Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

CUBA

« Le parti est plus prolétarien, plus marxiste-léniniste, plus révolutionnaire... »

· Inprecor n° 98, 30 mars 1981 · p. 12-21 · 10 106 mots

Cuba États-Unis Amérique centrale Pologne

« Le prestige de notre révolution vient de notre fidélité aux principes. Et plus important que le prestige, il y a la confiance que tous les révolutionnaires dans le monde doivent avoir qu'ils pourront toujours compter sur Cuba...

« Les principes ne sont pas négociables. Il y en a de par le monde qui négocient sur les principes, mais Cuba ne négociera jamais sur les principes. Et nous sommes sûrs que ni cette génération, ni les générations futures, ne négocieront jamais sur les principes. Sans forfanterie, nous préférerions mille fois la mort plutôt que nous rendre. Nous ne ferons jamais la moindre concession à l'impérialisme. Nous ne renoncerons jamais à un seul de nos principes ! »

Ces paroles résument le message du Ile Congrès du Parti communiste cubain (PCC). Fidel Castro les a prononcées devant un million de Cubains rassemblés sur la plaza de la Revolucion à La Havane, le 20 décembre 1980, pour saluer la et le succès de ses travaux et en connaître les principales décisions.

Le Congrès et sa préparation ont été pendant des mois un centre d'attention et de discussion à Cuba. 1980 a été s'est agi d'une année dont Fidel Castro a pu dire : « 1980 a été l'année la plus extraordinaire que nous ayons jamais connue en ce qui concerne les mobilisations de masse dans notre capitale ! »

Le Congrès a constitué également un événement international. En plus des 1772 délégués, des délégations de quelque 150 partis communistes, mouvements de libération et d'autres organisations venues du monde entier étaient présentes.

Il y avait une bonne raison à tout cet intérêt que le Congrès suscitait. Il cherchait à tirer les lecons de deux années les plus fertiles en événements de l'histoire de la Révolution cubaine années durant lesquelles la Caraibe et l'Amérique centrale sont venues au premier plan de la politique internationale -et cherchait à jeter les bases pour de nouvelles avancées pour Cuba et la révolution mondiale. REPONDRE AUX CHANGEMENTS courant révolutionnaire, qui est profondément enraciné dans les besoins et les expériences des ouvriers et des paysans cubains, répond aux bouleversements qui sont intervenus dans la situation politique mondiale et régionale au cours des cinq dernières années. Il a montré comment ce courant a approfondi son internationalisme actif en réponse à ces événements.

Surtout, le Congrès a été marqué par l'extension de la révolution socialiste au Nicaragua et à Grenade, ainsi que par l'approfondissement des luttes de libération au Salvador et au Guatemala et par l'approfondissement de la révolution cubaine elle-même.

Le Congrès a effectué une évaluation de l'impact économique et politique, sur les pays semi-coloniaux, les puissances impérialistes et les Etats ouvriers, stagnation internationale et de l'inflation qui frappent le système capitaliste inter-

Il a rendu compte de l'émergence de la classe ouvrière comme facteur décisif des luttes anti-impérialistes et anticapitalistes, non seulement dans les pays impérialistes mais également en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Ce phénomène est le produit du développement industriel, de l'urbanisation et de croissance de la classe ouvrière dans ces pays, aussi bien que la conséquence de la crise économique. Ce changement a été exprimé de la façon la plus éclatante par les insurrections urbaines qui ont mis bas le chah d'Iran et Anastasio Somoza au

Le Congrès a tracé la voie que devait suivre Cuba, fondée sur une analyse marxiste du bouleversement fondamental marqué dans les rapports de forces mon-

Centre les classes par la défaite américaine au Vietnam et par la relance des luttes dans le monde semi-colonial, que cette défaite a aidé à inspirer.

LA SOLIDARITE A TOUT PRIX

Le Congrès a exprimé la détermination des dirigeants cubains de poursuivre leur solidarité active avec les luttes qui se développent en Amérique centrale et dans la Caraibe, quel qu'en soit le prix. Il a montré qu'ils étaient prêts à tirer parti des ouvertures pour étendre la révolution socialiste et qu'ils étaient également prêts à tirer les leçons des soulèvements qui ébranlent la région.

Congrès a riposté aux menaces et aux manœuvres agressives de Washington - des manœuvres qui avaient débuté sous l'administration Carter et que Ronald Reagan s'est engagé à poursuivre et à accentuer - en proposant que les ouvriers et les paysans cubains soient armés et organisés en milices territoriales pour défendre le pays. Le Congrès a qu'une intervention militaire américaine au Salvador, au Nicaragua ou au Guatemala conduirait à un nouveau Vietnam, plus grave encore. Le Congrès a estimé que l'approfondissement de l'internationalisme et de la conscience de classe des masses cubaines étaient le résultat du nouvel essor et des victoires de la révolution en 1980.

Il a tracé une voie destinée à approfondir ce processus, accroître le contrôle ouvrier, la démocratie ouvrière et forger des liens plus étroits avec les masses. En tout premier lieu, a-t-il conclu, cela requiert une prolétarisation plus poussée de la base et de la direction du parti, et le renforcement des organisations de masse. Il a proposé également de poursuivre la campagne contre les déformations bureaucratiques et les privilèges qui apparaissent inévitablement dans un Etat ouvrier économiquement sous-développé, qui se trouve aux portes de la plus grande puissance impérialiste du monde.

L'analyse faite par le PCC de la situation politique, ainsi que des tâches et des perspectives, était développée dans le long rapport central, présenté le 15 décembre lors de la session d'ouverture du Congrès par Fidel Castro, premier secrétaire du Comité central. Le rapport était le fruit d'un travail collectif, reflétant les discussions au sein du Bureau politique et du Comité central du parti. Les points fondamentaux en avaient été discutés, tout au long de l'année, dans toutes les instances de base du parti.

Le rapport fut approuvé à l'unanimité par les délégués le lendemain. Il était divisé en neuf parties. La première traitait du développement socio-économique de Cuba. Y étaient détaillés les avancées et les problèmes rencontrés sur des terrains aussi différents que la production sucrière, l'industrie légère, la santé publique, l'éducation et la planification économique. Les objectifs du prochain Plan quinquennal - qui est le fruit d'une discussion, compris dans assemblées du Pouvoir populaire - ont été soulignés. Le rapport explique que, pour les années 1981-1985, « comme on peut le voir, le Plan proposé, bien que modeste dans ses objectifs, élèvera notablement le niveau de vie de la population et fera faire aussi de grands progrès à notre économie. En effet, obtenir un taux de croissance annuel de 5 % dans le contexte du monde actuel, alors que l'économie mondiale est en pleine crise,

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et dans un pays sous-développé comme le nôtre, victime du blocus et des agressions de l'impérialisme nord-américain, représentera indubitablement un grand succès. »

« Le principal objectif du développement socio-économique de notre pays, a explique Fidel Castro aux délégués, est de parachever les bases techniques et matérielles pour le socialisme... »

Ensuite, le travail des Forces armées révolutionnaires (FAR) et du ministère de l'Intérieur (MININT) fut abordé. Des projets ont été formulés pour les or-

DES VICTOIRES REVOLUTIONNAIRES la Caraibe qe Cuba a concentré efforts pour aider à l'extension de la révolution. L'ouverture de révolutions socialistes au Nicaragua et à Grenade a fourni aux masses travailleuses cubaines et à leur dirigeants la confirmation de la justesse de leur politique d'internationalisme et de solidarité révolutionnaire.

comme à Grenade, des insurrections fondées sur le prolétariat urbain ont porté au pouvoir des gouvernements ouvriers et paysans qui collaborent étroitement avec le gouvernement cubain. Au Salvador et au Guatemala, les ouvriers et les paysans luttent les armes à la main pour établir des régimes similaires.

prononcé le 20 décembre à La Havane, Castro a souligné comment les révolutions socialistes accomplies sous la conduite du prolétariat à Cuba, au Nicaragua et à Grenade montraient la voie à suivre pour renverser la domination impérialiste et constituaient des exemples pour toute l'Amérique lati-

« Les peuples du monde ne sont plus aussi faibles aujourd'hui, déclarer, et je crois que le jour où tous les peuples d'Amérique latine voudront défendre leur pays comme les Cubains, comme les Nicaraguayens, comme les habitants de Grenade veulent défendre le leur, la domination impérialiste disparaîtra de cet hémisphère ! » Le rapport prenait en compte la combativité croissante manifestée par la classe ouvrière urbaine et ses alliés, en rapprochant cela de la crise générale de la domination impérialiste: « Il faut mentionner tout d'abord la combativité des masses, qui a atteint un niveau sans précédent. Le fait que les mouvements révolutionnaires de libération nationale à fort contenu social connaissent un essor croissant dans nos pays et que le mouvement de masse se développe dans plusieurs pays, confirme que le système de domination impérialiste et oligarchique est entré dans la région dans une crise sans cesse plus profonde, indiquant que le mouvement ouvrier, les paysans, les jeunes, les femmes et les autres secteurs populaires, dotés maintenant d'avant-gardes expertes, gagnent en maturité. »

Une mention spéciale fut faite du rôle croissant des syndicats : « Durant la période que nous analysons, la classe ouganisations de masse : les Comités de révolution (CDR), les syndicats (CTC), la Fédération des femmes cubaines (FMC), l'Association tionale des petits paysans (ANAP), etc.

Le développement du mouvement de jeunesse, du parti, la lutte pour préserver et renforcer l'idéologie marxiste-léniniste à Cuba étaient l'objet des parties suivantes du rapport. Ce dernier se concluait par une estimation de la situation économique mondiale et par un exposé sur la politique étrangère de Cuba. C'est en Amérique centrale et dans vrière latino-américaine a donné preuves évidentes de sa maturité et de son développement, ainsi que des potentialison mouvement syndical. Des grèves d'une ampleur surs précédent ont éclaté au Pérou, en Equateur et Colombie. Les travailleurs argentins livrent une lutte constante. »

WASHINGTON LUTTE POUR PRESERVER SON EMPIRE

Washington n'est pas resté devant le défi lancé à son pouvoir d'exploiter et de piller, par les révolutions de Grenade et du Nicaragua, par la lutte au Salvador et au Guatemala, comme par le soutien que leurs apporte Cuba. Fidel Castro a déclaré aux délégués : « De même, l'impérialisme des Etats-Unis, qui ne se résigne pas à accepter les transformations démocratiques et sociales qu'opèrent certains peuples d'Amérique latine et de la Caraibe en faisant usage des attributs de leur indépendance, a riposté à la révolution sandiniste du Nicaragua et à l'insurrection révolutionnaire du, Salvador par arrogante d'asseoir centrale et dans la Caraibe, zone qu'il ose déclarer " d'intérêt spécial " agressives se sont multipliées. Sous l'administration Carter, des « conseillers » militaires ont été envoyés pour maintenir au pouvoir la Junte criminelle du Salvador. Dans les derniers jours de son mandat à la Maison Blanche, Carter a repris l'aide militaire massive au régime salvadorien. Maintenant, Ronald Reagan promet de pousser plus loin l'escalade américaine dans le soutien militaire à ce régime. En même temps, il suspend le versement des au Nicaragua, en d'avertissement à tous les gouvernements soutenant le peuple salvadorien. Les préparatifs s'accélèrent pour une intervention militaire à grande échelle des guatémaltèque soutenus par les Etats-Unis.

La propagande et les actions antiqui ont commencé 1979 par la campagne d'intimidation de Carter sur la brigade soviétique à Cuba, ont connu un développement ininterrompu. L'agitation sur la brigade soviétique a par l'établissement « Commandement militaire pour la Caraibe » basé en Floride, la tenue des navales Solid Shield l'accroissement de la présence militaire américaine permanente dans la Caraibe, Washington a été obligé de reculer - de monter un exercice d'invasion simulée de Cuba à partir de la base navale de Guantanamo, en territoire cubain.

Washington a également couvert les activités des tueurs anti-cubains. L'assassinat, l'année dernière, d'un membre de la délégation officielle de Cuba aux Nations-Unies - premier assassinat de ce genre dans l'histoire des Nations-Unies -est un clair avertissement de la gravité de ce qui se prépare.

LES CUBAINS REFUSENT DE RECULER Dans un discours prononcé devant l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire, le 27 décembre 1980, Fidel Castro a expliqué aux délégués élus et au peuple cubain qu'ils devaient s'attendre, avec l'administration Reagan, à une accentuaLe jour où les peuples d'Amérique latine, comme les Cubains... (DR)

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élevé - ont provoqué une polarisation. cela implique la liberté d'émigrer. » tion de ce type de pressions de la part de l'impérialisme américain : « Cette administration exercera une politique dure, très dure à l'égard de l'Amérique latine, une politique ouvertement interventionniste, et essaiera d'en faire autant à l'égard de Cuba, car elle concidère cet hémisphère comme sa chasse gardée. »

Le Congrès du Parti communiste cubain, et les discours de Fidel Castro qui ont suivi, ont fait référence à la « crise des missiles » de 1962, quand le peuple cubain s'est mobilisé avec sang-froid pour faire face à un blocus naval américain et à la possibilité de l'anéantissement par le feu nucléaire, plutôt que d'abandonner ses convictions révolutionnaires. Une chose a été dite clairement, sur laquelle nul ne peut se méprendre : Cuba ne se laissera pas intimider par les menaces de Washington. Cuba ne renoncera pas à son cours internationaliste en Amérique centrale, en Afrique ou ailleurs. Comme Fidel Castro l'a dit lors du rassemblement du 20 décembre : « On pourra toujours compter sur Cuba! » L'ORGANISATION DES MILICES

L'organisation des milices territounités armées composées d'ouvriers, de paysans et de jeunes — a été un des thèmes importants abordés au cours du Congrès. ler mai 1980 que, pour la première fois, Fidel Castro a lancé un appel à leur formation, en réponse aux manœuvres anti-cubaines de Carter. Dans son rapport, Fidel Castro a déclaré : « Nous n'aurons de cesse que chaque Cubain prêt à défendre maison par maison son quartier et sa commune, pouce par pouce prise et le sol de la patrie, ne dispose d'un fusil, d'une grenade ou d'une mine et ne soit bien préparé à s'acquitter du devoir sacré de défendre la patrie jusqu'à la dernière goutte de son sang. »

« Notre pays doit devenir aussi dur qu'une noix sur laquelle les impérialistes se casseront les dents, une épine mortelle fichée dans leur flanc en cas d'agres-

C'est dans le même esprit que l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire a déclaré que 1981 serait l'« Année du XXe anniversaire de Playa Giron ». Il de l'invasion organisée par les Etats-Unis à la « Baie des Cochons » en 1961 sous l'administration Kennedy. Elle échoua grâce à la mobilisation de millions de Cubains organisés dans les milices et les Comités de défense de la révolution (CDR).

LA FIN DE L'ISOLEMENT Les avancées révolutionnaires dans la Caraibe et en Amérique centrale ont évidemment aiguillonné en retour un approfondissement de la mobilisation des masses cubaines elles-mêmes. Le peuple cubain a accompli la première révolution socialiste dans les Amériques. Il a tenu pendant plus de deux décennies aux portes mêmes de la plus forte puissance impérialiste. On ne peut pas surestimer l'impact sur des millions d'ouvriers et de paysans cubains de la réalisation de ce seuls!» que sandiniste de juillet 1979 au Nicaragua.

Le rapport central décrit quelques unes des conséquences de ce nouvel état de fait : « La conscience communiste et internationaliste de notre peuple s'est incontestablement enrichie ces dernières années. (...) La marche du peuple combattant et la participation des masses lors des provocations des ambassades du Pérou et du Venezuela, des opérations par le port de Mariel et des menaces militaires yankees, font d'ores et déjà partie de notre histoire. Jamais notre patrie n'avait connu d'aussi gigantesques mobilisations

C'est une référence à la manifestation de plus d'un million de personnes qui a défilé le 19 avril 1980 devant l'ambassade du Pérou, où des milliers de candidats à l'émigration s'étaient rassemblés et qui fut pendant un temps le centre de la campagne de propagande anti-cubaine ; au rassemblement du ler mai à La Havane qui a regroupé plus d'un million et demi de personnes ; enfin, à la « Marche du peuple combattant », qui s'est déroulée le 17 mai dans toutes les localités de l'ile et a rassemblé plus de la moitié des 10 millions de Cubains. Tout cela en l'espace d'un mois. Castro a décrit comment une nouvelle génération a « conquis ses premiers lauriers révolutionnaires à l'avant-garde de cette grande bataille politique et idéologique... Dans cette lutte, les masses se sont trempées et se sont considérablement renforcées. »

L'EMIGRATION ET SA SIGNIFICATION Des millions de Cubains se sont enflamés d'enthousiasme pour l'extension de la révolution socialiste et ont défié les menaces impérialistes, mais cela n'a pas été le cas de tout le monde.

économiques et la pression exercée sans relâche par l'impérialisme - y compris le pouvoir d'attraction qu'exerce sa richesse démesurément plus grande et un niveau de vie plus

LES DANGERS BUREAUCRATIQUES La mobilisation a porté un coup aux tendances bureaucratiques qui commençaient à prendre racine dans certaines parties de l'appareil de l'administration cubaine. Un certain degré de différenciation sociale et d'inégalité est inévitable dans un Etat ouvrier économiquement sous-développé et relativement isolé. Par exemple, certaines des mesures qui la productivité et élever le niveau de vie -telles que le développement des primes et vont continuer accroître les différences de revenus parmi cubains, qui ont averti franchement des dangers encourus,

C'est la réfraction à Cuba même de la polarisation qui s'exerce mondiale entre ceux qui sont attirés par le développement des luttes de la classe ouvrière, et ceux qui sont poussés par les mesures que prend l'impérialisme pour les

A Cuba, il y avait d'un côté les millions de manifestants qui se préparaient pour les batailles à venir. De l'autre, il y avait ceux qui avaient abandonné cette perspective et cherché une issue facile du côté du port de Mariel - des petits délinquants, des trafiquants du marché noir, un grand nombre de Cubains non révolutionnaires ayant des parents aux Etats-Unis, et une petite couche d'officiels du parti et du gouvernement, conservateurs et assoiffés de privilèges.

La expliqué: « En dépit des efforts gigantesques qu'a consentis la Révolution pour développer le pays sur le plan économique et social, notamment sur celui de l'éducation, il reste encore quelques séquelles du passé sur le plan social, autrement dit, des individus dépourvus de conscience nationale, à quoi s'ajoute le fait que les conditions socio-économiques de notre pays en voie de développement engendrent encore des éléments déclassés, des asociaux typiques du lumpenprolétariat, qui sont, par nature, aux alouettes et aux idées de l'impérialisme. Il existe donc et il existera pendant longtemps entre l'ennemi impérialiste et la Révolution cubaine une lutte idéologique féroce, qui se déroulera non seulement sur le terrain des idées révolutionnaires et politiques, mais aussi sur celui des sentiments nationaux et patriotiques de notre peuple. Nos ennemis ne se résignent pas au fait que Cuba révolutionnaire et socialiste existe... » Fidel Castro a déclaré aux délégués au Congrès que le « nettoyage » des déserteurs n'était pas encore achevé. Le port de Mariel pourrait être réouvert, a-t-il averti, dans la mesure où Washington continue de bloquer les départs légaux d'émigrants cubains. « La construction du socialisme, en tant que tâche complètement libre et volontaire est toujours l'un des principes de notre processus révolutionnaire, a-t-il affirmé, cherchent à limiter cette tendance en introduisant des augmentations de salaire pour les ouvriers les moins payés, et en annulant les « salaires historiques » élevés de certains travailleurs particulièrement bien rémunérés.

Ces conditions font qu'il est possible, pour quelques individus et certains groupes de l'administration de l'Etat, de rechercher les privilèges et de nourrir le favoritisme. De telles couches parasites tentent invariablement de liquider l'initiative des ouvriers et des paysans qui menace leur prétention à préserver et à accroftre leurs privilèges. Ils sont les moins enthousiastes à vouloir utiliser les ressources matérielles et humaines de Cuba pour

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Le rapport a souligné que cette avons bien grandi. Nous n'avons pas aider d'autres pays. De tels bureaucrates en viennent inévitablement à espérer qu'un terme soit mis à la mobilisation révolutionnnaire et pour qu'un accord galimpérialisme soit passé aux dépens de la révolution mondiale. Ils souhaitent qu'un tel accord aide à consolider leur statut de privilégiés.

Selon le rapport central, des signes d'un tel phénomène sont apparus à Cuba : « Ils ont commencé à donner des signes évidents de relâchement progressif de l'esprit d'austérité, de ramollissement, manque d'exigence, de goût des privilèges, d'embourgeoisement et autres manifestations du même style, en même temps que retombait la discipline du travail. Le pire de nos ennemis ne pouvait nous faire plus de tort. »

« Ces dangers, a déclaré Fidel Castro aux délégués, se sont manifestés dans bien des endroits, y compris dans une certaine mesure au sein du parti. A certains endroits a prospéré l'attitude formaliste, conformiste essentiellement petite-bourgeoise de ne pas se compliquer l'existence avec tout ce qui est injuste et tout ce qui est mal fait. » Cela a posé une question aux dirigeants de la Révolution : « Etait-ce donc que notre révolution sombrait dans la dégénérescence aux portes même de notre ennemi impérialiste ? Serait-ce une loi inexorable pour toute révolution au pouvoir? Il n'en était pas aucun prétexte, c'était inadmissible! »

L'ARME LA PLUS PUISSANTE

Depuis le début de la révolution cubaine, la direction castriste a compté sur les ouvriers et les petits paysans pour combattre ces tendances. Au contraire de l'Union soviétique - où les courants bureaucratiques ont complètement exproprié les travailleurs du pouvoir politique, après la mort de Lénine en 1924, et se sont constitués en caste dirigeante contrerévolutionnaire -, le pouvoir politique à Cuba est resté dans les mains des ouvriers et des paysans.

Dans les années 1960, la direction castriste a combattu et défait un courant stalinien dirigé par Anibal Escalante, qui bureaucratiques politique étrangère internationaliste.

Après l'échec de la campagne pour la zafra des 10 millions de tonnes de sucre en 1970, la direction a tiré la conclusion que le retard mis par le gouvernement à reconnaître l'étendue de la catastrophe devait résulter du fossé existant entre celui-ci et les masses cubaines, qui étaient conscientes indubitablement plus tôt des grands problèmes rencontrés au cours de la récolte. Les dirigeants cubains ont pris des mesures pour institutionnaliser la participation des masses, qui avait toujours été le fondement de la révolution, et pour mettre de l'ordre dans l'économie.

Des élections syndicales furent organisées et régularisées. Les organisations de masses furent renforcées et leur pouvoir de décision augmenté. Les habitants regroupés sur la base des municipalités ont élu des assemblées du Pouvoir populaire, qui à leur tour ont élu les assemblées de province et l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire. « Les organes du Pouvoir populaire ont créé les meilleures conditions possibles pour l'exercice de la démocratie socialiste, la plus haute forme de démocratie, en facilitant de façon institutionnalisée la participation des masses au gouvernement de la société à la fois au niveau local et national », a déclaré Fidel Castro aux dé-

Au cours des derniers mois de l'année 1979, Raul Castro a prononcé une série de discours dans lesquels il a expliqué que les administrateurs laxistes ou de privilèges étaient l'un facteurs contribuant aux difficultés économiques de Cuba. Il a pris pour cible les « lâches » qui craignent les conséquences de l'internationalisme et des défis relevés face aux menaces impérialistes.

Mais la mobilisation populaire de 1980 a fourni à la direction révolutionnaire l'arme la plus puissante qui soit, combinée avec l'extension de la révolution socialiste, pour lutter contre les tendances bureaucratiques : la mobilisation d'une ouvrière consciente de ses intérêts qu'a expliqué le rapport présenté au Conconsidérons la bataille livrée par les masses aux mois d'avril et mai de cette année (1980), comme une des victoires politiques, idéologiques et remportées la Révolution dans toute son histoire (...). Il faut souligner que cette lutte s'est répercutée favorablement sur les efforts fournis à l'échelle nationale pour en finir avec certains problèmes d'ordre idéologique qui avaient gagné du terrain ces derniers temps. En réprouvant la lie, le peuple réprouvait aussi en grande partie l'indiscipline, le parasitisme, l'embourgeoisement, la négligence et d'autres phénomènes négatifs qui nous affectaient. tratives adoptées au cours des derniers d'élever sensiblement le d'exigence et l'ordre au sein de notre société. Bien sûr, il ne s'agit pas d'une campagne d'un seul jour. »

Les actions de masse du prolétariat cubain en 1980 ont permis de mesurer le développement de son pouvoir social, de sa conscience de classe et de sa combativité, un phénomène qui n'a cessé d'être toujours plus remarqué de par le monde. C'est cette classe qui fournit la plus solide base d'appui à une politique internationaliste et à la lutte contre modification dans la composition du parti s'est accompagnée du doublement du nombre de ses membres qui est passé à les déformations bureaucratiques, même que les avancées dans le domaine économique dépendent - en dernière analyse - de son niveau d'organisation, de conscience et d'initiative.

PROLETARISATION

L'équipe dirigeante castriste a répondu aux' changements intervenus dans la révolution cubaine - ainsi poids politique croissant du prolétariat dans toute l'Amérique latine - en accélérant son cours pour prolétariser le parti et sa direction : « La chose la plus imporCongrès, a expliqué Fidel Castro au cours d'un meeting de masse qui suivit, c'est la composition de notre Comité central. La direction de notre parti s'est vue injecter une forte dose de cadres ouvriers, une forte dose de femmes et une forte dose de combattants internationalistes. »

« Nous devons prendre en compte, a-t-il expliqué lors du rassemblement du 20 décembre, que le nombre d'ouvriers dans notre parti a presque triplé, ce qui signifie que notre parti est devenu plus prolétarien et partant, plus marxiste-léniniste et plus révolutionnaire ! » rapport central expliquait que les membres du parti « qui sont directement liés à la production et aux services constituent dorénavant 47,3 % du nombre total de membres, contre 36,3 % en décembre 1975 ». Il notait également un accroissement de la proportion de femmes membres du parti qui sont passées de 14,1 % en 1975 à 19,1 % aujourd'hui. Dans l'Union de la jeunesse communiste (UJC), le pourcentage des femmes est passé de 30 % en 1975 à 41,8 % aujourd'hui, et la proportion des femmes au niveau des cadres permanents est passée de 5,3 % à 14,3 %. Fidel a souligné que le niveau atteint était encore loin d'être satisfaisant.

Les dirigeantes femmes ont joué un rôle plus important dans les organisations de masse également, soulignait encore le rapport. Il signalait que, dans les élections syndicales, 42,7 % de dirigeants locaux et 32,6 % des membres élus aux commissions exécutives étaient des femmes. La composition du Bureau politique, qui dirige le parti entre les sessions du Comité central, a été modifiée dans le même sens en y adjoignant des dirigeants des organisations de masse, des syndicats (CTC), de l'association nationale des petits paysans (ANAP), de la Fédération des femmes cubaines (FMC) et des Comités de défense de la révolution (CDR). Des dirigeants plus jeunes, aguerris au cours des récentes luttes qui se sont déroulées à Cuba, ont été mis en avant. « AVANT-GARDE D'UN PEUPLE D'AVANT-GARDE » sacrifié — et nous ne le ferons jamais — la qualité à la quantité ! »

Les changements qui sont intervenus au sein du Parti communiste cubain ont tendu à le lier plus étroitement à

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" Ce n'est pas ce que nous pensons de nous-mêmes qui nous élève au rang d'avant-garde. » (DR)

l'atittude révolutionnaire de sa propre base de masse et à ceux qui le soutiennent parmi les prolétaires et les paysans travailleurs cubains. Cela permet au parti de fonctionner de manière plus efficace en forgeant l'unité révolutionnaire des larges masses de travailleurs autour des idées du marxisme et de la mise en pratique de l'internationalisme révolutionnaire. Cela a renforcé l'hégémonie du courant marxiste-révolutionnaire, non seulement à l'intérieur du parti, mais aussi parmi les masses travailleuses. Le sentiment de l'internationalisme militant et l'identification au marxisme de millions de Cubains, sont des conquêtes historiques de la révolution cubaine, de même que la conviction qu'a la masse des ouvriers et des paysans que le Parti communiste est leur parti.

Dans le rapport central, Fidel Castro a exprimé sa convition que ce processus encouragerait la direction. Aucun parti ne peut s'auto-proclamer d'avant-garde, a-t-il dit, en reprenant un thème qu'il avait abordé à de nombreuses reprises: « Ce n'est pas ce que nous pensons de nous-mêmes qui nous élève au rang d'avant-garde, mais ce que le peuple pense de nous. S'il est difficile d'être à l'avant- garde d'un peuple d'avant-garde, d'être communiste au milieu d'un peuple de communistes, c'est toutefois un honneur et un stimulant. Le contact le plus étroit et le plus permanent avec les masses a été, est et sera toujours ce qui guide notre Parti. »

UNE POLITIQUE DE PRINCIPE

Fidel Castro a conclu le rapport central par un long exposé sur la politique étrangère de Cuba. Le principe fondamental de cette politique avait été développé par Fidel Castro dans son rapport au ler Congrès du PCC en 1975 : « La politique étrangère de Cuba a, comme point de départ, la subordination des positions cubaines aux nécessités internationales de la lutte pour le socialisme et pour la libération nationale des peuples. »

Les dirigeants cubains ont reconnu que l'entrée victorieuse dans Saïgon des combattants de la lutte de libération au Vietnam avait marqué un tournant historique dans le rapport de forces entre les classes à l'échelle mondiale, en faveur des travailleurs et des nations opprimées.

Un élément important a contribué à cette victoire, notait Fidel Castro en

1975, lors du ler Congrès : « La guerre contre le peuple vietnamien, qui avait commencé en bénéficiant d'un soutien massif aux Etats-Unis, a bientôt donné naissance à une conscience anti-impérialiste et anti-guerre dans les universités américaines, parmi les cercles dirigeants du pays, et même parmi des secteurs toujours plus importants d'une classe ouvrière dupée par les avantages qu'elle retire de l'exploitation impitoyable qui est faite d'autres pays. » (First Congress of the Communist Party of Cuba, Moscow, Progress Publishers, 1976, p. 234, traduit de la version anglaise.)

Les dirigeants cubains ont saisi cette occasion pour encourager les luttes anti-impérialistes, mettre des obstacles aux tentatives de l'impérialisme de reprendre l'offensive et pour encourager l'extension de la révolution socialiste.

L'AFRIQUE

Au moment du ler Congrès du PCC, des milliers de soldats cubains étaient déjà à pied d'œuvre en Angola pour aider le gouvernement nouvellement indépendant à repousser une invasion sud-africaine soutenue par les Etats-Unis.

Les troupes cubaines restent en Angola pour aider à entraîner les forces armées du pays et pour aider à parer aux nouvelles incursions sud-africaines. La présence des troupes cubaines a encouragé les combattants des mouvements de libération dans toute l'Afrique australe. Elle a exercé une forte pression sur Washington et sur le régime raciste d'Afrique du Sud pour qu'ils cèdent du terrain au Zimbabwe et en Namibie. La victoire du peuple angolais a favorisé l'essor d'une nouvelle vague de lutte anti-raciste de masse en Afrique du Sud même, particulièrement dans la jeunesse urbaine et chez les ouvriers de l'industrie.

A la fin de l'année 1977, les troupes cubaines sont allées en Ethiopie - une fois de plus sur la demande du gouverne. ment - pour aider à la défense d'une révolution sociale qui allait s'approfondissant face à une invasion montée par le gouvernement Siad Barre de Somalie. Cela a porté un coup aux efforts de Washington pour déstabiliser la révolution éthiopienne.

Au cours du Ile Congrès, Fidel Castro a déclaré que plus de 100 000 soldats - tous volontaires - avaient jusqu'à présent servi en Afrique.

LE MAINTIEN

DE LA SOLIDARITE Washington fait du retrait des troupes cubaines d'Afrique une précondition à la reprise des relations économiques et diplomatiques avec La Havane. Fidel Castro y a répondu de la façon suivante, lors du meeting du 20 décembre : « Les impérialistes disent parfois sur un ton hautain qu'ils seraient disposés à suspendre le blocus, qu'ils seraient disposés à nous laisser la vie sauve si nous renoncions à être internationalistes, si nous retirions nos combattants d'Angola et d'Ethiopie

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(cris de : « Non, Cuba si, yankees no !» et applaudissements), si nous rompions nos liens étroits avec l'Union soviétique (cris de : « Non !»). Ce n'est ni par plaisir, ni par caprice que nous avons des milliers de combattants en terre étrangère. Mais le jour où nous retirerons ne serait-ce qu'un de nos hommes, un seul, ce sera parce que sa présence n'est plus nécessaire, ou bien aux termes d'un accord entre les gouvernements des pays concernés et nous-mêmes (applaudissements). Mais ce ne sera jamais le résultat de concessions faites à l'impérialisme ! »

Le refus des Cubains de sacrifier l'internationalisme a également provoqué des tensions avec le gouvernement français qui s'inquiète de la montée croissante luttes pour l'indépendance dans TRAVAILLEURS INTERNATIONALISTES L'aide fournie par Cuba aux nations opprimées a été, dans un premier temps, autre que militaire. Le rapport central devant le Ile Congrès a précisé qu'environ 20 000 ouvriers du bâtiment, 11 000 spécialistes de l'industrie et de l'agriculture, 2 500 travailleurs de la santé et 3 500 enseignants aidaient les peuples d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine. L'esprit de sacrifice de ces volontaires - à l'exemple d'un pays qui a mis ses ressources au service des autres, et ce tions - nous remplit d'admiration pour la cubaine. La popularité du socialisme s'en trouve renforcée par la propagation, au sein du monde colonial, des gains matériels et culturels enregistrés par la révolution cubaine.

Les initiatives de Cuba ont relevé son prestige au sein du Mouvement dit des non-alignés. Cela a aidé les dirigeants cubains à créer les conditions qui leur ont permis de jouer un rôle plus important dans cette organisation de gouverne. ments opprimés par l'impérialisme ; ainsi, Cuba occupe aujourd'hui la présidence du Mouvement des non-alignés. L'activité dans ce groupement entre dans le cadre de la politique de Cuba, décrite dans le rapport, de fusionner ses forces avec celles de « tous les gouvernements patriotiques et de tous les mouvements antiautre, défient la domination de Washingfortement l'accent sur la lutte contre les effets dévastateurs de la crise mondiale du capitalisme sur les pays semi-coloniaux, déjà pillés et surexploités par les métropoles impérialistes.

CATASTROPHE ECONOMIQUE

Le rapport central décrit la façon dont la stagflation et la montée du chômage dans les économies d'Amérique du Nord, d'Europe occidentale et du Japon ont mené à la ruine les nations pauvres :

coût des importations toujours plus élevé que celui des exportations, par la montée croissante du chômage et l'extension de la famine, par un endettement ses colonies de la Martinique et de la avec la France et d'importants échanges commerciaux ont eu lieu, a rapporté Fidel Castro, cependant la plénitude de ces relations a été gênée par les positions de principe de la révolution cubaine à propos des vestiges coloniaux en Amérique latine que n'ont pas comprises cer tains milieux français. »

La politique cubaine en Afrique a cherché à renforcer et a faire avancer les luttes anti-impérialistes et les transformations sociales sur le continent africain. De ce point de vue-là, le rapport central a mis l'accent sur les développements survenus en Angola, en Ethiopie, au Mozambique et au Zimbabwe. galopant à des taux d'intérêt usuraires imposés par les banquiers impérialistes.

Les impérialistes utilisent cet endetmassif, qui a d'ores et déjà atteint un montant de 500 milliards de dollars dus par les pays sous-développés, pour imposer des programmes d'austérité qui accélèrent la baisse du niveau de vie, comme c'est le cas pour le Zaire et le Pérou. Les chefs d'Etat qui résistent à de telles mesures risquent la déstabilisation, comme on l'a vu pour Michael Manley à la Jamaïque en 1980.

La crise frappe également les Etats ouvriers. La propriété sociale et l'utilisation planifiée des moyens de production et le monopole d'Etat du commerce extérieur permettent d'empêcher des catastrophes humaines comparables à celles qui se produisent en Afrique aujourd'hui par exemple. Mais les Etats ouvriers doivent importer des biens des pays impérialistes à des prix élevés, alors que les exportations restent à la traîne et que les prêts et les autres formes d'aides deviennent plus difficiles à obtenir.

Fidel Castro a déclaré devant le Congrès du parti que le taux de croissance économique de Cuba était tombé à une moyenne annuelle de 4% depuis 1975, alors qu'il avait atteint les 10 % au cours de la période 1970-1975. Une chute avait été annoncée lors du ler Congrès, qui avait fixé pour objectif un taux de croissance annuel de 6 %. Pendant cette période, la capacité d'achat à l'extérieur de Cuba s'est vu réduite par la montée des prix des produits importés, et par la chute parallèle des prix sur le marché mondial de son principal d'exportation, le sucre. La crise dans les pays dominés par l'impérialisme est inscrite dans leurs structures sociales et économiques. Ces problèmes sont terriblement accentués par la situation actuelle de l'économie capitaliste mondiale. Selon le rapport, contrecarrer les effets de cette situation nécessiterait un énorme déplacement de ressourimpérialistes direction des pays d'Asie, d'Afrique et

A la session des Nations-Unies du 12 octobre 1979 Cuba avait proposé que soit fournie une aide de 300 milliards de dollars à ces pays pour leur développement sur une période de 10 ans. del Castro a déclaré devant le Congrès que cette juste demande n'avait pas eu d'écho dans les milieux impérialistes. Mais il a affirmé qu'elle avait joué un rôle politique progressiste. Fidel Castro a annoncé : « La lutte pour un Nouvel Ordre économique international a toutefois eu le mérite de grouper en un seul front les pays sous-développés, phénomène qui ne peut s'expliquer, si l'on tient compte de l'hétérogénéité économique, politique et sociale de ces pays, que par leur contradiction générale avec l'impérialisme, une contradiction concernant même des gouvernements de la périphérie sous-développée et dépendante qui sont des alliés de l'impérialisme mais qui ne sont plus disposés à supporter, sans y apporter des changements, le régime d'injustice et d'exploitation auquel les soumettent les monopoles des puissances capitalistes. »

Cette polarisation, liée à la crise économique, se manifeste effectivement dans le monde semi-colonial. En s'adressant au Congrès, Fidel Castro a présenté l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) comme un exemple de « la crise véritable du néocolonialisme » provoquée par la crise économique.

Fidel Castro a souligné ressources amassées les pays de l'OPEP, consécutives à l'augmentation des prix du pétrole, loin d'être utilisées pour le développement des pays producteurs eux-mêmes, avaient été aux pays capitalistes développés ». Les banques impérialistes ont empoché des milliards de dollars en prêtant de l'argent à des forts taux d'intérêt dans le but d'accabler les pays semi-coloniaux. La conséquence de l'impact de l'augmentation des prix du pétrole sur les pays impérialistes en a été réduite, alors qu'au même moment elle s'est fait durement sentir sur les pays non producteurs.

Fidel Castro a également proposé que les pays producteurs vendent moins cher aux nations pauvres, tout en leur fournissant une aide économique substantielle, au lieu de faire cireuler leurs devises au travers des institutions financières impérialistes. En même temps, il a réaffirmé devant le Congrès le caractère progressiste de l'affirmation faite par les pays de l'OPEP de leur droit de contrôler leur pétrole, de « défendre le prix de leur produit d'exportation de base et de changer les règles du jeu impérialiste dans

LE MOUVEMENT DES NON-ALIGNES Au sein du Mouvement des non-alignés, le gouvernement cubain a lutté pour que soient prises de fermes positions anti-impérialistes sur des questions politiques cruciales établissant une véritable ligne de démarcation entre les gouverne. ments qui appuyeront de telles positions et ceux qui, de façon abjecte, se soumettent à la politique de Washington et des autres puissances capitalistes.

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A la Conférence des non-alignés qui s'est tenue à La Havane en 1979, Cubains avaient lancé une offensive -contre une opposition substantielle et or-

- afin de faire condamner les accords de Camp David, retirer la reconnaissance accordée aux forces de Pol Pot au Kampuchea, et soutenir la lutte des combattants sahraouis. Les décisions adoptées par la Conférence de La Havane constituent la gifle la plus cinglante jamais infligé à Washington lors gouvernements du monde entier, même de conférences antérieures des Les dirigeants cubains cherchent à collaborer plus étroitement avec plusieurs types de gouvernements regroupés au sein des non-alignés (certaines catégories se recoupent). Ainsi les Cubains maintiennent de bonnes relations diplomatiques avec les gouvernements qui ont montré — comme celui du Mexique - leur volonté de défier la campagne internationale de Washington visant à mettre la révolution cubaine en quarantaine.

Une attention toute particulière est également donnée aux gouvernements amenés au pouvoir par de profondes morévolutionnaires de masse comme ce fut le cas en Ethiopie et en Iran. Au cours de son rapport, Fidel Castro s'est félicité des développements d'un processus clairement anti-impérialiste et populaire en Iran. Une autre catégorie inclut des gouvernements impliqués dans des conflits aigus avec l'impérialisme : la Syrie, la Libye et l'Angola en sont des exemples. Il faut également inclure gouvernements nationalistes d'Afrique et d'ailleurs qui ont décrété quelques mesures sociales progressives et qui prétendent construire le socialisme, tels les gouvernements de Madagascar, du Bénin et du Congo (Brazzaville).

Cependant, les Cubains voient clairement ces gouvernements sous un angle différent de celui avec lequel ils considèrent les gouvernements révolutionnaires du Nicaragua et de Grenade, où se dévesous des directions marxistes, des révolutions socialistes avec une base de masse. Dans les paragraphes introductifs de son rapport au Congrès, Fidel Castro a dégagé les points de vue de classe qui fondent la spécificité de telles directions révolutionnaires : « Il est incontestable que celui qui lutte pour l'indépendance de sa patrie dans un pays colonisé ou néo-colonisé, ou celui qui lutte pour la liberté d'un pays tyrannisé, est un révolutionnaire. Mais il n'existe aujourd'hui dans le monde qu'une seule forme supérieure d'être révolutionnaire : être comcommunisme personnifie l'indépendance, la liberté, l'égalité véritables entre les hommes. Bien mieux, il personnifie l'internationalisme, c'est-à-dire la fraternité, la solidarité et la coopération entre tous les hommes et les peuples du monde. »

C'est dans ce contexte que Castro a analysé les élections américaines de novembre 1980. L'élection américaine du 4 novembre a pris une signification particulière dans le contexte de désastre économique : " (...) D'où un chômage massif pour de vastes couches de la classe ouvrière nord-américaine, en particulier les Noirs et les jeunes, la diminution des revenus réels de tous les travailleurs nord-américains à la suite d'une inflation incontrôlée, et un désir de changement chez de nombreuses personnes ou une totale indifférence à l'égard des élecsituation internationale, qui l'hégémonie et du prestige des Etats-Unis, et que les adversaires politiques à l'intérieur du pays ont habilement exploitée, la frustration et le scepticisme du peuple, voire des facteurs comme la prise d'otages en Iran, la maladresse du gouvernement des EtatsUnis à ce sujet et le fait que ces otages n'aient pas été en fin de compte libérés, tout cela a contribué à la défaite de d'abstention s'est monté à 47,1 % des électeurs, dans un pays qui se vante de sa " démocratie représentative ". Le candidat républicain n'a été élu qu'avec 26,7 % des voix. »

Néanmoins le rapport a évité l'erreur que font de nombreux radicaux aux Etats-Unis qui voient en l'élection de Ronald Reagan la preuve d'un complet déplacement vers la droite du peuple américain. En fait, Fidel Castro a mis l'accent sur les signes de mécontentements et de polarisation qui pourraient mener à des conflits de classe plus aigus dans le futur : « A notre avis, Reagan ne pourra résoudre aucun des problèmes essentiels des Etats-Unis : inflation, chômage, crise energetique, recession economique, vices, drogues, violence, crimes,

TENSIONS DE CLASSES EN EUROPE Dans son rapport devant l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire, le 27 décembre, Fidel Castro a également considéré les perspectives d'intensification des conflits de classe en Europe, qui pourraient permettre d'enrayer la machine de guerre impérialiste et de percer une brèche poussant plus avant l'extension de la révolution socialiste. Il a cité les passages suivants, entre autres, extraits d'une dépêche de l'Agence France-Presse sur les conditions économiques et le climat politique en Europe : « La majorité des pays européens bouclent leurs comptes de 1980 avec des résultats franche-

LES INITIATIVES DES SOCIAL-DEMOCRATES Dans son rapport, Fidel Castro a souligné l'activité croissante en Amérique latine de l'Internationale socialiste, socialprincipalement L'Internationale fait connaître publiquement son soutien au Gouvernereconstruction nationale Nicaragua et au FSLN, ainsi qu'au Front démocratique révolutionnaire (FDR) du Salvador ; quant au New Jewel Movement de Grenade, il est devenu membre à part corruption, mais de telles idées en politique internationale peuvent mettre en danger la paix dans le monde. »

Cependant, le rapport a clairement exprimé l'inquiétude suscitée par le fait que l'administration Reagan s'embarquer dans un cours militariste plus dur que ne l'avait déjà fait l'administration Carter: « La victoire électorale de Reagan est une victoire de la droite et indique un glissement évident dans ce sens d'une partie importante de l'opinion publique nord-américaine. Nous en avons la confirmation dans le fait qu'aux élections sénatoriales, les candidats les plus libéraux aient été battus, dont quelques partisans décidés de la ratification de SALT-II. L'apparent consensus national que Reagan pourrait voir dans son élection risque d'entraîner celui-ci à faire fi de toute prudence, à en revenir aux attitudes agressives qui le caractérisaient avant et à reprendre les clauses les plus réactionnaires de la plate-forme républicaine. »

Fidel Castro a également estimé que de telles attitudes bellicistes en Amérique

You dans la Caraibe pourraient susciter à nouveau un sentiment et des actions anti-guerre de masse Unis, étant donné particulièrement la féroce qu'une intervention rencontrerait de la part des travailleurs de la région : « Si les marines yankees ou les forces d'intervention débarquent en Amérique centrale, le peuple des EtatsUnis connaîtra de nouveau le douloureux spectacle de voir débarquer les cercueils de ses soldats de retour au pays. Le blâme en retombera sur ceux qui refusent de tenir compte des leçons de l'histoire et des changements irréversibles qui se sont produits dans le monde. » ment négatifs du point de vue de l'inflation et avec des déficits records dans leur balance des paiements. La perspective de voir réapparaître des légions de chômeurs ravive le spectre de la faim et de la misère, dont l'Europe fut victime dans les années qui précédèrent les deux guerres mondiales. Cette situation est une source prévisible de tensions sociales qui pourraient s'étendre comme une traînée de poudre. Elle risque de s'aggraver si les pronostics nouvelle escalade des prix du pétrole se entière de l'Internationale socialiste à la fin de 1980.

Des dirigeants de l'Internationale socialiste, comme Willy Brandt d'Allemagne fédérale et de Joop den Uyl des Pays-Bas, se sont mis particulièrement en avant au niveau européen en proposant un transfert substantiel des ressources des pays industrialisés vers le monde semicolonial. Au Ile Congrès du PCC étaient présentes des délégations officielles des social-démocrates de France, du

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Danemark, de Suède, de Belgique, d'Espagne et du Parti travailliste de GrandeBretagne.

Fidel Castro a noté qu'un certain nombre de « vieux partis bourgeois et oligarchiques d'Amérique latine », tels l'Action démocratique (AD) du Venezuela et l'APRA du Pérou, ont rejoint les rangs de l'Internationale socialiste. Tout en notant les différences irréductibles qui séparent les révolutionnaires socialistes de la social-démocratie, Fidel Castro a soutenu que l'activité récente de la socialdémocratie en Amérique latine « traduit un bilan positif : ils regroupent leurs forces et élargissent le champ de bataille contre la domination de l'impérialisme américain en Amérique latine ».

CONTRASTES FRAPPANTS

Dans son rapport, la Pologne n'est mentionnée de façon explicite que dans quelques paragraphes de la partie consacrée à la politique étrangère. D'autres parties du rapport soulignent cependant l'impact que le soulèvement de masse des ouvriers polonais a eu sur les dirigeants cubains. Ils portent, de toute évidence, une attention considérable à ce problème. Alors que le rapport commet l'erreur sérieuse d'évaluer les événements récents de Pologne comme une victoire réaction, les conclusions que tirent les dirigeants cubains les mettent en position nettement critique par rapport aux castes bureaucratiques d'Union soviétique et d'Europe de l'Est.

Les Cubains - qu'ils soient ou non membres du parti — ne peuvent qu'être frappés par les différences qui existent entre la Pologne et Cuba. A Cuba, le Congrès du PCC a suscité une mobilisation de soutien d'un million de personnes. En Pologne, par contre, les masses laborieuses n'ont que mépris pour le parti communiste (POUP) qu'elles considèrent comme leur ennemi.

L'an dernier, des millions de Cubains sont descendus dans la rue pour défendre leur révolution et soutenir la politique du gouvernement révolutionnaire contre les menaces et les campagnes de dénigrement orchestrées par l'impérialisme.

En Pologne, le gouvernement se heurte frontalement à des millions de travailleurs, alors que les médias impérialistes et les politiciens s'en donnent à cœur joie dans la propagande.

Dans son rapport, Fidel Castro a indiqué que de tels événements ne pouvaient avoir lieu dans un pays tel que Cuba, où une direction prolétarienne et révolutionnaire est au pouvoir. Et de s'interroger « si, dans quelque pays que ce soit, le socialisme est irréversible ou non ».

« Il est absolument irréversible si on en applique les principes. Nous sommes aux portes de l'impérialisme américain et, cependant, nous ne craignons pas sa puissance, nous n'envions pas sa richesse, nous n'acceptons pas son idéologie et nous ne sommes pas déstabilisés par ses actions. »

Il a résumé certains de ces principes de la façon suivante : « Notre Etat est un pouvoir d'une façon révolutionnaire. Le Parti et ses militants ne peuvent jamais renoncer à se lier aux masses le plus solidement, le plus étroitement et le plus profondément possible. (...) Le n'existe que pour le peuple et par le peuple. Les méthodes bureaucratiques et l'esprit petit-bourgeois sont tout à fait étrangers à ses principes. »

Et Fidel Castro a poursuivi : « L'autoritarisme, la démagogie, la suffisance, la vanité, l'irresponsabilité sont inconceva-

CUBA COMME ALTERNATIVE Ces avertissements visaient sans aucun doute aussi bien les cadres du parti que les régimes d'Union soviétique et d'Europe de l'Est où, comme le fait remarquer Fidel Castro, « les circonstances ont été loin d'être favorables à l'extension des idées socialistes ».

bles chez un communiste, dont l'esprit fraternel et humain doit être l'une des principales caractéristiques et, par-dessus tout, la conscience internationaliste, qui n'exclut pas le patriotisme le plus profond, car elle tient compte du fait qu'au-delà de la patrie, il y a l'humanité. Un Parti communiste au pouvoir peut commettre ou tolérer des erreurs de principe graves, et ces erreurs ont toujours coûté très cher aux révolutions. L'histoire le prouve. De véritables trahisons ont même été commises, qui ont infligé des blessures profondes au mouvement révolutionnaire mondial.»

Fidel Castro est revenu sur ce point le 27 décembre : « Lorsqu'il y a des problèmes quelque part, cela ne veut pas dire que le marxisme-léninisme n'a pas une force irrépressible, cela signifie que les principes du marxisme-léninisme n'ont pas été appliqués correctement. (...) Les Quel est le véritable effet des événements polonais sur la direction cubaine ? (DR)

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Etats-Unis, un voisin si riche et si puissant, qui a eu pendant si longtemps une grande influence sur notre patrie et notre peuple, trouve aujourd'hui en Cuba un écueil, un rocher. Cela ne peut se comprendre qu'à la lumière du marxisme-léninisme. Le rôle du Parti, ses liens avec les masses, l'application correcte de ces principes, l'absence de favoritisme, une action juste, la reconnaissance du mérite, la direction collective, le centralisme démocratique, l'honnêteté, la conscience, la discipline et le contenu social et humain extraordinaires de l'œuvre révolutionnaire: tels sont les facteurs qui ont fait la force de notre Révolution et cela n'est pas un mystère. » Et Fidel Castro a continué en disant que « bien qu'ils ne l'aient pas dit de façon explicite, nous savons que les pays socialistes frères, qui s'intéressent de très près aux événements survenant dans d'autres pays, ont été emballés par ce qu'ils ont vu dans notre pays, situé à seulement 145 km USA». POSITION POLITIQUE ERRONEE

Cependant, quand le rapport en est venu à faire la synthèse politique des événements de Pologne, il les a présentés comme une victoire de l'impérialisme, passant complètement à côté des gains pour la révolution mondiale que représente la mobilisation de la classe ouvrière polonaise : « Ce qui se passe là-bas est en partie la conséquence de la politique subRaffinerie de sucre (DR).

versive de l'impérialisme (...). Les succès de la réaction dans ce pays démontrent on ne peut plus éloquemment qu'un parti révolutionnaire au pouvoir ne peut pas s'écarter des principes du marxisme-léninisme, négliger le travail idéologique et se couper des masses. »

Fidel Castro a évité de lancer des attaques directes contre les syndicats polonais et leurs dirigeants, tout en exprimant l'espoir que le POUP serait capable puyant sur les forces saines du pays et en l'énorme potentiel moral, patriotique et révolutionnaire de la classe ouvrière ». Et de lancer l'avertisse. ment suivant: « Il n'y a pas le moindre doute quant au droit qu'a le camp socialiste de sauvegarder l'intégrité du pays et d'assurer qu'il survive et résiste par tous les moyens aux attaques de l'impérialis-

L'appréciation de Fidel Castro selon laquelle l'impérialisme s'est trouvé renforcé par le soulèvement des travailleurs polonais est fausse. L'impérialisme multiplie aujourd'hui les coups de sonde en Pologne ; il cherche des ouvertures pour miner l'Etat ouvrier polonais.

Or, ce ne sont pas les travailleurs polonais qui sont les alliés objectifs de l'impérialisme dans ce processus, mais, au contraire, la bureaucratie polonaise elle-même. Par sa corruption et ses erreurs de gestion, elle a désorganisé l'économie ; en cherchant à entraver l'organisation de la classe ouvrière, elle a empêché les travailleurs de prendre l'initiative pour réparer les dégâts. La mobilisation des travail. leurs polonais pour la défense de leurs intérêts de classe, liée aux tentatives d'établissement d'une alliance avec les paysans et les autres groupes d'opprimés, renforce l'Etat ouvrier. Il renforce la conscience, l'organisation et la capacité de lutte de la classe qui constitue le fondement de tout Etat ouvrier.

De ce point de vue, une intervention militaire soviétique contre le mouvement des ouvriers polonais affaiblirait sérieusement l'Etat ouvrier polonais, en même temps qu'il porterait un coup sérieux à toute la révolution mondiale.

La position de Fidel Castro présuppose que les gouvernements bureaucratiques d'Union soviétique et des pays de l'Est peuvent être réformés et que les partis dirigeants peuvent être amenés à adopter un cours plus révolutionnaire et prolétarien, en politique intérieure comme en politique internationale. Mais le problème - en Pologne comme en Union soviétique - n'est pas que quelques fonctionnaires individuels couche de bureaucrates soient devenus des tyrans corrompus, le problème auquel les ouvriers polonais ont à faire face est que le pays est gouverné par une caste bureaucratique consolidée qui vise à maintenir ses vastes privilèges, implique l'exclusion des travailleurs du pouvoir politique.

Les partis dirigeants de ces pays sont les représentants de ces castes dirigeantes qui oppriment et dépossédent les travailleurs de leur pouvoir en utilisant des méthodes politiques totalitaires. C'est la raison pour laquelle ces partis communistes n'inspirent que mépris et haine aux masses laborieuses. Et c'est pourquoi aussi les travailleurs polonais ont pris la décision de forger leurs propres syndicats, indépendants à la fois du parti et du gouvernement. Quand les travailleurs polonais demandent le droit d'élire leurs représentants syndicaux, ils ne font que réclamer ce qui est un acquis des syndicats cubains. tion cubaine, qui a pu survivre aux actions agressives de Washington grâce seulement à une étroite alliance diplomatique, politique et militaire avec l'Union soviétique et les Etats ouvriers d'Europe de l'Est. Ces positions comme les sérieuses erreurs politiques qui en découlent sont le prix politique à payer pour la survie de Cuba. Les Cubains n'ont pas su reconnaître les luttes anti-bureaucratiques des travailleurs, en Union soviétique et dans les pays de l'Est, comme faisant partie intégrante de la lutte mondiale pour le socialisme.

Ce point de vue a été également influencé par le succès enregistré par les révolutionnaires cubains qui, dans les années qui suivirent le triomphe de la révolution, ont intégré la plupart des cadres du Parti socialiste populaire (PSP) cubain - un parti stalinien avec un palmarès de trahisons qui allèrent jus-

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qu'au soutien à Batista - dans un nouveau parti marxiste-léniniste.

Chaque soulèvement de travailleurs en Pologne ou dans d'autres pays d'Europe orientale conduira à de nouvelles réflexions sur cet aspect de la révolution mondiale, de même que les riches expériences des Cubains eux-mêmes, qui ont réussi à contrer la bureaucratie, les conduiront à étendre la démocratie ouvrière et à prolétariser leur parti. La montée croissante des luttes révolutionnaires en Amérique latine et de par le monde continuera de changer le contexte international dans lequel se dérouleront les luttes en Europe de l'Est, ainsi que l'attitude des révolutionnaires du monde entier à leur égard.

L'AFGHANISTAN

Le rapport présenté devant le Congrès se félicite du renversement en 1978 du régime Daoud en Afghanistan et des ouvertures révolutionnaires qui se sont offertes alors aux masses de ce pays. Il dénonce l'aide impérialiste aux guérillas contre-révolutionnaires de la région et l'effort de Washington pour développer une campagne internationale anticommuniste et belliciste à la suite de l'intervention soviétique en Afghanistan.

Le rapport soutient également l'envoi par Moscou de troupes en Afghanistan, rendu nécessaire étant donné les erreurs des précédents régimes afghans et les actions des réactionnaires soutenus par l'impérialisme. Mais les dirigeants cubains sont loin d'être enthousiastes l'opération soviétique. Le manque total de respect par le Kremlin des sentiments des Afghans, le remplacement et la mise en place des gouvernements, le violation des droits de la personne humaine et les tentatives de contenir tout changement social sont à l'opposé des méthodes que les Cubains ont utilisées dans leur aide aux révolutions en Afrique et en Amérique centrale.

Tout en combattant la campagne d'intoxication impérialiste l'Afghanistan, les dirigeants cubains ont souligné la confusion et la désorientation que l'intervention a provoquées au sein des gouvernements les plus radicaux et des courants politiques dans le monde semicolonial. Les Cubains ont cherché à favoriser un accord négocié qui puisse mener au retrait des troupes soviétiques.

L'alliance de Cuba avec le Kremlin n'empêche cependant en rien que de larges désaccords existent, réflétant les différences irréductibles qui existent entre les castes bureaucratiques du bloc soviétique et le régime révolutionnaire prolétarien de Cuba. Ces désaccords sont tout d'abord axés autour de l'effort constant que font les dirigeants cubains pour étendre la révolution socialiste et pour porter de nouveaux coups à l'impérialisme, ce qui est étranger aux objectifsde la bureaucratie sovétique, qui est sans cesse à la recherche de la réalisation d'un accord avec les impérialistes visant à maintenir le statu quo international. A la différence du gouvernement cubain, le Kremlin ne dispense son aide que comme un outil nécessaire à la poursuite de ce but, ce qui l'amène à la donner ou à la reprendre selon ses besoins diplomatiques propres.

APPRENDRE DE CUBA

Les futures luttes de la classe ouvrière en Amérique centrale, dans la Caraibe, en Afrique, en Pologne et dans le reste du monde, continueront à lancer des défis aux dirigeants cubains. Elles approfondiront le et des discussions qu'ils ont entre eux, et y compris avec les dirigeants des partis staliniens de Moscou, d'Europe de l'Est et d'ailleurs.

Le Ile Congrès du PCC a montré les progrès que ces révolutions ont faits en adaptant leur ligne de conduite, leur organisation et leur action aux grands changements survenus, et, avant tout, l'irruption du prolétariat urbain au centre de la politique mondiale et l'extension de la révolution socialiste en Amérique centrale et dans la Caraibe.

Les marxistes révolutionnaires de par le monde, qui reconnaissent la nécessité politique de faire un tournant en di-

Fidel Castro avec des ouvriers de la construction (DR). rection du prolétariat dans leurs pays, peuvent bénéficier de l'étude des expériences du PCC, qui accentue sa prolétarisation. Les résultats enregistrés par les Cubains dans ce processus sont liés à leur détermination de soutenir les prorévolution prolétarienne en Amérique centrale et dans la Caraibe.

Tout comme les Cubains le font courageusement, révolutions du Nicaragua et de Grenade, de même qu'avec les luttes de libération au Salvador et au Guatemala, est aujourd'hui partie prenante de la liaison de la ouvrière avec ces luttes de par le Fred FELDMAN * 9 février 1981. * Toutes les citations du rapport présenté par Fidel Castro au Ile Congrès du PCC comme de ses autres discours sont reprises de l'édition francaise de Granma, sélection hebdomadaire, 28 décembre 1980, à l'exception de la citation du ler Congrès du Parti communiste cubain (1976) qui a été retraduite à partir de l'édition anglaise publiée à Moscou des textes des travaux de ce Congrès (NDLR).

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