Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ALLEMAGNE FEDERALE

Après la défaite de Strauss : déclaration du GIM

· Inprecor n° 87-88, 30 octobre 1980 · p. 10-11 · 1 419 mots

Allemagne Syndicalisme

Déclaration du CC du GIM, section allemande de la IVe Internationale

Josef Strauss n'est pas parvenu à devenir chancelier, et il s'agit là d'une victoire partielle. Pourtant les résultats de ces élections constituent une défaite pour tous ceux qui voulaient empêcher bourgeois de la coalition avec le SPD, le parti libéral FDP, est le véritable vainqueur de ces élections. Les re présentants clairvoyants rêts des patrons au gouvernement que sont Lambsdorff et Genscher, ont vu leurs positions renforcées. Ils ont gagné plus d'un million de voix tandis que le SPD a dû se contenter de répéter son score de 1976. Schpro-patronale confirmée.

Strauss a raison quand il revendique aujourd'hui d'avoir mené sa sur le même terrain que Lambsdorff et Genscher : «Barrer la route aux socialistes !» et «Contre l'Etat-Syndicat !».

Strauss et son programme n'ont pas été battus, bien au contraire: les forces antisocialistes et antisyndicales sont aujourd'hui bien plus puissantes qu'avant la candidature de 2 patrons est de la responsables Le renforcement du camp Celle-ci a laissé Strauss récupérer le

Usa campagne électorale alors que la démocratie socialiste pour laquelle se battent cinglant au mot d'ordre de Strauss «Liberté ou Socialisme!». Schmidt, Brandt et Bahr avaient appelé à ne pas manifester dans la rue contre Strauss. Ils se sont prononcés contre toute participation de militants sodu CDU-CSU contre les femmes, le de presse PPP du SPD ses propres attaques Alice Schwartzer et la revue Emma. Alors que les évêques et les pasteurs la contribution de l'Etat au des Eglises par le en faveur d'un « Etat fort», bénéficiaire de pêcher toute mobilisation contre Strauss.

3 opportunité lie, le SPD a obtenu le Rhin et dans la Ruhr, heim, Gelsenkirchen

Malgré tout cela,

Brandt la coalition avec le

Après la défaite de Strauss

MAINTENANT QUE STRAUSS EST HORS JEU,

AUCUN REPIT POUR LE GOUVERNEMENT LAMBSDORFF-SCHMIDT!

LUTTONS CONTRE LA POLITIQUE DES PATRONS !

Après l'attentat fasciste de Munich, le SPD a laissé toute latitude à

Strauss de développer sa propagande de dénoncer Strauss comme l'inspirateur de la mobilisation de l'extrême droite et à la fois comme le principal

La gauche du SPD n'a opposé aucune résistance sérieuse à cette orientation confusionniste et capitularde.

Elle ne s'est pas associée à l'action publique de tous les opposants à directions syndicales social- démocrates se sont empressées d'em-

Eugen Loderer sident de l'IG-Metall a, pour faire plaisir au chancelier Schmidt, annu-

Le SPD a gâché une véritable remporter la majorité absolue aux élections.

Il y a six mois seulement, aux élecde Nord-Rhénanie-Westphaque Strauss et le FDP réunis. Le

FDP était retombé au-dessous de

SPD Parti

SPD changé. Le SPD n'a pas su mobiliser de nombreux jeunes et de nombmentionnés plus haut, le SPD n'a su distendre les liens des tra-

FDP de la participation élec-

Même dans ses bastions de la Ruhr (comme Mülil s'en est plus mal tiré

CDU et Bahr se déclarent satisrésultats électoraux.

d'avoir à affronter une nouvelle crise

DKP pour poursuivre et même renforcer sa politique de crise selon les vœux des

Allemagne fédérale patrons. L'aile droite du SPD pouvoir désormais écarter plus facilement les aspirations des travailleurs social-démocrate.

va désormais être possible de se livrer à des révisions déchirantes, et avant tout et très prochainement dans la question du contrôle de la caisse de interviendront ultérieurement dans les dépenses sociales du budget

Le FDP a pris de nombreux second votes au SPD. Le refus de la direction SPD de se battre destag (parlement fédéral, les dé clarations de Schmidt selon lesquelles il n'était pas question de renoncer à la coalition avec les libéraux, tout cela a apporté à Genscher et Lambsdorff beaucoup de voix qui auraient dû revenir au SPD. En même temps, le FDP a bénéficié du côté du CDU-

CSU des voix de ceux qui ne voulaient pas voter Strauss ou qui considéraient défaite comme déjà acquise, en

Lambsdorff comme un « moindre social-démocrate diri-

Parti social-démocrate, dirigé par Schmidt (chancelier),

Brandt (président de l'Intertionale socialiste) et Wehner du groupe parlemende

Parti libéral, partenaire de gouvernementale la coalition avec les socialistes. Dirigé par

Lambsdorff (ministre de l'E conomie) et Genscher (minis tre des Affaires étrangères).

sa

Parti démocrate chrétien, sa section bavaroise est la CSU

(Parti chrétien démocrate), candidat dernières son aux élections a été Strauss.

allemand,

Parti communiste allemand, dénomination du nouvelle

KPD au moment de sa légali-

L'ancien sigle

KPD sation.

est utilisé depuis par une organisation mao-stalinienne.

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mal» face à l'éventualité d'un gouvernement socialiste homogène. Les votes pour le FDP sont des voix en faveur de la politique patronale. •Ces votes constituent un appui au ministre de l'Economie Lambsdorff qui, devant le problème posé par un million de chômeurs, recommande un allongement de la durée légale du travail au lieu de sa diminution et qui aspire à faire reculer le mouvement syndical d'Allemagne fédéral au niveau du modèle japonais. 5 tien naire Le «tournant politique» réacposait de conduire, a touché des centaines de milliers d'auditeurs au Malgré les interventions ouvertement réactionnaires en ration à la guerre et d'une politique contre les syndicats, les étrangers et les femmes, le CDU-CSU reste le parti le plus important du pays. Strauss n'a été confronté à aucune résistance déterminée et son programme n'a pas été balayé, il deprogramme patronal pour la récession qui commence et pour la société capitaliste. nouvelles attaques, toutes imprégnées politique, ont été encouragées par le résultat des élections nement Schmidt-Lambsdorff puisse arracher un recul encore plus prononcé du mouvement syndical ; ou qu'un renversement d'alliance dorff et compagnie n'amène avant politicien du CDU à la offensive généralisée contre le mouvement ouvrier.

Les «verts», dont l'éventail politique va des socialistes écologistes jusqu'à des forces réactionnaires, n'ont présenté aucune alternacours de la campagne électorale.

Barrer la route à Strauss ne faisait pas partie, comme Petra Kelly l'affirmait au soir des élections, des «objectifs principaux» des « verts». Indépendamment des intentions de

Sont voté en faveur des «verts», leur score électoral a abouti à une amélioration des résultats des partis des patrons. Une fois de plus, c'est avant tout la direction du SPD qui porte la responsabilité de ce fait, elle dont l'orientation politique n'a bas su empêcher le passage de nos jeunes, en faveur des « verts».

Le PC pro-Moscou DKP a essayé «l'alternative moment où il atteignait des sommets de servilité en appuyant la répression bureaucratique en RDA, en Europe de l'Est et en Union soviétique, alors qu'il diffamait les travailleurs polonais qui auraient été manipulés de

Au soir des élections, le « taureau bavarois» constate son impuissance l'étranger et qu'il critiquait les cheminots en grève à Berlin-Ouest. Son effondrement électoral confirme le fait qu'une alternative socialiste ne peut être construite que sur la base d'un bilan des crimes commis par les régimes bureaucratiques.

7 rection du

SPD mais aussi la gauche même de ce parti qui a failli à son devoir d'infliger une l'appréciation signification pour les forces

Sont affaibli la mobilisation contre Strauss.

Le résultat électoral démobilise les forces qui se situent sur le terrain de la lutte des classes et prétencollaboration de classes et à la capicomme à l'orientation Schmidt. On mesure d'ici combien la vitoire électorale de Strauss aurait encore plus démoralisé le mouvement barrer la route à Strauss par une action unitaire, pour voter SPD contre les partis des patrons, pour organiser la lutte pour une alternative socialiste à la politique de Schmidt et du SPD.

Une riposte de classe au programme patronal et le combat pour une alternative socialiste à la crise du capitalisme sont devenues encore plus nécessaires après les élections au Bundestag de 1980. Au cours des prochains mois, les conséquences de la récession et de la position politique renforcée des patrons vont se faire sentir très concrètement pour le mouvement ouvrier.

Depuis que Franz Josef Strauss a annoncé sa candidature au poste de chancelier, la direction du SPD a systématiquement essayé de masquer la signification particulière de son programme en tant que déclaration de guerre du patronat contre l'ensemble de la classe ouvrière.

Après ces résultats électoraux, il est plus nécessaire que jamais de militer dans les syndicats pour l'indépendance vis-à-vis du gouvernement Lambsdorff-Schmidt et pour une défense combative des intérêts des travailleurs. Contre le programme politique des patrons, les socialistes dans le SPD doivent jetter le masque: ou bien ils suivent l'exemple des travailleurs polonais dans la lutte pour des syndicats autonomes, ou bien ils continuent à se laisser lier les mains dans la coalition avec les patrons. 6 octobre 1980 Bureau politique du GIM, Gruppe Internationale Marxisten, section allemande de la IVe Internationale

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