L'essai le nie de dare connaît le niveau de chômage le plus élevé — selon les chiffres officiels, il approcherait les 13% de la population active - et les conséquences les plus graves sur son mouvement ouvrier. La lutte contre le chômage est une tâche fondamentale qui met à l'épreuve les diverses orientations des organisations ouvrières. La ligne du
Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et de l'Union générale du travail (UGT) est contenue dans l'Accord cadre interconfédéral (AMI), qui est la dénomination pudique du « pacte social » signé fin 1979 entre PUGT et l'organisation patronale CEOE. Pour caractériser le de ce pacte, il suffit de mentionner que son
« programme maximum » est dans les faits l'obtention de la journée de 14 heures pour 1982 (!), et cela sur la base de l'amélioration de la productivité, et des augmentations de salaires inférieures à l'augmentation du coût de la vie, etc.
Les Commissions ouvrières (CCOO), de leur côté, n'ont pas signé l'AMI, mais la ligne officielle de cette centrale syndicale présente comme une alternative un
Andreu FIGUERES
Tous les jours, 1 500 travailleurs perdent leur emploi dans l'Etat espagnol. Les projets patronaux prévoient même un accroissement de ce rythme. Ces projets constituent la forme traditionnelle selon laquelle le capital trouve des solutions à une situation de crise généralisée et durable. Dans de situation, chaque pays,' ce genre chaque entreprise doit lutter pour survivre et les plus faibles sont condamnés. Sur le marché intérieur comme à l'échelle internationale, ce sont les entreprises les plus compétitives qui se maintiennent, celles dont la productivité est la plus élevée. Mais en même temps qu'il leur faut augmenter leur productivité, il faut le faire, vu la situation de surproduction, en maintenant la production globale à son niveau et même en en diminuant le volume. Le moyen d'atteindre ces deux objectifs est la réduction de la main-d'œuvre et l'augmentation de la productivité de celle qui reste. Les entreprises qui ne supportent pas cette lutte disparaissent. Ces deux mécanismes qui entraînent le chômage sont ceux qui permettent d'augmenter la productid'Europe occidentale qui polémique avec la ouvrières. C'est cet Solidarité nationale ou solidarité vité des entreprises et du système dans son ensemble.
L'augmentation constante de la productivité, à laquelle est attaché le patron particulier et le patronat dans son ensemble, amène une remise en cause des acquis du mouvement ouvrier dans les entreprises. La remise en cause la plus importante est sans nul doute l'élimination de l'excédent de main-d'œuvre par le biais des licenciements massifs, par un processus de licenciements individuels ininterrompu ou par le non-remplacement des postes de travail laissés va-
Ce problème-clef de la tactique patronale n'est ni posé dans le Plan de solidarité nationale (PSN). De sorte que, après quelques analyses générales, la compétitivité des entreprises et le non-maintien de l'emploi à son niveau est donné comme étant acceptable par les travailleurs. Ce qui est également accepté, c'est la négociation de la proaux conditions suivantes : - la négociation doit s'effectuer hors du cadre de la convention - contrôle effectué par les sections syndicales et les comités ; - « la distribution des bénéfices obtenus de l'amélioration de la
ETAT ESPAGNOL prétendu Plan de solidarité nationale contre le chômage
(PSN) dont les objectifs ne vont guère plus loin que ceux formulés dans l'AMI. C'est la direction syndicale des
Commissions ouvrières elle-même qui confesse à la fin de son document que « ses effets réels sur l'augmentation du niveau de l'emploi sont douteux », ce qui, dans chômeurs approche les
2 000 000, constitue un véritable aveu d'impuissance.
La section espagnole de la IVe Internationale, la
LCR, a commencé une campagne sous le mot d'ordre général de « 35 heures : Travailler moins pour travailler tous ! » Cette campagne doit s'étendre sur plusieurs mois et sera rythmée par plusieurs meetings de propagande et d'agitation, tant de caractère général comme en relation avec des problèmes régionaux et sectoriaux; et aux luttes qui se développent sur ce terrain. Dans le cadre de cette campagne, la revue politique de la LCR,
Comunismo, publie dans son numéro 3 un article qui, position officielle des Commissions article que nous reproduisons ci-desde classe P productivité doivent être utilisés à la consolidation et à l'accroissement du nombre des postes de travail, à l'augmentation des salaires réels, et à la distribution d'un dividende aux actionnaires » ;
- l'amélioration de la productivité à doit être intimement liée l'amélioration des conditions de travail ;
- une série de garanties pour que l'accord soit réalisé.
Pour résumer, il s'agit d'une des accords de productivité qui, bien qu'il soit question de les négocier en marge des conventions collectives, admet qu'ils soient liés au salaire. Cette acceptation indiscriminée signifie que, derrière les mots de contrôle et de garantie, derrière ces phrases abstraites sur l'amélioration ininterrompue des tions de travail, on accepte de négocier l'augmentation des cadences qui, en plus d'une accentuation de l'exploitation des travailleurs, suppose de main-d'œuvre et par là du chô-
La solution proposée par les rédacteurs du PSN devant les effets négatifs de l'augmentation de la productivité sur l'emploi, est que les bénéfices dégagés doivent aller vers la
consolidation et même l'extension du nombre des postes de travail. Il s'agit là de la vieille rengaine des dirigeants des Commissions ouvrières qui prétend parvenir à quelque chose d'aussi invraisemblable que la quadrature du cercle : dans une situation de surproduction, toute augmentation de productivité implique un excédent de main-d'œuvre. C'est pour cela que la position des Commissions ouvrières est totalement dépourvue de réalisme. Dans de nombreux cas, les patrons, derrière leurs promesses maintien du nombre des postes de travail et d'augmentation immédiate des salaires, peuvent cacher un plan d'augmentation de la productivité pour, une fois obtenue l'acceptation de ce plan par la direction des Commissions ouvrières, obtenir a posteriori une réduction des effectifs, ouverte ou masquée. Dans une situation de ce type, l'unique proposition réaliste pour empêcher l'augmentation du chômage est de s'opposer ouvrières face aux liquidations (1) de A l'usine Chrysler de Madrid.
frontalement a l'augmentation de laa productivité. Cette ligne générale est à l'opposé de celle qui est défendue
Un cas spécifique d'augmentation de la productivité, et qui doit , être traité comme tel - ce que le document se garde bien de faire - est celui qui est lié aux innovations technologiques. Ces innovations, dans de nombreux cas, entraînent une amélioration des normes de sécurité et des conditions de travail ; il n'est pas possible de s'opposer à leur introduction, mais elles constituent néanmoins une menace pour l'emploi. La seule façon pour que ce progrès se fasse totalement au bénéfice des travailleurs et que soit écartée la menace' que cela suppose pour l'emploi, est qu'il soit compensé par une réduction du temps de travail tendant à réintégrer la main-d'œuvre excéden-
L'orientation des Commissions
AFILIATE ча Лано Сову
CC. 00. 1
petites ou moyennes entreprises a été de négocier les licenciements tout en essayant d'obtenir les indemnités les plus élevées. A la suite de la publicades derniers décrets gouvernementaux et vu la situation du Fonds de garantie salariale (2), on ne les obtient même pas. Le document de la Commission exécutive fédérale des Commissions ouvrières accepte cette situation et l'intègre à son programme quand elle écrit : « La négociation avec ces entreprises (petites et moyennes, ne dépendant pas financièrement d'entités banquaires d'autres grandes entreprises) pourrait faciliter la préservation d'un certain pourcentage des postes de travail. » Et comme l'opposition du syndicat à tout licenciement dans les petites et comme orientation, il ne reste plus sauver les resLes travailleurs des entreprises moyennes qui vont continuer à chercher à se défendre face à la liquidation de leur entreprise et qui, à eux seuls, n'auront pas la force d'imposer un rapport de forces favorable, vont se retrouver avec des instances supérieures des Commissions ouvrières qui, tout à leurs préoccupations de « solidarité nationale », en oublient la solidarité de classe et la solidarité élémentaire de combat contre tout (1) Les expedientes de crisis que nous avons traduit par « liquidations d'entreprises » constituent le mécanisme légal existant en Espagne pour permettre aux entreprises en difficulté de suspendre leurs activités dans les meilleures conditions possibles pour les patrons et les pires pour les travailleurs. Selon ce mécanisme, l'entreprise déclare la « suspension de ses paiements », dépose son bilan à la délégation du ministère du Travail qui a la faculté légale de l'accepter ou de le refuser. Si elle l'accepte, elle ouvre ce que l'on appelle un expediente de crisis, elle nomme un administrateur officiel qui fait le lien entre l'entreprise, ses créanciers et les travailleurs qui désormais touchent leur salaire du Fonds de garantie salariale. Le patronat utilise fréquemment ce mécanisme comme moyen de chantage contre les travailleurs et tire tous les bénéfices qu'il peut de sa mise en pratique. (2) Le gouvernement a décrété une série de mesures pour limiter au maximum les indemnisations aux travailleurs dans le cadre des expedientes de crisis. Par ailleurs, le Fonds de garantie salariale se trouve pratiquement en situation de banqueroute et il ne procède, depuis plusieurs mois, que partiellement aux paiements destinés aux travailleurs en chômage.
Santiago Carrillo dans unmeeting électoral du PSUC. C'est en Catalogne que l'opposition est la plus forte à la politique syndicale des dirigeants du PCE. licenciement. Dans les grandes entre"prises et dans les secteurs-clefs de l'appareil productif, l'orientation est de ne pas s'opposer à la liquidation tout en demandant dès le début l'ouverture de négociations. Dans ce cas, on oublie les nombreuses expériences où la délégation du ministère du Travail s'est vue obligée de refuser la liquidation pour une seule et bonne raison : la pression et la mobilisation des travailleurs.
Parler de négocier la restructuration des secteurs aujourd'hui en crise sans analyser la stratégie patronale et gouvernementale, c'est jeter les bases d'une négociation en position défavorable pour les travailleurs.
Une analyse sommaire de la restructuration des chantiers navals, qui est le secteur affecté depuis le plus „longtemps par ce phénomène, nous éclaire sur la stratégie patronale et gouvernementale et sur ce que devrait être la stratégie du mouvement ouvrier. D'abord, avec les accords de Castellana (3), puis avec la renégociation ultérieure, le gouvernement et les patrons ont marqué plusieurs points dans leur bataille tendant à faire payer les frais de la restructuration aux travailleurs. Tout d'abord, ont été exclus des accords les travailleurs qui disposaient du plus mauvais rapport de forces : les travailleurs du secteur privé où les fermetures d'entreprises et les licenciements massifs avaient déjà commencé. Dans le secteur public, où la classe ouvrière était
IS
•la plus puissante, la situation de « régulation » (4) continuelle de l'emploi, les importantes pertes de pouvoir d'achat des salariés, ont signifié une forte désorganisation et division chez les travailleurs. Et quel piège a été tendu par le gouvernement pour faire reculer le mouvement ouvrier et commencer à attaquer l'emploi? La promesse de création de postes de travail alternatifs (5).
Les dirigeants des Commissions ouvrières ne veulent rien apprendre des faits. Ils sont disposés, dans leur entêtement à faire des propositions « réalistes », c'est-à-dire acceptables sans grand problème par les patrons, à tomber dans le même piège. Ils sont disposés à négocier en prenant pour argent comptant la promesse (3) Les accords de la Castellana ont été signés en août 1979 entre les représentants du gouvernement, les patrons et les centrales syndicales. Le contenu de ces accords se réduit fondamentalement à prolonger une situation de « ré gulation de l'emploi », c'est-àdire que tous les effectifs d'une entreprise, ou une partie seulement cessent de travailler durant un certain nombre d'heures pour une période déterminée, avec perte de salaire correspondante, pour permettre au gouvernement et au patronat d'arriver à leur obiertif central dans ce secteur : gagı. 1 du temps pour épuiser la combativité et entamer l'unité comunista vegi lateva forg fallacieuse de création de postes de travail alternatifs, sans partir du préalable que constitue l'exigence du maintien des postes de travail, et sans garder en tête qu'il faut empêcher la dégradation du rapport de forces par la lutte. Ce n'est que sur la base de ce préalable et avec cette orientation que l'on peut céder un poste de travail pour un poste de travail alternatif, à partir du moment où ce poste est déjà créé et qu'il n'existe pas seulement sur le papier.
La démarche du manifeste électoral (6) de la Commission ouvrière nationale de Catalogne (CONC) sur cette question des liquidations d'entreprises est plus correcte : « Nous proposons une attitude de fermeté face aux liquidations d'entreprises, des travailleurs, avec l'idée d'imposer ultérieurement leurs projets de restructuration complète du secteur concerné. (4) Cf. note 3. (5) L'idée de « poste de travail alternatif » est l'équivalent espagnol de la « mobilité extérieure » largement utilisée par le patronat lors de la lutte de la FIAT en Italie. (6) Les élections aux comités d'entreprise sont en train de se dérouler en Espagne, le manifeste électoral est le document programmatique que présente chacune des centrales syndicales à cette occasion.
sur la base du maintien du niveau de confédération avait faites de l'AMI, l'emploi. » Une attitude que CONC n'a malheureusement pas toujours suivie et qui, par conséquent, risque bien de n'être qu'une décla ration générale surtout destinée à gagner des voix aux élections.
Passer des phrases générales aux actes signifie la mise en œuvre d'une stratégie qui doit être fondée sur les points suivants : - que soit menée jusqu'au bout l'enquête sur la situation réelle de l'entreprise, car de nombreuses liquidations correspondent en fait à des opérations frauduleuses ; que face à une liquidation, l'attitude du syndicat soit de refus absolu appuyé sur la mobilisation des travailleurs. Mobilisation qui peut empêcher que la liquidation soit effective et, même dans le cas où il faille en passer par la négociation, seul moyen pour que le coût en soit moindre pour les travailleurs ; que soient rejetés les chantages des patrons et du gouvernement à l'octroi de crédits conditionnés à un blocage des salaires, à la mobilité de l'emploi, à des clauses de paix sociale, etc. ; que, dans le cas où l'Etat apporte son soutien à l'entreprise, soit exigée la nationalisation sans indemnisation. Pour que les contribuables n'aient pas à supporter seulement le déficit actuel mais puissent récupérer les bénéfices - que, vu les difficultés qui existent pour organiser contre la liquidation dans une seule entreprise isolée, les syndicats organisent la coordination des entreprises du secteur, des entreprises en crise de la région et surtout qu'ils organisent la soavec les entreprises en TRAVAILLER MOINS
POUR TRAVAILLER TOUS
Dans une situation où il y a un excédent de main-d'œuvre, la réponse traditionnelle du mouvement ouvrier face au chômage est toujours partie de l'idée de la répartition de la charge de travail entre toutes les mains disponibles. Voyons comment le PSN réduit à néant le mot d'ordre « Travailler moins pour travailler tous ! »
Temps de travail : l'AMI (7) évalue le temps de travail pour l'année 1980 à 1980 heures, à 1930 (50 de moins) pour 1981 et à 1880 (cinquante de moins) pour 1982. La proposition du PSN, qui passe complètement sous silence les critiques que la fait ce calcul et ajoute seulement sa revendication de 1830 heures (50 de moins) pour 1983. Ce qui veut dire que la confédération ne prévoit de parvenir aux 40 heures que lors des conventions collectives qui interviendront trois ans après la fin de la validité de celle en cours... et même à une date si lointaine, son évaluation prévoit encore 86 heures de plus à l'année en 1983 que la moyenne du temps effectif de travail dans les pays de la Communauté européenne pour l'année 1976...
Si l'on propose de plus que « le rythme de la réduction du temps de compensé par le maintien des rythmes de l'augmentation de la productivité », il n'est alors plus étonnant que le document du PSN finisse par affirmer que « ses effets réels sur l'augmentation du niveau de l'emploi sont douteux ». En fait ils ne sont pas douteux, ils sont nuls. Par contre, ceux qui vont en tirer profit, ce sont les patrons, car si ces derniers diminuent le temps de la journée de travail en compensant cette réduction par l'augmentation de la productiviils abaissent leurs coûts (amortissement des machines, énergie éconoetc.) et ils accroissent leurs supplémentaires : cours de l'année 1976, 4,3 % des heures travaillées dans l'industrie étaient des heures supplémentaires. A l'heure actuelle où la concurrence féroce oblige les entreprises à travailler avec des échéances de paiement réduites et à réduire leurs coûts, les patrons tentent d'augmenter le nombre des supplémentaires, ce qui est leur revenir moins cher. Y compris dans des entreprises qui connaissent la régulation du travail, la pression qui existe pour faire faire des heures supplémentaires aux travailleurs est plus importante. Pour donner un exemple de l'importance que peut avoir la suppression des heures supplémentaires et la création à leur place de postes de travail, le comité d'entreprise de Ensidesa a fait pour dénoncer le fait que dans seulement quatre des ateliers de l'usine de Aviles, 117632 heures supplémentaires ont été effectuées au cours du premier trimestre de cette année, cor120 000 000 de pesetas.
Dans de nombreuses entreprises, les travailleurs sont parvenus à imposer la liquidation totale des heures "supplémentaires,
Le PSN se contente de demander une sur-cotisation patronale de ces heures à la Sécurité sociale, et leur limitation aux deux heures quotidiennes prévues dans les Statuts des travailleurs (8), « proposant », sans plus de précision, qu'un certain taux d'heures supplémentaires oblige l'embauche d'un nouveau travailleur.
C'est là une attitude qu'il faut combattre en avançant l'objectif traditionnel de la suppression totale des heures complémentaires, en faisant en sorte que le comité et les syndicats s'opposent à leur réalisation et en exigeant, dans le pire des cas, que pour chaque 2000 heures supplémentaires effectuées soit créé un poste de travail.
Retraites : les mises à la retraite, comme le mentionne le document, « sont un révélateur dans toutes les crises et sont utilisées comme une solution commode ». Néanmoins, dans un désir de compliquer les choses, le document propose seulement comme mesure générale la réduction à 63 ans de l'âge de la retraite et à 60 ans seulement progressivement, en fonction des possibilités de financement par la Sécurité sociale, c'est-à-dire jamais.
La raison pour laquelle on écarte une mesure aussi « commode » que la mise à la retraite à 60 ans avec un salaire convenable (les 100 %) et révisable selon l'indice des prix à la consommation (9), est que toute la démarche du document est subordonnée à la préoccupation de ne pas augmenter trop les charges de la Sécurité sociale. C'est là qu'est le nœud du problème. Les Commissions ouvrières doivent-elles lutter pour en finir avec le chômage ou bien doivent-elles se préoccuper de maintenir à un bas niveau les charges de la Sécurité sociale ? Nous comprenons parfaitement que l'Union du centre démocratique cherche à réduire les charges de la Sécurité sociale comme une manière de plus de faire retomber les effets de la crise sur les travailleurs, dacteurs du PSN se sont trompés de
Sur ce problème également, la position de la CONC est diamétralement différente. Ainsi, peut-on lire dans son manifeste électoral l'exigence de « la mise à la retraite à 60 ans (7) AMI : Accord cadre interconfédéral, signé entre le syndicat UGT et l'organisation patronale CEOE fin 1979. (8) Norme qui régit les relations de travail en Espagne et que le gouvernement est parvenu à faire
'approuver, avec l'appui du PSOE
Get de l'UGT, et malgré l'opposition du PCE, des Commissions ouvrières et de l'immense majorité des travailleurs. (9) L'indice des prix à la consommation (IPC) a été élaboré par le seul gouvernement sans aucun contrôle syndical.
et la réduction à 40 heures de la semaine de travail avec l'engagement que soient créées à partir de maintedes postes de travail dans la perspective de travailler moins pour saient les camarades P. Montes et Jesus Albarracin dans une série d'articles publiés dans Combate, le journal de la LCR, à partir du numéro 138, certaines mesures comme celles proposées par la CONC entraîneraient la création de 700 000 postes de travail. Assumer, selon la logique développée par la CONC, la position selon laquelle il faut travailler moins pour travailler tous, c'est-à-dire se fixer pour objectif les 35 heures par semaine repar les syndicats européens, constituerait pour les Commissions ouvrières une solution radicale au problème du chômage et une amélioration significative des conditions de travail. En somme, il s'agirait vaudrait la peine de lutter. La mise en œuvre de cette orientation dans les secteurs en crise, là où il existe un pourcentage élevé de chômeurs, constituerait une solution pratique et efficace qui nous rapprocherait des objectifs que se fixe le mouvement syndical à l'échelle européenne.
comparaison conquêtes remportées par le mouvement syndical européen nous montrerait tout ce qu'il nous reste à faire pour nous mettre au niveau c'est que la première condition pour atteindre un objectif, c'est de vouloir l'atteindre, et c'est de ce côté, tout à fait élémentaire, que pêche le point de vue de la Commission exécutive fédérale des Commissions ouvrières.
CREATION
DE NOUVEAUX EMPLOIS
Quelque 2 000 000 chômeurs réclament un plan global de création d'emplois. Tout le monde, et même le gouvernement dans un étalage de cynisme, parle pour créer des emplois des investissements publics nécessaires et orientés vers les secteurs où le rapport main-d'œuvre/capital plus faible, vers les zones les plus affectées par la crise.
Les faits comme les chiffres démontrent que lorsque le problème, cherche pas à résoudre la question du chômage mais à se préserver une petite marge de manœuvre pour limiter explosions sociales qui vont se pour éviter de nouveaux « Marinaleda » (10). C'est pour cela qu'une démarche générale et abstraite comme celle contenue dans le PSN aucune solution au problème du chômage.
domaine stérile de l'abstraction (terrain qui, par ailleurs, plus de négocier avec l'Union du centre démocratique (UCD) au pouvoir qu'il n'engage rien) au problème concret représenté par l'existence de 2 000 000 de chômeurs signifie que soient chiffrés les
L'usine de poids-lourds Pegaso investissements publies dans ce domaine.
C'est dans ce sens que la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) a défendu et continue à défendre un vaste plan de dépenses publiques pour relancer le secteur du Bâtiment dans le but de répondre à la demande sociale de logements. Une étude détaillée de ce plan a été développée dans les numéros 139 et suivants de Combate, l'hebdomadaire de l'organisation. Les chiffres fondamentaux qui y sont avancés, en tenant compte du développement de l'inflation depuis la date d'élaboration du plan. sont les suivants : l'investissement à réaliser dans le Bâtiment pour chaque travailleur effectif est de 1 518 000 pesetas. Pour créer 175 000 emplois cumulés par année il faut faire une de 264 milliards de pesetas par an. Les investissements à effectuer sur quatre années seraient done de 1 056 milliards de pesetas. Une dépense concentrée dans le secteur du Bâtiment ne fournirait pas seulement 700 000 emplois dans ce secteur mais en créerait encore indirectement 400 000.
Par ailleurs. les mesures d'urgence concernant les secteurs de la Santé et de l'Enseignement entraîneraient la création de 200 000 emplois. Tous ces investissements et (10)Marinaleda, localité d'Andalou-
Asie qui a connu au printemps 1980 une explosion populaire
ces créations d'emplois signifieraient des revenus travailleurs qui entraînerait une demande plus importante et un processus démultiplié de création d'emà la condition, évidemment, que l'on ne rogne rien sur les salaires actuels, c'est-à-dire que l'on n'accepte pas les propositions formulées en ce sens dans le PSN.
Mais il ne suffit pas d'avoir un plan pour les investissements publics. Il faut préciser comment il va être financé. Si, quand il faut en arriver au chiffrage des investissements, le PSN reste dans le vague, il n'en oublie pas pour autant que son financement retombera sur les travailleurs et non sur
Les subventions et transferts à l'entreprise privée ont été en 1979 de (PNB). Seule une minime partie de Marcelino Camacho, secrétaire général des Commissions ouvrières.
ces subventions à l'entreprise privée
Néanmoins, PSN propose que l'on continue à dilapider l'argent public pour engraisser les patrons, ils propose même que les sommes qui leur sont allouées aillent en augmentant. Le Plan propose des crédits avantageux pour les petites et moyennes entrefait de proposer orientation comme politique générale signifie, dans de nombreux cas, une nouvelle dilapidation des deniers publics en faveur de l'entreprise privée alors que ces mesures ne être destinées qu'à certains secteurs bien précis (comme les petits sans). Dans ce cas concret des petites et moyennes entreprises, on doit exiger un contrôle de la part des ouvriers pour garantir que ces crédits seront exclusivement utilisés à maintenir le niveau de l'emploi et que, dans la mesure où c'est l'Etat qui prête son assistance à l'entreprise, les bénéfices à venir finissent également par revenir aux contribuables.
Pour résumer, le PSN propose fondamentale fonds publies aille directement dans les poches des capitalistes. Mais où trouver cet argent? La réponse de Marcelino Camacho (11) dans une interview publiée par Unidad obrera (12) est qu'il faut le prendre fondamentalement auprès
Voyons un peu les mesures - « Apport de celui qui travaille
(forme à discuter) », cela se passe de commentaire ; - « Aide de l'Etat », c'est-à-dire du contribuable, fondamentalement les travailleurs ; - « Bien évidemment celui qui a plus devrait payer plus... trons devraient également appordrait faire en sorte que l'augmentation de la productivité, des excédents, soient destinés pour l'essentiel, d'un côté à l'amortissement et à la rénovation de l'outillage, d'autre part à l'investissement...» C'est-à-dire que ce gagnent par accentuation de l'exploitation des travailleurs signification pourrait avoir sinon l'augmentation de la productivité ? ), est ce qu'ils doivent payer (comme nous l'avons vu dans la concernant la productivité, il ne s'agit en fait que d'une partie). Pas un seul mot de l'impôt sur la rente, le patrimoine et les bénéfices. Sur cette question, une fois de plus, la CONC a adopté une position qualitativement différente. Le plan d'urgence proposé par les dirigeants de la CONC propose qu'il soit « financé par des fonds publics et par un impôt transitoire exceptionnel sur les sociétés et les patrimoines ». Une position qui se situe dans la logique qui veut que la crise soit payée par les capitalistes. Selon la même orientation, la LCR a proposé, dans un article publié dans Combate numéro 141, d'augmenter le déficit de l'Etat, d'éliminer la corruption, de supprimer les subventions à l'entreprise de faire en sorte que l'impôt sur la (11)Marcelino Camacho est le secrétaire général de la confédération syndicale Commissions ouvrières ; il est également membre de la commission exécutive du PCE. (12) Unidad obrera, numéro 13, juillet-août 1980 ; il s'agit du journal de l'Union syndicale de Madrid des Commissions ouvrières.
ment qui ne règle rien ? C'est l'intro- c'est d'être armé d'un programme rente soit plus progressif, en augmentant l'imposition des rentes élevées, de la propriété, du patrimoine et des bénéfices des capitalistes. Dans le même article était développée une étude comparative des systèmes fiscaux des autres pays d'Europe qui démontrait la viabilité des mesures proposées, y compris dans le cadre du système social en vigueur.
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A 100 % POUR TOUS ! Toute mesure étendant la couverture et la durée des aides de l'Etat aux chômeurs est positive. Dans ce sens, les nombreuses mesures partielles avancées par le PSN constituent un progrès par rapport à la situation actuelle. Néanmoins, il n'y a aucune justification à ce qu'un ensemble de mesures partielles obscurcisse ce qui doit demeurer un principe essentiel du mouvement syndical: ceux qui veulent travailler et qui ne le peuvent pas, ne doivent pas payer l'incurie des patrons et de l'Etat à leur fournir un emploi, ils doivent toucher une assurance chômage d'un niveau convenable et sans limite de temps.
CONCLUSION
Pour résumer, nous pourrions conclure en affirmant que le PSN n'apporte aucune solution au problème du chômage. Pourquoi alors se donner le mal de rédiger un docuduction même à ce document qui nous fournit la réponse : « Il s'agit d'une proposition négociable et, pour être réaliste, il faudrait dire que certains aspects de ce plan ne constituent en aucune manière un programme alternatif. »
Que veulent dire les rédacteurs du PSN quand ils parlent de négociation réaliste ? Ils veulent dire une négociation sans programme alternatif. Mais le fait de ne pas avoir de programme de ce type signifie qu'ils se conforment à la logique du programme des patrons. Ainsi, l'on comprend mieux qu'ils acceptent l'augmentation de la productivité, qu'ils acceptent d'entrée de jeu les liquidations d'entreprises dans les grandes unités de production et les licenciements dans les petites entreprises, qu'ils refusent de lutter maintenant pour les 40 heures et qu'ils acceptent que les réductions du temps de travail soient compensées par l'augmentation de la productivité, qu'ils subordonnent les mises à la retraite aux possibilités de financement de la Sécurité sociale, qu'ils admettent que les plans d'investissements publics ne soient pas concrétisés alors qu'ils s'accomodent et même favorisent les subventions à l'entreprise privée financées sur le dos des travailleurs...
Tout au contraire, ce qui permet d'avancer vers la résistance aux plans des patrons et en faveur des besoins et revendications des travailleurs,
Refuser la fatalité de la crise. qui, sur la base des intérêts immédiats des travailleurs, fournisse une perspective de solution au problème du chômage, en plus de la formulasérie d'objectifs constituent une réelle solution à la question du chômage et pour lesquels il vaille la peine de lutter.
Mais, s'il y avait encore un doute, les auteurs du PSN précisent eux« Concret et tangible, rejetant les formulations générales et les objectifs globaux qui ne mènent à rien. » Que les rédacteurs du PSN pensent cela du socialisme ne nous surprend pas. Cela fait déjà un certain temps qu'il n'est pour eux qu'un rêve dont il n'est plus question que les jours de fête. Mais les 40 heures maintenant pour tous les travailleurs, et les 35 heures pour les secteurs en crise, le refus de tout licenciement, l'opposition résolue aux liquidations d'entreprises, le rejet des heures supplémentaires, la retraite à 60 ans maintenant, un vaste plan d'investissements publics financé par l'impôt sur le capital... tout cela constitue sans doute un ensemble de « formulations générales et des objectifs globaux qui ne mènent à rien ». Cela met surtout en évidence que leur préoccupation obsessionnelle pour les intérêts de la bourgeoisie, et pour ce qu'elle est disposée à accepter, les mène à ne pas voir les luttes et les mobilisations qui se déroulent devant leurs propres