Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

RFA

La « force relative » du capitalisme ouest-allemand

· Inprecor (première série) n° 16-17, 16 janvier 1975 · p. 22-33 · 9 033 mots

Allemagne Économie mondiale Europe Syndicalisme

DU CADITALISME

Shankuote

HUNDERT

DEUTSCHE VARK

100-

DEUTSCHE BONDESBANI Depuis quelques temps, la marotte du Chancelier de la République Fédérale Allemande, Helmut Schmidt, est devenue internationale : par -tout on insiste sur la "force" et la "santé' de l'économie ouest-allemande. Les différents capitalismes internationaux cherchent à recevoir une aide matérielle de l'Allemagne pour redresser leurs propres économies en crise. égard on peut avoir bon espoir que le capital ouest-allemand se plie à leurs pressions, la RFA étant très dépendante du marché mondial et des exportations. Au cours d'un discours fait devant des fonctionnaires du Parti Socialiste allemand SPD - -Sozialistische Partei Deutschland) le 29 juin 1974, Helmut Schmidt explique sa campagne démagogique : "Il est très important, partout

FORCE

RELATIVE

ALLEMAND

-W. WOLFoù l'on parle, de se montrer clairement à soi-même et de montrer aux auditeurs, d'un côté, l'état disloqué de l'économie mondiale et, de l'autre, d'y opposer de façon contradictoire ce que nous avons sauvegardé ici dans ce pays, ce que nous avons pu réussir et créer". Et, dans le même discours, Schmidt constate : "Pour le moment l'emploi en Allemagne est garanti pour l'essentiel (...). Nous devons créer les préconditions pour que nos salariés continuent à empocher toujours un peu plus, en chiffres nets et en chiffres réels"'. Six mois plus tard, tout cela prend un autre son de cloche. Toutes les instances officielles confirment que, au cours de l'hiver 1974/75, on enregistrera un million de chômeurs (sans compter les ouvriers immigrés réexpédiés dans leurs pays, les femmes renvoyées au foyer, les ouvriers plus âgés mis en

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retraite anticipée, les jeunes ne trouvant pas d'apprentissage, etc.). Et, vu la quasi stagnation de la croissance industrielle, vu la nouvelle hausse du taux d'inflation liée à une stimulation planifiée, Helmut Schmidt dit aujourd'hui très ouvertement qu'à "'la longue" une baisse du salaire réel sera nécessaire, même en RFA. C'est en fonction de cela que se concluent actuellement les conventions salariales, surtout celles exigées par le gouvernement et le "Conseil des Sages' , instance regroupant cinq professeurs d'économie qui présentent une expertise annuelle au gouvernement. Prise isolément, l'affirmation de la "force" du capital ouest-allemand est une pure démagogie. Même la constatation d'une "force relative", bien que plus correcte, fausse la réalité. Il est plus juste de parler d'une "moins grande faiblesse" du capital ouest-allemand par rapport aux au -tres économies capitalistes, d'affirmer que l'écono mie ouest-allemande se porte "moins mal" que celles de ses "voisins et partenaires"'. Car, au plus tard depuis la crise de 1966/67, le capitalisme ouest-allemand a démontré qu'il ne constituait pas une exception dans l'aggravation générale des conditions internationales de mise en valeur du capital. Et la récession économique actuelle montre que la crise de 1966/67 n'était pas une "exception'', qu'elle n'était pas d'origine politique provoquée par la CDU/CSU -Démocratie Chrétienne-- comme le prétendent souvent le SPD et les syndicats). Cela est important avant tout pour la prise de conscience de la classe ouvrière ouest-allemande et pour l'évolution au sein des syndicats et du SPD. Nous avons aujourd'hui atteint un point politique et économique décisif dans l'évolution du capitalisme ouest-allemand. Nous voulons analyser ici de plus près la situation économique ( pour la situation politique, voir INPRECOR N° 5/6 : La Fin de la Stabilité). Partie de l'économie mondiale Aujourd'hui, moins que jamais auparavant, il n'est pas suffisant de considérer uniquement l' "économie interne" d'un capitalisme national. Et ceci est encore plus vrai pour le capital ouest-allemand que pour les autres pays impérialistes. Depuis longtemps, il n'est plus question, comme à l'âge d'or des années 50 ou au début des années 60, de vivre ensemble sur la vague du boom, mais il est plutôt question du danger d'un glissement généralisé vers une crise économique aigue. Les crises que connaissent les autres pays capitalistes ont des conséquences directes sur le capital ouest-allemand, conséquences qui, dans le cas par exemple de la mise en place de contre-mesures protectionnistes importantes pourraient acquérir des dimensions catastrophiques. Pour l'année 1974, l'excédent de la balance des paiements ouest-allemande est évalué par l'OCDE au chiffre record de 7 milliards de DM -- alors que tous les autres pays de la CEE ( à l'exception des Pays Bas) doivent enregistrer des bilans négatifs de leur balance des paiements. La tendance à l'intégration dans l'économie mondiale n'a cessé de se développer depuis la fondation de la RFA. Dans les années 50 et 60, les taux d'augmentation des exportations ( à l'exception de 1958 et de 1962) sont supérieurs à ceux du produit social brut et ce souvent dans des proportions fantastiques. Ainsi, le taux d'augmentation des exportations était en 1951 de 50%, en 1953 de plus ou moins 30%, en 1957 et 1959 de plus de

Au moment de la crise de 1966/67, ce sont justement les exportations qui ont fourni, par leur forte croissance, le soutien le plus solide à la production négative à l'intérieur du pays. Cette évolution a continué depuis 1969. Ainsi, entre janvier 1969 et août 1974, le chiffre d'affaires intérieur de l'industrie ouest-allemande a cra d'à peine 60%, alors que le chiffre d'affaires extérieur a augmenté dans le même temps d'à peu près le double (132, 5%) (1). Des chiffres... et des chiffres dangereux. Le capitalisme ouest-allemand est, dans cc processus, fixé avant tout sur les pays du Marché Commun et les Etats qui s'orientent vers la CEE. Cela devient patent quand on regarde la structure des exportations ouest-allemandes et les investissements à l'étranger de la RFA, En 1973, sur l'ensemble des exportations de la RFA (de l'ordre de 177,7 milliards de DM), 48% furent destinés au Marché Commun seul et 64% aux pays de la CEE et de l'AELE ( Association Européenne le Libre Echange). Le chiffre correspondant pour les USA et le Japon est seulement de 10%. De plus, le taux d'augmentation des exportations vers la CEE est de 20,4%, celui des exportations vers les Etats-Unis seulement de 9,4%. (Vers le Japon le taux d'augmentation des exportations fut de 36.8%: cela doit cependant être expliqué par le très faible volume des exportations vers le Japon jusqu'à cette année et la marge de manoeuvre en résultant; la part du Japon dans les exportations de la RFA est, en 1973, de 1, 5%). Dans le cas des importations en RFA, 70, 8% viennent des pays du Marché Commun et de l'AELE et seulement 12,2% des Etats-Unis et du Japon. De même, dans le cas des investissements directs de la RFA à l'étranger : sur un total de 32.235 millions de DM d'investissements directs à l'étranger (jusqu'à la fin de 1973), près de 60% allèrent dans les pays membres de la CEE et les pays étroitement liés au Marché Commun : la Suisse, l'Autriche et l'Espagne. Par contre, seuls 16% allèrent vers les EtatsUnis et le Canada (mais 22% vers le Brésil). C'est seulement dans le sens inverse que les poids sont un peu différents : jusqu'à la fin 73, 35. 442 millions de DM de capital étranger furent investis en RFA, 43% proviennent des EtatsUnis, 50% viennent des pays du Marché Commun, de la Suisse et de la Suède (2) . L'image qui se dégage des chiffres ci-dessus

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R.FA est sans équivoque : la RFA est économiquement orientée en grande partie vers les principaux pays européens. C'est là que se trouvent ses marchés et ses sphères d'investissement de capital les plus importants. Tel est l'arrière-fond de l' "orientation pro-européenne" de la RFA depuis la récession mondiale de 1957-58 : il s'agit avant tout d'un arrière-fond matériel. Malgré tout, dans le cas du capitalisme ouest-allemand, l'image d'une "unité européenne" est contradictoire. Tout d'abord, c'est seulement en période de supériorité économique nette que la REA a visé à l'union économique et politique (et elle entra ainsi souvent en opposition avec la France gaulliste). Au début des années 70 quand l'entrée de la Grande-Bretagne dans la CEE fut discutée et ensuite réalisée, les capitalistes ouest-allemands étaient déjà beaucoup moins sûrs : ils craignaient une coopération étroite entre d'importants pays européens (surtout la France) et la Grande-Bretagne, et donc la mise en cause de l'hégémonie ouest-allemande sur l'Europe occidentale. Dans la situation actuelle, vu la "force relative' du capitalisme ouest-allemand, vu les crises qui secouent les restes de l'empire britannique, vu l'agonie de l'Italie et la faiblesse politique de la France, il semble que le capitalisme ouest-allemand pour -suive une nouvelle stratégie. Willy Brandt, président du SPD, l'a indiquée dans son discours de Paris : intégration renforcée des économies européennes "fortes"' "dépendance" des faibles, surtout de l'Italie. Il est certain que le capitalisme ouest-allemand est lié à la vie à la mort au Marché européen. Chaque mesure protectionniste d'un "partenaire européen" sera douloureuse; chaque perte par des pays importants d'Europe de leurs sphères d'exportations et d'investissements aura des répercussions catastrophiques sur l'économie ouest-allemande. C'est en fonction de cela que s'expliquent le secours "amical" du gouvernement ouest-allemand dans le cas du crédit de un milliard accor -dé à l'Italie et la nervosité de Helmut Schmidt quand il se mêle des affaires intérieures et de la faiblesse politique de la France. Nous avons atteint, à la fin de 1974, la fin du sixième cycle industriel du capitalisme ouest-allemand (après 1948). Et cette année 1974 déçu amèrement tous les "'théoriciens de la croissance" qui avaient projeté dans le futur les taux de croissance industrielle élevés des années 50 et du début des années 60. Ainsi, la croissance moyenne annuelle de la production industrielle lors du premier cycle s'éleva à 24%, lors du second à 8.6%, lors du troisième ( 1959-63) à 6.3%, lors du quatrième (1964-67) à 3.2% De 1969 à 1971 la croissance était de 4.5% et de 1972 au troisième trimestre de 1974 elle s'abaissa à 2.4%. Si la crise de 1966/67 avait, une première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, provoqué une baisse absolue de la production industrielle, alors les chiffres correspondant pour le troisième trimestre de 1974 sont tout autant négatifs : moins de 2.2% pour l'ensemble de l'industrie manufacturière de la RFA. En cela, les patrons ouest-allemands sont largement favorisés par rapport à leurs collègues européens : la classe ouvrière allemande reste calme face à la récession économique, les syndicats se plient au "contrat social" (qui n'existe pas formellement mais en pratique) et ne présentent pas de revendications "exagérées" ou, s'ils le font, ils se plient rapidement au diktat des patrons (le dernier exemple est le résultat minime obtenu dans la métallurgie). La classe ouvrière ouest-allemande a, jusqu'à maintenant, peu de traditions de luttes. Il n'existe pas un fort parti réformiste classique ou stali -nien. Depuis toujours, les syndicats constituent beaucoup plus un "facteur d'ordre" qu'un instrument de la lutte de classe. Jusqu'à maintenant les luttes de la classe ouvrière ouest -allemande (grèves "sauvages"' en 1969 et 1973, redémarrage des syndicats et luttes syndicales plus accentuées de 1970/71 jusqu'à 1973/74) ont uniquement mené à des ruptures pratiques avec la bureaucratie syndicale. Il y a eu très peu de différenciation politique. La gauche révolutionnaire ouest-allemande reste, en conséquence, isolée de la classe ouvrière, même si elle a gardé, depuis la révolte étudiante de 1965-68, une certaine force quantitative. Aujourd'hui, cette classe ouvrière, contrairement à la période de 1969 à 1973, est confrontée à une situation fondamentalement nouvelle. Au taux d'inflation élevé s'ajoute le spectre du chômage massif. Face à cette nouvelle situation la classe ou -vrière ouest-allemande est désarmée; ainsi s'explique l'actuel changement de cap de la socialdémocratie sous Helmut Schmidt vers un cours ouvertement favorable à l'économie de marché, parallèlement à la mise au rancard de "toutes les réformes qui coûtent". Réduite à l'aspect économique, cette pai x politique dans la lutte

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de classe signifie que le capitalisme ouest-allemand est capable de planifier et de tenir ses délais de livraison pour le commerce international, car il y a peu de grèves d'envergure. En même temps, le "facteur salaire" dans le coût de production est planifiable , et ce, à un niveau qui se situe en-dessous de la croissance annuelle de la productivité. C'est bien là, au niveau politique de classe, qu'il existe effectivement une "force" du capitalisme ouest-allemand - - et, dès lors, une faiblesse de la classe ouvrière. D'autant plus dangereux sont, dans la situation actuelle, la crise, le chômage, la désorientation politique du mouvement ouvrier ouest-allemand - - d'autant plus grandes sont les tâches des révolutionnaires de ce pays. La conjoncture actuelle Nous vivons actuellement en RFA une "conjoncture divisée". Divisée entre les quelques rares secteurs économiques qui enregistrent encore une croissance économique positive (comme l'acier et quelques industries d'exportation), les quelques secteurs dont la production a baissé de façon absolue (comme l'industrie du bâtiment) et un plus grand nombre de secteurs qui connaissent une stagnation économique. En 1972, la croissance moyenne de la production industrielle ("industrie manufacturière") était encore de 8%, en 1973 elle n'était plus que de 4. 6% et, en 1974, les "chiffres de croissance" de l'industrie manufacturière ouest-allemande étaient les suivants : premier trimestre, moins de 1,1%; second trimestre, 0; troisième trimestre, moins de 2.2%. Partagée entre les grands groupes la production de l'industrie des produits de base et des moyens de production a baissé de 2.8% entre le troisième trimestre et le quatrième trimestre de 1974, celle de l'industrie des biens d'investissements de 3.4%, celle de l'industrie des biens de consommation de 4.9% et c'est seulement dans l'industrie alimentaire qu'une certaine croissance de 1.3% a eu lieu. Si l'on différencie encore plus l'image de la conjoncture actuelle et si on analyse la production de branches industrielles déterminées, on a alors l'image suivante : dans l'industrie chimique (qui exporte beaucoup) une croissance de 0.7% a eu lieu dans la période indiquée ci-dessus. Dans l'industrie métallurgique, favorisée par le boom de l'acier, il existe également une croissance (minimale) de 0.5%. Par contre, dans l'industrie électronique la production stagne et tend, au cours des dernières semaines, à la baisse absolue (bien que cette branche soit fortement orientée vers l'exportation). La situation est similaire pour la construction des machines, elle aussi axée vers l'exportation. Dans l'industrie automobile, la production abaissé de 10%, dans le cadre de la crise mondiale de ce secteur. Et, dans le cas de l'industrie textile, la baisse de production a atteint près de 5%. Pour le secteur de la construction, qui est par -ticulièrement sensible aux crises et orienté presqu'exclusivement vers le marché intérieur, la production connait une tendance négative depuis pratiquement le premier trimestre de 1973; à la fin 74 il aura connu une baisse d'une moyenne annuelle de plus de 10%. Le fait que les exportations soient déterminantes justement pour les "piliers " de l'actuelle conjonture ouest-allemande est démontré par le fait qu'entre le second trimestre 1973 et le second trimestre 1974, le chiffre d'affaires étranger des industries de biens d'investissements a monté de 15.8% et celui de l'industrie des produits de base et des moyens de production de 53.9% (surtout à cause du boom sur l'acier) (3). Dans l'ensemble, l'image est sans équivoque et sans illusion, contrairement aux commentaires de Schmidt et à beaucoup de commentaires internationaux : l'économie de la RFA connait une crise économique interne dont l'impact n'a pu être atténué que grâce à la "conjoncture divisée" et ce, avant tout, par la croissance des exportations jusqu'à la mi-1974. Les réserves historiques Encore aujourd'hui, le capital ouest-allemand se nourrit de son développement historique par -ticulier. Et c'est ici que se trouve le noyau réel de ce que Schmidt définit quand il dit "nous devons être fiers de ce que nous avons pu sauvegarder, réussir et créer". Le capitalisme ouest-allemand a été favorisé au départ par deux facteurs. Premièrement par une classe ouvrière extrêmement affaiblie par le fascisme, la guerre mondiale et les défaites de l'après-guerre (1947-52). Il pouvait , en conséquence, imposer à cette classe ouvrière des salaires particulièrement bas (en 1955 encore, les coûts salariaux des Etats-Unis étaient 4 fois plus élevés que ceux de la RFA, ceux de la Suisse 50% plus élevés, ceux de la Suède 15%, ceux de la France 14%, ceux de la Belgique 7% et ceux de la Grande-Bretagne 6%). Les travailleurs ouest-allemands n'atteignirent leur niveau salarial de 1938 qu'au milieu des années 50; en même temps, la moyenne du temps de travail hebdomadaire dans 12 branches industrielles sur 24 était de plus de 50 heures. Deuxièmement, l'économie ouest-allemande a été stimulée par le "plan Marshall" et elle fut, lors du boom de la guerre de Corée, reconquérir, par une grande offensive d'exportations, ses anciennes positions sur le marché mondial.

avantages ont entrainé l'évolution favorable du capitalisme ouest-allemand jusqu'au milieu des années 60. Avant la crise de 1966/67 le

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R.FA capitalisme ouest-allemand n'avait nullement été forcé d'introduire la nouvelle technologie dans le processus de production (installations guidées automatiquement, automatisées ou semi-automatisées, énergie nucléaire, etc.). Au niveau économique cela signifiait deux choses: (1) à un moment où, en général, les taux de croissance internationaux baissaient, des tendances "contraires" se sont manifestées en RFA à cause du renouvellement technologiaue tardif, ce qui diminua la baisse des taux moyens de croissance. Des profits spéciaux ont pu être réalisés par la vague de grands investissements de rationalisation et des processus de concentration. Les branches économiques importantes pour les renouvellements technologiques ont, surtout, connu une forte croissance. De là, se dégageait un prétendu "effet structurel". Ainsi, les taux de croissance de l'industrie chimique, de l'industrie travaillant les minerais pétrolifères, dans la période 1953-71, ont été, respectivement, de 70% et de 133% au-dessus de la croissance industrielle générale. La croissance de l'industrie électronique était de 75% et celle de la construction de véhicules de 87% au-dessus de la croissance industrielle (pour la même période). Il est facile de concevoir que cette évolution a dû avoir une influence positive sérieuse sur la croissance économique générale. D'après ses propres estimations, l'économiste marxiste Elmar Altvater constate :"Cet effet de structure explique 14 à 16% de la croissance de la productivité (taux général de croissance = 100) entre 1950 et 1970". (2) d'après la théorie économique marxiste, l'introduction d'une technologie qualitativement plus élevée signifie cependant en même temps l'accroissement de la "composition organique du capital" (augmentation du "capital mort" -- machines, matières premières - - par rapport au "travail vivant"). Comme seul le travail vivant est créateur de valeur et de plus-value, ce processus signifie en même temps que la masse du profit réalisée par unité de capital diminue, le taux de profit baisse. L'accroissement de la "composition organique du capital" est donc le moteur principal de l'augmentation régulière de la productivité, mais, en même temps, le principal moteur de la chute tendancielle du taux de profit et donc de l'abaissement général du taux de croissance. Dans la période 1955-56, les investissements annuels atteignirent en moyenne 9. 596 millions de DM dans l'industrie. Dans la période 195762 ils se montaient déjà à 16. 155 millions de DM par ar. Si l'on prend l'année 1950 pour base 100, un indicateur de composition organique du capital ne traduit entre 1951 et 1956 qu'une augmentation de 19 unités, alors qu'entre 1957 et 1961 l'augmentation atteint 29 unités. Au cours de la période 1968-74 on constate une nouvelle augmentation de 24. 3 unités. Dans l'ensemble, le niveau atteint en 1974 est de

75% supérieur à celui de 1950. Le rapport annuel du Conseil des Sages au gouvernement de la RFA souligne cette situation : "La dégradation constante de la part revenant aux entrepreneurs et aux capitalistes s'explique par le fait que le facteur capital est devenu plus important par rapport au facteur force de travail"'. Si l'on considère la théorie bourgeoise des "trois facteurs de production" (Travail, Capital et Terre) dont la combinaison contribue à l'accroissement du revenu annuel la constatation faite par les "'sages"' de la RFA n'est qu'une ineptie. Par contre, si l'on part de la théorie marxiste de la valeur-travail ( à laquelle ces messieurs ne se sentent guère liés), selon laquelle seul le travail vivant crée une valeur ajoutée, et dans le cadre du mode de production capitaliste, une plus-value, on peut alors estimer juste quant au fond la citation précédente: la part croissante du travail mort par rapport au travail vivant s'est répercutée sur le taux de profit en le faisant diminuer. Le facteur que nous avons résumé sous le terme "réserves historiques" signifie que, dans l'ensemble, le capital de la RFA a connu le même développement que les autres grands capitalismes impérialistes, avec toutefois un décalage dans le temps. Les aspects positifs de ce processus se manifestent plus tardivement, précisément à la période dominée par la récession. Les éléments négatifs ( chute du taux de profit n'apparaissent, dans des proportions importantes, que dans les années 70. Il n'y a pas de raison de théoriser la spécificité du capital de la RFA par rapport aux développements qu'ont connu les autres grands pays impérialistes. Bien plus, les mêmes phénomènes qui, aujourd'hui se déroulent en Grande Bretagne et en Italie, se dérouleront demain en RFA. Assurément, le processus qui se déroule ces mois-ci a, certes, quelque retard, mais n'en est pas pour autant moins dangereux pour l'économie ouest-allemand. Les points forts de l'économie Les principaux points forts de l'économie ouest-allemande, en dehors des "réserves historiques" soulignées dans le dernier paragraphe sont : le boom de la branche sidérurgique et l'offensive générale d'exportation du Capital ouest-allemand particulièrement dans les années 1973/74. Comme nous le montrerons par la suite il s'agit également de rapports extrêmement douteux et dont la durée apparait d'emblée limitée. En ce qui concerne l'offensive d'exportation on peut parler du talon d'Achille, du point néralgique du Capital ouest-allemand. La situation de la branche sidérurgique pour l'essentiel sur des facteurs internationaux (ceci est en partie démontré par la dépendance de la sidérurgie ouest-allemande sur les exportations). Dans les années 60, 26% de la production de l'acier sont exportés, en 1974, 35%. Le

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boom de cette branche est un phénomène universel ; ce boom mondial est stimulé précisément par la crise qui entratne une grande vague d'innovations technologiques (investissements de rationalisation). La dégradation générale des conditions de la réalisation marchande de la plus-value a entratnée une poussée renforcée vers l'introduction et la généralisation des technologies les plus récentes, entratnant ainsi une augmentation de la composition organique du capital. Ceci signifie simultanément une croissance de la demande en biens d'investissement, soit, en dernière analyse, en acier brut. Conjoncturellement, on s'achemine vers un reflux sur le marché mondial de l'acier; en particulier depuis la récession de 1971/72 l'on constate que les investissements se font au ralenti, et que l'aug mentation des capacités des hauts fourneaux a été freinée chez la plupart des producteurs d'acier brut au niveau international. Ce phénomène a été particulièrement marqué chez le principal producteur mondial, les USA. A cela sont venus s'ajouter des interruptions de la production dans les principaux pays producteurs comme la GrandeBretagne et le Japon. Ce qui a provoqué un transfert de la demande vers la RFA. De surcroit, les acieries de RFA ont enregistré des commandes croissantes en provenance des pays producteurs de pétrole et des pays de l'Est. Un autre facteur conjoncturel qui permet d'expliquer le boom de l'acier réside dans la hausse des prix : depuis le début 1973 jusqu'en février 1974, les prix de l'acier brut se sont accrus de 23.7% et, depuis cette date, l'augmentation a été plus forte encore. Il est vraisemblable que ce facteur ne se manifestera qu'à très court terme, dans la mesure où il repose sur un gonflement des profits et non sur un développement réei. Cette situation dans la branche de l'acier a une forte incidence sur la conjoncture globale en Allemagne de l'Ouest. Cela permet de mettre en évidence la nature ambigue des points forts du apitalisme ouest-allemand. Depuis 1947 on constate une grande vague d'investissements nouveaux, à l'échelle internationale, dans les acieries, afin de répondre à une demande sans cesse croissante. La Commerzbank estime que les investissements nécessaires jusqu'en 1980 pour de nouvelles installations se monteront à plus de 600 milliards de DM. Le défaut de cette perspective globalement positive au niveau de la branche est que le développement indispensable des capacités de production se fait de manière totalement anarchique comme l'ensemble de la production capitaliste. Quand bien même on constate au niveau national un extraordinaire niveau de concentration de la production, il est clair qu'il n'existe aucune planification entre les divers producteurs d'acier concurrents. (En 1973, les USA ont produit 58.5 millions de tonnes, le Japon 47. 9 millions de tonnes, la RFA 23, 9 millions, la GrandeBretagne 11.2 millions de tonnes, la France 10.9 millions de tonnes et l'Italie 7.8 millions de tonnes d'acier brut). Il n'est pas absurde de soutenir que malgré une croissance globale probable des besoins en acier et une augmentation des capacités de production, un certain nombre ( ou la plupart) des grands producteurs d'acier vont entrer en crise à cause d'une surcapacité de production. Pour preuve la question posée par la Commerzbank : "La branche de l'acier va-t-elle basculer?" Les données disponibles actuellement montrent un renversement de la tendance. Un tel recul, au demeurant probable, représenterait un coup dur pour l'industrie d'exportation ouest-allemande (4).

De même, la situation des exportations, deuxième point fort actuel de l'économie de l'Allemagne occidentale, est ambigue. Une des principales causes du succès de l'offensive ouest-allemande dans les exportations est l'énorme spécialisation de certaines industries et branches industrielles pour l'exportation. Ceci signifie, cependant, d'un autre côté, que ces branches dépendent uniquement sur la réalisation de la plus grande partie de leur production sur les marché étrangers, et même, parfois, sur le marché d'un ou de quelques pays. Dans l'ensemble l'industrie ouest-allemande dépend pour un peu moins de 25% des expor-

Si l'on considère les différentes branches industrielles, on voit que l'industrie métallurgique depend pour près de 30% sur les exportations (part des ventes à l'étranger en pourcentage de la production totale); dans le cas de la branche des machines près de 40%; dans le cas de la branche des machines de construction 50%; des machines outils 62.6% et des machines textiles 91.8%. Dans l'industrie automobile le taux d'exportation est de 43.3%, dans le secteur des équipe nents de bureau et de l'industrie des computers, 53.1%, et pour l'ensemble du secteur de la construction navale Au chapitre des raisons expliquant le succès de l'offensive exportatrice ouest-allemande, il faut souligner les points suivants: (1) Au contraire des Etats-Unis,, l'Allemagne de l'Ouest dispose d'un marché intérieur extrêmement limité et elle n'a pas non plus d'"arrière-cour économique" comme c'est le cas du Japon avec l'Asie du Sud-Est et de la GrandeBretagne, avec l'Irlande et le Commonwealth. L'économie ouest-allemande n'en avait pas moins connu un grand développement de ses capacités et de sa productivité dans les années 60. Afin d'être en mesure de transformer en argent comptant les conditions immédiates favorables de réalisation de l'économie, le capital ouest-allemand s'est vu dans la nécessité absolue de s'assurer un taux d'exportation élevé et allant en s'accroissant. Ce sont les facteurs suivants qui ont assuré le succès de cette contrainte interne à l'exportation.

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R.EA 2) D'abord le niveau de spécialisation extrêmement élevé dont il a été question plus haut. Cette spécialisation est là pour compenser les désavantages naturels que rencontre un capital en écoulant des marchandises sur des marchés étrangers. Il y a lieu de citer ici l'exemple de Volkswagen dont des unités de production entières travaillent exclusivement pour l'exportation et qui s'est offert sa propre flotte pour le transport des voitures en direction des Etats-Unis. (3) La possibilité de respecter ( jusqu'ici du moins) les délais Je livraison pour les contrats avec l'étranger. Cette "fiabilité"', le capital ouest-allemand la doit au nombre peu élevé d'heures de production perdues du fait de conflits du travail. (4) Le taux d'inflation ouest-allemand, de loin inférieur à la moyenne internationale, est venu compenser les réévaluations quelquefois très importantes qu'a connues le mark allemand lesquelles entrataient pour conséquences le renchérissement des marchandises ouest-allemandes sur les marchés étrangers et donc une baisse de compétitivité. C'est ainsi que, alors que les prix du marché mondial ( denrées alimentaires et matières premières industrielles) ont augmenté cumulativement de 85% dans la période 1963-73 et de 35% jusqu'en 1972 - - si l'on met entre parenthèses la hausse de l'énergie et des matières premières intervenue à partir de 1973 --, les prix des produits manufacturés ouest-allemands, en revanche, ont subi une hausse cumulée de 24.3% seulement entre 1963 et 1973 et d'à peine 20% si l'on arrête le calcul Qu'en est-il maintenant de la structure des exportations ouest-allemandes et de l'évolution de cette structure ? Nous avons déjà mentionné quelques chiffres à ce propos : quelques 50% des exportations de la RFA sont écoulés dans les pays de la Communauté Européenne; 15% supplémentaires dans ceux de l'AELE et 8.5% aux Etats-Unis. Les "pays à monopole commercial d'Etat" (les Etats ouvriers bureaucratisés), URSS, Pologne et Tchécoslovaquie surtout, absorbent en tout 6. 4% des exportations de la RFA ( 5). Quant au commerce avec les "pays en voie de développement", il représente environ 17%. Nous avons indiqué, au second chapitre de cet article, quels ont été l'évolution structurelle et les déplacements des centres de gravité jusqu'en 1973 : taux de croissance relativement élevé des exportations vers la CEE et peu élevé pour les exportations vers les EtatsUnis. Au vu des tous derniers chiffres, on constate d'intéressantes modifications dans la structure des exportations : - Les exportations en direction de la CEE, qui représentent, rappelons-le, la plus grosse part, croissent de façon continue jusqu'à la moitié de 1974; le troisième trimestre de 1974 montre toutefois , ne stagnation.

- Les exportations en direction des Etats-Unis, qui viennent au troisième rang, baissent de manière continue depuis le premier trimestre de 1974 et se situent au troisième trimestre à seulement 6.5%. Une tendance à l'accroissement se manifeste uniquement dans : - Les exportations en direction de l'AELE (deuxième partenaire en importance). De 8.48 milliards de DM au premier trimestre 1974, ces exportations passent à 9.01 milliards au troisième, ce qui donne une part relative de 15.2%. - Les exportations en direction des pays semi-coloniaux _ ("'pays en voie de développement"). Cette part des exportations qui, depuis 1969 avait à peu près la même importance que celle à destination de l'AELE, augmente plus fortement depuis la fin de 1973 et prend, en 1974, une bien plus grande importance que la part des exportations en direction de l'AELE. Elles pas -sent en tout de 9. 94 milliards au premier trimestre à 11.38 milliards au troisième trimestre, ce qui leur fait atteindre 19.24% de l'ensemble des exportations de la RFA. - Les exportations à destination des "pays à monopole commercial d'Etat" (Etats ouvriers bureaucratisés). Les taux de croissance sont élevés pour 1973 et 1974 : 25% pour chacune de ces deux années. Structurellement, ces modifications sont toutefois bien loin d'atteindre cette ampleur, ainsi que l'on pouvait s'y attendre en 1969, la part des exportations à destination de ces pays s'élevait à 5.1% ; en 1974 elle atteindra, en tout, moins de 6.5%. Vu la récession économique mondiale, il est difficile de généraliser à partir de l'évolution actuelle dans le secteur des exportations. Celles-ci ont toutefois une telle importance pour l'économie de la RFA que nous allons tenter, prudemment, une interprétation: (1) Les exportations en direction des Etats impérialistes (Japon excepté) stagnent ou baissent, comme c'est le cas avec les Etats-Unis. Cela veut dire que du fait des crises accrues qu'elles connaissent sur le plan national, les économies de ces pays font tout pour conserver leurs débouchés intérieurs et pour maintenir les concurrents étrangers le plus à distance possible. (2) Les exportations croissent à destination des pays européens plus faibles (AELE). Ici, la pression du capital de la RFA en direction de l'offensive exportatrice est déterminante et les mesures de rétorsion ne sont que peu susceptibles de gêner le capital ouest-allemand. (3) Les exportations en direction des pays semi-coloniaux ("'pays en voie de développement'') croissent plus que de proportion. Le déplacement structurel qui y est lié parait da, pour l'essentiel, à l'augmentation des importations de matières premières et de pétrole.

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1e chaîne de montage de Volkswagen (4) Les exportations en direction des "pays à monopole commercial d'Etat"', qui croissent également plus que de proportion, correspondent à l'extension des relations commerciales entreprises délibérément par les bureaucraties des Etats du Comecon. La croissance de ce comerce avec l'Est n'en est pas moins limitée. Les Etats ouvriers ne peuvent consentir à semblable extension des échanges que jusqu'à un pourcentage déterminé. Dans cette mesure, la croissance doit être comprise comme "rattrapage" d'une possibilité d'extension virtuellement déjà existante. Cela étant, nous ne négligeons pas lés effets positifs de ce commerce ("'marché" assuré à long terme, pas de fluctuations industrielEnergie et matières premières Comme dans la plupart des pays impérialistes, la raréfaction et le renchérissement de l'énergie, ainsi que la rapide augmentation des prix des matières premières entre fin 1973 et juillet 1974, ont eu des effets négatifs sur le capital ouest-allemand. Il est parfaitement erronné de nier ces répercussions négatives, ainsi que le font actuellement quelques mouvements de gauche, et de ne voir là qu'un "grand coup" des multinationales ( ce qui ne veut pas dire que la "crise du pétrole" n'a pas eu une fonction idéologique importante et précisément dans le cas de la RFA. Fin 1973, début 1974, le gouvernement fédéral a réussi ainsi à créer une véritable hantise de la crise et un climat de racisme latent.). Pour les quatre premiers mois de 1974, la RFA s'est vue dans l'obligation de dépenser 7 milliards de DM pour ses importations de pétrole brut, contre 2. 7 milliards pour la même période de 1973, et cela en dépit d'une baisse de 11% des quantités importées. En avril 1974, les prix des matières premières importées se situaient en moyenne à 27% au-dessus des prix d'avril 1973, et ils n'ont connu depuis lors que de faibles diminutions. Cet état de choses a eu pour conséquence que, sur l'ensemble des importations, la part des matières premières est passée de 12.3% en 1972 à 19.6% au premier trimestre de 1974, la part des importations de pétrole passant, dans le même temps de j.8 Il est évident que cette évolution modifie la composition en valeur du capital et qu'elle a en conséquence, un effet négatif sur le taux de profit national. A l'inverse de l'accroissement normal de la "composition organique" du capital, qui débouche sur un accroissement de la productivité, ce processus est ici absent. Cela veut dire que la "production d'une plus-value relative" (baisse de prix relative des biens de consommation nécessaires à l'entretien de la classe ouvrière), corollaire de la loi de la baisse tendancielle des taux de profit dans le cas d'une augmentation de la productivité et des tendances qu'elle entraine, est ici absente. Les augmentations de prix du pétrole et des matières premières ne reflètent aucun accroissement de la productivité (elles peuvent tout au plus inciter à une nouvelle vague d'investissements de rationalisation) et leur effet négatif se répercute pleinement sur l'économie capitaliste. (Nous avons déjà attiré l'attention sur le rôle important joué par les "pétro-dollars" dans ce contexte du rechérissement et de la réréfaction de l'énergie). L'évolution dans le secteur de l'énergie s'est d'ores et déjà traduite par des essais de réorientation de la politique énergétique. Recherches accrues dans le secteur de l'énergie nucléaire et mise en service d'un nombre accru de centrales nucléaires, c'est là ce qui se dessine. La part de l'énergie nucléaire dans la production de courant électrique en RFA est encore extrêmement modeste, puisqu'elle s'élève tout juste à 5%; le courant d'origine nucléairen'est même entré jusqu'ici que pour 1.1% dans la consommation d'énergie dite primaire. Actuellement 1l centrales nucléaires, produisant en tout 2315 MW sont en service en RFA et 21 autres centrales sont prévues, certaines en construction, d'autres commandées. La RFA vient ainsi loin en arrière des Etats-Unis et de la GrandeBretagne (14 centrales, 5 381 MW), mais aussi après la France (9 centrales, 2 631 MW). Selon les plans du gouvernement fédéral la production d'énergie nucléaire devrait être développée d'ici à 1985 de manière à ce que soient couverts 15 à 20% des besoins en énergie primaire et que puissent être produits 40 à 50% de l'électricité nécessaire. Les débats sur les "agents énergétiques de l'avenir' n'ont toutefois pas encore vu s'imposer une orientation purement nucléaire. Des protestations massives, matérialisées par des "'initiatives de citoyens" des régions concernées, les mises en garde d'un certain nombre de

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R.FA scientifiques, mais aussi certains "incidents" et accidents dans des centrales en service, freinent cette orientation. C'est pourquoi le gouvernement fédéral défend l'idée d'un approvisionnement énergétique le plus diversifié possible, d'où il ne ressort clairement qu'une chose : la part de la production d'énergie basée sur le pétrole doit être réduite. Il y a interdiction de construire des centrales travaillant uniquement sur le pétrole, seules sont autorisées les centrales "bivalentes"'. Autres agents énergétiques: la houille, qui assure 35% de la production d'électricité, la lignite (20% de l'énergie primaire) et le gaz naturel (10% environ de la production d'énergie primaire). Le gaz naturel est celui des agents énergétiques qui manifeste le plus fort taux de croissance. En 1960, la production d'énergie à partir du gaz naturel faisait 0.4%; depuis 1970, la part correspondante a une fois de plus doublé. Il est à remarquer à ce propos que dans le cas du gaz naturel, la RFA est fortement et de plus en plus dépendante de ses importations : en 1973, ce sont déjà près de 45% des quantités utilisées que l'on aduesimporter, contre 2% en 1965 et 33% environ en 1971 . Les conclusions à tirer de la restructuration dans le secteur de l'énergie sont les suivantes. Outre les sommes accrues à consacrer aux importations de pétrole qui restent indispensables, de gigantesques investissements devront être faits dans le secteur de l'énergie, pour réaliser une transformation effective des structures. Et il ne faut pas compter, à court et à moyen terme, sur une diminution de prix de l'énergie, qui représente un facteur important de la production des pays capitalistes hautement développés. Ainsi, dans le cas du gaz naturel, des investissements importants sont nécessaires, surtout pour les systèmes de transport ( pipe-lines; transport par voie d'eau). Dans le secteur du charbon, il faut également investir de manière accrue -- jusqu'en 1977, le programme du gouvernement fédérai prévoit des dépenses d'un montant de 1. 5 milliards de DM, alors que ce même gouvernement avait réclamé avant la crise de l'énergie une diminution de la production de charbon et que, depuis deux décennies, les charbonnages de la Ruhr connaissent une crise structurelle. Nous avons là un bon exemple de la production anarchique... Mais les projets les plus coûteux sont ceux de l'énergie nucléaire. Si le programme actuel du gouvernement fédéral jusqu'en 1985 devait être réalisé, la seule construction des centrales nucléaires planifiées jusqu'à cette date au prix actuel nécessiterait une dépense globale de 70 milliards de DM. Nous ne pensons pas que le capital ouest-allemand aura l'occasion de réaliser ces plans à long terme. Mais, même si cela est possible, il est évident que, vu la détérioration générale des conditions de réalisation du capital, ces sommes gigantesques représenteraient une charge supplémentaire énorme pour l'économie capitaliste. Et nous n'avons pas encore calculé, dans le processus d'une telle restructuration, les dépenses annexes (environnement, recherche, développement). Le marché intérieur Nous avons constaté plus haut que le marché intérieur ouest-allemand se trouve aujourd'hui en régression et que cette situation est la première cause de la récession actuelle. Quelles sont les causes de cette régression ? Il s'agit, grosso modo, d'un conflit classique de la production capitaliste. D'une part, les profits ont diminué sous les coups des dépenses diverses, entre autres les salaires, et les patrons cherchent alors à combattre cette pression qui s'exerce directement sur les conditions de réalisation du capital : ils font pression sur les salaires, ils licencient ( un million de chômeurs), ils bloquent l'immigration de travailleurs étrangers, etc. D'autre part, le marché intérieur se rétrécit précisément à cause des contre-mesures prises par les capitalistes. Du point de vue de la production bourgeoise, les différents intéressés argumentent de manière différente selon leur position, soulignant les uns tel aspect, les autres tel autre, de la contradiction. Ainsi, le dirigeant de l'IG Metall (syndicat de la métallurgie ouest-allemand), Eugen Loderer, remplit presque chaque colonne de son journal, Metall, avec des articles réclamant "l'augmentation du pouvoir d'achat des masses" et qui soulignent que les patrons négligent toute une série de théories economiques démontrant que la vitalité du capitalisme dépend avant tout du revenu salarial. Oui et non, "collègue" Loderer... On peut dire oui, si l'on considère les chiffres concrets du revenu salarial: la croissance des revenus des "salariés dépendants"' en RFA a été, dans la période 1970-74, seulement de 0.3% (tandis que dans la période 1965-70 elle fut de 2.3%). Le revenu réel des salariés a diminué en 1973 de 1.3% et, au premier trimestre de 1974, de 4.2%. Un tel recul n'était plus réapparu en Allemagne depuis la crise de 1967, année où l'on enregistra une diminution de 2.5%. Depuis lors, on a assisté à une croissance continue relativement élevée (1969 : + 7.2%, 1970 : + 8.2%). Mais il faut dire non au "collègue" Loderer si l'on observe le développement des conditions de réalisation du capital. Nous avons déjà cité plus haut un important facteur négatif: l'accroissement de la composition organique du capital et nous avons avancé des chiffres qui illustraient cette tendance. Le moyen de combattre la pression qui s'exerce sur le taux de profit est l'augmentation du taux de plus-value. Si l'on

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calcule le rapport direct du "revenu de l'activité des patrons et de la fortune" au "revenu du travail non indépendant", on constate depuis 1960 une tendance descendante. Cependant, comme il n'est pas possible de constater avec ces chiffres une production de plus-value relative à cause de l'inflation, il ne faut pas accorder trop de valeurs à ces indications (6). La'part des salaires et des traitements par rapport au chiffre d'affaires" a augmenté depuis 1969 de façon continue, en 1973 on assiste à un tassement et à une baisse en 1974 jusqu'au niveau de 1970. On ne saurait analyser la conjoncture sur le marché intérieur de la RFA sans considérer un facteur particulier : la politique de très forte restrictions des crédits, l'augmentation du taux d'intérêt et l'augmentation relativement modeste du budget de l'Etat. Par cette politique, qui n'a pas l'heur de plaire à de nombreux capitalistes et dont les syndicats s'irritent, l'Etat bourgeois tente de combattre l'accroissement du taux d'inflation sensible jusqu'en 1972. Et il faut reconnaitre qu'il a eu un certain succès. Le taux d'inflation a reculé jusqu'à 6%. En 1974, il oscille entre 6 1/2 % et 7 1/2% et l'on peut s'attendre à le voir remonter en 1975 à plus de 8%, à cause de la relance de la politique de crédits. Aujourd'hui, le capital ouest-allemand peut se payer le luxe d'une politique restrictive, mais il ne pourra certainement pas le faire longtemps. Quelle sera l'ampleur de cette relance économique, un ou deux milliards de marks ? C'est la question que l'on se pose aujourd'hui. Les concurrents européens exercent eux aussi une pression sur le gouvernement de la République Fédérale. Il est évident qu'à l'étranger, la baisse relative des prix des produits exportés ne suscitent aucun enthousiasme. Cependant les Etats européens fortement touchés attendent de la "forte" République Fédérale que ses "injections conjoncturelles" n'agissent pas seulement sur la conjoncture de l'Allemagne mais aussi sur celle du Marché Commun. Le Spiegel a fait une révélation susceptible d'étonner les économistes bourgeois : "Les capitalistes ouest-allemands essayent de relever (...) le taux de profit à un niveau qu'ils jugent normal. Ils contribuent sans doute (!) par cette politique des prix à accentuer l'inflation. Mais ils ne sont pas parvenus à freiner la chute tendancielle du taux de profit, cette loi découverte par Karl Marx (et qu'aujourd'hui les marxistes sont les seuls à ne plus vouloir reconnaitre)". Inutile de gloser longuement sur le type de "marxistes" auxquels le Spiegel fait allusion, sans doute Helmut Schmidt... Il ne faut retenir de cette déclaration que son aspect essentiel qui résume le deuxième côté de la contradiction classique mentionnée plus haut : la baisse du profit réalisé à partir d'un capital donné. Le Spiegel cite des chiffres : "'La Daimler Benz S. A. gagnait en 1964 49. 9 pfennig sur chaque mark investi (1 mark = 100 pfennig -- INPRECOR); l'année dernière le taux de profit était tombé à environ 30% (...). Dans la fabrique de müchines Augsbourg Nuremberg, la rentabilité a décliné de façon presque continue, de 20% en 1963/64 à 8.2% en 1972/73; pour le géant du commerce de détail Kaufhof, elle est passée de 29.8 % à 12.5%, pour le trust de construction Ph. Holzmann de 53. 5% à 23. 6%. Si l'on déduits les profits apparents dus à l'inflation (profits engendrés par des défalcations qui ne couvrent pas les frais de reproduction) et les profits apparents engendrés par les défalcations fiscales plus élevées que la dévaluation effective, les capitalistes ouest-allemands ont encaissé sur chaque billet de cent marks placé dans des fabriques, des ateliers et des computers, un profit réel de 15 DM en 1972, alors qu'il était encore de 25 en 1960, " C'est ainsi que se referme la boucle de la contradiction classique. La solution préconisée par l'économie bourgeoise est elle aussi classique. L'année 1974 et le début de 1975 sont la période où agissent les "forces purifiantes" de la crise, où le capital se dévalue (depuis le début de l'année 1974 on a enregistré 5 529 faillites), où les prix de production industrielle sont freinés, où l'on fait massivement pression sur les salaires et où l'on jette des masses d'ouvriers à la rue, enfin, où l'on entreprend simultanément une série d'investissements de rationalisation. Y-a-t-il une issue à la crise? Le gouvernement ouest-allemand essaie dans la situation actuelle , avant tout de dominer la crise. Une série de mesures illustrent cette "politique de crise" : conférences avec des spécialistes ( plus exactement avec des gens qui se font passer pour tels), discussions au niveau national avec les Länder sur le programme de relance conjoncturelle, consultations au niveau international comme les visites de Schmidt à Washington et à Moscou, et, enfin, le récent sommet du Marché Commun le 10 décembre 1974 à Paris. Mais on n'aborde pas de solutions sérieuses pour sortir de l'impasse générale (et non seulement actuelle) des conditions de réalisation du capital. Même à ce niveau il n'y a pas de ligne claire; le camp gouvernemental est divisé par des divergences d'opinion. Le ministre de l'économie Friedrich, membre du Parti Libéral (FPD) et partenaire junior de la coalition, attend infiniment moins des "injections"' que son collègue socialiste, le ministre des Finances Apel. Friedrich met davantage d'espoirs dans les "forces autorégulatrices de l'économie" que dans une injection de masse monétaire dans les secteurs industriels. C'est pourquoi il plaide la cause d'une relance minimale. En revanche, Apel, pressé par les défai-

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R.EA tes électorales de la social-démocratie et en prévision des élections dans le plus important des Länder allemands, le Nord-Rhein-Westfalen (la région de la Ruhr), vise des succès dans le domaine de l'emploi et préconise une forte aide de la caisse de l'Etat. Il sait bien que, si le chômage continue de croftre jusqu'auc élections de Mai 1975, ce la signifiera une nouvelle défaite électorale, la perte du gouvernement du Nord-Rhein-Westfalen au profit de la CDU et la remise en cause du gouvernement de coalition à Bonn. Au niveau des "'issues" à la situation de récession économique, les perspectives ne sont pas brillantes. Trois arguments essentiels sont avancés par divers milieux : (1) intervention accrue de l'Etat; (2) offensive dans le secteur de l'exportation; (3) augmentation des investissements à l'étranger. Les trois points convergent dans une même direction : déplacer ies facteurs de crise en dehors de la sphère des conditions directes de réalisation du capital. Ils ne représentent en fait aucune solution : soit ils ne sont pas réalisables, soit ils conduisent purement et simplement à un déplacement de la crise à d'autres niveaux. Une intervention accrue des pouvoirs publics ne peut nullement avoir la fonction de freiner la crise; elle ne peut que niveller les cycles économiques, c'est-à-dire freiner en période de haute conjoncture et accélérer à la fin de la crise. Et, lorsqu'il s'agit de mesures qui comprennent des investissements et des subventions publiques directes, on se pose aussitôt la question de savoir d'où vient l'argent . Si, par contre, il ne s'agit que de monnaie scripturale, la mesure aura pour effet dans la situation actuelle d'accentuer l'inflation. S'il s'agit d'argent représentant des valeurs réelles, on aura tout simplement une nouvelle répartition de la masse monétaire. Si on libère les crédits, comme le réclament beaucoup de branches affaiblies par la crise, cela aura également des conséquences négatives : les entreprises privées, les patrons, les communes, les Länder et l'Etat central essaieront alors par une forte demande de crédits de couvrir les dépenses qu'ils ne peuvent pas assumer par leurs revenus habituels, vu les difficultés économiques. Cette véritable fonction des mesures interventionnistes de l'Etat est la cause profonde des e divergences d'opinion qui surgissent dans les milieux capitalistes autour de la question :quelle politique économique le gouvernement doit-il

La plupart des spécialistes bourgeois qui ne doivent pas défendre les intérêts d'un capitaliste précis, ou d'une branche déterminée, craignent avant tout les effets négatifs qu'auraient de telles mesures. Et ils ne sont pas sûrs du tout de l'efficacité des "forces purifiantes" de la crise et ne savent pas si une "injection"' va réellement avoir de l'effet. Pour eux la catastrophe serait de voir, malgré une injection de plusieurs milliards de DM, ces milliards engloutis et l'économie ne repartir que lentement, alors que l'inflation serait fortement réactivée. Le Conseil des Sages a effectivement défendu une position "sage" lorsqu'il a mentionné ces dangers et recommandé un maintien de la politique restrictive dans les mois à

DES LENDEMAINS

POUR LES CAPITAL

venir. Evidemment, le gouvernement fédéral ne pourra pas s'en tenir strictement à ces indications pour des raisons de politique intérieure et extérieure. Aujourd'hui une offensive sur les marchés d'exportation n'est pratiquement plus possible. Les chiffres les plus récents de novembre 1974 montrent un tournant et annoncent la fin de la croissance effrénée des exportations. Nous avons déjà analysé quelle était la structure de cet essor et à quelles modifications elle a conduit. D'une manière globale, il est très improbable que le capital de la RFA puisse obtenir de grands avantages d'exportation dans l'un des trois secteurs importants. sence de marchés intérieurs dans les "pays en voie de développement" formeront une limite. La crise économique généralisée et les mesures prises par chaque pays s'opposeront au sein des Etats impérialistes à l'offensive de l'Allemagne en matière d'exportations (nous en avons déjà mentionné les premiers effets). Le monopole du commerce extérieur et certains intérêts particuliers des bureaucraties du Comecon

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freineront eux aussi le développement des exportations allemandes. Le déplacement accru du capital ouest-allemand à l'étranger est l'une des "solutions de rechan-

1OROSES

TES ALLEMANDS

ge" préconisées par une grande partie du patronat. Par ce moyen, il pense supprimer les difficultés auxquelles la RFA est confrontée dans son commerce extérieur. Ce sont surtout les grandes banques comme la Commerzbank qui réclament une telle politique. En réalité, le slogan du "développement de la production à l'étranger" ne sert qu'à faire bien dans le paysage et signifie seulement se mentir à soi-même. Car, premièrement, il est maintenant trop tard pour lancer un tel processus à grande échelle : la situation dans les pays à bas salaires (structure, marché intérieur, insécurité politique, etc.) n'est absolument pas idéale pour de tels investissements de capitaux. L'exemple de Rollei/ Voigtländer est assez significatif : bien que ce trust d'appareils optiques ait ouvert il y a quelques années un secteur de production à Singapour en alléguant le fait qu'on pourrait y produire meilleur marché, que l'entreprise y serait plus concurrentielle et que, finalement, cela assurerait des emplois en RFA, on voit aujourd'hui cette entreprise licencier massivement ses ouvriers tant à Braunschwig qu'à Singapour. Elle n'était manifestement pas de taille à résister à la concurrence internationale. Deuxièmement, le capital ouest-allemand est actuellement à peine capable d'avancer les capitaux nécessaires pour de tels investissements. Le meilleur exemple est celui de Volkswagen qui caresse depuis de nombreuses années l'espoir de construire aux Etats-Unis des chafnes de production. Ce plan n'a pas pu être réalisé jusqu'à aujourd'hui. Troisièmement, l'accroissement du développement de la production à l'étranger conduirait immanquablement à l'apparition de surcapacités sur le marché intérieur et à la perte d'emIl n'est pas besoin d'en dire davantage sur les prétendues solutions que préconise le capital ouest-allemand pour échapper à la généralisation des tendances de crise économique. Ce ne sont pas des issues mais des culs-de-sac, des détours, des voies de contournement. Et l'on aboutit partout au même résultat : le capital ouest-allemand est entré dans une phase qui va voir disparattre tous les facteurs particuliers qui ont joué si longtemps un rôle positif. La crise actuelle est l'expression de ce processus. Le capital ouest-allemand et sa crise sont affectés des mêmes maux de la production capitaliste que l'ensemble du monde impérialiste : baisse du taux de profit, inflation, chômage, crise structurelle, pollution, etc. Malgré toutes les louanges du chancelier Scmidt et de certains représentants du capital international qui exaltent , pour diverses raisons, la "'force" du capital de la RFA, l'Allemagne de l'Ouest n'est pas si différente des Etats partenaires et voisins, et elle va de plus en plus leur ressembler. (1) Sources : Jahrssgutachten der Bundesregierung

1964, page 7, et Monatsberichte der Deutschen

Bundesbank, N° N°11/74. (2) Données sur les exportations dans : Monatsberichte, N° 7/74; certaines données sur les investissements directs sont issues de :

Aussenhandelsblatter de la Commerzbank,

(6/74), (3) Montasberichte, 11/74, N° 6-8. (4) Source des données sur le production sidérurgique : Wirtschaftsnotizen, Commerzhank,

Europartners, 7/8, 1974 (5) Avec un soupçon de nostalgie pour le "grand

Reich allemand", la statistique ouest-allemande ne répertorie pas le commerce avec la RDA sous la rubrique "pays à monopole commercial d'Etat", mais sous celle de

"commerce inter-allemand"'. (6) Calculs selon Monatsberichte 9/74, p. 64.

Les chiffres donnent pour 1960 un rapport de 65.1, 1965: 53.5, 1970: 49.3, 1971: 46.4,

1972 : 45.7 et 1973 : 43.9.0

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