Une bonne partie des remarques du camarade Jaber au sujet de l'article "Le tournant de l'OLP' semblent se baser sur des divergences largement sémantiques. Pour répondre à ces commentaires, il serait peut-être utile de clarifier les points d'accord entre les deux analyses. Tout d'abord, je ne suggère absolument pas dans mon article que la direction de l'OLP n'a pas fait de tournant en acceptant l'établissement d'un Etat-croupion pales tinien sur la rive occidentale du Jourdain. En fait, j'ai clairement caractérisé (à plusieurs reprises) la politique actuelle de la direction de l'OLP comme une trahison, ce qui certainement implique un tournant. Deuxièmement, nous som -mes tous les deux d'accord sur le fait que l'essence pratique de ce tournant ( et de la trahison) est l'abandon par l'OLP de la lutte pour la destruction de l'Etat sioniste. Troisièmement, le camarade Jaber exagère quand il suggère que je "laisse sous silence tout l'aspect national dominant de la lutte palestinienne". En fait, un des points centraux de l'article était justement l'explication de la trahison actuelle de l'OLP comme "la trahison inévitable par une direction bourgeoise de la lutte pour la libération nationale à l'époque impérialiste". Quatrièmement, nous sommes d'accord sur le fait que le projet de l'établissement d'un mini-Etat palestinien est "en contradiction totale avec la lutte de libération nationale du peuple palestinien"'. Nous sommes donc d'accord sur le fait que la direction de l'OLP a fait un tournant; que le tournant représente une trahison de la lutte nationale du peuple palestinien; que le mini-Etat palestinien " implique la fin de la lutte armée palestinienne, aspect fondamental de cette lutte de libération", et que c'est le devoir des révolutionnaires dans le monde arabe non seulement de dénoncer ce tournant, mais aussi d'y opposer un programme marxiste-révolutionnaire capable de mobilignifie fondamentalement la destruction de l'Etat sioniste. Mais la destruction de l'Etat sioniste soulève immédiatement la question de savoir qu'est-ce qui va remplacer cet Etat après sa destruction. La réponse apportée détermine largement non seulement le type de documents qui seront écrits (que ce soit pour la consommation interne ou externe), mais également la façon dont la lutte sera menée ( pour paraphraser le camarade Jaber, nous voyons ici, une fois de plus, l'unité dialectique entre la forme et le contenu). Une des principales différences existant entre la résistance d'après 1967 et l'OLP précédente réside précisément dans le fait que la "nouvelle" résistance était sérieuse au sujet de sa lutte. Elle le prouva en mobilisant effectivement les masses à un niveau significatif -- ce que la vieille OLP ne fit jamais. (Nier cela reviendrait à nier le fait que la direction de la résistance ait jamais été en faveur de la libération de la Palestine, ce qui reviendrait à nier qu'il y ait eu un tournant). Le fait que la résistance était sérieuse au sujet de sa lutte pour détruire l'Etat sioniste impliquait qu'elle présente le type de société qui allait remplacer la structure sioniste détruite. La réponse apportée à cette question était celle de l' "Etat démocratique et lalc" qui, je le maintiens était, et demeure, une réalité, dans la mesure précisément où cela était et est encore la réponse apportée par la direction de la résistance à la question : quel type de société entend-elle diriger après la destruction de l'Etat d'Israel ? (Il faut noter, en passant, que, en soi, la formule "Etat démocratique et lalc" ne dit absolument rien sur le nombre de juifs qui, théoriquement, seront autorisés à rester dans la Palestine libérée). L' "Etat démocratique et lalc" ne fut jamais -et n'aurait jamais pu être - - un slogan capable de mobiliser le peuple palestinien. A ce sujet le camarade Jaber a absolument raison : rien
dans mon article ne suggère le contraire. Mais cela peut être -- et est -- une expression de la conscience politique de la direction de la résistance, expression qui est à son tour l'expression des origines et des aspirations de classe de cette direction. En terme de conscience, la formule "Palestine démocratique et lalque" est un résumé de la conception palestino-centriste : elle implique directement à la fois l'isolement de la lutte palestinienne du reste de la lutte arabe et la limitation de la lutte palestinienne à des tâches démocratiques bourgeoises. Etant donné les changements dans la situation objective dans le monde arabe (qui sont très bien décrits dans l'article de Al-Mounadel), une direction qui considère la lutte contre l'Etat sioniste seulement comme une lutte pour la libération, s'exprimant sous la forme démocratique et lalque, et laisse complètement de côté la nécessité de transformer les rapports sociaux dans toute la région, ne pouvait faire autrement que de s'insérer dans le processus visant à obtenir une "solution pacifique" C'est en cela que repose la continuité programmatique.
pa
dégé
et p
Il ne me semble pas suffisant de dénoncer le tournant de la résistance ou même de décrire les mécanismes par lesquels ce tournant s'est opéré , aussi nécessaire que cela puisse être. Il est également nécessaire de démontrer que le programme de la résistance était erroné et que le comportement de la direction de la résistance est une expression du caractère erroné de ce programme. Ceprogramme n'était pas complètement résumé dans le slogan ou le but de libération de la Palestine, car la libération de la Palestine présuppose la destruction de l'Etat sioniste et donc le remplacement de l'Etat sioniste par autre chose. En dernière analyse, c'est en cela que le marxisme-révolutionnaire diffère du nationalisme bourgeois et petit- bourgeois de la direction de la résistance. Finalement, toutes les autres différences -- sur le palestino-centrisme, le maximalisme, l'acceptation des subsides des Etats arabes, etc. - - découlent de cette différence fondamentale.
résistance
estinienne:
nérescence
erspectives