En réponse à la déclaration du Comité Exécutif du PST du 20 août 1974, le Secrétariat Unifié de la IVème Internationale a adopté la déclaration suivante : Nous donnons acte aux camarades du PSI de leur affirmation qu'ils n'ont signé ni le document du 21 mars 1974 ni les documents du 29 juin et du 3 juillet 1974 que la presse argentine leur avait attribués. Si l'impression contraire a été créée, cela est dû en grande partie au fait que l'organe du PST, Avanzada Socialista, avait lui-même confirmé l'information de la presse bourgeoise à ce propos, et qu'il y a eu un retard extraordinaire dans la rectification effectuée par le PST. Passons sur l'argument selon lequel il fallait attendre deux mois avant de rectifier publiquement l'er -reur commise par Avanzada Socialista afin de donner à cette rectification une résonance plus grande grâce à l'apparition du camarade Coral devant la télévision. Mais guid du retard de la rectification interne ? A trois réunions successives du Secrétariat Unifié,
les camarades du PST furent invités pour expliquer leur attitude à l'égard de la réunion et du document du 21 mars 1974. A aucune de ces réunions ils ne se sont présentés. Ils auraient pu préciser immédiatement par écrit qu'ils n'avaient pas signé le document. Ils se sont abstenus de le faire. La première indication écrite à ce propos est parvenue au S. U. dans la lettre du PST datée du 23 mai 1974, au début de juin. La première interprétation publique de la nouvelle version des faits est parvenue au S. U. trois mois après les faits, avec le numéro du 26 juin 1974 de Avanzada Socialista, qui a précisé qu'ils n'avaient pas signé le document. Nous n'avons jusqu' ici reçu aucune explication des raisons qui ont incité le PST à retarder aussi longtemps une rectification interne qui aurait pu être envoyée dans les 48 heures après la réception de la première lettre du Nous donnons également acte aux camarades du PST que, dans le texte publié de la résolution du S. U. du 12 juillet 1974, le passage relatif à la conception du
PST sur la défense de l'intitutionalisation a été placé entre guillements, par suite d'une erreur de transcription du manuscrit. Il est exact qu'il ne s'apas d'une citation de Avanzada Socialista; mais bien de notre propre jugement sur la signification des conceptions et de l'action des dirigeants du PST, jugement fondé non sur une prétendue citation abusive, mais sur une analyse que nous ne pouvons que
Tout cela ne vise pas le fond du problème. Ce qui a préoccupé la direction de la IVème Internationale, ce n'est pas seulement le fait que, selon la presse argentine, y compris Avanzada Socialista, le PSI aurait signé une déclaration commune avec 7 partis, dont plusieurs partis bourgeois, y compris le principal parti bourgeois d'opposition du pays. Ce qui l'a préoccupée c'est également l'argumentation avec laquelle la direction du PST avait justifié la rencontre avec les représentants du gouvernement et les partis bourgeois, et avec laquelle Avanzada Socialista avait justifié -- "par erreur", il apparait maintenant - - la signature d'un document commun des 8 Cette argumentation continua à être développée par Avanzada Socialista pendant des mois. Elle fut, de ce fait, révélatrice d'une orientation politique qui, du moins sur une question importante, rompt avec la continuité programmatique de la IVème Internationale et du marxisme révolutionnaire. Voilà la raison pour laquelle la direction de la IVème Internationale a jugé nécessaire de rendre publique sa critique du PST dans la déclaration du 12 juillet 1974 et, à la demande du PST, continue maintenant la discussion publique. Ainsi, dans le premier démenti publié par Avanzada Socialista du 26 juin 1974, on pouvait lire ceci : (nous citons d'après une traduction de la version anglaise reproduite dans Intercontinental Press du 15 juillet 1974) : "Dans notre pays, les libertés démocratiques dont nous jouissons aujourd'hui sont le résultat des importantes luttes ouvrières qui se sont développées à partir du Cordobazo. Ces libertés sont menacées par le développement de groupes fascistes qui sont soutenus par une aile du gouvernement, par la bureaucratie syndicale et par la bourgeoisie. Face à cette menace, nous considérons qu'il est non seulement permis, mais obligatoire de passer des accords limités, tactiques, temporaires, avec tout secteur qui se prononce en défense des droits démocratiques...
" Un des huit partis proposa qu'une déclaration commune soit faite et présenta un projet. Notre parti proposa un certain nombre de changements qui furent partiellement acceptés. Au moment où le journal allait être imprimé, les éditeurs pensaient que le document portait la signature du PST. Mais en fait il ne fut pas signé car il existait encore des désaccords". Cela ne peut signifier qu'une chose : en principe la direction du PST continue à penser que la signature d'un document commun avec le PC et un certain nombre de partis bourgeois, dont le principal parti bourgeois d'opposition du pays, "pour la défense du processus d'institutionalisation" était correcte. Si le PST n'a pas signé cette déclaration commune, c'est simplement parce qu'un accord sur le contenu précis de la déclaration n'avait pas (faut-il dire: encore ? ) été atteint. Dans le numéro du 4 juillet 1971 d' Avanzada Socialista, ce journal revient à la charge et écrit (nous traduisons toujours d'après la version anglaise reproduite dans Intercontinental Press du 22 juillet 1971): "Notre parti est la seule organisation militante restant en Argentine qui a déclaré publiquement qu'elle soutenait le processus d'institutionalisation". "En octobre 1972, des représentants de notre parti ont rencontré le représentant de la dictature militaire pour lui dire que nous soutenions le "processus d'institutionalisation" et pour demander le retrait de la junte militaire du gouvernement..." "•. aujourd'hui... une fois de plus, au lendemain de la mort du général Peron, nous avons répété notre soutien au "processus d'institutionalisation" contre les attaques de la droite putchiste. " Nous étions et nous sommes en totale opposition avec cette orientation politique, dont la logique fondamentale, s'appuyant sur une citation tronquée de Lénine, s'exprime de la manière la plus nette dans le passage suivant d'Avanzada Socialista du 4 juil"En bref, depuis que le Cordobazo a déclenché la lutte contre le régime d'Ongania, le mot 'institutionalisation' a acquis dans la politique argentine un sens différent que celui donné par le dictionnaire. Il est devenu synonime de lutter pour défendre ou obtenir des droits démocratiques. "C'est pourquoi nous avons utilisé ce terme dans des déclarations publiques. Et nous ne regrettons pas de l'avoir utilisé pour condamner la dictature militaire, même si cela pouvait avoir pour effet de défendre les élections remportées par les péronistes; ou pour condamner le coup de Navarro, même si cela pouvait avoir pour effet de défendre Obregon Cano; ou pour condamner un coup d'Etat maintenant, même si cela a comme effet de défendre le gouvernement péroniste... C'est ce à quoi Lénine faisait référence quand il disait que tout révolutionnaire devait faire la différence entre les formes de gouvernement et défendre les formes " Comment doit-on défendre le processus d'institu"Le fait que, quand nous défendons les droits démocratiques notre position coincide avec celle de courants ou de partis non ouvriers et non socialistes ne veut pas dire que nous sommes d'accord avec eux sur autre chose ou sur la façon de défendre ces droits démocratiques. "Notre parti sera toujours d'accord avec Balbin et les avocats du FAS pour s'opposer par tous les moyens à l'interdiction du quotidien El Mundo. Balbin le fait au nom de la constitution bourgeoise libérale qu'il soutient. Nous le faisons au nom
de la démocratie ouvrière et du socialisme. Ces convergences avec des secteurs de la bourgeoisie peuvent s'exprimer sous forme d'accords, documents et de déclarations limités, etc. Toutes ces différentes actions publiques, allant de communiqués communs à des meetings sont utiles et aident à créer le type de conscience et de climat social nécessaires pour défendre les libertés civiles ou condamner le fascisme. De plus, ils sauvegardent et renforcent les droits légaux du parti révolutionNous ne pouvons que répéter : nous sommes en désaccord total avec cette conception de la lutte contre le fascisme et les menaces de la dictature doitiè-
La lutte contre le fascisme et les menaces de la dictature de droite est, pour le mouvement trotskyste et la IVème Internationale, axée sur la nécessité du Front Unique Ouvrier, qui est un front de classe et non un front inter-classe. Nous rejetons la politique social-démocrate du moindre mal selon laquelle les travailleurs doivent défendre les "formes de gouvernement'' bourgeois "supérieures" ou "meilleures" contre des formes de gouvernement "moins bonnes"' ou "'inférieures". Lénine a expliqué qu'il était parfaitement possible de lutter contre Kornilov sans défendre la forme de gouvernement "supérieure" de Kérensky. qué maintes fois que la nécessité de combattre la menace fasciste comme la pire menace se sur la classe ouvrière n'implique en rien une défense du gouvernement "supérieur" de Brüning, sans parler de celui de von Papen ou de von Schleicher contre Hitler. (Léon Trotsky : The Struggle Against Fascism In Germany, pp. 95, 108, 135-37, 140, 152, etc. Pathfinder Press, New York, 1971). La position adoptée par Avanzada Socialista fut si outrancière que le PST a dû faire machine arrière en la matière et esquisser un début d'auto-critique dans sa déclaration du 20 août 1974. Nous y lisons : "Les auteurs de la résolution du S. U. formulent une autre accusation contre les dirigeants du PST.
'En même temps, ils (les dirigeants du PST) oublient la différence fondamentale qui existe entre les droits démocratiques exigés par le mouvement ouvrier et les structures de la démocratie bourgeoise' Nous reconnaissons que certaines des formulations que nous avons employées ont pu provoquer cette im-
Il est même possible que nous ayons commis l'erreur, dans la situation actuelle en Argentine, de ne pas faire assez précisément la différence entre une'structure bourgeoise' donnée et la défense des droits démocratiques''' Malheureusement ce début d'auto-critique que nous saluons est arrêté net par une tentative de tout réduire à la confusion sémantique au sujet du mot "institutionalisation". Le mot ne serait pas utilisé dans le sens du dictionnaire mais signifierait "la garantie institutionnelle des droits démocratiques". Sans vouloir entrer dans le débat sémantique, nous attirons l'attention des camarades du PST sur le fait qu'eux-mêmes ont utilisé ce terme dans un sens bien plus large - - qui ne s'écarte pas tellement du sens commun que les "dictionnaires" lui attribuent communément. Quand Avanzada Socialista se réfère, à propos du "'processus d'institutionalisaélections gagnées par les péronistes (N°du 4 juillet 1974); quand le PST insiste sur la nécessité d'obtenir des garanties constitutionnelles des droits démocratiques (Intercontinental Press, 9 septembre 1974); quand le camarade Coral affirme à la réunion "multisectorielle" du 9 octobre 1974 : "(Le PST) continuera à lutter contre tous les facteurs qui créent le climat putchiste et luttera pour la continuité de ce gouvernement, parce qu'il a été élu par la majorité des travailleurs argentins". (Avanzada Socialis -ta, 15 octobre 1974). Il est évident qu'il ne s'agit pas seulement de la "garantie des libertés démocratiques", mais aussi du fonctionnement des institutions de l'Etat bourgeois dit démocratique parlementaire dans son ensemble. Cela inclut, visiblement les élections parlementaires, le parlement, l'appareil d'Etat bourgeois, le gouvernement issu de ces élections, etc,, etc.. Et les marxistes-léninistes savent que ces institutions impliquent aussi la défense de la propriété bour - de l'exploitation capitaliste et de l'appareil de répression destiné à cette défense. L'insuffisance de l'auto-critique et la confusion qu'elle maintient proviennent du fait que les camarades du PST identifient la question de l'"'institutionalisation"', c'est-à-dire la continuité des institutions démocratiques parlementaires de l'Etat bourgeois, avec celle de la défense des libertés démocratiques. Il est vrai que la déclaration du PST du 20 août 1974 se prononce contre tout appui politique à un régime ou à une coalition bourgeois. C'est vraiment le moins que l'on puisse exiger d'une organisation qui se réclame du trotskysme. Mais le rejet de'l'appui de la politique d'un régime bourgeois"' combiné avec'l'appui au processus d'institutionalisation"', c'est-à-dire la consolidation et le renforcement des institutions de la démocratie parlementaire bourgeoise, laisse entièrement ouverte la question de l'attitude du PST à l'égard de l'Etat bourgeois. Et c'est cette question qui se trouve au centre de la controverse. L'auto-critique du PST n'a point clarifié l'attitude de ce parti à ce propos. Nous espérons qu'elle sera étendue jusqu'à l'élimination de toute équivoque à propos de ce problème crucial. Les origines de la confusion apparaissent assez clairement lorsque la question des accords avec des partis ou des représentants de la bourgeoisie est examinée. Les marxistes-révolutionnaires sont partisans de la défense des libertés démocratiques. Ils ont même toujours admis la possibilité d'accords techniques conjoncturels avec des libéraux bourgeois sur des objectifs pratiques de lutte pour une liberté démocratique déterminée et précise, tout en rejetant tout bloc politique avec la bourgeoisie libérale. Trotsky cite à ce propos le fait que des bourgeois juifs donnaient de l'argent aux groupes ouvriers sociaux-démocrates en Russie, afin de leur permettre d'acheter des armes pour combattre les Cent-Noirs organisateurs de pogroms. Seuls des sectaires invétérés, qui ne s'intéressent guère à la lutte pratique, pourraient rejeter un tel accord comme "opportuniste".
aucun révolutionnaire disposant d'un minimum de bon sens refuserait l'appui d'un politicien bourgeois dans une campagne pour défendre ou reconquérir la légalité d'un journal ouvrier ou l'exercice du droit de grève, sans pour autant subordonner de quelque manière que ce soit son orientation générale, y compris dans la défense de cette liberté démocratique, aux exigences d'une recherche de cet appui, c'est-à-dire à une politique de compromis avec la bourgeoisie "libérale". Apparemment le document du Comité Exécutif du PST du 20 août 1974 dit la même chose. Mais en glissant de la question d'un accord technique occasionnel pour la défense d'une liberté démocratique particulière à la recherche d'accords avec la bourgeoisie "libérale" pour la défense des libertés démocratiques en général, on passe insensiblement à la recherche d'accords politiques pour la défense
des institutions de la démocratie parlementaire bourgeoise. Ceci se dégage clairement des citations précitées de Avanzada Socialista du 4 juillet 1974, lorsque ce journal parle de "convergence avec des secteurs de la bourgeoisie (qui) peuvent s'exprimer sous for -me d'accords, de documents et de déclarations limités, etc. Toutes ces différentes actions publiques (!), allant de communiqués communs à des meetings, sont utiles et aident à créer le type de conscience et de climat social (!) nécessaires pour défendre les libertés civiles ou condamner le fascisme(!)". C'est précisément pour éviter de telles confusions que Trotsky clarifie les objectifs du Front Unique
Ouvrier dans la lutte contre la montée du fascisme, en faisant la distinction entre la défense des "germes, des éléments de démocratie prolétarienne au sein de la démocratie bourgeoise", et la défense des institutions démocratiques bourgeoises de l'Etat bourgeois : "Que'défendra' le Parti Communiste? La Constitution de Weimar ? Non il laissera cette tâche à Brandler. Le Parti Communiste doit appeler à la défense des positions matérielles et morales que la classe ouvrière à réussi à gagner dans l'Etat allemand. Ceci concerne plus directement le sort des organisations politiques ouvrières, des syndicats, des journaux, des imprimeries, des clubs des librairies,
Les ouvriers communistes doivent dire à leurs camarades social-démocrates :' La politique de nos partis est irréconciliablement opposée, mais si les fascistes attaquent cette nuit votre local, nous accourrons, les armes à la main, pour vous aider. Nous promettrez-vous, si notre organisation est menacée, de venir nous aider ?' Voilà la guintessence de notre politique pour la période à venir. Toute agitation doit tourner autour de cela. (The Struggle Against Fascism In Germany, p. 72). Et encore plus clairement dans un article intitulé "Le fascisme et les mots d'ordre démocratiques" daté du 14 juillet 1933 : "Il est vrai que l'essor du mécontentement des classes moyennes et de la résistance des travailleurs provoquera une division dans le bloc des classes possédantes. et incitera une "aile gauche" à rechercher des liens avec la petite-bourgeoisie. Mais la tâche du parti du prolétariat à l'égard de l'aile "libérale" des possédants ne consistera pas à les intégrer dans un bloc de "'toutes les classes" contre le fascisme, mais, au contraire, à engager immédiatement une lutte décidée contre elle, pour l'influence sur les couches inférieures de la petite-bourgeoisie". (L. Trotsky, Schriften uber Deutschland, Band II, Or, les rencontres auxquelles le PST participe n'ont nullement pour objectif d'engager des actions pratiques en vue de défendre une liberté démocratique déterminée, une conquête déterminée de la classe ouvrière. Il s'agit de rencontres qui affirment -- en présence du gouvernement - - la défense du "processus d'institutionalisation". Des rencontres régulières_ avec les partis bourgeois d'opposition et le PC deviennent d'ailleurs à leur tour des rencontres institutionalisées. Cela s'appelle en termes politiques : un "bloc politique interclasses" contre ceux qui "emploient la violence" en Argentine, et qui menancent de ce fait, "le processus d'institutionalisation" Cette orientation politique est inadmissible du point de vue des principes. Elle est totalement inefficace du point de vue des effets désirés de lutte contre la menace fasciste et contre la terreur d'extrême-droite. Dans son numéro du 28 mars 1974, Avanzada Socialista a fait grand cas d'une citation de Trotsky affirmant que dans la lutte contre le fascisme, on pourrait même s'allier au diable et à sa grand-mère. Mais l'organe du PST évite d'ajouter que cette citation avait pour but d'expliquer aux travailleurs communistes la nécessité du front unique avec le parti social-démocrate, c'est-à-dire un parti ouvrier réformiste, dont les dirigeants sont, aucun doute, des représentants de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier, mais qui n'en fait pas moins partie du mouvement ouvrier organisé. Trotsky ne proposait nullement pareil accord avec des partis bourgeois, comme ceux qui participent aux rencontres régulières des 7 partis avec le PST. En tirant cette citation de son contexte, Avanzada Socialista ne précise surtout pas que le même article dont cette phrase est extraite -- "Et maintenant ?" -- est axé tout entier sur l'idée d'un front unique de classe, d'une opposition 'classe contre classe', pour combattre la montée du fascisme : "Le débat concernant la politique du front unique trouve son origine dans les nécessités fondamentales et inexorables de la lutte classe contre classe" (The Struggle Against Fascisme In Germany, p. 179). "Classe contre classe ! cela signifie que toutes les organisations du prolétariat doivent prendre place dans le front unique contre la bourgeoisie. "Le programme pratique du front unique est déter -miné par des accords entre organisations rendus publics aux masses. Chaque organisation reste sous son propre drapeau et sous sa propre direction, Chaque organisation obéit dans l'action à la discipline du front unique. " Classe contre classe ! Une agitation inlassable doit être menée afin d'amener les organisations social-démocrates et les syndicats réformistes à rompre avec les perfides alliés bourgeois du "Front de Fer'' et à rejoindre les communistes et toutes les autres organisations du prolétariat. " (idem p. 256). Trotsky a considéré la rupture de l'alliance entre les sociaux-démocrates et les bourgeois "libéraux anti-fascistes" du Staatspartei une condition conco.. mitante pour la constitution d'un front unique ouvrier contre le fascisme. Il a appelé à l'expulsion de ces bourgeois libéraux de l'Eiserne Front (le Front de Fer) au même moment où il réclama la conclusion d'accords entre le parti social-démocrate et le PC. Le PST oppose-t-il à cette conception de Trotsky du Front Unique Ouvrier celle d'un bloc avec des partis libéraux bourgeois pour la défense du "processus d'institutionalisation" ? Cette conception de Trotsky n'était pas une concession au climat ultra-gauchiste de l'Internationale Communiste du début des années 30. Elle plonge ses racines dans la compréhension marxiste des origines et de la nature du fascisme. A la source de la montée du fascisme se trouve la crise structurelle du capitalisme décadent, me parlementaire bourgeois qui est son corollaire . Plus s'aggravent ces deux crises sans que l'avant-garde révolutionnaire soit capable d'entratner la classe ouvrière vers le renversement du capitalisme, et plus se multiplient les bouillons de culture des microbes fascistes. Dans ces conditions, opposer à la montée du fascisme la défense des institutions parlementaires bourgeoises de plus en plus
paralysées et en décomposition, c'est courir à une défaite certaine. Trotsky précise à ce propos : "La conclusion n'est-elle pas évidente que, confronté à des difficultés et des tâches trop grandes pour lui, le régime démocratique perd contrôle?... Les difficultés intérieures et extérieures de la nation allemande ont exacerbé la lutte de classe au point où personne ne peut ou ne veut la subordonner aux conventions parlementaires. Certains peuvent le regretter, reprocher amèrement aux partis extrémistes leur inclinaison vers la violence, espérer un meilleur futur. Mais les faits sont les faits. fils de la démocratie ne supportent pas un voltage trop élevé. Tels sont, cependant, les voltages de notre époque". (idem, pp. 267/268). Le Front Unique Ouvrier contre le fascisme est pour cette raison entièrement axé sur l'action extraparlementaire des travailleurs. La défense ganisations ouvrières contre les bandes fascistes est une précondition indispensable pour renforcer la confiance en elle-même, la force de frappe, la combativité de la classe ouvrière. C'est pourquoi, vouloir passer. "à l'offensive" aussi longtemps que le fascisme n'est pas refoulé représente du bavardage irresponsable. Mais cette défense doit déclencher une dynamique d'offensive anti-capitaliste, pour rendre la lutte anti-fasciste victorieuse : "La tâche d'écrasement du fascisme garde toute
La bataille décisive du prolétariat contre le fascisme marquera l'affrontement simultané avec l'appareil de l'Etat bonapartiste. Ceci fait de la grève générale un instrument indispensable de la lutte. Il faut la préparer. Il faut élaborer un plan spécial de grève générale, un plan pour la mobilisation des forces qui la réaliseront. En par-
June campagne de masse doit être développée, sur la base de laquelle un accord pour organiser la grève générale dans des conditions politiques bien déterminées peut être proposé à la social-démocratie. Cette proposition, répétée et concrétisée à chaque nouvelle étape, amènera, le cours de son développement à la création de soviets comme organes supérieurs du front unique". (idem p. 321). Et encore plus clairement : " La logique des évènements est telle que la lutte pour le "parlement"' et pour la "démocratie" devient, pour tout ouvrier social-démocrate une question de pouvoir. C'est en cela que repose le principal contenu de tout le conflit du point de vue
La question du pouvoir est la question de l'unité révolutionnaire du prolétariat dans l'action. Une politique de front unique par rapport à la social-démocratie doit être suivie dans un futur très proche afin de rendre possible, sur la base d'une représentation démocratique prolétarienne, la création d'organes de lutte de classe, c'est-àBien sûr l'Argentine de 1974 n'est pas l'Allemagne
Il y a des différences importantes dans la structure sociale des deux pays, dans le poids relatif des différentes classes sociales, et surtout dans les formes d'organisation, la tradition politique et le niveau de conscience de classe politique des travailleurs des deux pays. Mais aucune "particularité nationale" ne peut transformer le parti radical de M. Balbin en candidat sérieux pour l'organisation d'une grève générale -- sans parler de conseils ouvriers ! -- aux côtés d'organisations ouvrières. N'est-il pas évident que Trotsky défend une orientation politique différente dans ses propositions de lutte contre la menace fasciste par le front unique ou -vrier conduisant à l'action de classe unitaire du prolétariat et culminant dans une grève générale, que l'orientation qui voit dans des rencontres régulières avec des partis bourgeois, la signature de déclarations et de communiqués communs avec ces partis, l'organisation de meetings publics avec ces partis, la condition utile à créer " le type de conscience et de climat social nécessaires pour défendre les libertés civiles ou condamner le fascisme"? (Avanzada Socialista, 4 juillet 1974). Les camarades du PST sont d'ailleurs pris dans une contradiction supplémentaire. Ils insistent lourdement sur le fait qu'ils sont et restent irrémédiablement opposés à des coalitions de type "front populaire". Excellente résolution ! Mais ils semblent oublier que les fronts populaires furent constitués dans les années 30 exactement dans le même but de "défendre les libertés démocratiques" contre la menace fasciste, Si non seulement des accords techniques mais aussi des accords politiques avec des partis libéraux bourgeois sont admis pour la défense non seulement d'une liberté démocratique spécifique, mais des libertés démocratiques en général, quel reste le fondement de l'opposition marxiste-révolutionnaire à cette politique'antifasciste" du Front Populaire? Est-ce seulement le fait que le Front Populaire contient aussi un programme gouvernemental ? Deviendrait-il acceptable sans un tel programme ? Si l'accord avec des partis bourgeois est admissible pour défendre les libertés démocratiques, n'est-il pas plus admissible encore pour leur reconquête, là où elles ont été supprimées? Quelle reste alors la validité de l'opposition marxiste-révolutionnaire à la politique de "front anti-fasciste" avec la bourgeoisie "libérale" et ses partis politiques, du PC espagnol, du PC chilien et du PC uruguayien -- pour ne citer que ces trois exemples ? La question n'est pas simplement réthorique. Déjà le PRT(U), un allié politique étroit du PST, s'est prononcé carrément en faveur d'un tel front pour la "reconquête des élections libres" : "Face à cette situation et à la façon dont la conscience de la classe ouvrière a progressé par suite de la grève générale colossale qu'elle a menée en défense des derniers vestiges de ses droits démocratiques, qui ont été arrachés par les putchistes, nous pensons que la lutte commencée en juin (1973) doit continuer. Elle doit continuer pour renverser la dictature en avançant un programme qui résume les revendications les plus urgentes des travailleurs et regroupe derrière lui l'ensemble du mouvement populaire. y compris les secteurs de la bourgeoisie elle-même qui sont opposés à la dictature. Nous pensons que ce programme... est résumé dans la revendication d'élections libres dans lesquelles tous les partis puissent participer. " (Prensa Obrera, 11 mars 1974, cité dans Intercontinental Press du 22 avril 1974 -Nous pouvons demander aux camarades du PST : etes-vous d'accord avec ce "bloc" avec la bourgeoisie libérale pour la'défense" ou la "conquête" des "élections libres" ? Est-ce cela la ligne que Trotsky a défendue comme orientation pour la lutte contre le fascisme et les menaces de dictature d'extrême-droite ? Est-cela l'orientation du Front Unique Ouvrier ? Une auto-critique urgente et complète ne s'impose-t-elle pas devant tant de confusion danLa gravité de l'erreur commise par le PST acquiert une dimension supplémentaire lorsqu'on la place dans le contexte de la situation politique concrète qui existe aujourd'hui en Argentine.
Les marxistes-révolutionnaires sont unanimes pour estimer que le remplacement de la dictature militaire de Lanusse par le retour au pouvoir des péronistes est le résultat de la montée d'un mouvement de masse explosif à partir de la grève insurrectionnelle de Cordoba en 1969. Nous ajouterons que le développement de formes multiples d'affrontements armés entre les forces militaires bourgeoises d'une part, et des secteurs des masses ainsi que des groupes d'avant-garde d'autre part, créa pour la bourgeoisie le danger précis d'une guerre civile dans laquelle des fractions entières des masses laborieuses seraient successivement engagées, danger qui précipita son option en faveur d'un retour des péroEn promouvant le "processus d'institutionalisation" à travers le Grand Accord National, la grande bourgeoisie argentine, appuyée par l'impérialisme, poursuivit le but essentiel d'écarter le risque d'un affrontement global entre son armée et les masses ( qui impliquait d'ailleurs une remise en cause de la cohésion interne de cette armée), de rétablir son contrôle sur le mouvement ouvrier à travers la bureaucratie syndicale péroniste, d'arrêter la montée impétueuse des luttes ouvrières et de relancer le processus d'accumulation du capital grâce à la "paix sociale" rétablie à l'intérieur, opérations précises à l'extérieur (recherche d'investissements auprès des impérialismes européens et japonais; recherche de nouveaux débouchés dans les Etats ouvriers bureaucratisés; développement du "bloc andin"' comme marché privilégié de l'industrie argentine vis-à-vis de son concurrent brésilien, etc.). Mais la condition sine qua non projet péroniste, ce fut l'acceptation de la "paix sociale" par l'ensemble de la classe ouvrière en échange d' "élections libres" et de quelques améliorations des salaires réels en comparaison avec les pires moments de la dictature militaire. Or, la situation dans le mouvement ouvrier, après l'expérience de la dictature militaire et après les Cordobazos, ne fut plus celle d'un contrôle intégral de la bureaucratie péroniste sur l'ensemble des travailleurs.. Un nombre croissant de ceux-ci - - bien qu'encore largement minoritaires à l'échelle nationale - - commençaient à agir de manière autonome, soit dans certaines régions ( par exemple Tucuman, Cordoba), soit dans certains secteurs (par exemple les ouvriers des industries graphiques). Dans ces conditions, le rétablissement du régime péroniste impliquait inévitablement une répression croissante, violente et terroriste, non seulement contre l'extrême-gauche péroniste et les groupes engagés dans la guerilla, mais aussi contre tous les secteurs autonomes du mouvement ouvrier et de la classe ouvrière. Des attentats commis contre la jeunesse péroniste le jour même du retour de Peron en Argentine ( massacre de l'aéroport de. Ezeiza) jusqu'aux opérations de ratissage des locaux des syndicats en octobre 1974, en passant par d'innombrables attentats à la bombe et assassinats de militants de gauche, cette répression une "'riposte" à la "violence de l'extrême-gauche" comme le prétendent ses apologistes ouverts ainsi que d'autres porte-parole de la bourgeoisie. Elle est inscrite dans la logique même du projet du Grand Accord National : ramener à tout prix la "paix sociale", isoler les secteurs radicalisés de classe ouvrière et de la petite-bourgeoisie qui ne se se soumettent pas à la "paix sociale" pour pouvoir les écraser. La résolution sur l'Argentine adoptée par le Xème Congrès Mondial (4ème Congrès depuis la réunification) avait affirmé à ce propos : "C'est cette même explosion des conflits internes du péronisme qui a rapidement mis en évidence le caractère instable de la nouvelle période de démocratie bourgeoise. Mais au-delà de la lutte intestine au sein du mouvement péroniste, l'escalade des bandes para-policières et de la bureaucratie vise à porter des coups sélectifs mais efficaces contre des secteurs de l'avant-garde sociale qui refusent d'accepter les impératifs de la "reconstruction nationale" capitaliste. Les assassinats de militants, les enlèvements et les attentats droitiers de divers types se succèdent à un rythme jamais vu, même sous la dictature militaire. Curieuse 'démocratie' qui développe la terreur blanche à partir des plus hautes sphères gouvernementales! La répression sélective, sous couvert de l'activité des bandes parallèles, va être complétée par une nouvelle législation répressive à différents niveaux" C'est exactement ce qui est arrivé. Cette répression "institutionalisée" et systématisée sous la conduite directe de l' "homme fort" du régime péroniste, Lopez Rega, révèle le caractère hypocrite et frauduleux des affirmations des dirigeants péronistes - - hier le général Peron et aujourd'hui Maria Estella Peron - - selon lesquelles "le processus d'institutionalisation" ne justifie aucune forme de violence. Ceux qui font ces déclarations tolèrent, couvrent, justifient et organisent une terreur systématique contre les secteurs d'avant-garde de la classe ouvrière et de la jeunesse. Le premier devoir d'un parti révolutionnaire en Argentine, c'est de dénoncer cette hypocrisie abjecte. La participation du PST aux rencontres institutionalisées entre le gouvernement et l'opposition dite du "centre-gauche" prend au contraire figure de couverture de gauche d'une opération politique par laquelle le régime péroniste cherche à camoufler sa responsabilité dans l'organisation d'une répression anti-ouvrière et anti-révolutionnaire, derrière le paravent de déclarations verbales contre "le terrorisme d'où qu'il vienne". En publiant dans son journal de grandes manchettes comme "'Ni guérilla, ni pacte social", en multipliant les condamnations du '"'terrorisme de gauche et de droite", en affirmant que les "guerillas créent le prétexte" du déclenchement de la terreur de droite, le PST jette de l'eau sur le moulin de la propagande bourgeoise, selon laquelle la terreur fas ciste serait le "produit" de la "violence de gauche" au lieu de dénoncer la répression terroriste contre l'extrême-gauche et les secteurs d'avant-garde de la classe ouvière comme le produit logique et inévitable du projet péroniste de rétablissement à tout prix de la "paix sociale" et de la collaboration de classe dans un climat La participation du PST à la comédie hypocrite de "concertation nationale"' autour d'un appui du processus d'institutionalisation, organisée par le régime péroniste est d'autant plus lourde de conséquences qu'elle permet à la presse bourgeoise de diffuser à des millions d'exemplaires des informations concernant l'approbation par le PST de la propagande gouvernementale d' "union de tous les argentins autour des institutions démocratiques, dans la condamnation unanime de la violence. " Et la déclaration de Juan Carlos Coral, faite devant la "réunion multisectorielle" du 8 octobre 1974 n'est pas faite pour démentir cette propagande. Nous y lisons notam"Assumant pleinement la part de responsabilité qui nous revient dans le processus politique, avec la sincérité avec laquelle nous avons toujours exprimé notre point de vue, et avec la sincérité que Madame la Présidente elle-même nous demandait, dans son introduction, nous sommes venus ce matin pour répudier catégoriquement toutes les formes de terrorisme, toutes les manifestations de terrorisme individuel ou de groupes, qui s'exercent en mar-
ge de la volonté et des besoins des masses, et pour répudier également cette autre forme de violence plus générale et quasi institutionalisée dans notre pays, le coup d'Etat. "Je termine, Madame, en disant que notre parti considère cette forme de dialogue, qui n'a pas de précédent dans le pays, utile. Nous ne prétendons pas modifier la politique du gouvernement par un discours, mais, certainement, Madame la Présidente et Messieurs les Ministres retiendront certaines des observations que nous avons faites. "Nous savons que les limites bòurgeoises du gouvernement l'empêcheront d'adopter les mesures minimes que nous réclamons. Il ne peut pas réaliser la Réforme Agraire, il ne peut pas exproprier les monopoles, il ne peut pas modifier substantiellement le rapport entre les prix et les salaires, il ne pourra certainement pas sanctionner durement les débordements de violence fasciste. "Le socialisme des travailleurs continue à lutter contre tous ces facteurs qui créent le climat putpour la continuité de ce gouvernement, parce qu'il a été élu par la majorité des travailleurs argentins et parce qu'il permet l'exer -cice de certaines libertés démocratiques qui sont, à leur tour, une conquête des mobilisations ouvrières et populaires qui ont secoué le pays à partir du Cordobazo" ( Avanzada Socialista, 15 octobre Il est vrai que le discours de Coral tel qu'il est rapporté dans Avanzada Socialista contient aussi une condamnation de la "passivité" du gouvernement devant l'assassinat de militants ouvriers comme ceux du PST (condamnation qui ne fut pas rapportée dans la presse bourgeoise). Mais les passages que nous venons de publier, de même que les récits publiés dans Avanzada Socialista selon lesquels la présidente " s'approcha des délégués du PST pour exprimer ses condoléances concernant les pertes en vies humaines subies par le PST"'; les gros titres sur la condamnation de la terreur blanche par les délégués oppositionnels à la réunion multisectorielle : tout cela facilite l'opération de camouflage et de couverture du gouvernement péroniste au lieu de la dénoncer. Lorsque cela intervient à la veille de la prol'évolution des par clamation de l'état de siège; après le vote des dispositions anti-grève; après la terreur de plus en plus accentuée contre le PST lui -même, cela sert, manifestement, davantage à la bourgeoisie et le régime péroniste que cela ne contribue à défendre le PST contre la violence d'extrême-droite ou les tentatives de l'illégaliser. Il est donc grand temps que le PST réexamine et corrige sa politique d' "appui au processus d'institutionalisation". Pour prendre toutes les initiatives nécessaires en vue de défendre de manière efficace son propre statut légal, la liberté d'action de toutes les organisations ouvrières, l'exercice intégral du droit de grève, la démocratie syndicale, pour défendre efficacement ses propres dirigeants et militants de plus en plus menacés par la terreur d'extrême-droite, il faut s'orienter résolument vers la ligne de Front Unique Ouvrier et de la propagation et mise en pratique de l'auto-défense contre la terreur fasciste, par les organisations ouvrières elles-mêmes, Il est grand temps de mettre l'accent principal sur la responsabilité du gouvernement péroniste pour la répression contre la gauche et d'éviter toute fausse manoeuvre qui sert en fait à couvrir cette responsabilité devant les masses. La IVème Internationale a un devoir de clarification politique à remplir qui, nous en sommes persuadés, constitue une aide pour les camarades du PST et non une attaque de cette organisation sympathisante. Mais la tache principale de ses sections, à l'heure actuelle, par rapport à la situation qui se développe en Argentine, est d'alerter le mouvement ouvrier et les masses laborieuses dans tous les pays contre la terreur en Argentine, pour la défense des organisations ouvrières et révolutionnaires victimes de la répression violente, légale et extra-légale, pour la défense du PST et des autres organisations sympathisantes de la IVème Internationale en Argentine, Nous sommes certains que nos sections ne failliront pas à cette tâche.
Le Secrétariat Unifié de la IVème Internationale 2009 document tis communistes liste