Inprecor 1974–2004

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NICARAGUA

Une nouvelle avancée de la révolution au Nicaragua : résolution du Secrétariat unifié de la IVe Internationale

· Inprecor n° 87-88, 30 octobre 1980 · p. 28-32 · 4 796 mots

Nicaragua IVe Internationale Amérique centrale

Résolution du endant les treize mois écoulés

P depuis le renversement insurrec-

tionnel de Somoza, le processus révolutionnaire s'est approfondi au

D'avril à août 1980, de nouveaux pas importants ont chis. L'ensemble des mesures économiques et sociales prises par le FSLN, sa volonté de ne pas transiger face aux exigences de la bourgeoisie sur des questions politiques de première importance (telles que la composition du Conseil d'Etat et à plus forte raison l'organisation d'élections), la consolidation de son hégémonie dans l'exercice du pouvoir politique, tout cela traduit l'avancée de la révolution.

La situation spécifique de dualité de pouvoir créée en juillet 1979 n'a toutefois pas encore été résolue. Mais son dénouement approche. L'épreuve de forces décisive avec la bourgeoisie se profile, dans un contexte marqué par l'extension de la guerre civile au Salvador et par la détermination de l'impérialisme américain de briser la montée révolutionnaire en Amérique centrale.

1 La lutte armée conduite par le

FSLN, la grève générale et final'insurrection laire - avec le milices populaires et des CDC - ont débouché sur une situation de dualité de pouvoir spécifique. Comme dans toute situation de dualité de pouvoir, il n'y a pas dès l'origine partage à parts égales de l'autorité : les rapports de forces entre classes et les résultats mêmes du combat contre la dictature concentrent, dès juillet instruments de coercition de l'appareil d'Etat, la nouvelle armée (EPS) et la nouvelle police, entre les mains du FSLN. Ce dernier met à l'écart les conseillers militaires et les policiers panaméens. Il impulse la formation des milices. Fort de ce contrôle, le « reconstruction nationale ».

Cette exclusion des forces bourgeoises de toute emprise sur l'appa-. reil de répression étatique et leur faiblesse sur le plan institutionnel et

Une nouvelle avancée

de la révolution au Nicaragua

Secrétariat unifié de la IVe politique expriment la particularité de ce partage très inégal de l'autorité. Ceci se reflète dans le gouvernement de coalition installé le 19 juillet 1979.

La bourgeoisie, organisée dans le COSEP et ses diverses associations professionnelles, détient une série de positions qui trouvent leur prolongement sur le terrain du pouvoir politique. Elle maintient une significative dans des secteurs de l'appareil d'Etat (administrations, appareil judiciaire, ministères) et une représentation effective au sein de la Junte de reconstruction nationale (Robelo et Chamorro). Elle dispose d'assises économiques importantes, vu la portée relativement limitée des mesures d'expropriation des biens de Somoza et de ses alliés.

Bien qu'ayant peu d'atouts en mains, la bourgeoisie anti-somoziste vise à utiliser ses postes dans l'appareil d'Etat et le gouvernement comme son implication dans la lutte contre Somoza pour se hisser, avec l'aide de la haute hiérarchie catholique et de La Prensa , au rang de véritable partenaire du FSLN. Elle tente d'exploiter son contrôle de larges secteurs de l'économie (80% de l'industrie et 75% de l'agriculture) pour assurer la suprématie de l'économie de marché, pour obtenir des concessions politiques et institutionnelles. Elle compte pour cela sur l'appui de l'impérialisme et des bourgeoisies latino-américaines.

Le FSLN lui-même déclare fin septembre 1979 : «De fait, le secteur financier et économique de l'Etat — à l'exception de l'éxecution de la réforme agraire - est aux mains de la bourgeoisie... ».

La réponse du FSLN aux différentes phases de la bataille de classes a pour résultat de réduire encore davantage les bases d'appui de la bourgeoisie sur le plan intérieur.

2 Durant l'automne 1979, le

FSLN complète les premières mesures d'expropriation du secteur somoziste. Il crée l'IRENA (Institut national des ressources naturelles),

Nicaragua Internationale nationalise, après les banques, le système d'assurances et de réassurances (ce qui donne à l'Etat un plus large contrôle sur le secteur financier), nationalise les industries minières, et intègre par le décret du 3 novembre 1979 l'ensemble des entreprises d'Etat chargées de l'exportation et de la distribution sur le marché intérieur de produits clés pour les échanges commerciaux (coton, café, sucre, viande, produits de la mer, aliments de base, engrais et produits agro-chimiques, banane pétrole).

Parallèlement, après la démission du gouvernement début décembre, le FSLN renforce son contrôle direct sur les ministères centraux, avec la nomination d'Humberto Ortega au ministère de la Défense et d'Eden Pastora comme vice-ministre chargé de la constitution des milices, d'Henry Ruiz au ministère de la Pla nification, et de Jaime Wheelock à la tête du MIDA, ministère devant centraliser les secteurs de la production et de la transformation des produits agricoles. L'effort de mobilisation et d'organisation des masses est constant au sein des travailleurs agricoles et des paysans pauvres, de la classe ouvrière, de la jeunesse et des femmes.

L'ensemble de ces décisions traduisent la volonté du FSLN de développer les germes du nouveau pouvoir apparus lors de l'insurrection populaire (les CDS, l'EPS, et les milices) et d'élargir son contrôle sur les éléments d'un appareil d'Etat désarticulé.

• Pour tenter d'associer la bourgeoisie anti-somoziste à la tâche de « reconstruction nationale » et pour obtenir des crédits des institutions financières internationales et des gouvernements impérialistes, le FSLN accorde des concessions effectives aux industriels et aux propriétaires : reconnaissance explicite du rôle du secteur privé dans le « plan de réactivation économique », crédits aux entreprises privées, unification du taux de change, vente de devises, conventions passées avec les entreprises sur le prix d'achat des produits

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et sur la croissance des salaires... Fin 1979 et début 1980, le FSLN fait campagne sur le thème de l' « unité nationale ». Mais, les contradictions qui mûrissent dès les premiers mois de l'année 1980 précipitent les échéances. a) Sur la lancée de leur victoire contre Somoza, les ouvriers agricoles et les paysans pauvres développent dès le début 1980 des mobilisations contre les opérations de sabotage du patronat et des gros propriétaires, pour l'extension du contrôle étatique sur l'industrie, pour l'augmentation des salaires et l'amélioration des conditions de travail, pour l'exercice plein et entier des droits syndicaux, pour la confiscation des terres non cultivées et l'approfondissement de la réforme agraire. L'aspiration à une augmentation des salaires directs répond à la chute du salaire réel en 1978-79 et à l'inflation des derniers mois. Elle est d'autant plus forte que les travailleurs éprouvent le sentiment de leur propre force, et que la diffusion du salaire social est trop lente pour freiner les revendications salariales. b) La contrebande capitaliste en direction de Costa-Rica et du Honduras, les opérations de sur-facturation des importations et de sous-facturation des exportations se multiplient. Le volume des importations est difficilement contrôlable. Tout ceci est facilité par les liens étroits qui unissent les organisations professionnelles patronales nicaraguayennes à leurs partenaires Marché commun centraméricain.

Le manque effectif d'offre de produits de consommation, en particulier de produits agricoles et de produits manufacturés, crée un terrain favorable aux marchés parallèles, à la spéculation et nourrit l'inflation. Les importations nécessaires pour contrecarrer ces tendances accentuent les déséquilibres de la balance des paiements. Le contrôle des prix « connaît de sérieuses difficultés... L'Etat ne contrôle pas un segment dominant de la distribution et ne peut donc disrationnellement l'offre des biens de base. Ainsi, les lois du marché fixent non seulement des prix qui favorisent les intermédiaires et non pas les producteurs, mais encore rétablissent des canaux de distribution orientés vers les couches sociales ayant des revenus supérieurs... Par ailleurs, les mécanismes populaires de contrôle de l'approvisionnement, pour lesquels les CDS devaient avoir un rôle central, ne se sont pas développés. » (ministère de la Planification - 15 mai 1980 -Bilan du premier trimestre du Plan). c) Des secteurs importants de l'économie aux mains des capitalistes et des propriétaires ne répondent pas aux exigences du Plan, en dépit d'une débauche de « Les informations dont on dispose sur le secteur privé sont très limitées. On considère que ses investissements propres sont tout à fait minimes, ce

One permettra pas d'atteindre l'objectif de 470 millions de cordobas. » (ministère du Plan). La sous-utilisation des capacités productives est importante. Pour la seule cons-

(dépendant de la Chambre nicaraguayenne de la Construction), elle est estimée à 77% pour le premier trimestre 1980. Les effets de cette stagnation des ments sur l'exportation et développement de l'emploi ne peuvent qu'être négatifs.

mesures prises en pement économique reste peu maitrisée, du fait du poids prédominant de la propriété privée, du contrôle encore insuffisant de l'ensemble de l'appareil d'Etat et des contradictions inhérentes à un projet « d'économie mixte ». Parmi les insuffisances de la politique économique relevées par le ministère du Plan, il faut souligner : « Une surestimation de la capacité de l'Etat : on partait de la prémisse qu'il existait une direction économique centrale suffisante du secteur financier... », alors que « l'Etat s'est vu dominé dans les faits par une politique à court terme, cherchant à étendre en général toutes les sphères de l'économie, à satisfaire toutes les classes et tous les groupes sociaux, sans reconnaître les limites et les contradictions... » Distribution de lait dans les zones de la réforme agraire

4 Les tensions engendrées par les exigences des masses et les contradictions économiques s'accentuent au cours du premier semestre 1980. La direction du FSLN y répond par de nouvelles initiatives et non par un repli économique et politique. a) Dès février sont exposées les grandes lignes de l'organisation des milices populaires. b) En mars, sont adoptés des décrets permettant de sanctionner commerçants, industriels et propriétaires fonciers, pour faire échec aux opérations de fuite des capitaux et aux sabotages de toutes sortes. La campagne se développe pour que les travailleurs s'opposent aux sabotages et prennent des mesures de contrôle ouvrier. Contre la spéculation, le

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FSLN stimule le contrôle populaire

Fin mars est engagée pour cinq mois la vaste campagne d'alphabétisation qui constitue non seuleexceptionnel de politisation et d'organisation dizaines de milliers de jeunes alphamais permet surtout de consolider l'influence du FSLN parmi de larges couches de travailleurs agricoles et de paysans pauvres, et de renforcer ainsi le dispositif de mobilisation populaire. d) Les occupations de terres par travailleurs agricoles sont reconnues. Un maximum est fixé pour le loyer de la terre, pour les terres consacrées à la production céréalière et cotonnière. Un important effort prend forme pour élargir l'organisation des petits des paysans pauvres et du agricole (coopératives, élargissement de l'ATC).

Après l'assassinat d'Oscar Romero, le FSLN dénonce violemment la Junte militaire du Salvador et renforce encore la solidarité avec les organisations membres de la Coordination révolutionnaire.

cubain est affirmée avec force. Des délégations du FSLN se rendent en URSS et dans les « démocraties populaires ». Dans le contexte d'une tension entre Cuba et l'impérialisme américain, accrue par la montée révolutionnaire en Amérique centrale et dans la Caraïbe, l'évolution de la politique étrangère sandiniste constitue un nouveau facteur de conflit entre la bourgeoisie et le FSLN.

5 L'ensemble de ces mesures suscite de vives réactions au sein de la bourgeoisie qui d'entente avec le FSLN réduit comme une peau de chagrin. Elle exige que soient réglés les rapports entre travailleurs et patrons et qu'il soit mis fin à toute incursion dans le domaine de la propriété privée. Elle dénonce les prérogatives croissantes des CDS étroitement liés au FSLN « qui contredisent l'existence d'un Etat de droit et accoutument les citoyens à résoudre leurs problèmes en dehors des canaux institutionnels normaux que la Loi sanctionne et protège » (Document du COSEP).

Elle tend ses énergies pour relancer sa principale formation politique, le MDN, dirigé par un membre de la Junte, Alfonso Robelo. Elle vise à resserrer ses liens avec la petite et la moyenne bourgeoisie, entre dans le commerce et l'agriculture. Elle cherche à tirer parti de ses relations avec l'impérialisme et les bourgeoisies latino-américaines pour faire des prêts financiers un élément de consolidation du secteur capitaliste et une arme politique dans le sens d'une subordination du programme socio-économique du FSLN à ses exigences. En mars, elle concentre son attaque contre la politisation de la campagne d'alphabétisation et sur la d'organiser des « élections libres et démocratiques ».

C'est dans ce contexte que s'engage la bataille sur la composition et la nature du Conseil d'Etat dont la convocation est fixée pour le début du mois de mai. Le FSLN riposte à la campagne du MDN et de Robelo en soulignant la participation de « dernière heure » de la bourgeoisie antisomoziste au combat contre la dietature et son propre rôle hégémonique dans la conduite de la révolution. Il met l'accent sur les conditions sociales et économiques effectives de la démocratie pour les masses, sur le sabotage économique orpar les capitalistes qui s'abritent derrière des professions de foi « démocratiques ».

Le FSLN ne recule pas. Il s'assure avec les organisations de masse une majorité dans le Conseil d'Etat dont le rôle purement consultatif est en outre réaffirmé. Dès l'annonce de la composition du Conseil, Robelo, représentant du secteur privé au sein de la Junte de reconstruction, donne sa démission le 22 avril, comme Violeta Chamorro l'avait déjà fait trois jours plus tôt. L'archevêque Obando, dans la foulée, demande aux prêtres investis de charges officielles de démis-

Confronté à cette crise ouverte de la coalition, à cette nouvelle exacerbation des antagonismes dans la situation de l'Etat, propre à un dualisme de pouvoirs, le FSLN maintient son projet de constitution du Conseil d'Etat. Il indique clairement sa volonté de renforcer sa position sur le terrain politique et institutionnel et accentue sa dénonciation

Il annonce en même temps son respect de « l'économie mixte », du « pluralisme politique », la levée de l'état d'urgence qui venait d'être prolongé jusqu'en avril 1981 et une série de mesures législatives (loi de Amparo) visant à rassurer le secteur privé. Acculé, le COSEP finit par envoyer ses représentants à la séance inaugurale du Conseil d'Etat le 4 mai. Le 20 mai enfin, la direction du FSLN désigne elle-même, à la grande indignation du COSEP devant cette manifestation d'autorité, les remplacants de Chamorro et Robelo au sein de la Junte : Rafaël Cordova, leader du Parti conservateur démocratique et membre de la Cour suprême de justice et Arturo Cruz, directeur de la Banque centrale et ancien collabora-

La vérification des rapports de forces faite à l'occasion de la crise ouverte par le départ de Robelo provoque des déchirures et sème le désarroi dans les rangs de la bourgeoisie.

Forte des points marqués dans cette épreuve de forces politique d'ampleur avec la bourgeoisie, la direction du FSLN repropose, dans ce nouveau contexte, la participation de la « bourgeoisie patriote » à l'effort de reconstruction. Cette dernière est contrainte d'utiliser au mieux ses positions dans la production et les ressources que peut lui fournir l'impé-

Get les bourgeoisies latino-américaines. C'est dans ce cadre que, pour la bourgeoisie, la nomination de Cruz et Cordova prend son sens. Les milieux financiers internationaux enregistrent positivement cette nomina-

La procédure de leur accession à la Junte, par désignation pure et simple du FSLN, traduit la modification du rapport de forces au détriment de la bourgeoisie. au secteur privé ils n'ont pas la même représentativité que Robelo et Chamorro. Leur présence dans l'appareil gouvernemental traduit le compromis instable que le FSLN tente de prolonger après la crise d'avril avec le secteur privé et les institutions financières impérialistes.

Cruz explicite à La Prensa son projet politique : « Je crois fermement que tout gouvernement... doit être le produit d'une élection populaire... J'ai déjà dit qu'ont été capitalisées positivement tant l'action entreprise par Alfonso Robelo que les initiatives du COSEP. On a supprimé la loi d'urgence et promulgué la loi de Amparo et je crois sans le moindre doute que la décision ferme du gouvernement est de rendre effectif un système d'économie mixte. » (26 mai 1980). Le COSEP se raceroche finalement à cette nomination pour conserver un point d'appui au sommet des institutions étatiques.

7 Les concessions faites par le

FSLN après avril sont fonction du rapport de forces. Elles ne marquent pas la substitution de la paix de classes à la lutte de classes. Rapidement, les tensions sociales et économiques mettent à l'ordre du jour de nouveaux affrontements. Le FSLN utilise sa position de force pour contrer le secteur privé.

Les progrès de la réforme agraire posent avec acuité un triple problème :

— ils développent le besoin de terres des petits paysans et des paysans

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nées risquent soit de désorganiser la production, soit de rendre très difficile l'intégration efficace des terres occupées à la réforme agraire ;

- ils accentuent la nécessité pour l'Etat de disposer d'une surface suffisante de terres cultivables pour que la centralisation des activités de production et de transformation soit la plus efficace possible;

- ils mettent en évidence le besoin de coordonner étroitement le secteur coopératif et le secteur étatique, ainsi que d'assurer au MIDA un maximum sur le surplus C'est pourquoi une stabilisation ou une pause dans la réforme agraire sont impossibles. Jaime Wheelock l'expose clairement le 14 juillet, dans un bilan d'ensemble de la révolution dans les campagnes : « ... il est nécessaure de chercher des aires d'expansion pour le secteur étatique, étant donné que les fermes que nous possédons actuellement sont presque toutes separées, on pourrait dire anarchiques, ce qui provoque des problèmes éconode temps, d'administration, et de développement énormes. » Il conclut à propos des occupations sauvages de terres que « les terres dont dispose l'Etat sont déjà insuffi-

En outre, les principales faiblesses économiques révélées au premier trimestre cond. Le besoin d'une industrie d'Etat dans les secteurs névralgiques (agrochimique par exemple) se fait sentir avec urgence. La nécessité « d'une nouvelle conception » du Plan pour l'année 1981 est annoncée, le 23 août, par Humberto Ortega lors du grand rassemblement clôturant la première étape de la campagne d'alphabétisa-

Après avoir repris son souffle, la bourgeoisie relance sa campagne pour des élections libres et une Assemblée

1981. Elle espère de larges franges de la petite et moyenne bourgeoisie. Elle régions, pour constituer une sition avec des secteurs de la paysannerie. Elle mise sur une défaite des ouvriers, des paysans et des organisaainsi que sur l'aide directe ou indirecte de l'impérialisme pour tenter de rétablir ses positions. Des secteurs du COSEP se trouvent mêlés à des tentatives de subversion, notamment celle conduite par l'ancien ministre de la

8 La riposte du FSLN démontre

June fois de plus qu'il n'est pas prêt à laisser piétiner la révolution.

pauvres; or les occupations désordon- a) Le 19 juillet, à l'occasion de l'anniversaire de la révolution, il annonce que pourront désormais expropriées toutes les terres laissées en friche ou mal cultivées. Cette décision constitue une arme nouvelle contre les propriétaires qui préfèrent laisser leurs terres en friche plutôt que de les louer à bas prix conformément à la réglementation des loyers de la terre. Elle est susceptible, dans le cadre du développement de la lutte des classes à la campagne, de renforcer l'audience de la révolution auprès des paysans pauvres et des salariés agricoles. Le 11 juin, contre la volonté du COSEP, un décret-loi impose une augmentation du salaire minimum. Cette décision fait suite au lancement d'un « Plan de lutte » de l'ATC et de la CST. Le contrôie étatique est établi sur l'importation et la distribution du pétrole. Pour diminuer le volume des importations, l'allocation de devises aux capitalistes b) Les milices populaires, sont développées dans les entreprises et les fermes au cours des derniers mois, populaire sandiniste (EPS) au cende la célébration du premier anniversaire de la révolution, le juillet. Afin de donner tout son sens à la mobilisation contre la réaction d'encourager la populaire, ce sont les milices qui sont appelées à combattre les commandos contre-révolutionnaires aux frontières du Honduras et les complots des c) Le 23 août, devant des dizaines de milliers de jeunes alphabétiseurs, Humberto Ortega rend publique la réponse de la direction sandiniste à la campagne de la bourgeoisie en faveur des élections et de l'Assem-

«1) Pour le Front sandiniste, la ne se mesure pas uniquement par les élections. quelque chose de plus, de beaucoup plus. Pour un révolutionnaire, pour un sandiniste, elle signifie la participation du peuple aux affaires politiques, économiques, sociales et culturelles. Plus le peuple prendra part à tout cela, plus ce sera démocratique. Et il faut dire une fois pour toutes que la démocratie ne commence ni ne se termine avec les élections. C'est un vouloir réduire la démocratie à cette condition. La démocratie commence sur le terrain économique, commencent à s'affaiblir, quand les travailleurs, les paysans améliorent leur niveau de vie. prend sa source la véritable démo-

«Une fois ces objectifs atteints, elle s'étend aussitôt à d'autres terrains : elle s'élargit à la sphère du gouvernement; quand le peuple influe sur le gouvernement, quand le peuple détermine son gouvernement, que cela plaise ou non.

dans une phase plus avancée, démocratie signifie participation des travailleurs à la direction tives et des centres culturels. résumer, la démocratie c'est l'intervention des masses dans tous les aspects de la vie sociale. Nous soulignons ce qui précede pour établir sur une base de principe ce que le par démocratie. sandiniste reconnaît moins la critique constructive comme la seule critique féconde. La divergence et le pluralisme continueront à être des composantes essentielles de la démocratie Mais il signale que les critiques dont il faut tenir compte sont fondamentalement celles que fait le peuple travailleur, parce que ce plus désintéressées, authentiquement sincères et révolutionnaires

*2) La direction nationale du FSLN réaffirme devant le peuple nicaraguayen et devant le monde, que le processus révolutionnaire que vit actuellement notre pays, n'a pas

• retour et continuera sa marche jusqu'aux ultimes conséquences. Il ne doit pas y avoir le moindre doute sur le fait que c'est une révolution qui est aujourd'hui en marche, que c'est pour faire une révolution que le FSLN a pris le pouvoir à la tête du peuple nicaraguayen le 19 juillet 1979, après 28 ans de lutte et au prix de presque 100000 morts.

«3) La responsabilité que nous avons assumée dans la conduite la guerre de libération nous a conduits a étudier la réalité concrète de notre pays. Nous sommes paruenus ainsi à apprécier l'état d'arriération et de destruction économique, el morale dans lequel la pays. C'est pourquoi avons affirmé avec sérieux que devait s'ouvrir après la victoire un processus de reconstruction nationale comme premier grand pas de la Révolution au pouvoir, Front sandiniste, comme authentique avant-garde et comme guide du peuple nicaraguayen, a décidé d'installer une Junte de gouvernement qui organisera et dirigera la gestion gouvernementale, appuyée sur le travail du peuple, pour permettre la reconstruction nationale.

«5) Un an après la Révolution, nous pouvons affirmer responsablement que le retard et la destruc tion économique, sociale et morale du pays sont d'une telle ampleur et d'une telle profondeur, qu'on ne peut attendre que le pays se reconstruira avant 1985; c'est pourquoi la

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direction nationale du FSLN a décidé que la Junte de gouvernement devra continuer en l'état à la tête de la gestion gouvernementale jusqu'en 1985.

«6) Notre peuple travailleur, nos ouvriers et paysans, nos jeunes et les techniciens et entrepreneurs patriotes dévoués à la reconstruction nationale devront se préparer en 1985 à choisir le programme de gouvernement et les meilleurs hommes du pays, qui, chargés du gouvernement, devront continuer à impulser les tâches de notre Révolution... »

Enfin, trois nouvelles lois permettent d'intervenir contre les menées de la bourgeoisie sur divers terrains. La désignation de candidats pour les élections est interdite avant que le corps électoral ne soit constitué en 1984. Lescampagnes d'information favorisant les mouvements speculatits et le marché noir sont neutralisées par l'instauration d'une censure frappant ce type d'informations. Enfin, affrontements militaires frappée par l'application d'un décret

Le cours des événements depuis avril a miné le projet que pouvait représenter pour la bourgeoisie l'entrée de Cruz et Cordova dans la Junte.

9 L'ensemble de ces dispositions marque un nouveau pas en avant de la part de la direction sandiniste. Elles démontrent le rétrécissement entre le FSLN et des secteurs significatifs de la bourgeoisie.

La constitution d'un Conseil d'Etat consultatif à majorité ouvrière et paysanne, le refus d'obtempérer aux exigences du COSEP pour la nomination des remplaçants de Robelo et Chamorro, le rejet des requêtes de la bourgeoisie concernant l'organisation d'élections pour 1981 et, parallèlement, l'affirmation que le pouvoir prédomine sur les élections qui, de fait, pouvoir des organismes de masse, l'affirmation répétée de la prééminence de la direction nationale du Front sur les organes gouvernementaux officiels, l'approfondissement de la réforme agraire et la généralisation des milices, tous ces combinés démontrent l'existence au Nicaragua d'un gouvernement qui s'appuie sur les ouvriers et les paysans, affirme ouvrier et paysan, bref épisode vers

En effet, l'épreuve de forces décisive entre les classes n'a pas encore eu lieu. Le dénouement de la situation qui alors impliquera un changement de la nature de classe du pouvoir d'Etat, la socialisation des principaux moyens de production, la centralisation par le Plan de l'accumulation -est encore devant nous.

La révolution nicaraguayenne a pu mettre à profit la crise de l'impérialisme et l'accentuation, qui en découle, des contradictions inter-bourgeoises à l'échelle nationale et internationale. L'existence de l'Etat ouvrier cubain constitue une aide importante pour le succès de la révolution nicaraguayenne. Cette dernière à son tour, ouvre une brèche dans l'encerclement impérialiste de la révolution cubaine, depuis 20 ans.

Le FSLN a pu utiliser, dans cette première étape, cette situation internationale pour améliorer les rapports de forces avec l'ennemi intérieur et extérieur. Mais les progrès mêmes de la révolution nicaraguayenne et ses effets en Amérique centrale et dans la Caraibe contribuent à modifier ce contexte. Les possibilités de manœu-

L'impérialisme américain pas prêt à accepter l'extension révolution socialiste dans cette région. Il multiplie les efforts pour consolider le pouvoir de la bourgeoisie au Honduras et au Guatemala, pour aider la Junte salvadorienne à briser la montée révolutionnaire, pour forger une alliance entre les forces réactionnaires d'Amérique centrale, le Vene-

Parallèlement, il continue à jouer des crédits pour donner de l'oxygène à la bourgeoisie nicaraguayenne, pour tenter de conforter ses bases dans la perspective des combats futurs dont l'ampleur et les formes seront largement déterminées par l'issue de la révolution salvadorienne. 10 Depuis un an, la direction san-

La affronté victorieusement les épreuves et répondu à chaque nouveau défi de la bourgeoisie par une nouvelle avancée de la révolution.

Les travailleurs et les paysans, sous la direction du FSLN, n'accepteront pas de voir leurs conquêtes menacées par la contre-révolution. Ils sauront se mobiliser pour défendre leurs acquis et ainsi aider la lutte des peuples d'Amérique centrale. Ils n'accepteront pas davantage de voir, d'une part, se renforcer leurs organisations et leur pouvoir de décision dans la sphère politique et, d'autre de se heurter sur les lieux de travail à l'autorité patronale et aux entreprises de sabotage des proprié taires privés.

Le contrôle ouvrier sur la pro- 28 septembre 1980 duction et la nationalisation des secdeviendront chaque jour plus nécessaires à une planification effective de la production et à une distribution maîtrisée des richesses

A la campagne de la bourgeoisie en faveur d'élections libres la direction sandiniste a justement répondu que la démocratie réelle pour les masses commence sur le terrain économique (par l'abolition de l'exploitation et de l'oppression) et sur celui de l'éducation (avec l'alphabétisation et le droit à l'instruction). Mais toutes ces expériences historiques montrent que cette démocratie, pour s'amplifier, doit se fonder sur les organisations de masses : les comités, les milices, les syndicats, les associations.

La lutte pour approfondir le processus révolutionnaire passe par :

- le renforcement des organisations de masse et de leur capacité à exprimer fidèlement la volonté collective des travailleurs comme de mobiliser les forces vives de la révolu-

- le fonctionnement démocratique de ces organes, possibilité pour les divers courants du mouvement ouvrier de s'y exprimer et le droit pour les travailleurs eux-mêmes de décider des grandes options de leurs organisations comme d'en élire les directions à tous les niveaux; cette démocratie ouvriere est essentielle pour aboutir à l'unification syndicale qui assurerait une implantation majeure du FSLN dans par la centralisation d'organes de démocratie prolétarienne, à travers lesquels les masses tranchent sur les questions politiques, sociales et économiques centrales et élisent au niveau national des représentants révocables. L'extension des fonctions des CDS et des organes unitaires (Assemblées de réactivation économique, ARE) et leur tueraient un pas dans ce sens.

L'avant-garde reconnue de la révolution nicaraguayenne s'est forgée au sein du Front sandiniste et à travers son combat de longue haleine contre la dictature. Les tâches de la révolution posent à cette avant-garde consciente le problème de sa constitution en un parti. Seule la centralisation démocratique de ce parti peut assurer la plus grande unité dans l'action et le libre débat nécessaire pour affronter les épreuves futures.

La IVe Internationale réaffirme son soutien à la révolution guayenne dirigée par le FSLN. Elle s'engage à poursuivre sa campagne de solidarité internationale développée tout au long de la dernière année dans de très nombreux pays.

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