Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ETAT ESPAGNOL

Petite chronologie de l'Espagne post-franquiste

Inprecor n° 97, 16 mars 1981 · p. 10-13 · 3 768 mots

État espagnol Euskadi Syndicalisme France

Petite chronol QUELQUES POINTS DE REPERES 1975 - 20 novembre : mort du dictateur. Un gouvernement de continuité présidé par Carlos Arias Navarro va devoir faire face à un formidable mouvement de masse luttant pour les droits démocratiques à l'échelle de tout le pays.

1976 - ler juillet : Carlos Arias Navarro donne sa démission. Le roi commence alors une audacieuse opération — la « Réforme » - qui va conduire à l'instauration d'un régime parlementaire qui va conserver l'essentiel de l'appareil de l'Etat franquiste. Adolfo Suarez est nommé président du Conseil du gouvernement pour mener cette opération à bonne fin.

- 15 décembre : référendum sur une série de transformations de la législation franquiste. A la suite de l'approbaogie de l'Espagne p tion de ces mesures, l'opposition ouvre des négociations avec le gouvernement, par l'entremise d'une commission composée majoritairement de politiciens et dont le PCE est exclu. L'organisme « unitaire » de l'opposition, la « Coordination démocratique » disparaît pratiquement.

1977 - Dernière semaine de janvier: un groupe fasciste se livre à la tuerie d'Atocha, au cours de laquelle 5 militants du PCE sont assassinés. Le PCE effectue une impressionnante démontration de sa capacité à contrôler les manifestations qui se déroulent à ce moment-là.

- 9 avril : légalisation du PCE, démissions et protestations au sein de l'Armée, mais sans aucune menace de coup d'Etat. Le mouvement de masse est alors dans sa phase de montée.

- 15 juin : premières élections générales. L'UCD obtient la majorité relative des suffrages. Le PSOE devient le deuxième parti dans le pays et le parti majo ost-franquiste ritaire en Euskadi et en Catalogne. Le PCE obtient un résultat plus modeste, bien en-dessous de ce qu'il pensait pouvoir atteindre et bien inférieur à son influence réelle dans le mouvement ouvrier. Les organisations d'extrême gauche ne sont toujours pas légalisées en tant que telles et - à l'exception d'Euskadi - obtiennent des résultats dérisoires.

- 9 octobre : signature du Pacte de La Moncloa, principale victoire de la bourgeoisie au cours de tout le processus, et début du repli du mouvement ouvrier.

1978 - Janvier: l'activité militaire de TETA reprend sur une large échelle. A la fin de l'année précédente, le gouvernement avait approuvé un statut de « pré-autonomie » pour l'Euskadi se moquant complètement des véritables aspirations du peuple basque.

- 11 novembre : découverte du complot putschiste appelé « Opération

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cuirassée « Brunete », avant de devenir capitaine-général de Valence, d'où il a pris part au der-

- 6 décembre : un projet de Constitution, élaboré sur le mode du « consensus » entre la droite et les partis ouvriers réformistes, est largement approuvé par voie de référendum. En Euskadi, il n'y a que 40% des votes favorables. La Constitution consacre la continuité de l'appareil d'Etat hérité du franquisme, auquel on confie de plus la mission de « garantir la réorganisation constitutionnelle », ce qui sera un argument central des organisations qui - comme la LCR - se battent pour le rejet de cette Constitution.

- 1er mars : nouvelles élections législatives. La « morosité » du mouvement ouvrier apparaît bien clairement. La gauche recule, l'UCD progresse sans parvenir pourtant à obtenir la majorité absolue des suffrages. On assiste surtout à une montée spectaculaire des organisations nationalistes, tout spécialement en Euskadi. Le nationalisme révolutionnaire comme le courant qui capitalise le rejet de la politique réformiste par de larges secteurs de la population.

- 3 avril : la gauche obtient une victoire importante aux élections municipales. La dynamique unitaire refait surface, mais les directions du PSOE et du PCE s'efforcent de limiter ce phénomène au strict cadre des accords de gestion des municipalités.

- Janvier : tentative de coup d'Etat que le gouvernement s'efforce de ne pas divulguer. Le chef de la Division Brunete, le général Torres, est relevé de ses fonctions, il est nommé gouverneur

- 28 février : le gouvernement essuje une cuisante défaite lors du référendum sur l'autonomie en Andalousie. Le déclin d'Adolfo Suarez et la crise de l'UCD se dessinent.

- 9 et 20 mars : élections nationaLe roi Juan Carlos avec le général Milans del nier coup d'Etat (DR).

les en Euskadi et en Catalogne. Victoire des organisations nationalistes. En Euskadi, Herri Batasuna - organisation proche d'ETA-militaire - arrive en seconde position. Repli très important des positions électorales du PSOE et de l'UCD.

- 4 juillet : sentence de l'« Opération Galaxie » ; condamnations symboliques des inculpés.

- 9 septembre : ultime gouvernement Adolfo Suarez, avec la participation de la quasi-totalité des « barons » (chefs

A LA VEILLE DU COUP D'ETAT - Décembre : une réunion de hauts responsables de l'Armée décide de à préparer un coup d'Etat pour le mois de mars 1981. Le plan consiste à imposer au roi la nomination d'une Junte de salut national qui suspendrait le processus des autonomies dans les nationalités et qui établirait l'état d'exception contre les droits et les libertés des travailleurs au nom de la « lutte contre le terrorisme ». Une série d'articles signés du pseudonyme « Almendros » commence à paraître dans la revue d'extrême droite El Alcazar, et exprime le point de vue des putschistes. Elle est largement diffusée dans les casernes. Les cars destinés au transport des putschistes de leurs cantonnements jusqu'au Parlement sont achetés.

- Tout au long du mois de décembre : conflit au sein de l'UCD entre les secteurs appelés « officialiste » et « critique ».

- 6 janvier : à l'occasion de la Pâque militaire, les discours des autorités insistent sur la nécessaire loyauté des forces armées vis-à-vis de la Constitution, en même temps qu'elles adoptent un ton plus dur qu'à l'accoutumée. Le roi affirme : « Nous savons où nous allons, et les limites que nous ne pouvons pas dépasBosch, à l'époque où il commandait la Division des différentes camarillas) du parti UCD.

- 30 octobre : approbation de la loi anti-terroriste ultra-réactionnaire, avec l'appui du PSOE et du PCE.

- Novembre : nouvelles rumeurs de coup d'Etat à la suite de la publication d'un document très favorable au coup d'Etat en Turquie, envoyé aux chefs de l'Armée par l'attaché militaire de l'ambassade d'Espagne à Ankara, le colonel Quintero, un des experts de l'amiral Carrero Blanco pour les affaires de police. ser. » Le général Gabeiras, chef de l'état-major de l'armée de terre déclare de son côté : « L'Armée ne rêve pas de dictature, mais elle défendra l'unité de l'Espagne. » Le général Pascual Galmes, chef de la région militaire de Catalogne soutient que : « Les forces du mal seront détruites ! ».

- 29 janvier : annonce publique de la démission d'Adolfo Suarez. La démission a été finalement décidée quand a été connu le plan du coup d'Etat militaire, mais ce dernier sera caché au peuple espagnol. Très vite, et sur la proposition de Suarez en personne, l'UCD désigne comme candidat à la présidence du Conseil du gouvernement Calvo Sotelo. Le Congrès de l'UCD prévu autour de cette date est reporté au 6 février. Le roi décide que la crise trouvera sa solution par le biais des mécanismes parlementaires normaux. Vu la situation au sein de l'UCD, il ne charge pas Calvo Sotelo de former le gouvernement avant la fin du Congrès de PUCD. Le roi reporte son voyage aux USA, au cours duquel il devait négocier avec Ronald Reagan les contreparties à une rapide intégration de l'Espagne dans l'OTAN, mais il maintient son voyage en Euskadi.

- 3 février : le roi commence sa tournée en Euskadi. Son objectif essentiel est d'affirmer sa souveraineté sur l'Euskadi et d'obtenir l'allégeance explicite des institutions basques autonomes. Un déploiement policier considérable empêche toute action de masse un tant soit peu importante de protestation contre sa visite. Cependant, il n'y a aucune mobilisation populaire pour appuyer la venue du roi, malgré tous les efforts déployés par le PSOE dans ce sens.

- 4 février : au Parlement basque, les députés de Herri Batasuna expriment symboliquement leur protestation en interrompant le discours du roi en entonnant l'hymne national basque Eusko Gudariak. Ils sont violemment expulsés du Parlement. Le roi poursuit alors son discours qui constitue un appui au statut d'autonomie dans le cadre du strict respect de l'« unité de la patrie ».

- 6 février : début du Congrès de l'UCD qui fait étalage de la profondeur des divisions qui déchirent le parti gouvernemental en se donnant grotesquement en spectacle. Le même jour, l'ETA commet l'erreur la plus désastreuse de toute son histoire en tuant l'ingénieur de la centrale nucléaire de Lémoniz, José Maria Ryan.

- 9 février : le PNV, le PSOE et le

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PCE, Euskadiko Eskerra, les Commissions ouvrières (CCOO), l'UGT et ELA appellent à ce qui sera la plus grande manifestation et la plus importante grève générale qu'ait jamais connues l'Euskadi.

- 13 février : la mort sous les tortures infligées par la police de José Arregui, militant de l'ETA, est rendue publique. Début d'une grande campagne de protes-

- 16 février : la campagne de protestations culmine avec une nouvelle gréve générale dans toute l'Euskadi, plus importante encore que celle du 9 février. Ce même jour, les cortèges les plus importants dans les manifestations sont dirigés par Herri Batasuna. Grave conflit au sein de la police, menaces de démissions collectives, etc. Le gouvernement accepte la démission de certains des principaux responsables de l'appareil policier. Le bruit court avec insistance que l'armée est intervenue pour stopper les démissions en

- 20 février : au cours d'un premier vote, Calvo Sotelo ne parvient pas à obtenir l'investiture du Parlement.

LE DÉROULEMENT

DU COUP D'ETAT Lundi 23 février - 17 h : dans les cantonnements de la Division cuirrassée Brunete - principale unité d'intervention de l'Armée espagnole - les troupes sont haranguées et le coup d'Etat démarre en étant présenté comme une opération ayant l'appui du roi. La mission de la Division est la prise de contrôle des points névralgiques de la capitale : télécommunications, presse, radio-télévision, mairie, etc.

- 17 h 15 : les unités de la Ille région militaire commandée par le général Milans del Bosch se mettent en mouvement et procèdent à l'occupation de la ville de Valence.

- 18 h 23: 2 compagnies de la Garde civile , sous le commandement du lieutenant-colonel Tejero, pénètrent dans l'enceinte du Parlement, prenant en otages les membres du gouvernement et les

Il s'agit de la reproduction - améliorée - du plan de l'« Opération

Peu après, le roi procède à la constitution d'un « gouvernement provisoire » composé des sous-secrétaires d'Etat et présidé par le directeur général de la Sécurité, Franciso Laina. Ce « gouvernement » se chargera avant tout - et ce sera sa seule tâche - de « maintenir l'ordre », c'est-à-dire d'empêcher toute mobilisation de masse. Pour ce faire, il entamera des négociations avec les directions réformistes et interdira formellement toute manifestation de rue.

Le véritable centre du pouvoir sera alors constitué par le roi, appuyé par la Junte des chefs d'état-major. Les premiers efforts entrepris pour contrôler la situation dans l'Armée donnent une indication de l'envergure du coup d'Etat. Ce sont pour le moins 3 capitaineries générales (Valladolid, Saragosse et Séville) qui restent dans l'expectative. Un commando cherche à s'emparer du gouverneur militaire de Madrid. La Division Brunete rencontre des difficultés pour atteindre les objectifs qui lui étaient assignés (bien qu'elle parvienne à se rendre maitre de la radio-télévision pendant deux heures), mais tout en continuant à échapper au « contrôle » du « gouvernement » formé par le roi. D'importants secteurs des services de renseignements de l'Armée se sont mis à la disposition des putschistes ou adoptent une attitude de neutralité. Enfin, le chef en second de l'état-major de l'armée de terre, l'un des militaires en qui le roi a le plus confiance, le général Armada, se démasque comme étant la tête politique du coup d'Etat.

A partir de 19 h : on commence à connaître quelles sont les réactions des organisations ouvrières. Seule la LCR appelle à la grève générale dans tout le pays dans un communiqué de son Bureau exécutif. Le PCE appelle à la grève générale en Euskadi, les Commissions ouvrières en Catalogne et à Madrid, mais en donnant aux travailleurs de la capitale l'indication qu'ils « doivent rester pacifiquement leur poste de travail ». Il y a même un premier communiqué du Comité exécutif du PCE qui fait mention de cet appel à la générale, mais il est annulé - 21 h : les directions des Commissions ouvrières et de l'UGT diffusent un communiqué affirmant leur appui total au roi et demandant aux travailleurs de « conserver leur calme et de rester vigilants » pour voir comment vont se développer les événements... Le « gouvernement provisoire » demande à Marcelino Camacho, leader des Commissions ouvrières et dirigeant du PCE, de convaincre les dirigeants des Commissions ouvrières de Catalogne (CONC) d'annuler leur appel à la grève ; Camacho n'y parvient pas dans un premier temps.

2h: les services de renseigne ments militaires considèrent que le coup

- 23 h approximativement : le général Armada présente son plan au roi. Il s'agit d'un coup d'Etat « à la turque » qui est fondé sur l'appui du roi en personne ; il est même question de demander l'« investiture » par le Parlement d'une Junte militaire qui promettrait des élections générales à court terme, après avoir mené à bien les opérations de « rétablissement de l'ordre », sous le couvert d'un régime d'état d'exception. Le roi rejette ce plan et décide de s'adresser au pays à la télévision.

- 23 h 30 : les Commissions ouvriéres et l'UGT, dans un nouveau communiqué, appellent à 2 heures de grève, sauf dans les services publics, sans aucune manifestation et tout en réitérant une fois de plus leur appui au roi. Il n'y a pratiquement aucune activité de masse dans tout le pays. Il n'y a qu'à Madrid où quelque 2000 personnes se sont rassemblées devant le Parlement à l'appel de la LCR, et initialement aussi du PCE qui est rapidement revenu sur les termes de son appel.

- L'Assemblée épiscopale émet un communiqué dans la meilleure tradition vaticane : « Nous consacrons toutes nos prières à l'Espagne, aux Espagnols et à leurs responsables ! ». Ce n'est que lorsque tout sera rentré dans l'ordre qu'un nouveau communiqué des évêques affirmera leur appui à la Constitution.

Mardi 24 février - 1 h 15 du matin : le roi s'adresse au pays. Le passage fondamental de son allocution est le suivant : « La couronne, symbole de la permanence et de l'unité de la patrie, ne peut tolérer, sous quelque forme que ce soit, les actions et les attitudes de personnes qui prétendent interrompre par la force le processus démocratique que la Constitution votée par le peuple espagnol a décidé de mettre en œuvre en son temps par voie de référendum. »

A la suite du discours, le général Milans del Bosch retire ses troupes de la ville de Valence, tout en maintenant l'état d'exception. situation commence à évoluer en défaveur des putschistes.

- 3h du matin : les Commissions ouvrières de Catalogne (CONC) réitèrent leur appel à la grève générale.

- Dans le courant de la nuit, les directions réformistes qui avaient appelé à des grèves commencent à revenir sur les termes de leurs appels et ne feront rien pour que la grève soit effective. Le mot-d'ordre de grève de 2 heures est inégalement suivi. La grève n'a en fait lieu que dans quelques très rares entreprises du

- 12 h 10: les députés commencent à sortir de l'enceinte du Parlement. Un décret de la Junte des chefs d'état-major rappelle immédiatement l'interdiction de toute manifestation.

— Au cours de l'après-midi, le roi convoque les dirigeants partis politiques. Il leur lit un texte dont les points fondamentaux sont les suivants : « On ne saurait encourager les forces politiques à réagir ouvertement et durement contre ceux qui se sont livrés à des actes de subversion au cours des toutes dernières heures, et il serait encore moins profitable d'étendre cette réaction à l'ensemble des forces armées et des orsécurité (...). Nous devons tous être conscients, chacun selon nos responsabilités particulières, que le roi peut ni ne doit être confronté, de manière répétée, impliquant sa responsabilité di recte, à des questions aussi lourdes de tension, et de gravité aussi considérable (...). J'invite chacun à la réflexion et à reconsidérer ses positions pour parvenir à une plus grande unité et concorde pour le bien de l'Espagne et des Espagnols. » Tous les participants se sont déclarés en plein accord avec le roi. Au cours de cette même réunion, Felipe Gonzales a offert l'entrée du PSOE dans une coalition avec l'UCD, pratiquement sans y mettre aucune condition programmatique.

- 20 h : les manifestations appelées par le MCE et la LCR dans plusieurs villes

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rités militaires ont décidé de ne pronon- (6 000) ; Bilbao: 4 000 (4 000); Las

(Madrid, Barcelone...) ne réunissent que quelques centaines de personnes.

Mercredi 25 février

- AP, UCD, PSOE, PCE, Commissions ouvrières (CCOO) et UGT appellent à des manifestations pour le 27 février. Ces manifestations devront être silencieuses, et une seule banderole portera le mot-d'ordre de : « Pour la liberté, la démocratie et la Constitution ! »

- Calvo Sotelo obtient la majorité absolue au Parlement et est investi comme président du Conseil du gouverne-

Les nationalistes catalans et le groupe parlementaire dirigé par Fraga Iribarne ont finalement voté en sa faveur. Le PSOE réitère son offre de coalition, qu'appuie le PCE. Calvo Sotelo refuse l'offre tout en demandant la collaboration du PSOE sur les « questions qui touchent à l'Etat ». Le programme du gouvernement Calvo Sotelo n'a pas souffert la moindre modification par rapport à ce. lui qu'il avait présenté, sans succès, le 20

Jeudi 26 février - Calvo Sotelo présente son nouveau gouvernement, que la presse gratifie du qualificatif de « clownesque » : il est pratiquement identique, dans sa composition, au gouvernement d'Adolfo Suarez, et son objectif le plus probable est de préparer à moyen terme des négociations avec le PSOE, l'AP et les partis nationalistes pour les intégrer dans une forme de coalition.

- Les noms des militaires sanctionnés sont rendus publies : 3 généraux, 5 officiers supérieurs et 19 officiers. On apprend par la même occasion que les autoMilitants de la LKI (LCR) en Euskadi... (DR).

CONCLUSIONES DEL GOLPE FALLID

LK

cer aucune autre sanction supplémentaire.

- Des difficultés surgissent dans l'organisation de la manifestation en Euskadi. L'UCD et l'AP n'y participent pas. Un accord intervient pour remplacer la référence centrale à la Constitution par une référence aux « institutions ». Malgré cela, le PNV finit par se retirer en prétextant que l'on n'avait pas inclu dans les objectifs de la manifestation la demande de libération des trois consuls enlevés par l'ETA-politico-militaire le 19 février. Par ailleurs, Herri Batasuna se refuse à appeler à manifester aux côtés de la LKI et du MCE ; ces deux organisations maintiennent néanmoins leur appel à manifester.

Vendredi 27 février

- Madrid voit se dérouler la plus grande manifestation de toute son histoire : 1,5 million de personnes environ, silencieuses au début, puis criant : «Dictadura no ! Democracia si !», « El pueblo unido jamas sera vencido ! », etc. Manifestations importantes dans le reste du pays, à l'exception d'Euskadi.

- La LCR et le MCE avaient proposé aux autres organisations révolutionnaires de former des cortèges unitaires, à la suite de la manifestation appelée par les syndicats pour défendre mots-d'ordre centraux que la situation impose et qui étaient exclus de l'appel officiel à la manifestation, et tout spécialement l'exigence de l'épuration de l'armée, de la police et de l'appareil d'Etat en général. On peut relever avec intérêt le nombre des participants à l'un et l'autre cortège, ville par ville. Barcelone: 250 000 (10 00C) ; Vigo : 5 000 (1 000) ; Oviedo :

(3000); Valence: • CIVILI

PISTAS!

PASARAN!!

Palmas : 2 000 (6 000) ; Tenerife : 6 000 (3 000), etc. De façon générale, il a été possible de rassembler des cortèges certes minoritaires mais significatifs, et même, dans le cas de Las Palmas, un cortège des révolutionnaires plus important que la manifestation officielle. L'exception à cela a été Madrid où l'intervention de la police a empêché le cortège de se former. C'est à la police également que l'on a dû l'impossibilité pratique de manifester en Euskadi.

Samedi 28 février

- L'ETA-politico-militaire les 3 consuls et annonce une trêve sans poser de conditions.

- Nouvel attentat de l'ETA-militaire : 3 policiers sont blessés à Portugalete dans la province de Biscaye.

- Le roi prononce un discours à l'Académie militaire générale de Saragosse. Les extraits les plus significatifs en sont les suivants : « On ne contribue pas à la défense de la Patrie par des actions irréfléchies qui mettent l'Armée et l'Etat en général dans une situation difficile, et qui n'ont pas d'issue digne dans le monde où nous vivons. (...) Les événements récents doivent servir de leçon à l'Armée d'une part, et à toutes les forces politiques liées au gouvernement comme à l'opposition de l'autre, pour que tous adaptent leur conduite dans le but de parvenir à obtenir l'ordre, la sécurité et bien-être de l'Espagne. (...) Il n'est pas convenable que des initiatives politiques ou que des campagnes menées par les moyens de communication puissent créer un climat de malaise ou de répression au sein des forces armées ou des forces de l'ordre, elles qui ont si souvent dû souffrir dans leur chair des attentats et, dans leur esprit, des critiques et de l'incomprehension... »

Dimanche ler mars - Les journaux Ya et ABC de Madrid, qui sont liés à la droite la plus conservatrice, étendent l'information sur le déroulement de la tentative du coup avançant des informations d'une gravité extrême pour l'avenir réservé aux travailleurs de l'Etat espagnol. Selon ces informations, le coup d'Etat du 23 février n'était qu'une des trois versions de coup d'Etat étudiées par les responsables putschistes. La deuxième version consistait dans la création des conditions pour négocier avec le roi la mise en place d'un gouvernement dirigé par les militaires mais sans recours aux mesures de force du genre de celles utilisées au cours de la journée du 23 février. La troisième formule aurait dû être une variante de la seconde et aurait inclu dans la négociation certains partis représentés actuellement au Parlement, et particulièrement le

Dans les deux cas, bien évidemment, le gouvernement aurait agi dans les conditions prévues par l'état d'exception. tout particulièrement en Euskadi...

Mardi 3 mars 1981.

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