Le FSLN réplique au menaces contre-révolutionnaires
Fred MURPHY *
Managua. - Le gouvernement sandiniste a décrété que 1981 serait l'« Année de la Défense et de la Production ». Un Plan économique a été élaboré pour faire face aux menaces de boycott écoimpérialiste, il prévoit une surveillance plus stricte des dépenses gouvernementales et une campagne pour relancer la productivité du travail. Mais les premières semaines de 1981 ont vu le principal accent être mis sur l'effort de
Le 22 janvier, le commandant de Brigade Eden Pastora (1) qui dirige les Milices populaires sandinistes (MPS) a annoncé la création de six nouveaux centres d'entraînement à Managua pour les miliciens volontaires. Eden Pastora a expliqué qu'en 1980, l'entraînement des MPS avait surtout consisté en des exercices physiques et des marches d'entraînement. « Maintenant, nous allons
Run entrainement militaire adequat avec exercices de tir et cours d'instruction de tactique plus grande responsabilité pour l'organisation des unités de milices va désormais incomber aux organisations de masse, a tandis que le rôle de l'armée régulière se limitera à fournir des instructeurs.
En février, les Jeunesses sandinistes du 19 juillet vont commencer à enrôler les lycéens dans les milices, a déclaré le janvier Fanor Herrera, dirigeant des
Dans une déclaration publiée le 27 janvier, la direction nationale du FSLN a mis l'accent sur la campagne en cours pour la constitution des milices, en reliant cette tâche aux nouvelles menaces provenant de Washington. « Notre peuple doit se préparer à affronter des aggressions qui sont d'ores et déjà à l'œuvre sur le terrain économique, comme le montre le blocage du solde du crédit de 75 millions de dollars par les USA.
« Mais nous devons apprêter à faire face à des armées. La défense de la souveraineté nationale, de l'intégrité du territoire et du pouvoir révolutionnaire n'est pas du seul ressrort des forces armées. Cette tâche ne peut être accomplie avec succès que si elle est assumée par le peuple tout entier. Face à des ennemis aussi puissants, la défense, pour être victorieuse, doit être organisée à l'avance. C'est une précondition pour la victoire. Vu les circonstances actuelles, l'intégration de toute la population dans les Milices populaires sandinistes est une tâche qui doit être mise en œuure immédiatement. "Tout le monde dans les milices ! " tel doit être le slogan à l'ordre du jour. »
Alors que des milliers de travailleurs et de jeunes répondent à l'appel du FSLN et rejoignent les milices en pleine expansion, la bourgeoisie nicaraguayenne lance une campagne contre le « militarisme » et cherche à minimiser les menaces extérieures qui pèsent sur la révolution.
Dans une déclaration publié dans La Prensa du 26 janvier, le Parti social-chrétien (PSC) explique que les problèmes économiques du Nicaragua viennent de « l'importance exagérée accordée aux problèmes militaires », ce qui, poursuit le PSC, « conduit le pays à financer des dépenses improductives par l'impôt sur les travailleurs et l'accroissement de la dette extérieure ». Le PSC soutient l'actuelle Junte militaire-démocrate chrétienne au pouvoir au Salvador et entretient des rapports étroits avec le Parti démocrate-chrétien au pouvoir au Venezuela. La campagne de désinformala bourgeoisie au Nicaragua est menée de pair avec l'accroissement des attaques armées menées par des éléments somozistes en provenance des zones frontalières du Honduras, ainsi qu'avec l'activité contre-révolutionnaire menée par les exilés nicaraguayens aux Etats-
Le Miami Herald du 17 janvier a publié une interview de Jose Francisco Cardenal, dirigeant du Conseil supérieur de l'entreprise privée (COSEP), qui a fui le Nicaragua en mai dernier. Cardenal explique dans cette interview que lui et d'autres exilés ont formé une Union démocratique nicaraguayenne et sont en train d'organiser le soutien à l'étranger pour un « soulèvement » au Nicaragua. « Nous acceptons aussi les gens qui ont soutenu Somoza » explique Cardenal. Il prétend que son groupe dispose déjà de 600 hommes armés opérant dans la province de Jinotega, « non seulement d'ex-memla Garde nationale somoziste, aussi d'anciens sandinistes qui ont perdu leurs devant l'évolution du processus ».
Fernando Aguero, qui a longtemps dirigé le Parti conservateur nicaraguayen, est récemment apparu sur les écrans de la TV de Miami, en compagnie d'autres dirigeants somozistes, pour annoncer qu'ils préparaient « une invasion du Nicaragua pour libérer ce pays du communisme ».
NICARAGUA Dans son édition du 22 janvier, où il rapportait les déclarations de Jose Cardenal, le quotidien sandiniste Barricada lançait cet avertissement : « Il est de la responsabilité du gouvernement américain d'empêcher que son territoire soit utilisé comme une base d'opérations menées contre le Nicaragua par des groupes contre-révolutionnaires, des groupes qui apparemment encouragés au point de donner aux journaux des communiqués publics où ils annoncent leurs dangereuses aventures. »
Ces jours derniers, les sandinistes ont également publié une série de mises en garde sévères contre les alliés intérieurs des contre-révolutionnaires exilés. « Chaque jour, un nouvel homme d'affaire pour Miami », 25 janvier dernier le Commandant de la Révolution Henry Ruiz. « Chaque jour il y a des actions contre-révolutionnaires. Le sabotage économique a commencé. Il y a des campements sur les frontières nord et sud du pays qui disposent du soutien des secteurs les plus réactionnaires du pays, ainsi que de l'appui des groupes de « solidarité » contre-révolutionaires qui se sont constitués dans la communauté nicaraguayenne réactionnaire aux
« Ces contre-révolutionnaires oublient, explique encore Henry Ruiz, que les travailleurs sont de plus en plus conscients. La classe ouvriere est plus étroitement unie et notre engagement politique croît chaque jour davantage. S'il y a une intervention, s'il y a des actes contre-révolutionnaires sérieux, les regles du jeu être changées et le destin de ce pays ne reposerait plus qu'entre les mains des ouvriers, et d'eux seuls. » I
Fred MURPHY 30 janvier 1981. * Cet article est la traduction d'une Par" Intercontinental Press, vol. 19, numéro 4.
1. Eden Pastora, ex-dirigeant de la tendance terceriste, a dirigé sous le pseudonyme de « Commandante Cero » la fameuse prise d'otages du Palais National en août 1978.