Document de « Forum Août-80 »
« Quelle unité ? Q
YONTRAIREMENT aux courants dont les textes précédents sont l'expression, vient à peine de se constituer. Il s'agit d'une initiative des cercles « Solidarité » de la faculté de sciences sociales de l'Université de Varsovie. Ce « Forum » se veut avant tout un lieu de discussion sur les principaux problèmes qui se posent aujourd'hui à la société polonaise.
Ses réunions sont ouvertes à tous. Elles sont préparées par des articles de discussion. Les travaux du « Forum » sont dirigés par un comité d'organisation qui regroupe
Henryk SZLAJFER
Il importe aujourd'hui de déterminer quel est le rôle et la place des syndicats indépendants dans l'Etat et dans la société.
C'est sans doute la question essentielle qui surdétermine aussi bien l'avenir des nouveaux syndicats que celui du pays. C'est d'autant plus important que les autorités politiques et l'Etat mènent déjà l'offensive contre « Solidarité », une offensive qui a jusqu'ici pris pour cible
« l'unité politique et idéologique du mouvement » syndical et qui découle du prétendu principe du « rôle dirigeant du parti dans l'Etat ».
De plus, alors que la crise économique s'aggrave de jour en jour, on propose également à la classe ouvrière la « coresponsabilité » et la « cogestion ». Les autorités ne se contentent plus des déclarations d'« apolitisme » du mouvement. Par l'entremise de leurs porte-parole (Karol,
Urban, Rakowski et consorts), elles exigent du mouvement syndical que celui-ci partage la « responsabilité » de la crise avec ceux qui en sont la cause, « au nom des raisons supérieures », sans s'interroger sur les conditions ni sur les principes d'une telle collaboration « d'égal à égal ».
Il est donc urgent que le mouvement syndical indépendant expose sa propre conception de l'unité et de la cogestion. Car les propositions des autorités sont une manœuvre visant à
Thèses soumises à la discussion acculer le mouvement à des pratiques dont le parti (« force dirigeante ») n'a pas encore fait le bilan. Et, comme cela ressort des rythmes actuels de l'« autocritique », il n'a aucune intention d'en faire un pour l'instant. Au nom de la lutte contre les « forces anti-socialistes », il tente de dénier aux ouvriers le droit de formuler leur propre conception prolétarienne de la société socialiste.
Est-ce que les ouvriers veulent vraiment le socialisme ? Pour qu'il n'y ait aucune ambiguité à ce sujet, citons un extrait de la position commune de la Commission ouvrière inter-entreprises et du Comité de coordination de l'enseignement de Szczecin publié le ler octobre : « Nous sommes, comme tout le mouvement des syndicats indépendants autogérés "Solidarité", pour un socialisme progressiste, ouvrier, pour un développement équilibré et harmonieux de la Pologne, collectivement par l'ensemble du monde du travail... Nous ne voulons pas changer le système, mais nous tendons vers la réalisation d'un ordre social qui soit authentiquement ouvrier et socialiste. »
On ne peut accepter l'unité, telle que la conçoivent les partisans du « socialisme par en haut ». Mais le mouvement syndical indépendant ne peut simplement rayer le mot d'ordre de « cogestion ». C'est une exigence trop puissante, émanant réellement de la base, pour qu'il laisse passer la chance de forger l'unité selon ses propres principes. S'il le faisait, ou s'il renvoyait la question à plus tard, le mouvement ouvrier indépendant
POLOGNE uelle cogestion ? » des intellectuels et des militants de « Solidarité » de la région de Varsovie. Le premier bulletin de discussion de
« Forum Août-80 » a été préparé sous la responsabilité d'un collectif composé de Z. Krasnodebski, W. Krzeminski, B. Markiewicz, J. Orzel, J. Wocial, W. Wypych.
Nous publions ci-dessous deux des trois textes préparatoires à la première discussion qui a eu lieu le 5 novembre 1980 dans les locaux de l'Université de Varsovie avec une centaine de participants - étudiants, intellectuels et militants syndicaux d'entreprises de la région de Varsovie.
abandonnerait le principal objectif fixé par les grèves de juillet à septembre.
II
En juillet-septembre, les ouvriers en grève se sont posés les questions suivantes, les adressant par là-même à la société tout entière : Comment un ouvrier peut-il devenir un citoyen à part entière en Pologne ? Comment la classe ouvrière peut-elle assumer deux fonctions à la fois, celle de producteur et celle de copropriétaire du pays? En un mot, comment et par quels moyens en finir avec l'exploitation de la classe ouvrière, avec le pillage de son travail et l'accaparement des fruits de ce travail par des privilégiés ?
Nous savons bien de quoi l'ouvrier était privé jusqu'ici.
il n'était pas un citoyen. La classe ouvrière était considérée uniquement comme force de travail, dont la seule fonction sociale était le travail. Les travailleurs étaient considérés comme des « saoulards » quand ils rentraient chez eux après les changements d'équipes. On les abrutissait au travail, au travers de la radio et qu'ils « cogéraient ». Mais, pour leurs chefs, le mot « cogérer » écouter et travailler, et applaudir sur
L'ouvrier ne pouvait réfléchir ni prendre part aux décisions concernant les affaires de l'Etat et de la société, car toutes ses forces étaient absorbées par un travail épuisant, les
heures supplémentaires et le « travail volontaire » pour fêter tel ou tel événement. Il ne pouvait cogérer car, aux yeux du pouvoir, il n'était qu'une force de travail sans nom et sans visage. Il ne pouvait contrôler son propre travail ni l'usage qui était fait des résultats de ce travail, puisque toute tentative dans ce sens se voyait écrasée immédiatement et sans aucun égard par des centaines de milliers de chefs.
Dès la création du Comité de grève inter-entreprises de Gdansk, il est devenu clair que le but principal du mouvement n'était pas du tout les revendications économiques. Ce but était (et reste) l'anéantissement définitif des obstacles empêchant la classe ouvrière de remplir son rôle social. C'est de cet objectif essentiel du mouvement gréviste qu'il faut tirer des conclusions lorsqu'on discute aujourd'hui du rôle des syndicats indépendants et des mots d'ordre d'unité et de cogestion.
III En luttant pour leurs droits sociaux, des millions d'ouvriers ont rejeté le modèle des syndicats étatiques, exigeant leurs propres syndicats, indépendants de l'appareil et des organisations étatiques. Une question se pose alors : outre la défense conséquente des droits des travailleurs, les nouveaux syndicats doivent-ils reprendre en charge toutes les fonctions des anciens syndicats ? Ou bien, sur la base de l'expérience et des échecs de ces derniers, ne faut-il pas redéfinir sur des bases nouvelles les relations entre les syndicats d'une part, l'Etat et le parti d'autre part ?
Le modèle précédent supposait (en théorie) que les syndicats sont « copropriétaires » des entreprises et du pays (au travers de leur participaaux Conférences d'autogestion ouvrière, au Conseil central des syndicats, au Front d'unité nationale et au... Bureau politique). Il supposait donc qu'ils soient « coresponsables » du devenir de l'économie. Les plans des entreprises, des branches et les plans centraux étaient décidés (en théorie) avec le plein accord des syn-
Men tant que « copropriétaires ». Mais en théorie comme en pratique, les syndicats étaient un instru-
Comment sortir de là ? Il est évident que l'indépendance des syndicats n'est pas compatible plus longtemps avec le principe de « cogestion » tel qu'il a été pratiqué jusqu'ici. La « cogestion » dans sa forme actuelle est un piège. Le mot lui-même sonne bien à l'oreille, il flatte les naifs. Mais, de fait, c'est un moyen, utilisé plus d'une fois par les au-
La torités, pour détruire l'indépendance, pour corrompre et briser politiquement les dirigeants ouvriers. Ce n'est pas par hasard si Urban, le porte-parole du pouvoir, propose d'une main le principe de « cogestion » à « Solidarité », tout en menaçant les dirigeants du syndicat de l'autre.
La première solution qui vient à l'esprit serait donc que les syndicats refusent le principe de la « co-
Les syndicats tendraient adopter une position défensive : nous ne sommes pas responsables du fonctionnement des entreprises, nous des travailleurs ; la participation aux décisions ne nous intéresse pas, mais nous combattons les décisions qui vont à l'encontre des intérêts ouvriers. C'est dans cette direction que s'orienterait notamment le projet du Programme actuel d'action des syndicats indéau MKZ de Gdansk, début septembre. On y trouve la formule : « Le syndicat indépendant ne cherche pas (...) à proposer lui-même des initiatives qui empièteraient sur les compétences des directions, ni à se substituer à elles ou à prendre la responsabilité de leur activité. » Z. Kupisiewicz expliclasse ouvrière doit remplir son rôle social. quait la même chose dans le premier
Zwiazkowiec (Syndicaliste libre, journal du syndicat de l'aciérie « Huta Katowice ») daté du 15 octobre 1980, mais il ajoutait : « Nous sommes coproprié-
La conception défensive est une solution ne manquant pas d'attraits, mais elle ne reflète pas entièrement le but principal du mouvement gréviste. Comme programme immédiat, quand la tâche essentielle est de mettre en place des structures organisationnelles, un tel programme n'étonne pas. Mais comme jourd'hui et pour demain, il suscite des doutes. Et surtout, il ne correspond ni au potentiel de la classe ouvrière, ni à sa conscience, ni à ses ambitions. S'il ne s'agissait réellement que de la défense des intérêts matériels et sociaux, la revendication des ouvriers de Szczecin et de Walbrzych, exigeant la limitation de la consommation des biens de luxe par l'élite, serait incompréhensible. Si on ne défend que nos droits en tant que force de travail, qu'est-ce que cela peut nous faire que X ou Y soit Premier ministre ? S'ils nous payent bien, qu'ils se construisent leurs saunas,
Quelle alternative à une conception défensive du rôle des syndicats indépendants. leurs villas ou leurs appartements! D'où vient donc la revendication de la limitation de l'échelle des salaires, posée avec une force dramatique par la grève de la faim des cheminots de Wroclaw ? Quel dirigeant syndical en Occident exige la limitation de consommation personnelle du propriétaire de l'usine ou tente de lui demander des comptes à propos de son compte en banque ?
Dans notre pays, les ouvriers exigent ces choses extraordinaires, et elles n'ont pas du tout un caractère défensif. Ils réclament leurs droits non seulement en tant que force de travail, mais en tant que propriétaires du pays, qui ont le droit de diriger ce dernier. C'est pourquoi la conception « purement » défensive limite la signification du mouvement de cet été, réduit le but principal de ce mouvement à des questions de viande et de bon traitement de la force de travail par des chefs « éclairés ».
Nous insistons : il ne s'agit pas uniquement d'analyser la situation objective. La conception défensive ne peut rendre pleinement compte niveau de conscience de la classe ouvrière, qui s'appuye sur trois convictions : nous sommes un mouvement fort et massif, capable de lutter et de dialoguer, capable de poser ses propres conditions. Dans la conception annuels. Ils exigent ni plus ni moins défensive, au contraire, on voit clairement transparaître la peur de tirer les conclusions pratiques du fait que la classe ouvrière a aujourd'hui une chance réelle de devenir propriétaire du pays, une chance réelle de mettre en pratique le socialisme ouvrier. Ce n'est pas seulement la capacité de protester et de détruire qui fait la force des ouvriers. Cette étape - si le pouvoir le permet - appartient au passé. Les ouvriers ont montré aujourd'hui qu'ils veulent et qu'ils sont capables d'organiser le processus de production en utilisant les conseils et l'aide de l'intelligentsia (et en contrôlant). Ils ont montré sont capables de maintenir l'ordre dans les entreprises comme au niveau régional, de protéger leur outil de travail et d'exiger que leur travail ne soit pas gaspillé, ni par l'entreprise ni par l'Etat. En un mot : ils veulent gouverner et ils en sont capables. Si ce n'était pas le cas, tout le point 5 des ac-
Gdansk, questions macro-économiques et macro-sociales, serait vide de sens.
Ice point, les exigent que leur voix soit entendue au moment des décisions concernant les choix de développement du pays, et de l'établissement des plans plurique la participation au pouvoir économique.
Quel est donc le programme qu'on peut opposer à la conception défensive du rôle des syndicats indé-
Dans l'article intitulé « Ce que peut faire l'autogestion et ce qu'elle ne peut pas faire » (Zycie Gospordacze, la Vie économique du 12 octobre 1980), on ne nous répète pas seulejusqu'à l'écœurement que les compétences « travailleur moyen » sont faibles, mais on propose sauvegarder l'actuel « partage des tâches » dans l'entreprise et dans le pays, en accord avec la mouvement. Ce qui paraît assez paradoxal, à la lumière du Projet de programme du MKZ de Gdansk cité plus haut. Citons les thèses de cet article :
Thèse 1 : « Indépendamment du degré de centralisation ou de décentralisation de la gestion, celle-ci doit rester l'affaire des spécialistes, convenablement répartis aux divers échelons de la hiérarchie administrative de l'économie. »
Thèse 2 : « Laissons à ces spécialistes une pleine liberté d'action. Ils ont des tâches précises (le bien social) et les moyens de réaliser ces tâchamps, ainsi que nos têtes et nos
Conclusion : « L'ensemble travailleurs laisse la direction de notre économie aux dirigeants d'entreprises, de branches, au gouvernement, et juge ensuite si (...) ils ont accompli ces tâches. »
L'acceptation de ces postulats, tout comme l'adoption de la conceplong terme, empêche la classe ouvrière de prendre part aux décisions au moment de leur élaboration, et ne lui laisse que la possibilité - éventuelle - de protester, après coup. Ce qui revient a accepter le role de « pompier » intervenant dans les situations difficiles, à accepter que tout ce qui touche à l'élaboration des décisions (l'activité « intellectuelle ») soit du ressort des directions syndicales, à accepter enfin comme une chose normale la passivité de la masse des militants sur le plan social. En outre, cela revient à laisser dans les mains de l'élite politico-économique le droit de définir ce qu'est le « bien social », ne laissant aux ouvriers qu'une fonction négative - celle de protester. Telles sont les conséquences objectives d'une telle conception défensive.
A cette conception, il faut opposer un programme fondé sur l'exigence de l'élargissement du pouvoir économique, de manière à ce que celuici repose directement dans les mains de la classe ouvrière, au niveau de l'entreprise comme au niveau régional et de tout le pays. C'est à partir d'un tel programme qu'il sera possible de développer l'unité sur des bad'élaborer conception ouvrière de la cogestion. Sans entrer dans les détails, on peut formuler comme suit les éléments esqui concerne la planification et la gestion, toutes deux liées à la manière dont les décisons sont prises:
Premièrement : les plans socio-économiques (à l'échelle de l'entreprise, de la branche et du pays) doivent être élaborées à la base, et non en fonction de décisions centrales venues d'en haut. Ce qui implique de rejeter la procédure actuelle qui part du « centre » pour revenir à ce dernier. L'adoption du système des in-
- un des éléments essentiels de la planification par la base les préférences sociales du moment (cela se reflètera avant tout dans le système des prix).
Deuxièmement : le fait que la planification soit élaborée par la base (et non le seul fait de l'autonomie des entreprises ou des branches, c'est-à-dire l'autonomie de leurs directions) permet de définir au niveau de l'entreprise la proportion du revenu brut devant être consacré à la consommation d'une part et à l'accumulation de l'autre, et d'établir un plan de directives pour les investissements. C'est en s'appuyant sur ces premières indications qu'il sera possible ensuite, au niveau central, de définir le taux exact d'investissement et sa répartition par branches, en choisissant parmi les diverses solutions proposées.
Troisièmement : l'extension, au niveau régional, de la coopération entre les entreprises, l'importance attribuée à la planification régionale, ainsi que l'autonomie des industries loONSZZ
SOLDARNOS
cales et des coopératives, sont autant d'éléments de la planification par la base. Nous acceptons cependant le principe des décisions centrales en ce qui concerne la répartition des matiéres premières stratégiques, des matériaux et des moyens de production, ainsi que l'établissement de certains modes de distribution, en accord avec les priorités adoptées pour les investissements. La répartition de ces biens doit se faire, à partir du choix entre les différentes solutions en présence et sur la base d'un calcul économique, en s'appuyant sur les résultats des directives stratégiques établies pour le développement du pays. Si les deux premières conditions sont remplies, les structures régionales du ouvrier pourront aider non seulement à satisfaire les exigences ouvrières, mais aussi à mettre de dans la coopération indusRemarque à propos de ces trois points : le principe d'une planification fondée sur différentes propositions ne se limitera donc pas aux choix à faire au niveau central entre les solutions économiques proposées par les divers groupes d'experts, mais il s'appuiera (et sera conditionné) par les initiatives des travailleurs concerpartage du revenu dans les entreprises.
Quatrièmement : l'organisation du travail et de la production sera soumise au contrôle des syndicats et d'autres organes de contrôle ouvrier. Ce postulat est extrêmement important à la lumière des expériences découlant des grèves et vu les prétentions toujours plus grandes des technocrates, non seulement à donner leur avis, mais à monopoliser les décisions sur ces questions.
Cinquièmement : les systèmes de
salaires seront soumis à un contrôle analogue. Il faut tendre à éliminer au plus vite le salaire aux pièces. Le système des stimulants matériels ne peut être grevé par la « marge » des erreurs de l'administration économique dans le cadre de la coordination industrielle.
Sixièmement : le recrutement des directions et de la maîtrise doit rester sous le contrôle des syndicats et d'autres organes de contrôle ou(D.R.) vrier. Il faut admettre le principe de contrats limités dans le temps (avec possibilité de prolongation), passés sur la base d'un concours.
Septièmement : Les travailleurs et les organisations professionnelles ont le droit de faire appel à des groupes indépendants d'experts pour préparer des propositions en qui concerne les questions de production et de planification, aussi bien que les questions sociales ou salariales.
Huitièmement : pour garantir au mouvement syndical dans son ensemble de pouvoir exercer son influence sur le plan central et sur les autres questions déterminant la situation de la classe ouvrière (politique culturelle, enseignement, etc.), des changements institutionnels sont nécessaires. Il s'agirait, entre autres, de créer au sein de la Diète une Chambre ouvrière séparée, ayant pour fonction de représenter les intérêts ouvriers, ayant le droit d'initiative sur le plan législatif et - dans des cas clairement précisés - le droit de veto.
Fondée sur de tels principes, la cogestion serait la garantie pratique de la protection des intérêts immédiats et à venir de la classe ouvrière, ainsi que la garantie matérielle du maintien de l'indépendance à long terme du mouvement syndical, puisqu'elle reposerait sur le pouvoir économique du prolétariat. Cela repré senterait un premier pas dans la réalisation de l'objectif principal du mouvement gréviste : l'unité des fonctions productives et des fonctions sociales au niveau de la société tout entière.
Aujourd'hui, alors que le mouvement indépendant de la classe ouvrière est devenu une réalité, prenant par là-même une dimension organisationnelle, un programme qui serait centré sur des questions telles que le « bon salaire » ou la « réforme économique », serait un programme déjà dépassé. Le programme doit être élaboré en fonction des possibilités et des aspirations du mouvement syndical indépendant. Ces dernières ne laissent qu'une seule voie ouverte pour l'action : celle du contrôle sur l'économie.
Il ne faut pas se faire d'illusions. Si cette condition n'était pas remplie, la défense des intérêts matériels des travailleurs et la démocratisation de la société ne seraient qu'un leurre.
Varsovie, novembre 1980.