TAIN
Après avoir perdu 40% de sa capacité productive d'avant la guerre et toutes ses possessions coloniales (qui représentaient 44% du territoire impérialiste japonais avant la guerre), l'économie japonaise commença à se redresser avec le soutien politico-militaire de l'impérialisme améri cain et entra dans une phase de développement en 1950. Dans le cadre de la défaite révolutionnaire au lendemain de la guerre, la bourgeoisie japonaise, comme les bourgeoisies des pays d'Europe occidentale, fit supporter aux masses travailleuses le lourd fardeau de cette époque : forte inflation augmentation de la population de 6 millions de personnes (de retour des fronts ou venant des anciens territoires coloniaux) et chômage massif. La reconstruction L'économie japonaise assura sa stabilisation ( blocage des salaires et forte rationalisation) par le biais de la prétendue "ligne Dodge'' ( une politique de stabilisation économique élaborée par le quartier général de l'armée US au Japon), et elle retrouva sa place sur le marché mondial en fixant le taux de change du yen à 360 pour un dollar en 1948-49, après l'échec d'une tentative de grève générale en 1947. Par la suite, des mesures spéciales prises durant la guerre de Corée permirent un essor important du développement de l'économie japonaise. Après la guerre de Corée, le contrôle militaire U.S. sur l'Asie orientale, la défaite partielle de la révolution permanente dans cette région et l'hégémonie du dollar américain sur l'éco nomie capitaliste internationale créèrent le contexte international de la rapide croissance économique du Japon.
MILACIT
Cette croissance économique rapide se réalisa sous l'aile protectrice de l'armée américaine, et fut appuyée par les dollars américains offerts au Japon en compensation de la perte de Okinawa, de la Corée du Sud et de Talwan. Le gouvernement japonais fut capable de mobiliser les forces économiques et politiques potentielles pour appuyer l'expansion de l'entreprise capitaliste déchargée de tout effort militaire pro-
Le capital pouvait donc poursuivre ses intérêts en agissant en pur "animal économique". Au lendemain de la défaite de l'impérialisme japonais, une vaste majorité de fonds gouvernementaux et de fonds d'aide U.S. fut placée dans les industries de base :acier, charbon, électricité, etc.. D'un autre côté, une réforme agraire radicale, au lendemain de la guerre, élargit le marché intérieur. La dissolution des zaibatsu (les gros cartels financiers d'avant la guerre) créa les conditions pour une innovation technologique rapide et la croissance économique, à travers le mécanisme de la concurrence capitaliste. Avant la guerre, le système se fondait sur l'économie de la pauvreté : la pauvreté des paysans, victimes du système de fermage, et des travailleurs urbains mal payés. La rationalité technologique basée sur la production de masse ne pouvait pas être développée étant donné l'étroitesse du marché intérieur. Après la seconde guerre mondiale, l'économie japonaise, ayant développé le système technologique de production de masse, fut capable de maintenir un schéma de croissance économique orientée vers la demande domestique.
JAPON La production industrielle retrouva son niveau d'avant la guerre en 1950-51, avec une ou deux années de retard sur les économies d'Europe occidentale. Mais, en même temps, l'économie japonaise ne réussit pas à retrouver son niveau d'exportation antérieur, les exportations restant à seulement 36% du niveau d'avant la guerre (importations : 49%). En conséquence, malgré sa croissance rapide, l'économie fut à plusieurs fois forcée de faire des réajustements vu la crise de sa balance des paiements internationale.
La croissance de 1960 A partir de 1955 le Japon connut un taux élevé de croissance économique. L'industrie sidérurgique s'améliora et se développa au cours du premier plan quinquennal de production de l'acier (1951-55), plan appuyé par des prêts et des investissements gouvernementaux et par des mesures fiscales spéciales. L'industrie automobile commença à produire des véhicules pour le marché domestique. L'industrie pétrochimique progressa rapidement par l'introduction d'innovations technologiques et la construction de vastes complexes pétrochimiques. A la fin des années 50, environ un demi million de mineurs de charbon furent licenciés en résultat de la "révolution énergétique'' Au début des années o0, le capitalisme japonais transforma radicalement ses structures industrielles, intégrant la pénurie de matières premières à ces structures et transformant ainsi cette faiblesse en une suurce de force relative. L'industrialisation rapide, incluant la construction de nombreux complexes importants et une forte concentration de l'industrie dans les régions côtières, afin de réduire les coûts de transport, créa un type particulier de structure industrielle sous forme d'une "ceinture côtière''. Les constructions navales furent énormément développées. Un grand nombre de bateauxciternes géants et de cargos furent construits et permirent de réduire les coûts entrainés par le transport de grandes quantités de matières premières. Les installations industrielles furent élargies afin d'utiliser de façon efficace les matières premières importées. Une structure industrielle permettant une consommation massive de matières premières était une nécessité technique impérative pour le capitalisme japonais qui ne disposait pas de matières premières domestiques. Toutes les principales industries ayant un taux de croissance élevé, comme la pétrochimie, les fibres synthétiques, l'acier, l'automobile, etc., dépendaient d'une large consommation de matières premières. Un mécanisme particulier d'accumulation du capital permit cette industrialisation grâce à une rationalisation et une innovation technologique intensives. •La large majorité des investissements dans les établissements et l'équipement n'était pas financée par les réserves internes des sociétés (profits) mais par des emprunts. Le rapport de la valeur nette au capital total était de 30% en 1960, 24% en 1965 et 19.3% en 1970. Le développement de l'inflation, en particulier, rendit ces emprunts très favorables pour les grandes sociétés, qui transformaient des fonds empruntés en valeur réelle ( établissements et équipement) tout en remboursant leurs dettes avec du papier monnaie dévalué. D'un autre côté, l'accroissement des charges financières éleva le point de rupture de l'équilibre du système et obligea les grandes sociétés à maintenir de hauts niveaux d'opération. Ainsi, le schéma de croissance rapide, de financement extérieur, d'innovation technologique ininterrompue, de taux d'opération élevé et de taux croissant d'exportation reflétait également la faiblesse potentielle du capitalisme japonais. En dernière analyse, les emprunts des entreprises capitalistes étaient financés par des fonds extorqués aux paysans et aux ouvriers. Les investissements et les prêts du Trésor Public, qui représentaient annuellement la moitié du budget national, étaient financés non seulement par les impôts mais également par les comptes d'épargne postaux (50%) et par les fonds d'assistance sociale, financés par les masses travailleuses (20%). Dans le système de retraite en vigueur au Japon, les travailleurs paient 6.4% de leurs salaire dans les caisses de retraite et ne peuvent en recevoir les bénéfices qu'après 25 ans. Ainsi, des sommes énormes sont accumulées dans les caisses de retraite et sont utilisées par le gouvernement pour financer les investissements des entreprises capitalistes. En 1972 les sommes aucumulées dans les caisses de retraite représentaient 7. 800 milliards de yens ( environ 13 milliards FF, 7 milliards FS, 100 milliards FB). La tendance à l'épargne est assez grande au Japon du fait du système arriéré de sécurité sociale, et les patrons utilisent ces économies des masses travailleuses pour financer leurs investissements. Une forte proportion du budget national a été consacrée aux investissements dans le secteur public. Le développement et l'amélioration de l'infrastructure sociale, comme les routes, les chemins de fer, les ports, les quais, les pipelines, les terrains pour l'industrialisation, les réserves d'eau industrielle, est une condition indispensable d'une reproduction élargie du capital. Les investissements japonais dans le secteur public ont été étroitement liés à la reproduction du capital privé. Les investissements représentent 17 à 20% du budget national; dans ce total, 65.5% sont dédiés au soutien de l'industrie et 16.7% seulement aux services publics. Evidemment les salaires ont augmenté au cours de la période de croissance économique rapide; mais la croissance de la productivité du travail a été supérieure à la croissance des salaires. Alors que la croissance annuelle moyenne de la productivité était de 9% en 1955/60, le coût salarial par unité produite baissa de 2% par an
dans la même période, vu la croissance moins rapide des salaires. La part relative de la plus-value industrielle reçue par la classe ouvrière était éxtrêmement faible : 32.2% au Japon, 55% aux Etats-Unis et 53% en Grande-Bretagne, à la fin des années 60. En même temps, les différenciations salariales restaient très grandes. Les salaires varient en particulier en fonction de la taille de l'entreprise. Si l'on fixe le salaire moyen dans une entreprise de plus de 500 travailleurs à 100, il tombe à 80 pour des entreprises employant
100 à 499 travailleurs, à 70 pour des entreprises employant 30 à 99 travailleurs et à 63 pour des entreprises employant 5 à 29 travailleurs. Le salaire annuel moyen des femmes travailleuses était, en 1960, de 42.8% de celui des travailleurs mâles, en 1970 de 50.2%. Grâce aux structures et aux schémas de développement que nous avons décrits ci-dessus, l'économie japonaise a connu une croissance rapide. Le produit national brut était de 10.9 milliards de dollars en 1950 (au septième rang des pays capitalistes), de 24 milliards de dollars en 1955( sixième rang), de 43 milliards de dollars en 1960 ( cinquième rang), et de 200 milliards en 1970 (deuxième rang). Dans le cadre de cette croissance, le poids de l'industrie lourde et de l'industrie chimique s'est accru de façon significative dans l'économie nationale : de 49% en 1960 à 60.7% en 1970. Elles représentaient 75% de toute l'industrie manufacturière Les exportations de l'industrie lourde et de l'industric chimique se sont très fortement accrues après 1965. Les exportations des produits manufacturés étaient de 3. 6 milliards de dollars en 1960, de 7.8 milliards de dollars en 1965 et de 22 milliards en 1971. Les exportations de l'industrie lourde et de l'industrie chimique se sont accrues de 25 à 30% par an, représentant, en 1971, 75% des exportations totales. Le commerce international du Japon représentait 1.5% du commerce mondial en 1950 et plus de 6% en L'industrialisation accélérée de l'économie japonaise entraîna une baisse rapide de la population paysanne et de la population vivant de la pêche, la concentration d'un prolétariat important dans des énormes centres urbains, la généralisation de la pollution et une croissance des accidents du travail. Le poids de la population paysanne et de celle vivant de la pêche dans l'ensemble de la population active est passé de 44.6% en 1950 à 37.7% en 1969 et 18.2% en 1970. La vaste majorité de ces 18.2% sont semi-prolétarisés. En 1971, les fermiers ne représentaient que 15.2% du total des 5.259 millions de familles paysannes. La population prolétarienne s'est accrue de 38.7% en 1950 à 62% en 1970. Le nombre des femmes travailleuses est passé de 3 millions en 1950 à 6.46 millions en 1960 et à 12 millions en 1970.
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Manifestation de travailleurs japonais contre la hausse des prix Si l'on tient compte des femmes travaillant à temps partiel, les travailleuses sont plus nombreuses que les travailleurs en 1973. Environ 70% des femmes travailleuses étaient mariées. Tout comme les travailleurs temporaires mâles, les femmes travailleuses sont les premières à être licenciées en cas de récession. La forte concentration de la population, dans une période très brève, dans des centres urbains, et le manque d'investissements publics dans l'infrastructure sociale ont produit une situation de crise explosive dans les villes. Les trois centres urbains les plus larges -- autour de Tokyo, Osaka et Nagoya -- occupent environ 17.3% de la terre habitable au Japon mais regroupent 51.5% de toute la population et 49.2% du nombre total de familles. Ces trois centres urbains produisent 62% de tous les produits manufacturés, regroupent 52% de toutes les usines de plus de 20 ouvriers et 46:6% de toutes les automobiles ( et 43% de tous les accidents de la circulation !). La population par kilomètre carré de terre habitable, y compris les régions rurales, est deux fois plus élevée ru'en Allemagne de l'Ouest et 16 fois plus élevée qu'aux Etats-Unis. Le Produit National Brut par kilomètre carré de terre habitable au Japon est 4 fois plus élevé qu'en Grande-Bretagne, deux fois plus élevé qu'en Allemagne de l'Ouest et 10 fois plus élevé qu'aux Etats-Unis. Mais les dépenses de sécurité sociale par tête au Japon représentent un cinquième de ces dépenses en Europe occidentale. Seulement 18% des routes sont pavées et seulement 14% de la population disposaient d'installations sanitaires adéquates L'énorme industrialisation de la société et la surconcentration de la population dans des centres métropolitains géants ont produit plus d'un "Minamata" (la ville polluée par le mercure) et
JAPON des pressions psychologiques insupportables pour les masses travailleuses. Les statistiques des accidents du travail montrent que 5 à 6000 personnes sont mortes par suite d'accidents du travail et que ceux-ci se chiffrent à 3 à 400.000 par an. Il y a eu 3.873. 167 travailleurs blessés et 61. 507 tués dans des accidents du travail de 1963 à 1972 ! La crise structurelle La récession de 1964-65 fut un symptôme du commencement d'une crise due au taux élevé de croissance économique. La récession fut clairement un résultat de la surproduction. L'acier, les appareils électriques, les fibres synthétiques et d'autres industries créèrent des cartels anti-dépression et réduisirent leur produc. tion. Le gouvernement reconnut 18 cartels anti-dépression, le nombre le plus élevé de la période d'après-guerre. Le nombre des faillites de petites et moyennes entreprises s'éleva à 2 117 en 1963, 4 931 en 1964 et 6 060 en 1965. La croissance des coûts en capital ne pouvait pas être couverte par une baisse des coûts de main-d'oeuvre, vu la pénurie de la main- d'oeuvre. La tendance à augmenter les prix, afin de maintenir un taux "normal" de profit, et un progres important des exportations contribuèrent largeau redressement de la situation. L'expansion des exportations, particulièrement importante du fait de la tendance à la surproduction, fut soutenue par des mesures fiscales et financières. La pénétration significative des exportations jasur le marché mondial commença à partir de 1965, et la structure de la balance des paiements japonaise se modifia à partir de cette année. Au cours de la période de l'immédiat après-guerre, le déficit de la balance du commerce extérieur avait été couvert par des revenus issus de mesures spéciales et par l'entrée de capital étranger. Après 1965, le capitalisme japonais commença à exporter du capital issu du surplus de sa balance des paiements, c'est-à-dire qu'il retrouva la position typique du capitalisme impérialiste. Depuis la "crise du dollar" du début des années 70, presque tous les pays capitalistes avancés sont sous la pression de la surproduction et ont commencé à développer des tendances protectionnistes. L'économie japonaise doit développer ses exportations afin de maintenir l'équilibre de sa structure économique sur-développée, mais il lui est de plus en plus difficile d'exporter ses produits vers les autres pays capitalistes avancés. En conséquence, le Japon se voit obligé de répéter son invasion de l'Asie orientale. Aujourd'hui, le capitalisme japonais est une puis -sance économique gigantesque par rapport aux pays semi-coloniaux de l'Asie orientale. La balance du commerce de ces pays semi-coloniaux avec le Japon se détériore rapidement. Le surplus de la balance commerciale du Japon avec ces pays était de $ 2. 006, 7 millions en 1972,
$ 2.335, 9 millions en 1973. Les crédits accor -dés à ces pays à un taux d'intérêt annuel de 4. 75/ 5.75% se montaient à environ $ 200 millions dans les années 60, $ 563 millions en 1972 et $ 962 millions en 1973. Le montant total de l' "aide" japonaise aux pays néo-coloniaux se montaient à $ 2/7 milliards en 1972 et $ 5.844 millions en 1973; les investissements directs de capital japonais dans ces pays atteignaient $ 844 millions en 1972 et $ 3. 07 milliards en La récession actuelle commença à frapper le Japon en 1974. Le nombre de chômeurs, d'après les chiffres officiels, dépasse le million. En octobre-novembre 1974 la production industrielle est près de 3% inférieure au niveau de l'année précédente. Des estimations initiales prévoyaient une baisse du taux de croissance du produit national brut, des 9 à 10% auxquels le capitalisme japonais était habitué, à un taux de 3/4% pour 1974-75 et un taux de 7% pour la fin des années 70. Mais aujourd'hui ces estimations doivent être profondément révisées. On prévoit pour 1974 un déclin de 3% du taux de croissance du produit national brut. Pour 1975 on prévoit un taux de croissance du PNB de 3/4% et pour le reste des années 70 les prévisions tournent autour d'un taux de croissance de 4/ 5%.. Mais même ces prédictions ne tiennent pas totalement compte des effets cumulatifs de la récession économique mondiale sur l'éconoL'automobile, les appareils électriques, la construction navale et d'autres branches industrielles ont souffert d'une sérieuse surproduction. Leur capacité de production est tombé à une maximum de 50/70%, comme cela a été egalement le cas pour l'industrie textile. Les ventes de voitures sur le marché intérieur ont baissé de 35% et la production de 13%. De grandes entreprises textiles, comme la Toyoba Company ont licencié entre 10 et 30% de leurs ouvriers. Une des principales unités de production du trust de cameras, Yashica, a dû fermer et, pour survivre, la grosse entreprise automobile ToyoKogyo a dû emprunter un milliard de dollars à un groupe financier dirigé par la Banque Sumitono. Le gouvernement essaie d'aider les monopoles dans ces secteurs en leur accordant des subventions énormes. Un plan de subvention de la constructior navale a déjà été élaboré qui fournit des prêts de la Banque de Développement couvrant 52% des coûts et des prêts de banques municipales couvrant 28% des coûts. Parallèlement, l'économie japonaise connait le pire taux d'inflation de tous les principaux pays impérialistes. L'index des prix à la consommation a augmenté de 25% entre octobre 1973 et 1974, et le gouvernement estime que, pour l'ensemble de 1974, le taux d'inflation contre les 9.6% prévus. Ce taux d'inflation énorme a déjà rendu certaines marchandises et
certains "facteurs de production"' ( comme la construction d'usines) plus chers que ceux des concurrents européens ou américains des capitalistes japonais. En conséquence, le gouvernement bourgeois a donné la priorité à la "lutte contre l'inflation'' et a élabcré une politique de restriction des crédits qui a stimulé un rythme de faillittes de 1000 par mois depuis l'automne 1974.o Les importations ont baissé de 15% par rapport à la même période de l'année précédente. Tandis que l'offensive des exportations continue sur sa lancée et a remporté de nombreux succès en 1974 ( les exportations ont augmenté de 50% et les importations de 42% en rés:ltat de la hausse du prix du pétrole et d'autres matières premières), la balance des paiements est en déficit (probablement d'environ $5. 5 milliards pour 1974), essentiellement par suite d'un énorme déficit du "commerce invisible" : les coûts de frêt et d'assurances, les dépenses pour le tourisme japonais et l'exportation de capital. Les plus gros succès des exportations (dans la première moitié de 1974) ont été remportés par les fibres textiles (+83%), le fer et l'acier (+79%), d'autres produits chimiques (+69%) et la construction navale (+62%0. Les automobiles, les télévisions et les engrais ont eu moins de succès. Le capitalisme japonais court le risque très sérieux de voir la croissance du commerce mondial stoppée en 1975 et son offensive d'exportation risque de ne pas se poursuivre. Déjà les exportations vers l'Asie du Sud-Est qui s'étaient accrues à un taux de 50% par mois de juillet à août 1974, n'ont cru que de 35% en septembre et 17% en octobre 1974. Dans de telles conditions un redressement ne pourrait venir que de nouvelles mesures de "reflation" et d'expansion du crédit sur le marché intérieur, ce qui rendrait ridicules les tentatives de réduire l'inflation annuelle des 24% actuels à un taux de 5/6%. Un des problèmes importants du capitalisme japonais est que pratiquement toutes ses importations et exportations sont payées en dollars, et la croissance des prix du pétrole a créé une sérieuse "pénurie de dollars", sans parler de l'inflation de cette devise. Afin de réduire cette pression, les capitalistes japonais ont recherché des accords de "troc", incluant, par exemple, l'uranium australien, le gaz naturel et le pétrole de Sibérie (le projet du complexe pétrolier Tyumen). De fortes pressions de la part de la Chine et de l'impérialisme U.S. peuvent encore faire échouer ces projets. Un nouveau grand projet? Le capitalisme japonais est désormais plongé dans des difficultés et des contradictions, telles que la pénurie de main-d'oeuvre, la détérioration de l'environnement et les problèmes de pollution, le problème de la recherche de nouveaux emplacements industriels, les hausses des coûts causées par l'inflation et le déclin de sa capacité concurrentielle internationale; toutes ces difficultés sont le résultat de la croissance économique rapide du Japon. La bourgeoisie parle maintenant d'industries utilisant peu de matières premières et d'une structure industrielle qualitativement avancé:, ce qui signifie exporter les industries lourdes comme le pétrole, la pétrochimie, l'acier, etc., vers les pays semi-coloniaux, utilisant ainsi l'abondance des matières premières et la main-d'oeuvre bon marché des pays d'Asie du Sud-Est, important les produits de base bon marché semi-traités dans ces pays et les finissant, avec des profits énormes, dans la "métropole" du Japon. Tel est le "grand projet" de l'impérialisme japonais : organiser les économies de l'Asie orientale comme une périphérie économique sous le contrôle du centre japonais ! Ce grand projet ne sera réalisable que si la bourgeoisie japonaise sort victorieuse , dans les années à venir, d'une confrontation économique et politique avec la classe ouvrière. La bourgeoisie avait pu accepter le taux relativement élevé d'augmentation annuelle des salaires au cours des dernières années de hautes croissance économique. Mais aujourd'hui, la situation
Dans la situation actuelle, le maintien des taux passés de croissance annuelle des salaires causerait de graves dommages à la position concurrentielle du Japon sur le marché mondial. La bourgeoisie déclare : "Les trois années à venir seront décisives pour nous. Nous devons introduire une politique des revenus au cours de ces trois années afin de limiter les augmentations salariales annuelles à 10 ou 12%. Sinon, le capitalisme japonais ira vers la faillite'' Néanmoins, sous la pression de la crise économique et de l'explosion des contradictions sociales, le prolétariat japonais a renforcé sa combativité. La "grève générale" de la campagne de 1974 pour l'augmentation des salaires fut déviée par les directions réformistes; mais les travailleurs ont démontré leur grande combativité potentielle qui, dans l'ensemble, n'a pas diminué. Dans les dernières années les travailleurs du secteur public se sont placés à l'avant-garde de la lutte économique du prolétariat, mais, aujourd'hui, les ouvriers des grosses industries privées ont commencé à bouger et à faire pression sur les bureaucraties syndicales droitières. Il faut, en même temps, tenir compte de la situation des pays semi-coloniaux d'Asie orientale. L'exportation de capital japonais vers ses pays a approfondi le déséquilibre de leur économie, détruisant les industries locales, accélérant l'inflation, et produisant maintenant un vaste chômage à l'échelle de l'Asie orientale. L'exportation de capital japonais produit une