Résolutio et méth -INous vivons la crise économique, sociale et politique la plus profonde de notre histoire depuis la guerre. Elle a été provoquée par des années de gouvernements arbitraires, sans aucun contrôle démocratique et ne tenant aucunement compte la société. Nous ne sommes pas responsables de cette crise, mais, depuis août 1980, la société et tout particulièrement notre syndicat est une force qui peut avoir une grande influence sur le déroulement des événements. L'approfondissement de la crise est un danger pour les fondements de la vie nationale. Notre syndicat est le principal garant social de l'unique issue, fondée sur les accords d'août-septembre dernier.
Durant les dernières semaines, cette crise s'est brutalement aggravée, avant tout du fait de l'incapacité des autorités d'adapter leurs méthodes de gouvernement n de « Solidarité» s odes d'action du 8]
Gd aux réalités sociales d'après août 1980, et du fait de l'arrêt de la mise en pratique des accords passés. La trêve des grèves déclarée par notre syndicat fin novembre n'a pas été mise à profit pour trouver une solution à la crise. Au contraire, depuis quelques semaines, la politique de l'arrogance, de la propagande irritante, de la mise de la société et du mouvement syndical devant le fait accompli, a pris le dessus. Elle s'est manifestée dans le blocage des travaux sur les lois syndicales, la censure et l'autogestion ouvrière ; elle s'est manifestée dans l'arrestation de militants des groupes indépendants, contre lesquels des procès politiques sont en préparation, ce qui est contraire au point 4 de l'accord de Gdansk (1) ; elle s'est manifestée dans le conflit qui nous a été imposé sur les samedis libres. Une des manifestations particulièrement dangereuses de la politique du fait accompli est le décret gouvernemental concernant le ur les buts rndicat ansk, le 12 février 1981 paiement des jours de grève, adopté sans aucune consultation des syndicats et annulant le point 2 de l'accord de Gdansk
(2).
Ces derniers jours, on a annoncé publiquement l'élargissement de la répression pour délit d'opinion aux experts et collaborateurs des instances de notre syndicat issus du Comité d'autodéfense sociale - le KOR -, et aux organisateurs du mouvement syndical paysan, à côté des attaques contre « Solidarité » et sa direction. Cela crée le danger d'une confrontation. La vague de grèves et le
1. Inprecor a publié dans son numéro 84 du 11 septembre 1980 des extraits du texte du protocole d'accord signé à Gdansk.
2. Ibid., p. 10-11.
La désorganisation de la distribution en Pologne : des heures pour vendre à la sauvette quelques mécontentement social récents sont les fruits de cette politique.
Le développement des tensions a provoqué une situation dangereuse dans nos propres rangs. La Commission nationale de coordination, composée des présidents ou de représentants mandatés des différents MKZ, est le maillon qui lie notre syndicat en un ensemble national.
Dans la situation actuelle, le caractère national du syndicat indépendant doivent être considérés comme une priorité, car c'est uniquement tous ensemble, par une grève nationale, que nous pouvons agir de manière efficace. Les nomgrèves locales et menées sous des mots-d'ordre divers -sans accord de la Commission nationale de coordination et parfois à l'encontre de ses appels —, se sont avérées peu efficaces.
grèves, provoquées parfois sciemment par les partisans de l'affrontement au sein de l'appareil du pouvoir, menacent l'unité du syndicat et peuvent conduire à son éclatement en 50 organisations régionales. Cela signifierait l'échec du mouvement et conduirait à une explosion spontanée de conflits sociaux.
Dans cette situation, nous devons nous mettre d'accord sur les buts et les méthodes de notre action. La Commission nationale présentera au plus tôt, pour une discussion dans l'ensemble du syndicat, d'action. Nous devons y déterminer avant tout nos revendications concernant les salaires et les conditions de vie, et surtout la défense des intérêts des personnes les moins bien loties. A côté, il est nécessaire de présenter une programme de changements institutionnels, sans lesquels tout renouveau syndicat - en tant qu'unique organisation forte et indépendante — sera soumis à la pression sociale pour mener à bien des fonctions qui dépassent ses buts statutaivraient concerner une limitation légale de la censure, le fonctionnement du système réforme économique et l'introduction d'une autogestion ouvrière et locale authentique, fondée sur des élections démocratiques. Le limogeage des directeurs ou des préfets sous la pression des grèves ne change pas les principes de la politique de nomination des cadres. Seule l'introduction des mécanismes autogestionnaires et démocratiques peut donner, sur ce point, des garanties de changements.
- IV -Nous devons en même temps formuler les revendications dont la réalisation dans un proche avenir est une condition de la paix sociale en Pologne. L'arrêt de la répression judiciaire et administrative en est une condition. Personne ne devrait douter que, face à l'arrestation des militants, experts ou collaborateurs de « Solidarité », mais également face à la répression des organisateurs du mouvement syndical paysan, notre syndicat dans son ensemble réagira par la grève. Personne ne devrait également douter que les prisonniers d'opinion.
Nous déclarons que le décret antiinacceptable et ne peut être maintenu, car il enfreint le fondements de l'accord social, c'est-à-dire le droit de grève, contradictoire avec les règles élémentaires de la consultation. Vu le choix d'un nouveau gouvernement, la Commission nationale - voulant faciliter l'ouverture du dialogue - est prête immédiatement à entamer des négociations sur ce sujet pour arriver à une accord à la table négociations. l'arme ultime, la grève nationale, si les négociations s'avèrent impossibles si elles n'aboutissent pas.
Une des conditions sine qua non du maintien de la paix sociale est la reconnaissance juridique de l'activité du syndicat paysan. L'entêtement des autorités d'Etat sur cette question signifie leur incompréhension des réalités et la non-prise en compte des problèmes sociaux les plus importants. Nous ne voulons en ce moment pas aggraver la tension en lançant des grèves à ce propos. Notre syndicat va cependant aider, par tous les moyens dont il dispose, l'activité du syndicat paysan et, à sa demande, il représentera les intérêts des paysans individuels face aux autorités. Nous nous adresserons à la Diète pour qu'elle ratifie la convention numéro 141 de l'Organisation internationale du travail (OIT), garantissant aux paysans individuels le droit de créer leurs propres syndicats.
Il est particulièrement urgent de pommes, quelques épis de maïs... (DR).
OWOCE
NAPOJE mettre en pratique l'accord du 30 janvier 1981 concernant l'accès de « Solidarité » aux médias. Nous avons reçu le 10 février l'annonce du démarrage immé. diat des discussions concernant le côté technique de la réalisation des engagements du gouvernements sur cette question. C'est une des conditions importantes pour arriver à la paix sociale et pour la
Si l'accord sur ces problèmes immé diats apparaît impossible au cours des discussions, notre syndicat sera obligé de lutter pour un accord par la voie de la grève. Cette lutte doit être suivie d'effet ; pour cela elle ne peut être menée par les organisations locales ou régionales indépendamment, mais par le syndicat dans
C'est pourquoi la Commission décide de s'adresser à toutes les organisations regionales, pour que toutes les greves dans les régions ne soient proclamées qu'après consultation avec la Commission nationale de coordination du syndicat. Au cas où
One serait pas respecte, Commission nationale de coordination du syndicat est décidée à désavouer publiquement une action qui irait à l'encontre de l'unité syndicale.
Commission nationale de coordination du syndicat indépendant autogéré « Solidarité » Gdansk, 12 février 1981.