Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

CENTRAFRIQUE

Un an après l'installation de Dacko par les paras français

· Inprecor n° 86, 14 octobre 1980 · p. 21-24 · 3 167 mots

France Syndicalisme

TOILA onze mois que les troupes françaises occuper la République centrafricaine. Le 20 septembre 197 le régime «impérial» de Bokassa était renversé et les paras français mettaient à sa place Dacko, vieux politicien lui-même renversé par la France en 1966. Il avait fallu que des dizaines de lycéens soient assassinés dans des conditions atroces pour que Bokassa ler fasse soudain honte à Giscard. En vérité, le chaos qui régnait depuis plusieurs années dans ce pays ne pouvait plus guère se prolonger et l'opération «Barracuda» préparée depuis un certain nombre de mois devait laver la France et son président des jeux sanglants de leur protégé impérial.

Pourtant, loin de faire apparaître la France comme le pays libérateur du peuple centrafricain, la mise à l'écart de Bokassa révéla les compromissions des trois présidents de la Ve République, et singulièrement de Giscard d'Estaing. Scandale des diamants, scandale des archives impériales enlevées par l'armée française et disparues depuis, scandale des relations plus qu'amicales de Giscard et de ses frères Dernier en date, le scandale de l'affaire Roger Delpey.

300

0 km cher les documents avec Bokassa, etc.

continent.

Un an après

Ce personnage, barbouze de son état, est arrêté à la sortie de l'ambassade de Libye à Paris et inculpé d'intelligence avec des agents d'une puissance étrangère.

En fait, ce fameux Delpey a voulu faire un «scoop» extraordinaire en recueillant les confidences de Bokassa après sa chute. Il semble que cet individu dispose de révélations explosives et la DST s'occupe fébrilement à chercachés. Delpey, qui n'est toujours pas jugé, a en plus le toupet de vouloir citer pour sa défense Bokassa lui-même. On imagine la gêne en haut lieu. Mieux, certains rapportent que Bokassa aurait demandé à ce Delpey de filer les doubles à Chirac !

Cet imbroglio montre une fois de plus que ces pays africains sont le terrain de sombres conflits entre réseaux de barbouzes où se retrouvent souvent les découpages politiques de la majorité parlementaire.

Pour le moins, il se dégage de la République centrafricaine une odeur nauséabonde de la fange accumulée depuis vingt ans par ces coquins qui gouvernent la France. La Centrafrique est une vitrine fort intéressante de ce que réalise l'impérialisme français dans un bon tiers du

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NI-GBARAKE

L'intervention de l'impérialisme français qui a ramené au pouvoir David Dacko, le 20 septembre 1979, l'homme que l'Elysée avait fait renverser par Bokassa en janvier 1966 en raison de son impopularité, présente déjà un bilan négatif à tous égards.

La démocratie annoncée n'est toujours pas venue et un parti unique a été instauré. La répression a repris son cours normal. La crise économique s'accentue et la situation sociale ne s'améliore guère.

UN PAYS Les déclarations françaises, selon lesquelles les militaires qui étaient intervenus le 20 septembre 1979 à Bangui devaient regagner Paris quelques mois plus tard, sont totalement Au contraire, les paras français qui ont quitté le Tchad ont rejoint la base de Bouar (dans le centre ouest ville qu'ils ont occupée depuis la colonisation jusqu'en 1968. Bigeard s'y était rendu au printemps dernier pour une mission d'inspec-

Ils sont également éparpillés villes frontières du pays pour mieux surveiller, car on ne peut pas vraiment affirmer - même du côté français - que le pays soit calme et que tout soulèvement soit exclu. Les militaires sont là encore pour longtemps, même pour dix déclarait Dacko fin septemA Bangui, ils patrouillent dans les artères principales. Ils sont également à l'aéroport et à côté de l'unicontrôler les mouvements étudiants. Les gendarmes et les gardes français sont nombreux aussi. tés para-étatiques et dans l'administration, on trouve des Français (des «conseillers techniques»). Les cadres théoriquement para-étatique de transports est

«techniciens» cycle de droit, cadre africain affirme volontiers qu'il est là pour meubler.

Au Trésor et au ministere Finances, ils ont l'œil sur tout. contrôlent, disent-ils, l'argent la France «donne» à la République réalité redevenue une colonie franrevendicatives ne cessent de se développer. Le gouvernement, pris dans contradiction, panique, ne sait plus comment apaiser momentanément le mécontentement. L'Elysée, quant à lui, est dans l'impasse.

Le remaniement du mois de juillet dernier et le voyage de Kirsh (conseiller de Giscard pour les affaires africaines) qui a suivi n'ont pas apporté de véritable solution de remplacement. OCCUPE

Jacques Serres, ancien colon français en Centrafrique qui, avant le 20 septembre, était encore à l'Elysée, est devenu le principal conseiller personnel de Dacko. Son buest l'antichambre de celui de Dacko. On murmure même que c'est lui qui a limogé Alphonse Blague de conseiller personnel Le plan biennal - 1980-1981 -par les Centrafricains «Plan Barre centrafricain» à Paris et c'est un plan d'austérité.

Certaines sociétés para-étatiques ont été privatisées et données aux Français. L'ACCF (Agence centrafricaine de communications fluviales) est désormais contrôlée par le groupe Rothschild. Une partie du personnel centrafricain sera licencié. aussi dans le domaine de la formation des cadres. Ainsi, cette année, sur 2100 candidats au baccalauréat, peine 580 ont été admis. Un coopérant français devait s'en féliciter en disant que l'on était arrivé à en faire passer moins d'un tiers

Le comble a été atteint Coopération a supprimé 188 bourses aux étudiants centrafricains en

Au lendemain de l'intervention française, David Dacko proclamait le

29 octobre dans son discours-programme, il précisait notamment: «Une ordonnance sera prise très prochainement pour autoriser la pluralité des partis.. Mais le pluralisme des partis que nous souhaitons resterait illusoire s'il n'é-

France, en a renouvelé 115 jusqu'en octobre, en attendant les résultats de septembre et n'en a renouvelé seulement 255. En octobre, on devrait donc compter qu'à peu près la moitié des étudiants centrafricains France verront leur bourse supprimée et seront rapatriés automatiquement dans les deux mois suivants, selon la circulaire du ministère de la Coopération. Il s'agit essentiellement d'étudiants en maîtrise et en cycle qui n'ont pas encore terminé leurs études.

L'UNECA (Union nationale des étudiants centrafricains en France) a envoyé une lettre au gouvernement centrafricain pour dénoncer cette décision arbitraire du ministère de la Coopération. Le ministre de l'Education nationale, Alphonse

Best arrivé précipitament le 10 août dernier à Paris pour régler ce problème. Il n'a obtenu que le report de la décision à la rentrée universitaire prochaine. En réalité le ministre de la Coopération n'est pas habilité à supprimer arbitrairement les bourses des étudiants centrafricains. C'est une commission nationale des bourses, qui se tient tous les mois d'août à Bangui, qui peut prendre des décisions dans ce sens. En agissant ainsi, le ministre français de la Coopération place la République centrafricaine (pays théoriquement souverain) sur même pied d'égalité que les TOM et les DOM. Ses techniciens affirment volontiers que c'est la France qui paie les bourses et, de ce point de vue, a un droit de regard sur les étudiants centrafricains. Ces sup pressions de bourses vont dans le sens de la politique française de bloquer la formation des cadres centrafricains et de continuer à envoyer ses coopérants contrôler l'université de Bangui et poursuivre sa sélection scélérate. Chaque annee, en faculte de droit et de sciences économiques, contrôlée totalement par les Frande réussite, toutes années confondues, ne dépasse pas 5 pour cent. Il est en de même pour la faculté de lettres. LA DEMOCRATIE PROMISE N'EST TOUJOURS PAS ARRIVEE tait pas accompagné de la liberté de la presse, de la liberté d'association.»

Quelques jours plus tard, il sort un décret interdisant les manifestations. Le Premier ministre Ayandho, quant à lui, rappelait les journalistes de Radio-Bangui à l'ordre, en affirmant notamment qu'ils étaient là

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pour servir l'Etat et non émettre

La table ronde réclamée par le MLPC de Patasse, le FPO de Goumba, fut refusée et les dirigeants du MPLC furent arrêtés, emprisonnés ou exilés. Le leader Patasse partisans sont encore Certains responsables syndicaux de l'enseignement furent également arrêtés après des grèves et des manifestations, puis relâchés (1).

L'UDC (Union des tes centrafricains), parti unique créé MESAN, a déjà constitutif du 10 au 17 mars. Le pré même, le secrétaire Kazagui, ancien ministre de l'Education nationale de Bokassa. Son président définit l'UDC son discours d'ouverture du congrès constitutif: «C'est une organisation d'essence libérale... L'UDC est un parti politique multi-tendanciel, sans discrimination de région, de profession, d'opinion, de culture et de naissance... Véritable école de res-

Le projet d'une nouvelle Constitution et l'instauration d'un parti unique ne profitent pas à tous les membres du gouvernement. La vice-présidence. n'est pas prévue dans la Constitution. Maidou ne fait pas partie non plus de la direction de l'UDC. Ce titution passe, Maidou risque de disparaître de la scène politique.

Le conseiller juridique de Maidou, Manedjapou, a violemment critiqué le projet de Constitution ainsi que l'UDC, qu'il a qualifiée «d'Union des copains de Dacko», terme emplopar les Centrafricains pour désigner ce parti.

Au mois de juillet, Maidou est intervenu à la radio pour dire qu'il était partisan d'un multipartisme et il a critiqué le gouvernement de salut public. Ceci pour faire un peu sa cote.

impopulaire dans un pays on l'appelle «Monsieur Démenti» (il avait, lorsqu'il était Premier ministre de Bokassa, démenti les massacres d'enfants). Maidou, qui apparaît comme le plus intelligent et «a la carrure d'un homme politique» - dixit l'Elysée - essaie de rassembler à ses côtés les universitaires du gouvernement qui le soutiennent dans son action.

être le rassemblement de démocrates et de patriotes integres, honnêtes, qui soutiennent l'action du présidentfondateur, mais ne doivent pas hésiter à formuler, en toute liberté, toutes les critiques susceptibles d'améliorer cette action pour la grande sa-

Théoriquement, dans les statuts de l'UDC, l'adhésion de la population n'est pas obligatoire. Dans la pratique, il en est autrement. En province, le Parti commence déjà à caporaliser les chefs de village, les paysans, etc. ment a cherché à inféoder la jeunesse au Parti; ce fut un échec cuisant pour son conseiller d'alors, Alphonse Blague, devenu ministre de la Jeunesse et qui détient aujourd'hui le portefeuille de l'Education nationale.

Il en est de même pour l'UGTC (Union générale des travailleurs cen trafricains) où le régime cherche à remplacer la direction actuelle non acquise au gouvernement. UN REMANIEMENT PAR ETAPES

Les dissensions au sein du gouvernement ont commencé à raître avec «l'affaire Guéret», qui était alors ministre de la Justice. Un jeune juge d'instruction, Gatoua, avait fait arréter Madiabola, cousin de Dacko, pour détournement de fonds publies; il avait également demandé à entendre Maidou et Koyamba. Dacko ne voulut rien entendre. Il aurait fait pression sur Guéret et lui aurait de limoger son juge d'instruction ou de démissionner. Celuici a choisi la deuxième solution. Après sa démission, il a dénoncé le gouvernement allant jusqu'à prê ter à Dacko l'intention de vouloir libérer les condamnés à mort pour crimes commis sous Bokassa.

multiples problemes, il faut ajouter l'impopularité mier ministre Ayandho. Il est accusé de tribalisme par la population qui lui reproche de «placer» les siens (les Yakomas) aux postes de resd'une incompétence notoire. Et, enfin, Koyamba, ministre de l'Economie l'homme le plus riche du gouvernement et du pays, ne se prive pas de continuer à détourner les fonds publies. C'est ainsi que d'un Conseil des quand Dacko lui a demandé de rendre compte de son domaine, il a sérieusement monde qu'il avait gardé l'argent de ponsabilité et de probité, l'UDC doit de l'Etat sur son compte personnel pour plus de «sécurité».

Dacko devait prononcer la dissolution du gouvernement en juillet. Dans l'esprit de la population, Ayandho et Maidou, les plus impopulaires, allaient quitter le gouvernement. Il n'en fut rien. Pourquoi ?

Pour le gouvernement français, Maidou doit succéder à Dacko à moyen ou à long terme; il faut préparer le terrain en le présentant comme un libéral. Ayandho, qui, avec son ami Dacko, embarrasse objectivement la France, n'a pas encore de remplaçant désigné. Ce n'est que partie remise. Un conseiller de Giscard déclarait: «David Dacko, si l'opération 'Barracuda' était à refaire, je ne suis pas sûr qu'on l'embarquerait sur l'un de nos Transalls, il est trop tard.»

Il fallut attendre le 22 août pour que la menace lancée par les syndicats de descendre dans la rue précipite le limogeage par Dacko de ses deux plus proches collaborateurs. Est-ce à dire que Maidou, dont la résidence fut aussitôt encerclée par les militaires après sa destitution, est définitivement écarté du pouvoir ? Ce n'est pas

Non seulement il a encore des amis politiques dans le gouvernement, mais le gouvernement français ne l'a pas totalement lâché. Son peut être considéré comme une mise en réserve de la Républi-

LES VRAIS PROBLEMES

Depuis l'opération «Barracuda», la situation ne s'est guère améliorée.

Les salaires des cadres ont été réajustés, mais rien n'a été fait pour les ouvriers et les paysans. A Bangui, il faut 60000 F CFA (1200 francs français) pour vivre; c'est la conclusion d'une mission française. Or le SMIG est théoriquement de 10000 F CFA (200 franes français). Il existe des salaires inférieurs. Les retards paiement des salaires mencent déjà. La vente de leur récolte est généralement impayée aux paysans. Les licenciements se multiplient dans les entreprises (2). (1) MPLC : Mouvement de libération du peuple centrafricain. FPO : Front populaire oubanguien. (2) L'ex-vice-président de la Cour suprême déclarant voila quelques semaines (rapporté par «Le Monden) que «les ouvriers ne gagnaient que douze mille francs CFA par mois, alors qu'une étude récente a prouvé qu'il fallait soixante mille francs CFA à une famille vivant à Bangui pour joindre les deux bouts».

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esbroufe ? La misère demeure, l'ab-, immédiat des soldats français. Il faut

A l'ACCF (communications fluviales), la quasi-totalité du personnel est menacé de licenciement. La fonction publique compresse quotidiennement son personnel et l'intégration dans l'administration est suspendue. Dans toutes les entreprises étatiques et para-étatiques, les licenciements se sont multipliés. Le nombre de chômeurs a done grossi brutalement.

L'économie n'a même pas amorcé un semblant de reprise, au contraire. Le déficit budgétaire est de 4,6 milliards de F CFA; la dette publique est passée à 75 milliards.

Les membres du gouvernement s'enrichissent au fur et à mesure que le pays s'appauvrit. C'est ainsi que les salaires des ministres ont triplé puis le départ de Bokassa. Ils varient, - du président aux ministres - de 2500000 à 1000 000 F CFA (50000 à 20000 francs français). Les frais de mission s'élèvent à 30000 F CFA par jour (600 franes français). Le Premier ministre Ayandho s'est fait construire en un temps record une villa luxueuse au sud du fleuve Oubangui.

LES LUTTES POPULAIRES

Le peuple avait applaudi la chute de Bokassa. C'est lui qui avait lutté pendant des mois pour le chasser du pays. Mais les masses populaires ont vu le fruit de leur lutte confisqué par la France et sa valetaille au pouvoir.

Les luttes ont repris depuis lors. La revendication principale demeure la démocratie. Dacko s'y oppose, protégé par les paras français.

Les grèves ont repris dans l'administration. A Paou, fin avril, des immeubles administratifs saccagés. A Bambari, les récoltes de coton ont été brûlées. Plusieurs fois, le ministre de l'Agriculture n'a pas eu le dialogue facile avee les paysans. A Batangafo, les paysans ont refusé l'obligation qui leur est faite d'aller gendarmes centrafricains ont été pris à partie et il a fallu l'intervention des légionnaires français, qui sont maintenant environ 8000, pour étouffer le soulèvement.

Plusieurs grèves ont eu lieu à l'Université de Bangui. Le mois de juin dernier, les lycéens ont manifesté leur mécontentement à cause de la sélection féroce au baccalauréat.

Dans tout le pays, la tension règne et ni le gouvernement, ni les militaires français ne pourront contenir longtemps ce mouvement qui malaise profond dû à l'intervention française, à la politique anti-populaire du gouvernement de

LES FORCES POLITIQUES

Le développement de ces luttes ne va pas sans poser de problèmes au régime qui ne tient plus que grâce à la présence française, présence les Centrafricains n'ont ment peur. Le vrai problème est le manque d'organisations structurées. La satisfaction des revendications passe nécessairement par cet objectif. opportunistes qui pourrait les abuser tromper par la accédaient au pouvoir. Ils ont déjà été déçus par certains de leurs anciens camarades de lutte contre Bokassa qui sont actuellement au gouvernement. Il s'agit notamment d'Alphonse Blague, ancien maoïste, qui qui veut l'entendre dans le pays, la liberté et la démocratie sont instaurées.

L'échiquier politique centrafricain paraît vide. Le MLPC (Mouvede libération du peuple cenPatasse n'existe que nom. Le FPO (Front populaire oubanguien) du Docteur Abel Goumba a réduit ses activités à la distribution de tracts à Paris. La plupart ses membres ont démissionné.

IL FAUT CHASSER L'ARMEE FRANÇAISE A la chute de Bokassa, Giscard a fait un numéro de démocrate sincère, qui aurait décidé de monter en première ligne pour sauver les Centrafricains. Que reste-t-il de cette sence de toute liberté démocratique aussi. La corruption du pouvoir est au niveau de ce qu'elle était durant fait sous les ordres et sous le contrôle de l'armée francaise. Cela n'est pas le plus petit scandale que nous aura révélé ce pays depuis un an.

C'est pourquoi les travailleurs et la jeunesse de ce pays ont comme première tâche la lutte pour les droits élémentaires, droit au travail, droit à un enseignement pour tous et gratuit, droit de grève, droit d'association, droit à former des syndicats indépendants, liberté de la presse, etc. Il faut que, dans ce combat, des noyaux de militants s'attèlent au dur labeur de construetion de syndicats, d'associations de jeunesse et de partis politiques.

Motif: le Docteur Goumba ne veut plus lutter. Le mouvement est en déconfiture. Le lieutenant de Goumba, Idi Lala, s'est réfugié au Tchad.

du mouvement à des fins personnelles. Lepa, responsable de la «branche militaire», a rejoint aussi a Alphonse Blasue d'oirete l'armée centrafricaine. à un moment membre de ce mouvement, lui qui est aujourd'hui au gouvernement!

Restent les syndicalistes, les étudiants et les lycéens. Ce sont eux qui ont fait vaciller le trône de Berengo jusqu'à sa chute. Ce se sont eux qui continuent et qui continueront à gouvernement de Dacko.

L'UGTC, centrale syndicale des travailleurs centrafricains, est la seule force organisée et écoutée à l'heure

Mais elle doit aussi désormais lutter contre certains éléments acquis à Dacko qui veulent amener la jeune direction à collaborer.

L'ANECA (Association nationale des étudiants centrafricains de Bangui) est à l'heure actuelle paralysée; elle est scindée en trois groupuscules. L'un est inféodé au régime, l'autre pro-Patasse, et, enfin, la dernière tendance se dit indépendante.

L'USCA (Union scolaire centrafricaine) qui regroupe les lycéens et qui s'est reconstituée après la chute de Bokassa, paraît être assez homogène, comme en témoignent ses grèves et ses marches répétées.

Mais, dès les premiers pas, il faudra faire face à la soldatesque française. Il faut donc inscrire sans attendre en tête des revendications démocratiques l'exigence du départ regrouper l'opposition syndicale et placer en tête des revendications cette exigence. Il faut lancer un appel solennel au mouvement ouvrier et anti-impérialiste français pour qu'il prenne ses responsabilités et manifeste sa solidarité envers le mouvement populaire centrafricain.

Le régime de Dacko constitue une vitrine fort révélatrice de la politique de l'impérialisme français en Afrique. Le pays est occupé comme une simple colonie. Il faut que cela se sache en France et partout ailleurs.

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