière sont à tel point «distenqu'une coupure profonde apparaît entre l'appareil et les membase du Parti. Il paraît que près de 40 pour cent des membres des comités de grève avaient leur carte du Parti en poche, nombreux sont ceux qui se sont attelés à la construction de syndicats indépendants, aux côtés des militants de l'opposition. En face, les réactions de

«dur» des pas arrangé la situation.

La bureaucratie semble aujourd'hui tabler sur une limitation rôle des nouveaux syndicats, avant d'avoir les moyens de les étouffer.

Ainsi, des concessions ont été faites à la hiérarchie catholique (messe retransmise à la radio chaque dimanche), et on compte beaucoup et on discu-

Le plus lien

Kania, avait été censuré par la TV - pendant les grèves, ne l'a pas déconsidéré complètement. Beaucoup de pratiquants, s'est pas avait l'intention de se

Vatican pour rencontrer le pape.

préoccupations.

faites par le régime à l'Eglise faites aux travailleurs.

là d'autre chose dirigeants locaux à Mielec) n'ont du catholique a même gation de publier un communiqué expliquant expliquant que son porte-parole sont des cathoconseils de l'épiscopat.

déjà rendu chez impossible qu'à

Si la religion catholique n'est pas, pour la plupart des travailleurs, renoncement donne-nous la force de priaient les gré-

- elle n'en reste interprétées comme des concessions qu'on ne peut pas tout avoir, il y a un pas. Mais militants peuvent se laisconvainere... et franchir ce

D'autre part, et il peut s'agir que des tentatives sauver leur certains syndicats ont quitté, avec armes et bagages, le CRZZ. C'est sur le rôle «modérateur» de l'Eglise. Cela d'autant plus que Wyszyn-

(6)

ski - le cardinal primat de Pologne — avait déjà donné des assurances lors de la grève de Gdansk. Son appel au calme et au travail, s'il n'a pas

- la hiérarchie polonais.

dockers (qui a annoncé un congrès un congrès démocratique pour le 16 octobre), mais aussi des syndicats des personnels hospitaliers et des instituteurs. Il y a eu également une scission, dirigée par des membres du Parti, au sein du syndicat de journalistes. Il n'est pas défaut d'être bles de se placer à la tête des luttes pour mieux les contrôler et les trahir (à l'instar de Gomulka en 1956), la bureaucratie tente d'unifier tous CRZZ pour remplacer cette confédérejetée par les travailleurs. n'avoir qu'une minorité de blocage au sein

Quoi qu'il en soit, l'initiative reste pour le moment travailleurs. De leur maturité, de leur sens politique, dépendra l'asyndicats indépendants qu'ils construisent et, en fin de compte, de la révolution antibureaucratique dont la victoire de Gdansk pose les premier jalons. 17 septembre 1980

Un exemple de cette corruption est la liste des biens de l'ancien directeur de la radio-télévision, Maciej Szczepanski, que nous reproduisons en encart. (7) Selon le texte du discours qu'il aurait prononcé devant le CC, CC. tel qu'il a été rapporté par les médias

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