D l'initiative de la SWAPO (Organisation du peuple du Sud-Ouest africain) avec la participa U 11 au 13 septembre se tenait à Paris une conférence internationale sur la Namibie, à tion de différents mouvements de solidarité, anti-apartheid, d'organisations démocratiques et de représentants de gouvernements ou de l'ONU. La tenue de cette conférence est liée à la volonté de la SWAPO de faire pression sur le Conseil de Sécurité de l'ONU qui doit examiner la question namibienne au cours du mois de septembre. Cette initiative intervient après plusieurs expéditions meurtrières sud-africaines dans le sud de l'Angola contre des camps de la SWAPO et après trois ans de discussions visant à aboutir à un réglement négocié en Namibie sous les
Joseph LAREDO
Avec l'aboutissement de l'accord de Lancaster House et la «passation pacifique du pouvoir» à la majorité noire au Zimbabwe, la crédibilité d'une solution en douceur s'est accrue en ce qui concerne la Namibie. Mais, à la différence de l'ex-Rhodésie, il ne s'agit pas de régler le problème posé par une colonie rebelle à la couronne d'Angleterre qui en aurait toujours la responsabilité juridique. Dans le cas de la Namibie, il s'agit d'une ancienne colonie allemande, placée sous mandat britannique par Union sud-africaine interposée. L'annexion demandée à l'ONU par l'Afrique du Sud fut refusée en 1946.
C'est avec l'arrivée au pouvoir en RSA du Parti nationaliste, en 1948, que l'apartheid va être définitivement institutionnalisé en Namibie où il va servir de terrain d'essai pour la politique des bantoustans. Pour parvenir à constituer ces réserves, le premier obstacle pour l'administration sud-africaine était l'existence d'importants ghettos urbains et, notamment, dans l'un des quartiers de la capitale, Windhoek. On décida donc de déporter 15000 Africains à Katatura. La réponse à la campagne de résistance et de boycottage des Africains fut la répression brutale, le 10 septembre, d'une manifestation pacifique, répression qui fit 13 morts et 44 blessés. La lutte se poursuivra néanmoins et ce n'est que 9 ans plus tard que les Sud-Africains arrivèrent à leurs fins. La naissance de la SWAPO est liée à cette vague de luttes.
auspices de l'ONU, analogue à celui conclu au Zimbabwe.
Cela changea peu de chose et ce que l'Afrique du Sud appelle depuis 1925 la «5e. province de l'Union» continuera à être mise en coupe réglée, les décisions de l'ONU ayant autant d'efficacité que celle de la défunte Société des Nations: entre 1947 et 1966, l'ONU adoptera la bagatelle de 73 résolutions exigeant fermement la mise sous son contrôle de la Namibie et la suppression du régime d'apartheid. En 1967, l'ONU met fin officiellement au mandat sud-africain. Treize ans après, l'exploitation se poursuit tout aussi illégalement et tout aussi férocement. LA DOMINATION SUD-AFRICAINE
Le plan définitif de la bantoustanisation fut mis au point par la commission Odendaal en 1964. Il répertoriait 12 nations africaines et leur attribuait à chacune un territoire. En y regardant d'un peu plus près, on s'aperçoit que l'ensemble de ces territoires devant accueillir une population approchant le million ne représentent que 39 pour cent du pays, les blancs (moins de 100000 personnes) se réservant les 61 pour cent restants qui regroupent la quasi-totalité des terres cultivables, les gisements de minerai, les voies de communication, les ports et, notamment, Walvis Bay (le seul port en eau profonde du pays par lequel transitent 90 pour cent des exportations du pays et c'est de plus une base militaire sud-africaine sur la côte atlantique).
La deuxième phase eut lieu en 1969 avec la création de six na-
Namibie tions «indigènes» : Ovamboland, Okavangoland, Hereroland, Kaokoland, Damaraland et le Caprivi oriental. L'Ovamboland, puis l'Okavangoland furent en 1975 déclarés autonomes, suivis une année plus tard par le Caprivi oriental et le Rehoboth. Les trois premiers servent de bases militaires, de bastions armés, sous la loi martiale depuis mai 1976.
Cette politique d'éclatement territorial, d'indépendances factices en s'appuyant sur des critères tribaux, avait pour but, au moment de l'effondrement de l'empire colonial portugais, d'assurer une zone-tampon entre le bastion blanc et des Etats qualifiés de communistes, et surtout de maintenir la domination blanche sur les richesses du pays et sur une main-d'œuvre migrante bon marché (1).
En effet, avec un territoire grand comme la France, l'Allemagne et la Suisse réunies, la Namibie est, sur le territoire africain, à l'exception de la Libye, le pays possédant le plus fort potentiel de. ressources par habitant. L'Afrique du Sud y a développé l'exportation des richesses minérales. En 1977, ces exportations s'élevaient à 300 millions de rands (1 rand équivaut environ à 6 francs français). La Namibie, premier producteur mondial de gemmes, est le quatrième exportateur africain derrière la RSA, le Zaïre et la Zambie. Toutes les compagnies minières étrangères doivent affecter au moins 50 pour cent de leurs béné(1) Le salaire d'un blanc est en moyen-
One 24 fois supérieur à celui d'un noir: 3000 rands par an contre 125.
fices à des firmes sud-africaines ou à des sociétés para-étatiques. Toujours en 1977, sur 1135 millions de Produit Intérieur Brut, 425 millions de rands ont quitté la Namibie. Les exportations namibiennes représentent environ 10 pour cent des recettes en devises de la RSA. On voit done les motivations très concrètes
URANIUM NAMIBIEN: LA
La mine de Rossing au du port de Walvis Bay est en effet la plus grande mine à ciel ouvert du monde, les prévisions sont de 5000 tonnes d'oxyde d'uranium produites par an et cette production est d'ores et déjà vendue jusqu'à la fin des quatre-vingt, au tiers cours mondial. Des prospections en vue de l'ouverture d'une deuxième mine sont menées par la compagnie sud-africaine Anglo-American d'Harry Oppenheimer et par la compagnie française Total. Les actions
Rossing se répartissent comme suit:
- Rio
Tinto Zinc Corporation
(Grande-Bretagne):
46,5 %
- I.D.C. (gouvernement sud-africain):
13,2 %
-
Rio Algom Mines (Canada, contrôlé à 51 % par la Rio Tinto):
10 %
- Total-Compagnie francaise des pétroles:
10 %
QUELQUES DONNEES SUR LA NAMIBIE dont 43000 soumises au système du travail contractuel. Elles se répartissent comme suit, dans les principaux secteurs:
agriculture mines services publics, commerce et industrie tuel, notamment lors des grèves de 1971. A l'époque, existait une agence de recrutement officielle ayant le monopole sur l'ensemble des travailleurs du pays, la SWANLA (South West Africa Native Labour Association - Association de la main-d'œuvre indigène du Sud-Ouest africain).
Cet organisme embauchait 500 travailleurs par semaine, avec des contrats de un à un an et demi, prévoyant une peine d'emprisonnement en cas de rupture de la part du salarié, ou plutôt du «serviteur» selon les termes du contrat qui le lie à son «maître». Ces travailleurs sont concentrés dans des «compounds», sortes de foyers où leurs familles ne peuvent les accompagner pour nombre d'entre eux, et où ils vivent entassés dans des barraques. C'est dans l'un de ces foyers, Katatura, que 6000 Ovambos se sont mis en grève en 1971. 12000 autres travailleurs les ont rejoints dans un mouvement qui a touché 8 mines.
telée par la suite, ses fonctions étant dévolues aux autorités des bantoustans. Avec ces grèves, s'annonçait la remontée des luttes du début des années soixante-dix en Afrique australe.
de la politique l'Afrique du Sud. Cependant n'est pas la seule concernée dans l'affaire car les nombreux minerais extraits en Namibie intéressent les grandes puissances impérialistes: cuivre, plomb, zinc, cadmium, argent et, les importantes ré«FRENCH CONNECTION» - General Mining and Finance Corporation (RSA): 6,8 % - autres: 13,5 %
Cet uranium a été importé illégalement en transitant par la France. Le transport, assuré par la compagnie française UTA et par la South-African Airways, était destiné en partie à l'Angleterre, l'autre partie étant transformée en France avant d'être dirigée sur différentes usines d'enrichissement en Europe (2). Ce trafic fut révélé par la presse (Libération des 3, 4 et 5 décembre 1979) et par les mouvements anti-apartheid, ce qui amenait UTA à annoncer, le 7 décembre 1979, qu'elle ne transporterait plus d'uranium namibien et que le transit se ferait par bateau. On comprend mieux dans ces conditions l'empressement des puissances impérialistes à prévenir les bouleversements sociaux en Namibie pressions exercées pour arriver à une solution néo-coloniale garantissant leurs profits. La classe ouvrière namibienne compte environ 50000 personnes
10900 12000 14000 Les travailleurs se sont soulevés contre ce système de travail contracLa SWANLA dut finalement réembaucher les Ovambos et fut déman-
LES MANOEUVRES
IMPERIALISTES En avril 1977, le groupe des cinq pays occidentaux membres du Conseil de Sécurité entamaient une série de discussions parallèles avec la SWAPO d'une part, et la RSA d'autre part. Ces négociations, interrompues par la SWAPO en mai 1978, après le massacre de Kassinga, reprenaient à la suite du sommet des pays de la ligne de front, tenu à Luanda en juin 1978. Pour sa part, la RSA avait établi en 1977 le plan Vorster qui prévoyait la formation d'un gouvernement intérimaire dont le président aurait été le chef collaborateur Clemens Kapuuo qui devait être assassiné au début 1978 et le Premier ministre Dirk Mudge, membre du Parti républicain (blanc) et président de la conférence constitutionnelle de Windhoek (conférence de la Turnhalle convoquée par les Sud-Africains). Ce plan excluait bien entendu la SWAPO, seule organisation à mener une lutte armée à partir de ses bases angolaises. Sous les pressions occidentales visant à l'organisation d'élections non-ethniques incluant la participation de la SWAPO et le retrait des troupes sud-africaines, le gouverpropositions en juin 1977: le président de la République nommerait un administrateur général qui gouvernerait le pays en attendant l'élection d'une assemblée constituante, prévue dans un délai de six mois. Les troupes sud-africaines se retireraient
- ce qui veut dire pas avant les élections.
prisonniers, déterminer lesquels sont des prisonpolitiques et lesquels des prisonniers de droit Bien entendu, ces propositions n'apour cause, les économiques, pas que la question Walvis Bay. L'Afrique du Sud va par là mener une double politique: d'une part, elle accepte en juillet 1978 le plan de règlement occidental, de l'autre, continue une politique du fait accompli; le 20 septembre 1978, alors qu'il quittait son poste, Vorster annonçait le rejet des propositions du secrétaire général de l'ONU sur la période de transition devant conduire à l'indépendance et sa décision d'organiser des élections. Le Premier ministre qui lui succéda, (2) «The Rossing File» par Alun Roberts, Editions du CANUC, Londres.
Pieter Botha, qui était ministre de la Défense depuis 1966 pour être un «faucon», partisan de l'intervention en Angola contre le MPLA, organisait des élections en décembre portait - ô surprise - l'organisation que dirigent Dirk Mudge et le Parti républicain, la Turnhalle Democratic Alliance (qui recoit des fonds des chrétiens-démocrates de plus des subsides sud-africains). La Namibie se trouvait ainsi dotée d'une assemblée taillée sur mesure, quelle ne participe aucune représentative de la volonté du peuple namibien. En avril 1979, quarante responsables de la branche intérieure de la SWAPO, qui n'a participé aux élections de sont arrêtés sur ordre de l'administrateur sud-africain, le nus Steyn. La RSA fit connaître peu après, dans une lettre occidentaux, sa décision de de pouvoirs législatifs que l'ONU n'a pas reconnue, tout en spécifiant que cela ne pas une déclaration unilatérale d'indépendance à la rhodésienne et qu'elle ne rejetait pas l'idée d'une négociation avec l'ONU.
La RSA modifie alors l'assemblée de cinquante membres en y ajoutant quinze nouveaux et ce, pour tenter d'associer le Namibia National Front, la SWANU (Union nationale Sud-Ouest africain, d'orientation «libérale», et implantée principalement chez les Hereros) et la SWAPO-démocratique d'Andreas Shipanga. Les deux organisations refuseront cette offre de collaboration.
Les propositions sud-africaines à l'ONU consistent, parallèlement à l'acceptation de la création d'une zone démilitarisée de 50 kilomètres de large de chaque côté de la frontière entre la Namibie et ses deux voisins du nord, l'Angola et la Zambie, à la mise en avant de six conditions. Botha réclame, le 5 décembre 1979, un accord sur: - le nombre de bases sud-africaines restant dans la zone démilitarisee ;
des arrangements acceptables sur le désarmement des guérilleros de la SWAPO lors de la fermeture des bases, sept jours après la validation des élections; - le déploiement d'un «pourcentage acceptable» des forces de l'ONU à l'intérieur de la zone démilitarisée; - des «dispositions pratiques» entre les forces de l'ONU et les autorités sud-africaines;
la confirmation que les propositions occidentales sur l'accession de la Namibie à l'indépendance, des élections sous le contrôle l'ONU, demeurent inchangées;
et connu ci), visant à ardent
1978, que remne sera de nouveau avancée.
rilleros de la SWAPO volontairement, draient
RFA, en même loi prévoit en prison à laforce bilitation ments avec les forces de sécurité.
pas
Les premiers pas en
1978, pratiques modalités concrétisaient se juge Marti-
Namibie au début légation présidée aux cinq doter l'assemblée constituait le-feu. Au clamations les points suivants:
l'ONU de sièges, mibien;
la dirigé par du bases en Namibie;
démilitarisée.
à prendre les mesures suivantes:
lignes ci-dessous:
*
* apres de
- la confirmation que la demande de la SWAPO (abandonnée par cellepoursuit obtenir des bases en
Namibie, «lesquelles ne figurent pas dans les propositions de reglement» rant les juin, l'armée une
Le même jour, l'assemblée votait une loi offrant une amnistie aux guéqui se renmais la guérillemême passer tonnes pour raisons
«d'identification sanitaire et de réhaà la vie civile». D'autre part, cette «amnistie» ne s'appliquera pas aux «insurgés» des affrontedu règlement avec la visite en
1980 d'une dépar le vice-secrétaire général de l'ONU, Urquart, et comprenant le général Prem Chand tion qui commandera les casques bleus chargés de contrôler le futur cessezmois de mai dernier, le judice subi gouvernement sud-africain ajoutait à ses précédentes propositions ou rél'arrêt de la reconnaissance par la SWAPO comme seul représentant légitime du peuple napossibilité d'entretenir durant les trois premiers mois de la période de transition la moitié de ses incarne,
- la participation de l'UNITA aux discussions sur la future zone
Namibiens.
EXTRAIT DU PROGRAMME POLITIQUE DE LA SWAPO
Le gouvernement d'une Namibie vraiment libérée sera donc amené
1 - Mener le combat pour abolir toutes les formes d'exploitation de l'homme par l'homme et l'esprit destructeur de l'individualisme et de l'avidité de richesses et de pouvoir des individus, groupes ou classes.
2 - Assurer que les principaux moyens de production et d'échange du pays soient la propriété du peuple.
3 - Travailler à créer une économie nationale intégrée dans laquelle il y ait un équilibre adéquat entre le développement industriel suivant les
* établissement d'une industrie de transformation réforme agraire radicale visant à donner la terre aux paysans établissement d'associations collectives de paysans
* mise en place de ranches et de fermes d'Etat, dans le but de faire de la
Namibie une nation auto-suffisante sur le plan agricole
* cultiver la confiance en soi de notre peuple.
Derrière ce masque de négociateur, le Premier ministre Botha
Usa politique d'agression contre la SWAPO et l'Angola. Duvingt derniers jours de sud-africaine a lancé opération militaire de grande envergure qui aurait fait 300 morts dans les camps de la SWAPO. Selon les sources sud-africaines, 250 tonnes d'armes et de munitions auraient été saisies dans 30 dépôts et plusieurs de médicaments détruites. Le bilan semble cependant avoir été lourd pour les troupes racistes (plusieurs dizaines de tués). Les officiels sud-africains déclaraient avoir détruit «la principale base logistique de la SWAPO et son quartier-général opérationnel» et même «la totalité des structures militaires de la SWAPO dans le sud de l'Angola». Malgré cette victoire qui se voulait définitive, les Sud-Africains tentaient à nouveau en juillet une
One rencontrait pas le succès escompté. Rappelons qu'en dehors des pertes humaines, le prépar l'agriculture angolaise depuis 1978, du fait des raids dans la province de Cunene, est estimé, par les autorité angolaises, à 36 millions de dollars. Comme on le voit, l'Afrique du Sud n'a qu'une confiance très limitée dans les capacités des casques bleus de maintenir l'ordre impérialiste et préfère tenter à genou les nationalistes tout en sachant qu'elle devra accepter de négocier avec la SWAPO qui de manière déformée, les aspirations élémentaires des
LA SWAPO : des années cinquante: au c'était une organisation basée chez les Ovambos (l'organisation pelait alors OPC Congrès du peuple d'Ovamboland) (3) qui prit, après deux ans d'existence, en 1960, le nom de SWAPO. Comme les autres organisations nationalistes d'Afrique australe, elle prend le tournant de armée au cours des années soixante, avec la création en 1966 de la PLAN (Armée de libération populaire de la Namibie), dont les prédominantes nord du pays se combinent à celles signaler que la SWAPO n'est pas interdite en tant que parti, ce qui lui d'avoir une apparition publique sous forme de meetings - ce qui accroît d'autant plus son audience à l'intérieur du pays - étant entendu que ceux-ci sont violemment dispersés par la police et que les uns après les autres, les dirigeants de l'aile intérieure sont arrêtés, emprisonnés, torturés. Au plan militaire, la SWAPO a remporté des succès certains: attaque en mai 1980 de (Ovamboland) et destruction de deux hélicoptères et d'un jet; et surtout, - il faut y voir une réplique en forme de démenti aux raids sud-africains de juin -, le 27 juillet dernier, les guérilleros attaquaient au mortier la ville de Ruacana à la frontière angolaise: 40 obus tombaient sans faire de victimes parmi la population de cette petite ville qui abrite des stations de pompage d'un com-
ANGOLA BANDE DE CAPRIVI Ohopoho Cuveria di Grootfontein NAMIBIE • Ghanzi Cotis Windhoeck
Walvisbaar • Tropique • Mariental l DÉSERT :du Capricorne
I DE KALAHARI • Luderitz Upington 1 Orange an Port Nolloth Bitertontein AFRIQUE
DU SUD
De Aar LE CAPRA C. de Bonne-Espérance
LUTTE ARMEE ET JEU DIPLOMATIQUE La SWAPO fut fondée à la fin plexe hydro-électrique géant, dont le barrage se trouve en Angola. Cette était manifestement destinée à montrer que ces installations, tales pour l'approvisionnement énerdu pays, ne sont pas hors de portée pour la SWAPO. Malgré cela, il est certain que confrontée à un appareil imposant (la 100000 hommes dans le la Namibie), la SWAPO ne peut espérer remporter une victoire militaire. Cela a conduit cette organisation à s'appuyer, beaucoup plus enque ne l'ont fait les du Zimbabwe, sur les gouvernements occidentaux et sur l'ONU. La SWAPO justifiera sans doute sa politique par ce «pragmatisme» qui plus recherchée des dirigeants nationalistes d'Afrique australe. Mais il est une autre «vertu» que la SWAPO partage avec les autres organisations de la région, c'est l'absence de démocraen son sein. Deux affaires l'illustrent, quelle que soit l'évolution ultérieure des personnes impliquées. Le 21 avril 1976, Andreas Shide la SWAPO, dont plusieurs animateurs de la guérilla et la quasi-totalité de la direction de la Ligue des jeunes, furent arrêtés par les Zambiens. Shipanga fut transféré en juillet en Tanzanie où il fut détenu sans jugement durant deux ans avant d'être libéré en mai 1978. L'ancien secrétaire à l'information autres membres du comité RHODESIE BOTSWANA TREP Bloemfontein ~ Pietermaritzburg
LESOTHO • Istown PI Eawa Mosselbaa 2E Km
200 400 600 de la SWAPO, accusés «d'avoir orga nise et dirige un complot contrerévolutionnaire visant à saper la lutte libération», voulant faire participer la SWAPO à la Turnhalle.
guérilleros environ furent arrêtés lors ments. Si les positions pro-occiden-
SWAPO-démocratique que Shipanga a fondée à sa libération font une large part à l'avenir de la libre entreprise, il n'en reste SWAPO n'a rien fait pour traiter publiquement cette affaire et apporter des preuves tangibles de la trahison d'autant de cadres. Les autres faits plus récents concernent l'exclusion par le comité central, réuni du 17 au 19 juillet 1980, du vice-président de la SWAPO, Mishake Albert Muyongo, avec huit autres responsables, sous l'accusation d'avoir organisé une scission de la région est de la Namibie de Caprivi). Cette accusation semble vérifiée par la reconstitution de la CANU (Union
Caprivi qui SWAPO), qui a d'ailleurs interdite sur son territoire par le gouvernement Nujoma, actuel président, pas expliquée sur les «dissensions» qu'avait évoquées Muyongo.
situation présente, positions de la SWAPO ne sont pas différentes de celles de Mugabe ou de N'Kommo. Plus encore, la SWAPO a depuis longtemps accepté le cadre défini par les 5 puissances occidencomptent, c'est l'organisation d'élections quand
June base raciale, sous de l'ONU. Ces élections verraient effectivement une large victoire de la SWAPO, mais, pour occidentaux, élections au Zimbabwe montrent que pourrait dans une telle confrontation subir le sort de Muzorewa et qu'après tout mieux vaut tête un dirigeant nationaliste «réaliste» qu'une guerre civile immédiate. Cela ne veut pas dire pour autant que des explosions sociales analogues à celles qui sont prévisibles au Zimbabwe, en relation avec la remontée des luttes en Afrique du Sud même, ne viendront pas perturber la mécanique bien huilée des manœuvres impérialistes. IVe Internationale devront redoubler d'efforts pour soutenir la lutte des masses namibiennes, dénoncer Afrique du Sud hors de Namibie ! Septembre 1980 3) L'Ovamboland est la région du nord, frontalière avec l'Angola.
----- photo credits and running heads -----
DÉSE MOZAMBIOUL