Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

BOLIVIE

Le peuple bolivien sous la botte : un tournant dans la situation latino-américaine ?

· Inprecor n° 85, 25 septembre 1980 · p. 24-31 · 6 281 mots

Pérou et Bolivie Argentine et Chili Brésil

Le nell un tournant dans la situ

Jean-Pierre BEAUVAIS pas avant vers la stabilisation de la situation bolivienne - lorsque les militaires se sont une nouvelle fois emparés du pouvoir à La Paz.

Ce coup d'Etat, la cia Meza, ne peuvent être analysés comme de simples rééditions des multiples «pronunciamentos» et régimes militaires qu'a connus ce pays, en particulier les quinze dernières années.

e holivi

TATON O a loot

TROIS semaines ne s'étaient pas écoulées depuis les élections générales du 29 juin - saluées par toutes les puissances impérialistes comme un féroce dictature du général Gar-

Des facteurs aussi variés que les méthodes emplo-

• hotte • en cons laton lanno-amerıcaine.

rique latine.

rôle aujourd'hui est déterminant à La Paz.

puis le triomphe de la révolution nicaraguayenne...

yées, les objectifs affirmés, le contexte national, régional et international, se combinent pour conférer au régime de Garcia Meza des caractéristiques dont certaines sont relativement nouvelles en Bolivie et même en Amé-

«Ce coup d'Etat est le premier de l'ère Reagan,» écrivait peu après les événements de La Paz un éditorialiste argentin au service de Videla. Ce commentaire, bien que fondé sur une anticipation hasardeuse des résultats des prochaines élections américaines, est révé lateur de la perspective dans laquelle se placent les dictatures du «cône sud» de l'Amérique latine, dont le

Beaucoup plus significatif toutefois serait de rappeler que ce coup d'Etat victorieux est le premier de-

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Le coup d'Etat du 17 juillet clôt et marque l'échec d'une timide tentative de «démocratisation» qui s'éphase finale de la dictature du géné-

Ce dernier avait pris le pouvoir en août 1971 pour mettre un terme, dans le sang, à la crise pré-révolutionnaire que vivait alors la Bolivie (1970-1971).

Les sept années qu'a duré son régime ont été une des périodes les plus difficiles qu'ont connues la classe ouvrière et le peuple bolivien dans son ensemble.

Ouverture systématique du pays aux capitaux impérialistes, aux multinationales et à leurs associés argentins et surtout brésiliens; répression et surexploitation féroce des travailleurs dans les villes, les mines et à la campagne; corruption généralisée, ce sont quelques-unes des caractéristiques, peu originales d'ailleurs, de la période Banzer. L'incapacité du régime à maîtriser - même partiellement une situation économique catastrophique aggravée les effets de la crise au niveau international, la multiplication conflits internes au sein de la hiérarchie militaire au pouvoir, la mise à jour de nombreux scandales allaient conduire à la chute du dictateur et, dans un contexte économique et politique cahotique, à la timide perpétuellement remise en question — ouverture d'un «processus démocratique», sous la pression, notamment, de l'ambassade américaine.

Les divisions au sein des forces armées n'étaient armées n'étaient pas un fait totalement nouveau en Bolivie.

L'intervention directe et permanente de celles-ci dans la vie politique - notamment à cause manque d'assises, de l'incohérence de partis bourgeois atomisés et incapables de jouer leur rôle dans la stasystème de domination - n'a cessé d'engendrer conflits et différenciations dans la hiérarchie

Conflits nés des problèmes -forts concrets - de répartition des «bénéfices» et prébendes liés à

I La marche au coup d'Etat PROCESSUS DEMOCRATIQUE ET DECOMPOSITION POLITIQUE

Cette tentative d'ouverture démocratique, pour limitée et prudente n'allait pas donner à la bourgeoisie une stabilité quelconque.

Les formations bourgeoises, divisées à l'extrême et issues en majorité nationaliste révolutionnaire), s'entredéchirent plus sur des querelles de personne que sur les solutions à apporter à la crise qui va s'aggra1978 aux premiers mois de 1980, c'est à une véritable décomposition des appareils politiques traditionnels à laquelle on assiste. deux élections générales totalement frauduleuses seront organisées, trois coups d'Etat aboutiront tandis que avorteront, deux gouvernements ne seront acceptés que parce qu'ils sont officiellement «provisoires». tion des formations politiques bourgeoises, de l'impuissance caricaturale des parlements successifs et paralysie d'une partie de l'appareil d'Etat qui en a directement résulté, ce sont deux facteurs nouveaux et le risque de leur combinaison qui, dans ce contexte, ont alerté le plus secteurs essentiels de la bourgeoisie en Bolivie, en Argentine, Brésil et avec eux l'impérialisme amé- l'approfondissement des divisions au sein des forces armées; - la renaissance et le nouveau surgissement sur la scène politique du mouvement ouvrier bolivien. DIVISIONS AU SEIN DE L'ARMEE l'administration quotidienne des affaires de la bourgeoisie et de son Etat.

Différenciations, surtout, qui ne sont autres que l'expression d'intérêts sectoriels au sein de la classe dominante qui, ailleurs, s'expriment dans le cadre de ses organisations politiques. Cet état de choses, maintenu aux échelons supérieurs de la hiérarchie, s'est toujours révélé maîtrisable. Mais le réel danger pour l'ordre établi est qu'en cas d'intense polarisation des conflits de classe dans le pays, leur traduction au sein de l'institution

- dans son ensemble cette fois -, s'en trouve d'autant plus facilitée; comme cela a été mis en évidence durant la période pré-révolutionnaire de 1970-1971.

Certes, à aucun moment depuis la chute de Banzer et jusqu'au coup d'Etat du 17 juillet dernier, ne s'est développée — même embryonnairesemblable situation au sein des forces armées.

Mais la décomposition accélérée appareils politiques bourgeois, combinée à l'ampleur croissante de économique, les divisions, la multiplication clans et cliques parmi les officiers groupe, chaque politique dans sa déliquescence et sa démission ne comptait plus que sur ses propres contacts, sa propre cli-

Nchez les officiers pour tenter d'influer sur le cours des choses.

Cette situation a été dans toute son ampleur par le coup d'Etat du colonel Natusch, le novembre 1979, dès le 16 du même mois. opération sans l'aval d'une partie de ses pairs qui la considé raient comme prématurée et mal préparée, mais politiciens proches l'ancien président Victor Paz Estenssoro, aujourd'hui dirigeant de la fracplus conservatrice MNR, l'Alianza MNR, et à laquelle sont d'ailleurs liés... les maoïstes du

RENAISSANCE DU

MOUVEMENT OUVRIER

Outre l'approfondissement des divisions au sein de la haute hiérarchie militaire et les risques que cela impliquait pour la cohésion de l'institution, c'est d'une donnée plus essentielle, nouvelle dans son ampleur, dont Natusch a été le révélateur involontaire: la renaissance, le politique du mouvement ouvrier et des masses exploitées. Une qui n'entrait pas dans les plans des de l'ouverture que timide et limitée. au contraire vité des masses, suite à la dictature multiplication des luttes revendicatives et démocratiques au cours de l'année 1978, la prépara-

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tion puis la tenue en mai 1979 du congrès de la COB (Centrale vriere bolivienne), la greve generale déclencha en août 1979 contre les fraudes massives et grossières des élections de juillet, avaient, avec une force croissante, jalonné la rentrée du mouvement ouvrier bolivien sur la scène politique après l'accumulation de défaisignifié les noires du «Banzerisme». nes feront la véritable démonstration de la renaissance de leurs for-

Malgré l'occupation militaire des principales villes du pays, notamment de Natusch, éphémère qu'elle ait été, est à de cette période cahotique prendra fin avec le coup d'Etat du

Révélatrice des divisions, sein de la hiérarchie aussi le point culminant de cette crise. traumatisés dans leur ensemble - et malgré leurs divergences — par l'échec d'un des leurs face à la mobisation populaire et ses conséquences potentielles, les militaires vont non sans difficultés et à-coups s'attacher a reconstituer leur unité, tout en fixant d'étroites limites à l'action de la présidente provisoire nommée après le 16 novembre, Lidia Gueiler.

Au centre de cette opération, on trouve déjà le général Garcia Meza qui, dans un premier temps, obligera la présidente Gueiler à nommer les généraux Ruben Rocha et Armando Reyes - qui avaient appuyé Natusch - à la tête de l'armée et ensuite s'imposera lui-même à ce poste.

Révélatrice de la du degré et de la capacité de mobilides travailleurs boliviens, la riposte au coup d'Etat de Natusch

Très rapidement alors vont commencer les manœuvres politiques dans la perspective des élections de juin 1980, manœuvres qui seront autant d'entraves à ce nouvel élan de la mobilisation ouvrière et populaire.

Le PCB (Parti communiste bolivien) et le MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire - formation 26-

La Paz, et l'état de siège, c'est à une véritable insurrection populaire de masse que doivent s'affronter les partisans de Natusch. Derrière la Centrale ouvrière bolivienne, c'est massivement et spontanément que se mobilisent les mineurs, les travailleurs principales zones industrielles, les étudiants et de nombreux grou-

Après des affrontements qui se solderont par plus de 200 disparus et 400 blessés, mais aussi abandonné par les autres secteurs de l'armée renforcés dans leur conviction qu'il s'agit d'une aventure prématurée, Natusch doit reculer et abandonner le pouvoir. LE POINT CULMINANT DE LA CRISE sera de son côté le point culminant de cette vague de mobilisations.

Get comprise comme telle par les travailleurs boliviens. Elle ouvre immédiatement une nouvelle étape la radicalisation d'importantes couches des masses opprimées. Elle renforce la COB. Elle stimule la volonté unitaire de nombreux teurs, ce qui se concrétise au niveau paysan par le développement de la Confederacion Unica nos de Bolivia, avec la participation de la plupart des associations et partis paysans et dont l'intégragion au sein de la COB donne une dimension nouvelle à l'alliance ouvrière-paysanvictoire, il faut l'ajouter, crée aussi de dangereuses illusions sur les rapports de forces réels dans

La mobilisation, bats de rue ont fait reculer un secteur aventuriste et conjoncturel-

- des forces armées. C'est une expérience essentielle faite par les masses. Ce n'est pas pour autant une victoire sur l'armée et les elasses dominantes dans leur encomme beaucoup, au de la gauche, le croiront. MANOEUVRES ELECTORALES : DIVISION ET COLLABORATION DE CLASSE social démocrate liée à l'Internationale socialiste), principales organisations ouvrières réformistes dont les directions sont restées largement passives lors des mobilisations contre Natusch, considèrent qu'il faut faire de celles-ci le point de départ d'une mobilisation pour la campagne électorale. Campagne qu'ils feront en au sein de l'UDP (Union démocratique populaire) avec l'un des partis bourgeois les plus importants, le MNRI (Mouvement tional révolutionnaire de gauche) de Siles Suazo, évidemment étranger à l'insurrection populaire vembre 1979.

Cette orientation n'est pas noupour ces deux organisations. Dans cette période cruciale, et malgré l'expérience toute fraîche des potend'une mobilisation indépendante et unitaire des travailleurs et des masses, elle conduira un secteur très important à mettre ses énergies et sa force au service d'une coalition dont le programme et les objectifs sont ceux d'une importante fraction de la bourgeoisie bolivienne et aussi de l'impérialisme. Le Département d'Etat américain, par l'intermédiaire de son ambassade à La Paz, et la social-démocratie allemande, en particulier, apporteront ouvertement durant toute la campagne un soutien politique et matériel à l'UDP son candidat à la présidence, Suazo, qu'ils jugent le chaos bolivien à canaliser et contenir la montée des masses. une profonde division au sein d'un mouvement ouvrier dans l'insurrection. La COB dont le poids et le prestige s'étaient considérablement renforcés sur la base de son rôle dirigeant dans la mobilisation contre Natusch en fera la première les frais.

Si, lors des affrontements novembre, les directions du PCB et du MIR n'avaient pas usé du poids important qu'ils ont au niveau de des organismes geants de la Centrale ouvrière, s'ils avaient, en fait, «laissé faire» leurs dirigeants syndicaux, leur attitude en vue des élection sera totalement feront tout pour s'opposer candidature de la COB appuyée par la COB, qui aurait pu prolonger au plan électoral la récente mobilisation indépendante et unitaire des travailleurs et des masses.

C'est dans ce cadre qu'il faut Lechin, le secrétaire général de la COB. Une partie de la base de la COB, la majorité des organisations révolutionnaires, dont nos camarades du POR(Combate), sont favorables à sa candidature à la présidence de la République comme candidat de la COB. Après de nombreuses hésitations et tractations, Lechin est finalement candidat, mais non de la COB afin, dira-t-il, de «préserver l'unité et l'indépendance du syndicat»; en fait, pour ne pas affronter directement l'orientation des directions du PCB et du MIR.

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Lechin est appuyé par une coalition regroupant, notamment, son propre parti, le PRIN, une petite formation composée de membres de l'appareil syndical qui lui sont inconditionnels et plusieurs organisations révolutionnaires dont le PRT(B), VC del POR et POR (Combate).

L'impact initial de cette candidature, perçue avant tout par les travailleurs comme la candidature du secrétaire général de la COB, conduira à de nouvelles pressions de la part du PCB et du MIR et à de nouvelles tractations confuses - et pour l'essentiel secrètes - entre ces derniers et Lechin. II Les rés Malgré les pressions et les menaces des militaires terroriste impunie de groupes civils d'extrême-droite, les élections nérales ont pu se tenir à la date fixée, le 29 juin.

Les pressions internationales, le nombre des candidatures bourgeoises, l'attitude de la présidente Gueiler et aussi la stratégie de l'état-major militaire autour de Garcia Meza, avant tout préoccupé par la préparation et le choix ment pour son coup d'Etat, sont autant d'éléments qui ont contribué à faire de ces élections, paradoxalement, les moins frauduleuses depuis longtemps.

POLARISATION

Bien que de manière partielle et déformée, les résultats électoraux reflètent la polarisation de classe et le poids accru du mouvement ouvrier sur la scène politique. Siles Suazo présentés par le PCB et le MIR comme l'alternative ouvrière et réformiste, qui ont mené avec beaucoup de moyens une campagne démagogique nationaliste et populiste, tout en se maintenant dans un cadre parfaitement acceptable pour leurs soutiens bourgeois et impérialistes, recueillent environ 40 pour cent des voix, dans leur majorité d'ouvriers et de paysans.

Le PS (Uno) qui, aux précédentes élections, avait fait scores extrêmement (2 à 3 pour cent) recueille cette fois un peu plus de 12 pour cent des voix.

Finalement, Lechin et présenté au sein compatibles avec sa candidature.

Collaboration périalistes, division, contusion, d'alternative de sence contradiction fication des mobilisations vembre est totale. L'effet ultats électoraux et le et l'activité gécollaboration pratiquée au sein de l'UDP, part de secteurs dicalisés et les plus

C'est travailleurs.

tiers ouvriers de cipales villes du certaines zones devançant souvent l'UDP.

du mosont donc majoritaires dans le corps une sérieuse soro, candidat de l'Alliance-MNR, au plus de 20 pour cent des votes. Sans laires, par rapport aux précédentes consultations, massivement en sa

L'UDP et

Banzer a réussi, au cours de élections, à que de la droite.

la réalisation lèle mais distinet de celui de Garcia ses huits années de dictature - en particulier de la faiblesse que titue l'absence d'une politiquement organisée des la décomposition de la plupart des modestes formations politiques traditionnelles, des liens maintenant se retirera sans même consulter ses alliés (laissés sans alternative de par les contraintes du processus électoral) pour préserver sa situation et son poste de l'appareil syndical que peu le PCB et le MIR prétendaient insyndical partie avec une de la bourgeoisie et ses tuteurs im-

Face abclasse.

La le panorama entre préparatifs de électoral et le contenu et la signibon train, de nolisateur et désagrégateur est consi-

Aux élections, les travailleurs n'auront le choix qu'entre Siles

C'est là, malgré les confusions du PS (Uno), l'expression d'un refus de la collaboration de classe, de la avec la bourgeoisie de la bourgeoisie, parmi les plus raavancés des dans les quar-

La Paz et des prin-

Banzer, pays, et aussi dans minières, le que

PS (Uno) réalise ses meilleurs scores,

A eux seuls, PS (Uno) et UDP

A droite également, la polarisation est évidente. Elle se traduit par profit de l'Alliance démocratique nadictateur. Ce dernier reçoit un peu pour autant faire des gains spectacula fraude avait étendre l'influence et à consolider les structures de l'ADN, désormais la principale force politiétaient

C'est un grand pas en avant dans d'élire de son projet paral-

Meza. Tirant les leçons, à la fois de consélection.

base sociale de et bourgeoises

Banzer, tout en étroits le avec de nombreux militaires, s'était lan-

Suazo, le Parti socialiste (Uno) de

Quiroga Santa Cruz, une organisation au programme radical, mais non exempte de confusions, indépendante de la bourgeoisie, mais encore présente dans le mouvement et dans les mobilisations des travailleurs.

à cette situation, et alors que ses efforts pour redonner plus de cohésion à l'armée combinés à ses coup d'Etat allaient le général Garcia Meza pouvait déclarer avec un total cynisaussi un certain réalisme - de son point de vue : «Les forces armées respecteront les résultats des élections du 29 juin, selon le candidat qui sortira vainqueur.» coup d'Etat cé dans la construction de ce «nouveau parti» qu'est l'ADN.

Lieu de rassemblement des secteurs les plus réactionnaires de la des activistes de l'ex trême droite fasciste ou fascisante et de nombreux officiers fidèles à sa personne, l'ADN, sous l'impulsion de

Get au moyen d'une propagande anti-communiste et patriotique chauvine, a systématiquement cherché à regrouper une partie de la petite-bourgeoisie et les secteurs les plus attardés de la paysannerie, victimes de la crise et effrayés par le chaos et la remontée du mouvement ouvrier.

Cela, dans le but de consolider et d'organiser la base sociale tentielle d'une future dictature micivile, mi-militaire, quelle il se projetait dans chacun de ses discours électoraux.

ULTIMES CONCESSIONS candidats n'avant obtenu la majorité absolue, il revenait au nouveau Parlement - au sein duquel les rapports de forces à peu près identiques aux pourcentages de voix recueillies le futur président. Siles, avec l'accord du PCB et du MIR, a dans les discussions préliminaires donné toutes les assurances possibles à la droite - en particulier à Paz Estenssoro - pour garantir son

Ces assurances étaient aussi destinées aux militaires: aucune nationalisation; plan de redressement économique préparé conjointement avec patronat et le Fonds monétaire international; gouvernement où, dans

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tous les cas, les représentants du MIR et du PCB seraient largement minoritaires et où la désignation des ministres de la Défense et de l'Intérieur - des militaires - reviendrait en fait à l'état-major. Le PCB affirmait même ne revendiquer aucun ministère pour faciliter un large accord !

On pouvait difficilement aller plus loin...

Les élections passées, tain d'être désigné par le Parlement, accorde des concessions propres à satisfaire les militaires les plus exigeants: pour la première fois depuis

La précision et la brutalité des premières déclarations des conjurés ne laissent guère de place l'exégèse. Il s'agit d'en pour longtemps avec les tentatives d'ouverture politique désordre, à l'instabilité subversion», selon Garcia Meza.

Il s'agit d'écraser le mouvement ouvrier en liquidant en détruisant ses organisations.

l'école plus fruste encore, en plus brutale si cela est possible.

Tout, dans le déroulement du dans les premières mesures gouvernementales, va dans ce sens. Il faut arrêter - et si nécessaire assaspolitiques et syndicaux, ganisée: les opérations déclenchées à La Paz cinq heures après le soulèment de la garnison de Trinidad perde s'emparer, du local de la COB, d'un bon nombre des dirigeants de la centrale ouvrière, dont Juan Lechin, et des partis gauche, dont M. Quiroga Santa Cruz, réunis avec eux pour débattre d'une riposte aux événements de Trinidad.

Les premières actions, comme cet assaut du local de la COB, prise du palais présidentiel et l'arrestation de l'ensemble du Conseil des ministres, l'occupation de radio et de télévision, des rédactions des quotidiens, léphonique, sont menée par des commandos para-militaires vêtus en civil et circulant en ambulances pour ne pas attirer l'attention de la population et retarder d'éventuelles mobilisations.

Chaque ville est coupée du reste du pays, quadrillée; commencent les rafles aveugles et, couvre-feu, la recherche systématique de tous les cadres politiques et militants connus de la militaire.

de nombreux tions ouvrières, syndicales et à se relâcher.

C'est le moment

Meza choisit pour

Siles, cerde place évitées.

L'OBJECTIF:

ECRASER LE MOUVEMENT OUVRIER

Paz qu'en province, à sieurs terminer des, torturées jungle amazonienne.

«propices au à la et roga Santa Cruz,

PS (Uno) ?

ses dirigeants,

Parallèlement,

Pinochet, période indéterminée...

terreur n'empêcheront pas le de dirigeants ple bolivien résistance or-

Malgré dant plus de grève quasi suivie.

Dans les encore, la des studios du central tépays, leur régime ne dispose l'instant d'aucune gnificative et organisée.

Sécurité un gouvernement remanié.

le risque d'un coup d'Etat à court terme semblait s'éloigner. La vigilance des organisaques, les plus combatives tendait la résistance que Garcia déclencher le coup d'Etat. Un coup à l'évidence planifié depuis longtemps, où peu était laissée à l'improvisa- •se taisent. tion et où les erreurs commises par Natusch allaient soigneusement être

En quelques jours, tant à La ce seront plumilliers de personnes qui seront arrêtées, parquées dans les sta-

You déportées dans la Combien parmi elles ont été as- eu sassinées froidement, comme M. Quile dirigeant du les partis politiques sont interdits, les syndicats dis•sous, la presse, la radio, la télévision, placés directement sous l'autorité de l'armée, l'université fermée pour une

Toutes ces mesures, toute cette 60 pour cent. de manifester massivement son opposition au coup d'Etat.

les arrestations et les menaces, le pays sera paralysé, pen-

48 heures, par une publications générale très largement quartiers populaires de La Paz, de Santa Cruz et d'autres patrouilles RESISTANCE DES TRAVAILLEURS ET ISOLEMENT INTERNATIONAL A deux mois du coup, un premier bilan de la situation peut être

Si les militaires contrôlent le base sociale siC'est là, toutefois, une donnée qu'il faudrait très largement nuancer si, comme le donnent à penser plusieurs informations concordantes, Banzer et l'ADN décidaient finalement - sous la pression de l'Argentine et du Brésil - d'appuyer le nouveau régime, et même d'entrer dans seront plusieurs jours durant harcelées par des noyaux de francsprincipales routes d'accès à La Paz seront coupées par des paysans mobilisés.

Dans les zones minières surtout, sera massive, appuyée par l'ensemble de la population.

Il faudra faire intervenir l'aviation pour que les radios des mineurs

Prudente, l'armée encerclera les agglomérations minières pour affamer les grévistes retranchés et leurs familles. Ne pouvant se permettre, étant donné la situation économique catastrophique de la Bolivie, de voir la production minière paralysée longtemps, le gouvernement adoptera une tactique différenciée. cas, il y aura négociation pour assurer la reprise du travail, dans d'autres, ce sera le massacre comme à Caracoles, ou, selon les témoignagnes recueillis par Amnesty Intertional, il y aurait

900 morts et disparus après l'intervention de l'armée et de l'artillerie, le 4 août, soit 18 jours après le coup d'Etat lui-même.

Mais les actions frontales de résistance, non coordonnées, de plus en plus isolées, ne pouvaient continuer sans devenir suicidaires.

Partout le travail a repris; mais, dans les mines, la production, selon les ingénieurs étrangers, a baissé de

Des formes de résistance de ce type se développent, dans la perspective d'une lutte à long terme; des inscriptions hostiles au régime apparaissent sur les murs, les premières clandestines circulent. Siles Suazo enfin, s'appuyant sur la légitimité des urnes, a constitué dans clandestinité un «gouvernement légal» ce qui, au plan international, gêne considérablement la dictature.

S'ils se sont abstenus de le faire jusqu'alors, c'est notamment parce que le coup d'Etat court-circuitait leur propre projet.

Une telle décision, de plus, renforcerait la junte dans les prochaines discussions sur la renégociation de la

Si, malgré les sabotages, malgré la baisse de la production dans les mines, l'activité est normale, dans l'ensemble, la dictature n'a pas pour l'instant atteint son objectif: écraser, détruire le mouvement ouvrier.

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En dépit des trahisons et des divisions si évidentes durant la campagne électorale, en dépit de l'arrestation, la disparition d'un grand nombre de ses dirigeants et de ses cadres, les putschistes ont une fois encore sous-estimé les traditions de lutte et d'organisation, la combativité courage des travailleurs boliviens et de leur avant-garde, les mineurs.

Ces traditions, combinées aux effets et aux leçons tirées de la rapide remontée des luttes deux dernières années, n'ont être anéanties par les putschistes dont la tactique a été de «frapper dur et fort», très rapidement.

Avoir dû négocier la reprise du travail dans un nombre important de mines, en renonçant dans l'immédiat à leur militarisation complète, est le symbole même des reculs des militaires par rapport à leurs objectifs initiaux et ouvertement proclamés.

C'est là, à terme, une faiblesse considérable de la dictature qui se combine avec deux autres facteurs autrement plus menaçants dans l'immédiat. La situation à l'intérieur de l'armée d'abord, où des signes d'opposition au cours actuel ont pu être relevé-

Des désertions de soldats ont eu lieu lors des combats dans les régions minières et récemment la junte a fait état de difficultés pour enrôler de nouvelles recrues dans le cadre d'un plan d'accroissement des effectifs. Dans un pays où plus de 50 pour cent de la population potentiellement active c'est là un extraordinaire aveu d'isolement.

Les actions répressives les plus dures continuent systématiquement à être menées par des groupes paramilitaires, composés civil, d'activistes de la Phalange bolivienne, un groupe d'idéologie fasde lumpens liés au trafic de la drogue; et il est confirmé que plusieurs unités ont refusé de s'y associer.

III La dimen De façon immédiate, cette dimension est donnée par le rôle direct - et de toute évidence, décisif - qu'ont joué les militaires ar-

Une participation de cette ampleur, politique et technique, longuement planifiée et à laquelle les EtatsUnis sont étrangers est un fait politique nouveau et majeur en Amérique latine. avec plus de recul, mais dont on peut cerner les principaux aspects et leurs implications.

On assiste mutations dans le corps ciers, étroitement contrôlé spécialistes de la Sécurité et le

Santa

Cruz, le gouvernement de ces pu il n'a pu pour autant rieures. C'est en partie connus et trop voyants, pour tional.

est sans emploi, premier lieu par l'Argentine été unanimement condamné d'officiers en impérialistes.

sion internationale du être analysé tions du 29 juin, les membres d'un groupe théâtral à de nombreuses des offipar des militaire argentine. Le colonel Mario Vargas

Salinas, commandant la garnison de part, général Hugo Echeofficiers et verria, commandant des blindés de tout en déclarant res-

Même pecter la discipline hiérarchique, ont annoncé qu'ils ne soutenaient pas actions dans lequel, par après le ailleurs, aucun officier de la garnison de La Paz n'a accepté de parti-

Si le général Garcia Meza avait contrôle de l'appareil militaire entre l'échec de Natusch et le 17 juillet, tous les effets des divisions antéforces armées, mais c'est aussi le grossières et expéditives de la plupart des memgouvernement, en particude l'Intérieur, le colonel Arce, et de leurs liens trop de la drogue et avec la mafia, cause de discrédit supplémentaire au ni-

On aborde là une autre faiblesse du régime - la plus sérieuse en naire, ce moment: son isolement interna-

S'il est soutenu politiquement, pact aidé économiquement et financièrement par les dictatures voisines, en solidarité

- une essentielle sur laquelle nous reviendrons plus loin —, le régime a sous une forme ou une autre par la plupart des autres pays latino-américains et la totalité des puissances

L'OEA (Organisation des Etats américains), à l'initiative des pays du

Pacte andin, du Mexique et aussi des

Etats-Unis, a publié une condamnanationale.

Selon le journal Folha de Sao

Paolo, dès le mois de mai, des officiers supérieurs de l'état-major brésilien en visite en Argentine ont été informés d'un plan de coup d'Etat argentin.

Paz. Ces officiers auraient interprété la démarche de leurs col-

De lègues argentins, toujours selon Folha de Sao Paolo, comme un moyen de tester l'attitude du gouvernement

Plus tard, mais avant les éleccubain ont été tion très ferme des méthodes du nouveau régime. Seuls le Chili et le Paraguay s'y sont opposés tandis que le Brésil et l'Argentine... préféraient s'abstenir, bien que, pour une bonne ces méthodes soient celles des des «spécialistes» argentins présents à La Paz.

si cette abstention est avant tout une couverture de leurs

Men Bolivie pendant et coup d'Etat -, elle traduit bien le degré d'isolement du régime.

Les effets économiques de cette catastrophiques; la suppression - au moins tempomentale de la part des Etats-Unis et de la quasi-totalité des pays sur un pays au bord de la banquedont le montant de l'endettement extérieur dépasserait maincelui du Produit National Brut et qui, précisément, doit de toute urgence renégocier l'ensemble de sa dette pour éviter une asphyxie

A ce niveau, ni l'Argentine, ni le Brésil ne sont en mesure de renflouer seuls l'économie bolivienne.

La combinaison des développements à l'intérieur du pays - avant tout le fait qu'une résistance ouvrière existe, encore faible, embryonmais bien réelle - et de l'isolement international ouvre de grandes possibilités d'action et d'impolitique, en Bolivie même, aux indispensables campagnes . de du mouvement ouvrier aternational avec le peuple bolivien.

De même que la solidarité avec la révolution nicaraguayenne et avec les combattants salvadoriens, la soliavec les travailleurs boliviens dès à présent, au centre de toutes les actions de soutien aux luttes des peuples d'Amérique latine, tant le caractère, la signification et les implications du coup d'Etat lui confèrent une dimension intercoup d'Etat arrêtés à La Paz, en même temps que des artistes boliviens. Plusieurs d'entre eux sont formels: parmi les policiers en civil qui les ont interrogés, certains avaient un fort accent nombreuses personnes, - dont des étrangers - arrêtées en différents endroits immédiatement après le coup, puis relâchées, affirment la même chose.

Les rares témoins de l'assaut du local de la COB aujourd'hui en liberté et qui osent parler - dont une

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et qui a pu s'échapper - sont forgroupe d'assaut, composé de civils, était partiellement encadré par deux ou trois Argentins, là encore aisément repérables à cause de leur accent.

Dans les heures qui ont suivi le coup, la télévision bolivienne a pu grossierement anti-communistes, amenés sur place à l'avance, et dont passé par les militaires de Buenos-Aires pour encourager la population à «coopérer avec les actions antiqui tous se des informations concordantes supérieurs péruviens et équatoriens et reprises par plusieurs journaux latino-américains, parlent de 200 spécialistes de la lutte anti-subversive, «prêtés» par Videla au nouveau ré-

L'utilisation systématique de groupes para-militaires habillés en civil est elle-même une tactique particulière des militaires argentins depuis plusieurs années.

Plus que la reconnaissance diplomatique immédiate, l'importante aide rapidement fournie au nouveau régime est une autre preuve de cette implication directe.

Rappelons que dès le lendemain du coup d'Etat, Garcia Meza annonçait que Buenos-Aires avait promis un prêt d'urgence de 50 millions de dollars en cas de suspension temporaire de crédits de la part d'autres pays.

Fin août, un prêt de 200 millions de dollars était annoncé ainsi qu'un important don de blé qui n'a-

«D'OUVERTURE Les motivations des militaires argentins pour intervenir comme ils l'ont fait sont uniquement politiques, mais elles dépassent largement le strict cadre bolivien; elles répondent fondamentalement aux mêmes préoccupations et aux mêmes objectifs que leur rapprochement avec Brasilia.

1l s'agissait d'aider puissamment à mettre fin à une situation dont les développements potentiels pouvaient présenter un danger pour leur régime. Mais ce faisant, il s'agissait surtout de mettre en échec, de donner un coup d'arrêt à la politique des pourtant timides «ouvertures démocratiques», à la politique «d'institutionalisation», selon le vocabulaire en vigueur dans les pays concernés.

vait pas été prévu dans les plans d'échange entre les deux pays.

Les motifs économiques avancés pour expliquer l'intervention sont peu convaincants. L'Argentine a des intérêts en n'étaient absolument par l'arrivée au pouvoir Suazo. Les relations commerciales entre la Bolivie et l'Argentine sont importantes, surtout pour la Bolivie dont l'Argentine partenaire commercial latino-améri1978), loin devant le Brésil (100 1978) et le Pérou (25 millions de dollars également pour 1978).

Or, le seul contentieux potensérieux entre les deux pays la renégociation gaz naturel que la Bolivend à l'Argentine très largement en-dessous des tarifs mondiaux. L'UDP prévoyait le doublement du prix du gaz; mais ce ne peut être évidement une justification au rôle joué dans le coup d'Etat.

l'hypothèse selon laquelle il s'agirait d'un nouvel aspect de la vieille lutte d'influence dans la région entre le Brésil et l'Argentine, elle est contredite par de nombreux faits, depuis les liens étroits entre militaires boliviens et brésiliens, remontant à l'époque de Banzer, jusqu'aux informations données par les officiers argentins eux-mêmes à leurs collègues brésiliens sur la préparation d'un coup d'Etat.

Mais surtout, cette hypothèse ne entre les deux dictatures, du développement de leur coopération à tous les niveaux, en particulier celui de la prétendue «sécurité continentale», de leur volonté de créer à terme un véritable axe politique, ce qui, à bien des égards, changerait les données politiques de la région. METTRE EN ECHEC LES POLITIQUES DEMOCRATIQUE»

Au-delà de divergences daires, de conflits bilatéraux entretenus avant tout pour des raisons intérieures, comme celui entre l'Argentine et le Chili à propos du canal de Beagle, les militaires argentins, brésiliens et chiliens font la même analyse de la situation latino-améri-

Depuis un an au moins, en fait depuis la victoire de la révolution nicaraguayenne, qu'il s'agisse d'éditoriaux de porte-parole officieux des états-majors ou par des instituts travaillant en liaison avec les écoles de guerre sur la situation régionale et internationale, leurs grandes conclusions sont convergen-

* Il y a une «instabilité croissante» dans de nombreux pays et globalement au niveau continental.

C'est une situation qui «favorise le développement des organisations subversives et l'extension de leur activité», le Nicaragua et l'Amérique centrale étant là au centre de leurs préoccupations. * Il y a dans le continent une tendance à l'interdépendance croissante des différentes situations nationales, d'où les tentatives d'étendre le concept de «sécurité nationale», par lequel depuis longtemps les militaires tentent de donner une pseudo-justification idéologique à leur politique répressive, à celui de «sécurité régionale» ou «sécurité continentale». * Il y a une perte relative d'influence et d'initiative politique des Etats-Unis dans la région. * La tactique dominante de l'administration Carter, en liaison avec l'influence croissante des gouvernements européens, conduit à favoriser et appuyer la politique des processus dits de «démocratisation».

June tactique «gravement erronée» et «dangereuse». Elle «l'un des facteurs de l'instabilité croissante et de l'extension de l'activité subversive».

En d'autres termes, il faut stopper cette politique d'ouverture démocratique, d'institutionalisation puis-

Best facteur d'instabilité dans la région et que — étant donné qu'il y a interdépendance croissante - elle est une menace directe.

C'est très exactement le cadre politique et la justification de la participation au coup d'Etat bolivien.

Dans un éditorial intitulé «Les leçons de Bolivie», un journaliste argentin, connu pour exprimer les positions du gouvernement, n'écrivait-il pas quelques jours après le coup d'Etat : «Les élections dans ce pays avaient été artificiellement prématurées et les notions de démocratie imposées depuis Washington ne peuvent pas être exportées en Amérique particulièrement dans une nation qui manque de protection contre la menace marxiste, l'infiltration et la subversion.»

Cette divergence tactique est intrinsèquement liée à la à la justification et à la survie de ces dictatures, produits de la domination impérialiste. Mais, de plus, elle se nourrit de la contradiction de cette politique de l'impérialisme et de secteurs impor tants de la bourgeoisie latino-américontradiction révélée avec plus de clarté que jamais auparavant par la modeste tentative d'ouverture démocratique bolivienne.

Les tentatives de «démocratisation», «d'institutionalisation» ont

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été menées pour remédier au discrédit et à la dangereuse usure politique de dictatures militaires, comme c'était le cas en Equateur, au Pérou, en Bolivie.

Il s'agit de créer les conditions permettant que se mettent en place des solutions de rechange politiques garantissant à la bourgeoisie et l'impérialisme le maintien stabilité de leur domination. ces tentatives, de par leur nature, s'accompagnent d'une réanimation, d'une du mouvement de masse. Le caractère explosif des contradictions sociales en Amérique latine, accentuées par les effets de la crise mondiale, rendent difficile, impossible, de maintenir cette réanimation dans les limites souhaitées.

Tout contexte d'ouverture, aussi limité soit-il, permet aux travailleurs, aux couches exploitées, de se remobiliser, de se réorganiser, de se renforcer. La puissance et le rythme ce processus inévitable dépend évide facteurs tels traditions de lutte et d'organisation ou le poids des défaites antérieures.

En même temps, au plan économique, les conditions de l'exploitation impérialiste, le passif ralement désastreux du régime précédent (dictature en crise) et, depuis plusieurs années, les effets crise internationale, interdisent d'envisager une politique significative de concessions permettant de satisfaire au moins certains des besoins élémentaires des masses.

T'évolutior

Au contraire, la situation très rapidement et se renforce, flits durs, à de véritables explosions.

à sans doute de façon décisive, à la la et réussite du coup d'Etat

Mais

Meza, les militaires nécessairement relance contradictions et l'impasse de alliés dans sa mise en œuvre.

encore sinon en question.

C'est dans cette pathies aux Etats-Unis ?.

généricaines de la

Brasilia-Buenos-Aires axe constituer le fer de lance ?

directe, autonome et d'ampleur à un coup d'Etat dans un autre pays du continent - comme l'a fait l'armée d'austérité; en d'autres termes, l'acde la surexploitation et du chômage qui peuvent, alors que le mouvement ouvrier se remobilise d'Etat de La

En contribuant puissamment, et nom de leurs collègues dans la rétactique de l'impérialisme et de ses

La mettant en échec en Bolivie, c'est son application ailleurs dans le continent (et donc, essentiellement, cessus chez eux) qu'ils espèrent voir remise perspective,

Dans d'ailleurs, qu'ils placent beaucoup d'espoirs en une victoire de Reagan tion aux prochaines élections américaines.

tuation

Quels seront les effets de cette politique offensive, qui ne manque évidemment pas de relais ni de sym-

Préfiguerera-t-elle - indépendamobjectifs.

ment du résultat des élections amé-

- un nouveau cours tactique de l'impérialisme dont, à terme, un pourrait

Le précédent de la participation argentine - pourra-t-il être invoqué à l'avenir, dans un autre contexte ?

de l'impé-

Avec l'accord et l'appui rialisme, par exemple...

quelques-unes questions essentielles que pose, au latino-américain, des questions d'actualité alors que, malgré inégalités, le développement des mobilisations ouvrières, généralement, la remontée des lutpoursuivent à l'échelle du continent; alors que s'approfondit de la révolution nicaraque les affrontements une nouvelle ampleur au

Salvador et, qu'au Pérou, par exemprototype même d'un «prod'institutionalisation»,

Belaunde Terry est confronté à une vague de luttes revendicatives d'une ampleur imprévue.

une bonne mesure, la réponse à ces questions sera fonedes développements de la sibolivienne;

de la capacité du prolétariat et de l'ensemble des masses exploitées à se réorganiser, pour interdire mobiliser

Garcia Meza de réaliser ses sinistres

Notre solidarité doit être à la hauteur de ce difficile combat et de ces enjeux considérables.

17 septembre 1980

Asie du Sud-Est

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