base. Pendant des années, ils avaient lutté pour avoir le droit d'élire ceux qui devaient composer les équipes gouvernementales travaillistes, au lieu de quoi ils avaient pu voir l'aile droite parlementaire ignorer systématiquement les résolutions politiques adoptées par les congrès travaillistes et mettre en œuvre tout au contraire sa propre version du programme travailliste. Aujourd'hui, ces militants de base voient la possibilité de changer cet état de choses en ayant le droit d'élire eux-mêmes le dirigeant de la fraction parlementaire, en faisant sélectionner par la base les candidats, pour les élections, en s'assurant qu'ils devront ensuite rendre des comptes devant leur instance de base, en obtenant enfin la garantie que les décisions du congrès travailliste devront être appliquées par tout futur gouvernement travailliste.
Michael Foot, qui a soutenu ouvertement la manifestation, a été élu le 10 novembre à la tête du groupe parlementaire. Les dirigeants syndicaux ont considéré qu'il était, dans la direction, le plus à même de maintenir l'unité du parti et d'éviter un nouveau virage à gauche de la base. Foot est considéré comme faisant partie de l'aile gauche à cause de ses prises de position publiques contre l'extension des implantations de missiles à têtes nucléaires (Cruise Missile). Et les dirigeants syndicaux savent que c'est le seul dirigeant travailliste qui peut maintenir le statu quo dans le parti. Michael Foot, le nouveau dirigeant travailliste
C'est un compromis, à la fois pour Tony Benn, le candidat de l'aile gauche du parti, et pour Denis Healey, le dirigeant très droitier de la fraction parlementaire travailliste. Mais indédu mauvais qu'a laissé Foot dans la bataille pour la réforme du parti ou de son rôle au centre de la hiérarchie du parti, ses origines de gauche signifient que les électeurs travaillistes considèrent aujourd'hui qu'il se situe à la des dirigeants traditionnels du groupe parlementaire.
L'accueil réservé par l'assistance à Denis Healey a été différent du tout au tout. Il a été largement hué tout au long de son intervention. Certains se rappellent encore l'échec du dernier gouvernement travailliste dans la lutte pour la défense de l'emploi. Healey et les autres dirigeants de la droite travailliste sont étroitement identifiés à ces échees yeux des masses. Quant à Tony Benn, principale figure de la gauche travailliste, il a reçu une ovation massive quand il a expliqué que le prochain gouvernement travailliste devrait mettre en œuvre une politique socialiste. Benn n'a pas pris part à l'élection du dirigeant du groupe parlementaire et se présente maintenant comme le principal supporter de Foot. Tous les secteurs dans la direction du parti et des syndicats sont prêts à appeler à une trêve avant que la base ne puisse consolider sa nouvelle (DR).
confiance en elle-même et avant que les rapports de forces internes au parti ne se transforment encore plus en leur défaveur. Plusieurs dirigeants syndicaux ont également pris la parole "lors du meeting de Liverpool.
Quand Allan Fisher, dirigeant du combatif syndicat National Union of
Public Employees (qui organise les travailleurs manuels des administrations locales et des services sociaux) a lancé un appel à des élections générales, la foule a répliqué par le mot- d'ordre de grève générale. Cette manifestation a été la démonstration la plus spectaculaire du mouvement anti-conservateur croissant qui se développe sous l'effet de la crise économique. LA CRISE DE LA POLITIQUE
CONSERVATRICE Les Conservateurs commencent à être pris de panique devant les effets de la crise économique. L'attaque massive contre le niveau de vie de la classe ouvrière que contenait le « mini-budget » d'urgence proposé par le chancelier de l'Echiquier (ministre des Finances), le conservateur Geoffrey Howe le 24 novembre n'a fait qu'ajouter à la colère des manifestants.
Dans son discours au Parlement, Howe a annoncé que la crise était beaucoup plus profonde qu'il ne l'avait pensé. Il a exposé ensuite une série de mesures axées sur de nouvelles restrictions budgétaires dans les services sociaux, une augmentation des impôts pour la majorité des travailleurs et une limitation à 6 % de l'augmentation des salaires dans la fonction publique. Presque tout le monde est touché par ces mesures d'austérité. En particulier, les pensions des personnes âgées ont été diminuées au même rythme que les allocations de chômage. Le but que se fixait le précédent budget était de limiter les dépenses gouvernementales et de freiner l'inflation, mais cela s'est avéré impossible et les Conservateurs tentent aujourd'hui de mettre en œuvre mesures désespérées pour faire face à la crise. Le nombre des chômeurs s'élève aujourd'hui, selon sources gouvernementales, 2 162 874 demandeurs d'emploi.
LA GROGNE
Mais l'opposition de la classe ouvrière à la politique gouvernementale et le maintien de sa combativité ont également accentué les tensions du côté patronal. Des secteurs entiers de l'industrie de transformation souffrent du « monétarisme » brutal des Conservateurs. Les coupes dans les subventions de l'Etat au secteur privé, l'impact du renchérissement de la livre sterling et de la hausse des
taux d'intérêts sur les exportations ont frappé les profits de secteurs industriels clés. Lors du récent congrès de l'organisation patronale britannique, la Confederation of British Industry (CBI), son président, sir Terence Beckett, a lancé un appel pour mener une lutte « ouverte » contre le gouvernement afin de sauver l'industrie. Cela a d'ailleurs amené certains patrons pro-Thatcher quitter la CBI. Terence Beckett est un personnage important du patronat britannique : il était président de Ford-Grande-Bretagne avant d'accéder à la direction de la CBI l'an passé.
Terence Beckett a poursuivi ses attaques contre le gouvernement et, le 3 décembre, il a déclaré, à l'occasion d'une réunion dans la région industrielle des West-Middlands, que l'industrie devait supporter une trop grande part du fardeau et qu'il etait déçu par le caractère limité des coupes budgétaires opérées par Geoffrey Howe. Dans un discours agressif, il a expliqué que « des pans entiers du tissu industriel étaient en train de partir en quenouille sans qu'on puisse les en empêcher ». Il a poursuivi en expliquant : « Mais nous devons arrêter ce pourrissement. Nous ne pouvons pas laisser des secteurs entiers de l'industrie partir en déconfiture. »
La production de l'industrie de transformation devrait chuter, selon les données de la CBI, de 14 % entre cette année et l'année prochaine. La chute n'avait atteint que 11% au et de la hausse des prix (DR). Les fermetures d'entreprises atteignent une moyenne de 560 par mois et 961 sociétés ont été amenées cesser leurs activités rien que pour le mois d'octobre 1980. Beckett a souligné que le chômage continuait son escalade pour atteindre aujourd'hui une moyenne de 3 000 pertes d'emploi par jour. Il a critiqué le gouvernement parce qu'il ne s'est pas montré suffisamment déterminé à couper davantage dans les dépenses budgetaires et à réduire les taux d'intérêts et permettre par là d'augmenter les profits.
Des secteurs de plus en plus importants des classes dominantes critiquent la politique des Conservateurs. Ils se demandent si les amis de Mme Thatcher seront capables de mener à bien leur engagement à briser le pouvoir des syndicats et à contrôler plus étroitement l'action de la classe ouvrière. Ils observent que les syndicats secteur publie restent même si les dépenses des services publics ont chuté au cours des six derniers mois, ils demandent des coupes supplémentaires la perspective de parvenir au réaligne. ment du secteur public sur le secteur privé pour ce qui est du niveau des salaires et du taux de chômage.
Ils sont déçus par la paralysie du gouvernement et la complète incompréhension qu'il manifeste - de leur point de vue - des questions économiques, incompréhension reflétée par sa politique purement monétariste. plus fort de la crise de 1929-1931. Ils s'inquiètent de ce que les effets de
Margaret Thatcher, aujourd'hui au sommet de son impopularité à cause du chômage la crise ne portent sérieusement atteinte à la possibilité pour le capital britannique de redevenir concurrentiel à l'occasion d'une relance des affaires, pour limitée qu'elle soit.
Ces divisions au sein des secteurs d'appui traditionnels des Conservateurs se reflètent au sein du gouvernement. James Prior, le secrétaire d'Etat à l'Emploi, a été vertement critiqué par le Premier ministre Margaret Thatcher et par les députés conservateurs les plus à droite, pour s'être montré « trop mou » avec les syndicats. Thatcher a demandé des lois plus dures pour s'en prendre au pouvoir des syndicats, alors que Prior, qui a tiré les leçons des échees passés des lois anti-syndicales, se propose d'attaquer les syndicats de façon moins précipitée. Pour l'instant ce conflit est resté dans les limites de la politique économique générale menée par le gouvernement.
La faillite patente de la version Thatcher du « monétarisme » a relancé le débat publiquement et Prior, en compagnie de l'ancien dirigeant conservateur Edward Heath, a commencé à critiquer ouvertement l'actuelle politique gouvernementale. Le conflit ouvert au sein des cercles dominants a renforcé la défiance de la classe ouvrière envers les Conservateurs. Il est devenu évident pour tout le monde que le gouvernement n'est pas capable de résoudre les problèmes de l'augmentation vertigineuse du chômage et de l'inflation et les travailleurs se retournent de plus en
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« Il faut fixer des limites à la dynamique du mouvement » répond en écho Jacek Kuron, qui
21 juillet, à la limite du bouclage, INPRECOR consacre sa dernière couverture avant les vacances
15 décembre, INPRECOR consacre un dossier de 24 pages à l'évolution de la crise polonaise.
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grande manifestation ouvrière des dix dernières années. Toutes ces initiatives ont été prises au travers de la
Commission exécutive nationale du
Parti travailliste.
Le 24 janvier prochain, doit se tenir une conférence extraordinaire du Parti travailliste, la troisième en dix-huit mois, pour décider qui sera élu comme dirigeant du parti. Et l'on s'attend à ce que ce soit Michael Foot qui soit désigné pour ce poste. Cela ne pourra qu'encourager le mouvement de masse, dans la mesure où
Foot est perçu comme un candidat de la gauche.
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INPRECOR leur a donné la parole dans son numéro 91.
qui est arrivé, et prévoir ce qui va se passer.
plus important en Europe depuis Mai 1968.
du socialisme que nous défendons.
Les Conservateurs vont devoir imposer des accords salariaux à des travailleurs qui ont encore en mémoire le précédent de la lutte des pompiers.
Le Comité de liaison entre le
Parti travailliste et le TUC a lancé un appel pour une semaine d'action contre les Conservateurs en février où le gouverne-
1981, au moment ment doit procéder à de nouvelles attaques contre les services publics.
La manifestation du 29 novemle mouvement bre a montré que ouvrier est en marche, en dépit de ses confusions et de ses contradictions,
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POUR 30 FF est le principal animateur du KOR, le Comité d'autodéfense sociale.
au mouvement de grève qui commence à s'étendre en Pologne.
COMMANDES : CHEQUES POSTAUX OU BANCAIRES et malgré le handicap que constitue la faiblesse de ses directions réformistes. Comme l'expliquait Jo
Richardson, membre de la Commission nationale exécutive du Parti travailliste, devant la très nombreuse assistance rassemblée le 29 novembre : " La seule personne que je souhaite voir au chômage, c'est
Margaret Thatcher ! » Tant il est vrai qu'elle rassemble sur elle la colère croissante de toutes les masses travailleuses britanniques contre les
Conservateurs.
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