Liberté pour « La Cour militaire de Sao Paulo vient de condamner, au terme d'un procès en forme de parodie de justice Luis Inacio da Silva, dit « Lula », et 10 autres syndicalistes, à des peines de prison allant de 2 ans à 3 ans et demi de détention, pour atteinte à la « Loi de sécurité nationale ».
« Lula », qui est le président du Parti des travailleurs (PT) et dirigeant du syndicat des métallurgistes de l'ABC (triangle industriel de la banlieue de Sao Paulo), ainsi que 3 de ses camarades, ont été condamnés à 3 ans et demi de détention. 5 se sont vus infliger une peine de 2 ans et demi et 2 autres inculpés ont été condamnés à 2 ans de prison.
Le jugement a été rendu en l'absence des prévenus : ils avaient fait connaître leur intention de boycotter et refusaient d'être jugés au nom de cette Loi de sécurité nationale qui est une loi d'exception. POLOGNE
Lula » et les syndicalistes brésiliens !
« Lula » et ses camarades ont été condamnés pour leur rôle dans la grève qui a opposé - 41 jours durant — en avril et mai 1980, les 200 000 métallurgistes de Sao Paulo aux multinationales de l'automobile (Mercedes, Volkswagen et Ford, entre autres). Après avoir décrété la grève « illégale », la dictature militaire avait destitué de leurs mandats synarrêté pendant un mois « Lula » et ses compagnons.
Après sa condamnation et d'être arrêté, « Lula » a déclaré : « Je commis aucun crime. Je suis triste parce que tous ceux qui veulent me mettre en prison n'ont pas le courage de résoudre le problème de la faim, de l'inflation et de la misère dans le pays. S'ils m'arrétent aujourd'hui, demain surgiront 10 « Lula », puis beaucoup plus, au point qu'ils ne pourront plus les arrêter. »
Les télégrammes de protestation, les motions syndicales contre l'arrestation des syndicalistes et des dirigeants du Parti des travailleurs (PT) doivent être adressés au président de la République, Joao Figueiredo, via l'ambassade du Brésil à Paris, 34, cours Albert-ler, 75008 Paris.