teman du 12 septembre 1980 qui résume les principaux éléments d'un rapport officiel sur l'inégalité face à la maladie et à la mort, effectué en Grande-Bretagne.
Comme nous l'avions ques éléments sur la santé des travailleurs dans les pays Anna COOTE E de la N Grande-Bretagne, les services sante publique ne fonctionnent pas - en particulier pour la classe ouvrière. On a d'autant moins de chance d'être en bonne santé que l'on se trouve au bas de l'échelle sociale et les chances de mourir rapidement en sont d'autant plus grandes. Les enfants appartenant à ces couches courent également plus de risques d'être blessés, de tomber malades et de mourir jeunes. On ne sera donc pas tellement surpris d'apprendre que l'on se soit empressé d'étouffer le rapport officiel du ministère de la Santé et de la Sécurité sociale qui met en évidence ces faits embarrassants. Mais les Inégalités dans la santé (titre du rapport) vont encore plus loin que cela.
Selon celui-ci, conditions de santé que connaissent les couches les plus pauvres de la société ne résultent pas seulement des insuffisances des services nationaux de santé, mais des inégalités criantes de revenus, d'éducation, de nutrition, de conditions ment et de travail ainsi que des inégalités culturelles. Et, qui plus est, le fossé s'est régulièrement entre les niveaux de santé des classes plus élevées et des classes les plus basses depuis 1949.
Le groupe de travail qui a rédigé ce rapport - créé à l'initiative du prédécesseur de Patrick Jenkin (1), Davis Ennals, en 1977 — était présidé par sir Douglas Black, chef d'un service scientifique au ministère de la Santé et de la Sécurité sociale (DHSS) et président du Collège royal de chirurgie. Il était entouré du professeur J.N. Norris de l'Ecole d'hygiene et de médecine tropicale de Londres, du Dr Cyril Smith, secrétaire du Conseil de la recherche en sciences sociales, et de Peter Towsend, professeur de l'Université d'Essex. On ne peut pas dire qu'il s'agisse là de dangereux radicaux et, pourtant, ils ont montré,
Nous reproduisons ici un article paru dans New Stadans l'article, Quelmontré en analysant un données, que la instaurer une égalité santé.
santé, classe tranche nué que les mauvaises
895 à lité augmentait de 2,339 à 2,409.
de logesociales et tous les creusé situation supérieures s'est mortalité
I et II.
(1) Alors ministre de la Santé.
(2)
particulière personnes ayant la niveau de responsabilité tre exerçant une profession à sociologie sociale III).
se présente ainsi :
Mort à la classe ouvrière!
causes naturelles grand éventail de division des classes sociales en Grande-Bretagne aujourd'hui est, entre autres choses, plus profonde qu'il y a trente ans. Et ils en ont conclu que des mesures dras- les tiques devaient être prises dans le domaine de la politique sociale pour devant la Prenant le taux de mortalité comme indicateur de santé, le rapport montre qu'au cours du dernier la classe I. demi-siecle, les hommes des classes sociales IV et V (2) n'ont connu aucune amélioration de leur état de
894 alors que, pour ceux âgés de 55-64 ans, le taux de morta-
Mill
veau de santé a en effet connu une amélioration pour toutes les classes coup plus rapidement que celle des femmes des couches inférieures; il en est de même en ce qui concerne la mortalité infantile et la santé des qu'ils jeunes enfants. En 1972, le taux de mieux pourvus des mères a pratiquement taires, doublé entre la classe V et les classes ristes)
L'attribution à une «classe sociale» II tient compte. pour des même profession, du IIIN Travailleurs et du statut hiérarchique (par exemple, un contremaide la classe sociale IV ou V sera classé dans la classe IV
La classification par «classe sociale»
Document Santé impérialistes, paru dans Inprecor numéro 67/68 du 17 janvier 1980, le Capital impose aux travailleurs une usure supérieure à celle qui, pour un état donné de développement des forces productives, résulte de l'âge et d'autres de vieillissement et de détérioration de
La durée et le degré de la maladie sont difficiles à évaluer, étant donné que les statistiques dépendent souvent des déclarations des personnes interrogées. Cependant, en 1972, travailleurs manuels hommes, semi-qualifiés et non qualifiés, ont perdu pratiquement quatre fois plus de journées de travail que les hommes des couches de directeurs et de professions libérales. Et, en 1976, il y avait à peu près 2 fois et demie plus de femmes souffrant de maladies chroniques dans la classe V que dans
Bien que les enfants de la classe ouvrière soient plus vulnérables et meurent plus souvent des suites de blessures et de maladies (voir le tableau I), leurs parents les emmènent moins souvent chez le médecin que ceux des classes moyennes. Il est certain que cela est plus lié à la qualité des soins, aux coûts financiers et autres, que les parents pensent avoir à payer, qu'à une négligence face à la maladie. Il est bien connu que les services sanitaires dans les quartiers ouvriers sont moins nombreux et de moins bonne qualité. Le rapport laisse entendre que les adultes de la classe ouvrière sont en général beaucoup plus malades que ceux de la classe moyenne lorsqu'ils vont voir un médecin. Les malades de la classe moyenne reçoivent en général des soins de meilleure qualité chez leur médecin généraliste, non seulement parce résident dans des quartiers d'équipements sanimais aussi parce qu'ils sont plus à même de définir quel type de soins ils désirent.
Professions supérieures (médecins, JuProfessions intermédiaires (directeurs commerciaux, instituteurs) qualifiés non manuels (employés) IIIM Travailleurs qualifiés manuels (maçons, mineurs, agriculteurs) Travailleurs semi-qualifiés (conducteurs de bus, facteurs) Travailleurs non qualifiés (concierges, manœuvres)
plus rapide pour les classes sociales I et II. Donc, là encore, on peut constater une accentuation des différen-
Le groupe de travail particulièrement frappé que la classe ouvrière pratiquement pas les «services de médecine préventive». femmes mariées qui avaient pris rendez-vous pour un examen natal, 29,8 pour cent d'entre celles de la classe II l'ont fait après la 20e semaine de grossesse, que ce sont 35,3 pour cent des femmes de la classe IV et 40,5 pour cent de la classe V qui ont attendu ce délai. Les femmes de la classe ouvrière passent moins des examens pour détecter un cancer du cerveau, bien que la mortalité due à celui-ci soit beaucoup plus élevée dans ces couches que dans les couches de travailleurs non manuels.
D'autres études citées dans le rapport montrent que la classe ouvrière fait moins souvent appel aux soins des dentistes et des pédicures et qu'elle reçoit des soins dentaires de moins bonne qualité. Et tout ceci, dit le rapport, est la résultante complexe du manque d'argent, de l'estimation des coûts financiers, des barrières psychologiques et d'un mode de vie qui empêche toute tentative sérieuse et consciente d'amélioration des conditions de vie.
L'appartenance à une classe sociale détermine également le type d'institution dans laquelle les personnes âgées vont terminer leurs jours. On peut done dire que les couches moyennes évitent plus souvent les hôpitaux et vont dans des institutions de meilleure qualité.
TABLEAU II Classes sociales Age Classe III 25-34 Classes IV et V Classe Ill 35-44 Classes IV et V Classe III 45-54 Classes IV et V Classe III 55-64 Classes IV et V ces sociales.
a été par le fait
TABLEAU I n'utilisait
Chez les préalors
Nombre d'enfants morts avant la 4e semaine
Classes I et II
III fréquemment
IV et V
Enfants naturels
Nombre d'enfants morts entre le ler et le 1le mois
Classes I et II
III
IV et V
Enfants naturels aussi deux facteurs inégalités sociales.
peut-être ment les mêmes, la mortalité infantaux de
Hommes
1949-1953
1959-1963
119
123
177
145
134
122
171
146
114
130
126
155
114
123
135
112
Le nombre des morts pour 100000 personnes de chaque groupe
MORTALITE INFANTILE
1964
9,2
11,8
13,2
19,3
3,5
5,4
7,6
9,2
L'âge de la mère et le nombre d'enfants qu'elle a eu
Cependant, ces deux facteurs étant constants, on retrouve les mêmes
Comparant l'expérience britannique avec celle des autres pays occidentaux industrialisés, le groupe de travail confirme qu'alors que les courbes de mortalité sont pratiquetile est plus élevée en Grande-Bretagne qu'ailleurs. Il est évident que le mortalité infantile est plus bas lorsque les revenus sont répartis d'une manière plus égale. En Angleterre, la répartition géographique des médecins est plus égale que dans les
TAUX DE MORTALITE ET CLASSES SOCIALES
Les taux de mortalité des classes sociales III, IV et V en pourcentage par rapport au taux de mortalité des classes I et II
1970-1972
1949-1953
125
134
166
196
151
118
180
133
129
109
112
141 est en baisse,
Taux pour 1000 enfants nés viables
1975/1976
11,7
15,0
3,0
4,0
6,1
7,4 auparavant sont connus pour influer sur la mortalité infantile.
autres pays, mais apparemment cela n'est d'aucune utilité (le nombre des infirmières et des sages-femmes, ainsi que celui des lits d'hôpitaux, étant plus élevé que celui des chirurgiens).
L'importance donnée aux soins prénataux préventifs et aux soins aux jeunes enfants est considérée aussi comme plus adéquate.
Le rapport a établi que les causes principales de l'inégalité devant la santé étaient la pauvreté et la difficulté pour les groupes à revenus bas
Femmes
1959-1963
1970-1972
125
121
151
162
130
131
151
164
124
128
141
151
122
127
138
135 mais cette diminution est
de connaître et d'utiliser les équipements qui aident à se maintenir en bonne santé. Cette analyse n'a rien de surprenant - excepté qu'elle a été faite par un organisme aussi respectable et sur instructions d'un
Selon le rapport, les enfants de même d'acquérir une bonne pratique du langage, et d'accéder au savoir et aux moyens de communication permettraient des emplois mieux rémunérés et de faire partie des groupes qui jouissent meilleure santé, en raison de l'adéquation qui existe entre les norde la petite bourgeoisie et la structure du système d'éducation dominant. Les gens dont les revenus sont bas se nourrissent - et nourrissent leurs enfants -plus mal. Ils fument plus et font moins d'exercice. Ces habitudes ne sont pas seulement un produit de la culture de la classe ouvrière, mais révelent une certaine absence de «séd'améliorer leurs conditions».
Les éléments qui permettent d'améliorer la qualité des soins donnés par les parents ont tendance à être de nature matérielle - un revenu ménager suffisant, un logement sain, spacieux, non pollué et bien chauffé, de bonnes conditions d'hygiène, des moyens de communications rapides avec le monde extérieur, c'est-à-dire le téléphone ou une voiture, et une augmentation des effectifs des services de santé. Les accidents et la violence sont la principale cause de dé-
«Parmi les enfants piétons, par exemple, le risque de déces des suites d'un accident provoqué par un véhicule automobile est multiplié par 5 à 7 fois, si l'on passe de la classe I à la classe V. Pour les morts accidentelles provoquées par le feu, les chutes ou les noyades, le fossé entre les classes est encore plus grand. Ces différences démontrent que les accidents subis collectivement par une classe ne sont pas dus au ha-
Le rapport cite aussi l'étude sur Camberwel (3) de Brown et Harris, dont les conclusions sont que la plus grande fréquence des accidents dans les foyers ouvriers est très largement
«à l'incidence très pénibles vécus par les mères».
Le taux de mortalité élevé dans la classe ouvrière adulte est attribué aux risques de blessures accidentelles et d'affections de la vue, de l'ouïe voies respiratoires qui sont communément liées au travail manuel et «qui, il faut le dire, ne sont en aucune manière compensés par des avantages financiers». Le rapport insiste sur le fait que le niveau élevé du tabagisme chez les hommes et les femmes de la classe ouvrière ne peut être considéré simplement comme une mauvaise habitude autodestructrice alors que l'industrie du tabac est très lucrative, reconnue par
Parlement, traitée comme une source de revenus fiscaux et que le tabagisme est autorisé dans les lieux publies, et même dans les locaux du Service national de la santé. D'ailleurs, l'habitude de fumer est liée à un sentiment de satisfaction et sécurité procuré par le tabac - et ce sentiment est souvent considéré comme une amélioration matérielle.
Le groupe de travail recommande une modification importante des moyens mis en œuvre - concernant
Men particulier pour les mères, les jeunes enfants et les handicapés. Le groupe réclame du lait gratuit pour les enfants de fanécessiteuses, un programme d'éducation sanitaire, des équipements plus nombreux l'activité physique dans les villes,
TABLEAU III
IL
Garçons 25,8 39,0
Filles 18,8 19,0 dans les classes sociales IV et V où, au contraire, il y a eu une nette aug ans que celles des classes I et II. «salaire familial» dans les dépenses les allocations de naissance quadruplées, passant de 25 livres. Malheureusement, aucune suggestion congés parentaux et leur extension
- comme en Suède —, ce qui pourrait contribuer à sexuelles. A la place, le groupe de travail demande que les femmes qui restent à la maison soient rémunérées «afin de renforcer le rôle de la mère», allocation de garde d'enfant, équivalente à l'allocation perçue pour la naissance d'un enfant, pour les mères d'enfants de de 5 ans. Les propositions concernant les enfants sont plus réad'une
«charte nationale de la santé» et des mesures de lutte contre le tabagisme, y compris en suggérant aux compagnies fabriquant des cigarettes de mettre en œuvre, après consultation des syndicats, des plans pour la diversification de leurs produits sur une période de
Le gouvernement devrait consacrer 30 millions de livres à un programme spécial de développement sanitaire et social dans des zones choisies - et un dixième d'entre elles devraient être prises parmi celles qui ont le plus fort taux de mortalité, dans les quartiers ouvriers et les concentrations industrielles.
Les propositions les plus radicales du rapport concernent le domaine de la politique sociale. Celuici recommande en effet que les allocations familiales soient augmentées de 5,5 pour cent du salaire moyen pour les ouvriers de l'industrie (soit
5,70 livres par semaine, bre 1979). Cela pourrait avoir une incidence non négligeable sur le débat en cours concernant le rôle du
LES ACCIDENTS MORTELS DES ENFANTS
Classes sociales
-IV
TIN
ILIM
44,5
56,3
66,2
122.0
63,1
21,4
24,9
35,1
D'une façon générale, la mortalité infantile a baissé au cours des 20 dernières années et pour les tous les groupes d'âge, sauf celui de 10 à 14 ans mentation. Mais il existe toujours d'importantes différences entre les dif férentes classes sociales. Par exemple, les garçons sont deux fois plus susceptibles de mourir entre 5 et 9 ans s'ils appartiennent aux classes sociales que s'ils appartiennent aux classes I et II. Quant aux filles des classes IV et V, elles sont deux fois plus susceptibles de mourir entre 1 et 4 listes: le rapport compétentes lement obligées d'assurer des soins quotidiens aux enfants de moins de ne fait aucune proposition pour les enfants qui n'ont aucun spécifique. Des repas fournis pour tous les enfants - et le rapport explique que le coût de ces mesures pourrait être compensé par l'établissement d'un impôt supplémentaire les hommes mariés qui n'ont pas d'enfants ni de parents à
Camberwell est un quartier ouvrier si-