La publication en Union Soviétique - - entre décembre 1974 et fin janvier 1975 - - des résultats économiques obtenus en 1974 et du plan pour 1975 est passée quasiment inaperçue cette année. La santé politico-physiologique de Brejnev qui, justement dans cette période, est apparue particulièrement fragile et menacée, a concentré toute l'attention des kremlinologues et, derrière eux, de l'opinion publique mondiale et soviétique. Du reste, les observateurs bourgeois n'avaient pas intérêt à mettre en lumière le fait que, face à une crise généralisée de l'économie capitaliste mondiale, l'économie soviétique se développe suivant un taux de 5%, et que le taux de développement industriel est de 8%. Ces chiffres qui, dans les années du long boom capitaliste d'après-guerre provoquaint des baillements d'ennui et d'indifférence, ont de nouveau pris une saveur légèrement provocatrice et désagréable pour les bourgeois affligés par la crise. Pour leur part, les communistes pro-soviétiques préferent également ne pas approfondir l'analyse de l'écoconomie soviétique qui, sous une fragile couche d'apparente prospérité, cache des plaies purulentes encore plus difficiles à soigner. Les résultats de l'année 1974 L'analyse des résultats économiques de l'année 1974 peut nous révéler beaucoup de choses sur le fonctionnement de l'Union Soviétique à condition, naturellement, que cette analyse soit menée à partir de critères méthodologiquement corrects. Nous pensons qu'un premier critère pourrait être celui de la comparaison des données dont on dispose avec, surtout, ce que les planificateurs soviétiques (avec la bénédiction du groupe dirigeant actuel) avaient prévu il y a quatre ans, au moment de l'élaboration de l'actuel plan quinquennal qui, pour la première fois depuis les années 20, ne prévoyait pas seulement des objectifs finaux globaux, mais également leur quantification année par année.
en 1974
ETTORE SALVINI S'il est vrai que, en URSS, le plan est la loi, mais surtout la base de l'ordre économique, il semble clair que les problèmes et les contradictions économiques soviétiques peuvent être mis en lumière par une telle comparaison. Evidemment, avant cela, il serait nécessaire de voir également comment et dans l'intérêt de qui le plan a été élaboré. Mais ce n'est pas le but de cet article ( nous pourrons éventuellement y revenir au moment de l'adoption du prochain plan quinquennal, d'ici un an). La confrontation entre le plan et sa réalisation est significative et peut se montrer un révélateur suffisamment efficace. Nous faisons cette comparaison sur la base des données du plan quinquennal et non des données du plan annuel de prévision, car ces dernières ne sont pas assez détaillées pour permettre des conclusions significatives et, parce que, de façon générale, les processus socio-économiques - - qui sont ceux qui nous intéressent - - ne sont dévoilés que si la période de temps considérée est suffisamment grande. Par désir de précision soulignons que, d'après les données soviétiques officielles disponibles (par ministère et donc, plus ou moins, par secteur industriel), le plan annuel de 1974 a été partout atteint et dépassé, mais que cela n'est pas très significatif dans la mesure où cela arrive régulièrement, même dans les années les pires. On peut tirer les conclusions suivantes des tableaux que nous avons tracés (voir tableaux 1 et 2) : (1) Il y a un retard général et diffus - - plus ou moins important selon les secteurs - - par rapport aux objectifs du plan quinquennal. Sur 45 catégories considérées, les objectifs du plan n'ont été atteints que pour 9. Aucun des objectifs globaux du plan n'a été atteint (voir tableau 2). Parmi les objectifs atteints, 2 concernent l'agriculture (engrais chimiques et machines agricoles), ce qui confirme la ligne de Brejnev, surtout après le désastre
URSS de 1912, qui tend a developper les investissements dans ce secteur traditionnellement laible. L'activité de l'industrie du charbon, qui est redevenue importante à cause de la crise de l'énergie, avait été réduite beaucoup moins et beaucoup plus tard en URSS que dans les pays capitalistes. Il a donc été plus facile d'augmenter la production. De temps en temps le conservatisme bureaucratique a quelque avantage dans un monde qui se développe très rapidement! Il faut relativiser les succès de l'industrie des machines à calculer en tenant compte du point de départ extrêmement bas et de la pauvreté qualitative de la production soviétique. (2) Pour une série de produits décisifs pour le développement économique, les objectifs n'ont pas été atteints. En premier lieu -mis à part le charbon dont on a déjà parlé -pour les principaux produits du secteur énergétique : le pétrole, le gaz, l'énergie élec-
Ce retard n'est pas aussi grave pour ses effets sur la consommation intérieure que pour les possibilités qui ne sont pas utilisées sur le marché mondial. Un développement plus rapide de ce secteur premettrait des avantages économiques immédiats (valeurs "fortes'') et constituerait un important élément de pression politique, soit sur les pays de l'Est, soit sur ceux de l'Europe occidenEn second lieu, les retards des installations dans tous les secteurs sont importants : dans le secteur chimique, le secteur pétrolifère, l'industrie légère et alimentaire. Le retard est notable également pour les turbines. Moins importante, mais néanmoins significative est la différence entre les résultats effectifs et les objectifs du plan pour les presses et les forges et pour les machines-outils. Tout ceci signifie que les projets d'investissement en cours subiront -- encore une fois -de graves retard, et ceci non seulement - - comme c'est habituellement le cas - - par manque de coordination entre les divers secteurs ou par suite de l'inefficacité des entreprises de construction. Ceci menace évidemment les objectifs fondamentaux de production à long terme (le léger retard pour l'acier et la fonte est déjà dû à cela). En troisième lieu, le tournant des biens de consommation. Mais le fait le plus impressionnant est constitué par le retard d'ensemble du secteur B de l'économie, celui de la production des biens de consommation. Ceci ressort avec évidence du tableau l: les téléviseurs sont le seul produit dont la production effective a dépassé les prévisions. La construction de logements est également en retard par rapport au plan quinquennal.
Si la production industrielle d'ensemble a dépassé les prévisions du plan annuel (+ 8% contre une prévision de + 6.8%), l'augmentation de la production des moyens de production (+ 8.3%) a été supérieure à celle des biens de consommation (+ 7.2%), alors que le plan annuel prévoyait des résultats totalement opposés (+6.6% et + 7.5% respectivement). Ainsi, pour la troisième année consécutive - - et tout à fait indépendamment des prévisions des plans annuels - - l'industrie de production des moyens de production se développe selon des rythmes plus rapides que celle des biens de consommation. Le plan pour 1975 ne fait rien d'autre que prendre acte de ce qui peut désormais être défini comme une ligne de tendance : le groupe A devrait augmenter de 7%, le groupe B de 6%, avec une augmentation d'ensemble de 6.7% Le très fort retard de la production de machines pour l'industrie légère et alimentaire (respectivement de 25 et de 40%) prédétermine le maintien de cette tendance pour le futur : le retard ne réside pas seulement dans la production mais également clairement dans les investissements. Ce plan quinquennal aurait dû être le premier dans l'histoire de la planification soviétique au cours duquel le taux de production des biens de consommation devait dépasser celui des moyens de production. Ce tournant historique avait été présenté très pompeusement par Kossyguine dans son rapport sur le plan quinquennal. Les raisons ne manquaient pas pour présenter solennellement cette nouvelle. Durant la période stalinienne "l'accroissement prioritaire de l'industrie lourde" était non seulement une pratique solidement établie, mais également un dogme idéologique indiscutable (du reste, comme on sait, Staline n'aimait pas beaucoup la discussion). L'année de la mort de Staline fut la première année de la planification soviétique où le taux de croissance des biens de consommation dépassait de plus de la moitié celui des moyens de production. Mais le printemps économique promis par Malenkov se révéla de courte durée. Le socialisme de Krouchtchev se nourrit plus de goulash idéologique que de réelle goulash. Les concessions faites aux paysans (partiellement reprises durant la crise du début des années 60) ne signifièrent pas une substantielle redistribution des investissements. Ce n'est qu'avec le début de l'application de la réforme économique que les choses changèrent : de 1968 à 1970, pendant trois années d'affilée, l'augmentation du groupe B dépassa celle du groupe A. Cette inversion de tendance fut consacrée par les chiffres du plan quinquennal. Mais malheureusement uniquement sur le papier.
La crise agricole de 1972 marqua le tournant. Mais ce qui semblait alors un fait contingent, lié à la conjoncture agricole, se révéla être un phénomène bien plus significatif. A partir de ce moment on retourna à la proportion "classique" pour l'économie soviétique qui prévoit " le développement prioritaire des moyens de production ". Ceci, soit dit en passant, confirme notre thèse selon laquelle la crise de 1972 n'était pas simplement une crise agricole mais également industrielle et était le résultat de l'échec et du blocage de la réforme économique. Le retour à la priorité pour la production des moyens de production semble avoir été opéré plus sous la poussée des évènements et, probablement, de certains groupes, que par un choix conscient du groupe dirigeant. Ce n'est probablement pas un hasard si le plan prévoyait pour 1974 une augmentation plus forte des biens de consommation, Mais ce n'est pas un hasard non plus si cet objectif n'a pas été atteint. Le dilemme de la consommation La revue soviétique Planovoe Khozjaistvo (N°3/ 1975) attribue la croissance insuffisante de la productivité du travail -- en retard, elle aussi, sur les prévisions du plan -- au fait que les objectifs planifiés dans le secteur des biens de consommation n'ont pas été atteints. Le retard des biens de consommation est le déséquilibre fondamental qui afflige l'économie soviétique et est, à son tour, la source de multiples déséquilibres et disproportions. Les conséquences sociales en sont les plus importantes et les plus évidentes. Et il ne s'agit pas seulement du niveau absolu de consommation des masses soviétiques qui continue à rester très bas. Il s'agit surtout de la contradiction entre ce niveau de consommation et la puissance industrielle (et militaire) d'ensemble du pays, déséquilibre qui ne peut pas ne pas provoquer des tensions. Il s'agit de la contradiction entre le niveau effectif de consommation atteint par les masses et leurs attentes, provoquées par les promesses des dirigeants et la propagande qui les accompagne. Mais alors, si l'augmentation de la production des biens de consommation a une telle importance cruciale, pourquoi le groupe dirigeant soviétique, qui contrôle totalement les leviers de l'économie planifiée, n'a-t-il pas réussi à atteindre l'objectif qu'il s'était fixé ? Il semble presque, à ce point, que Kuron et Modzelewsky avaient raison d'attribuer à la "bureaucratie centrale" un lien organique avec la croissance des moyens de production. En fait, nous ne pensons pas qu'il y ait des raisons structurelles qui fassent que la bureaucratie ne réussisse pas à développer la production des biens de consommation.
Nous constatons toutefois l'existence de toute une série de facteurs historico-concrets qui en ont jusqu'ici empêché la réalisation. En premier lieu, le lien entre l'industrie légère et le secteur agricole est évident. Mais c'est justement le secteur agricole qui reste le talon d'Achille de l'économie soviétique, malgré le développement des investissements et les concessions importantes faites aux paysans au cours de la dernière décennie, En fait les mesures technico-économiques prises en faveur de l'agriculture n'en ont pas touché les structures sociales (et elles ne pouvaient pas le faire sans mettre en danger la domination de la bureaucratie) dédoublées de façon schizophrénique entre des entreprises - - indifféremment kolkhoz et sovkhoz, coopératives ou étatiques - - gérées bureaucratiquement et une minuscule propriété cultivée de façon intensive sur le plan individuel avec des résultats productifs significatifs (32% de la viande, 61% des pommes de terre, 43% des oeufs). Cette faiblesse structurelle de l'agriculture permet une marge élevée d'oscillation dans les résultats de production. Après le désastre de 1972, on a eu la récolte record de 1973, Mais celle-ci a, à son tour, été suivie par une récolte médiocre en 1974. L'année passée, sur la base d'une prévision de croissance globale du groupe B de 7.5%, l'industrie alimentaire - - étroitement liée à l'agriculture - - aurait dû augmenter de 7,6%. Cette augmentation ne s'est pas produite à cause de l'année agricole médiocre qui n'a pas permis un ravitaillement suffisant des usines de transformation. Et les résultats de l'industrie alimentaire -- inférieurs à ceux prévus - - ont pesé négativement sur tout le groupe B. En second lieu, une extrême lenteur, soit dans la prise de décisions soit dans leur réalisation , est caractéristique d'un régime bureaucratique comme le régime soviétique. Cette lourdeur d'ensemble du système a prolongé pendant des années (de la mort de Staline à la fin des années 60) la discussion sur le renversement des priorités de l'industrie lourde à l'industrie légère. Il ne faut donc pas s'émerveiller si cette décision prise avec tant de difficultés se réalise avec tout autant de lenteur, Mais lourdeur ne signifie pas seulement lenteur, mais également la rencontre ( et la confrontation) avec des intérêts constitués, opposés à une certaine politique qui, en modifiant les proportions entre les secteurs fondamentaux de l'économie, met en danger leurs positions acquises, Il est clair que, autour de la prédominance pendant de longues années de l'industrie lourde, s'est créé un noeud d'intérêts qui peut
URSS comprendre la haute bureaucratie des ministères qui président au développement de l'industrie lourde, certains secteurs du Gosplan, les directeurs de certaines grandes usines et la bureaucratie du parti qui s'occupe des intérêts correspondants ("secteurs" du CC, groupes dirigeants des comités régionaux et urbains de, zones clés de l'industrie lourde). Le "développement prioritaire de l'industrie lourde" a signifié pour ces groupes un "développement prioritaire" de leurs privilèges bureaucratiques respectifs et des positions de pouvoir que de tels privilèges leur garantissent. Il ne faut pas s'émerveiller si ces "mangeurs d'acier"| comme les définissait Krouchtchev dans son fameux discours, sont prêts à exercer la résistance la plus furieuse contre toute tentative de faire sauter les bases de leur pouvoir. En troisième lieu, la forte centralisation de la structure industrielle soviétique la rend plus apte à gérer le développement de secteurs à haute concentration horizontale et verticale comme ceux du groupe A, que le secteur des biens de consommation. Ce dernier, à cause de son lien étroit avec les choix individuels du consommateur demande une plus grande élasticité dans la gestion et une certaine décentralisation. Ce résultat peut être obtenu soit par un contrôle démocratique de la base sur la gestion soit par l'utilisation de mécanismes de marché. Avec la réforme économique les dirigeants soviétiques ont choisi cette seconde voie. Et, en effet, les années qui voient un début d'application de la réforme (68-71) voient parallèlement se dessiner l'inversion de tendance en faveur des biens de consommation. L'enterrement de la réforme à la fin des années 60 entraina, à partir de 1972, un retour aux anciennes proportions. Enfin, il est probable que le poids du secteur militaire ait joué en faveur du groupe A dont il fait partie. Cela est probable, mais pas certain, étant donné l'auréole de secret qui entoure tout ce qui a, même de loin, à faire avec les problèmes militaires en Union Soviétique. Une série d'hypotèses indirectes conduisent à cette conclusion. Parmi les groupes dirigeants intéressés au maintien de la priorité à l'industrie lourde on trouve certainement les cercles liés à l'industrie militaire et également ceux des Forces armées. Il est tout à fait vraisemblable que ces cercles ont associé leurs pressions à celles des "mangeurs d'acier". En outre, de nombreux signes portent à conclure que les dirigeants soviétiques, au début de la politique de détente avec les Etats-Unis, c'est-à-dire vers 1970, justement quand le plan quinquennal fut élaboré, pensaient que cette politique permettrait de diminuer très rapidement les dépenses militaires. De façon générale, la politique de détente attire particulièrement les dirigeants soviétiques parce que justement, dans ses intentions, elle devrait permettre une diminution du poids énorme que représente la production militaire pour l'économie soviétique. La réalité s'est chargée de démentir ces prévi -sions. Bien que la collaboration avec les USA continue à se développer, même avec des hauts et des bas, cela ne signifie pas une diminution de l'engagement militaire interne et externe et donc des dépenses militaires (1). Quelles perspectives? L'industrie soviétique en 1974 a connu dans l'ensemble un développement supérieur à ce que les planificateurs avaient prévu il y a un an (8% au lieu de 6.7%), mais inférieur à ce qui était prévu par le plan quinquennal. Toutefois, même les prévisions du plan annuel de 1974 n'ont pas été respectées pour toute une série de catégories importantes, des aciers laminés à la soude caustique, de la cellulose aux frigidaires, de la bonneterie au tissu de coton, aux chaussures (voir Planovoe Khozjaistvo N°3/1975). Il ne s'agit pas seulement d'insuccès quantitatifs puisque, dans le délicat secteur des investissements est réapparue cette maladie endémique de l'économie soviétique qu'est la "dispersion des constructions industrielles". Selon les données de Planovoe Khozjaistvo, "leur nombre a augmenté de 10. 000 au cours de l'année et la valeur des fonds "gelés" dans les constructions industrielles non achevées a atteint les 70 milliards de roubles" Cela signifie une faible efficacité des sommes investies qui demanderont des périodes plus longues que prévues pour donner des résultats productifs, entrainant la mise en marche -qui sait quand - - d'établissements désormais caduques. L'effort de concentration des investissements fait en 1973 pour éliminer les conséquences de la crise de 1972 n'a évidemment pas encore donné de résultats valides. L'unique secteur en très forte expansion est celui du commerce extérieur, bien que, encore, on n'en connaisse pas les chiffres complets et définitifs. Il est clair que la crise de l'énergie a joué un rôle essentiel pour amener à ce résultat. Le boom des prix des matières premières et du pétrole en particulier a joué en faveur de l'URSS - - grand exportateur de matières premières -- et il semble qu'il lui ait permis de clore l'année avec une avance de deux milliards de roubles contre un passif de un milliard l'année précédente. Toutefois une amélioration ultérieure de la (1) voir les récentes conclusions des négociations sur les missiles à têtes multiples qui ont stabilisé un plafond qui semble supérieur aux capacités de production de l'URSS et des USA.
balance des paiements soviétique sur les marchés à devises convertibles semble exclue du fait de la baisse d'une série de matières premières, de l'impossibilité de déplacer des quantités importantes de pétrole du marché interne et de celui des pays du Comecon au marché mondial.
Mais, juste au moment où le commerce extérieur brille par ses succès, les rapports commerciaux avec les Etats-Unis, auxquels étaient liées les perspectives mirobolantes de développement à moyen et à long terme du commerce extérieur, traversent une phase de lourdes difficultés.
grès américain, des crédits Eximbank et de la concession de la clause de la nation la plus favorisée, sans oublier la dénonciation qui s'en est suivie du traité commercial par les soviétiques, mettent en danger, non pas tant l'échange relativement limité qui s'est développé entre les deux pays que les projets colossaux de collaboration pour l'exploitation des ressources naturelles de la Sibérie.
Ceci est le résultat non seulement des contradictions également des contradictions que nous avons déjà mises en lumière, à l'intérieur de la bureaucratie, entre les groupes disposés à faire des concessions aux Etats-Unis et ceux qui, au contraire, sentent plus ou moins consciem-
Tableau (1)
Energie électrique
(md KWH)
Pétrole (mio de tonnes)
Gaz (md m3)
Charbon (mio de tonnes)
Fonte mio de tonnes)
Acier (mio de tonnes)
Laminés (mio de tonnes)
Tubes mio de
Engrais chimiques
Soude éteinte
(mio de tonnes)
Soude caustique mio de tonnes)
Pneumatiques
(en millions)
Le blocage, par le Conexistant au niveau international mais
Plan '74 (quinquennal)
985
461
280
670.2
101.9
138.1
109.8
16
80.2
4.5
2.3
46. 6 reaucratie.
même où l'économie soviétique manifeste me de développement jusqu'à 1990.
Objectivement, ration de la réforme économique puis à son enterrement sont reproposées.
difficiles. Nous verrons dans le courant de rer une situation devenue plus difficile, sa récente maladie ?
ler avril 1975
• md = milliard mio
Résultat effectif
975
459
261
684
99.9
136
109
15
80.3
4, 5
2.2
47.1 ment les dangers que ces concessions peuvent avoir non seulement pour le système de planification, mais pour le pouvoir même de la bu-
Mais l'élimination, ou pour le moins le renvoi, d'une perspective de collaboration économique à large échelle avec les USA au moment encore une fois toutes ses faiblesses de fond, laisse le groupe dirigeant soviétique dans l'incertitude quant aux choix fondamentaux qu'imposent l'élaboration imminente du 10ème plan quinquennal et les discussions sur un programtoutes les alternatives déchirantes qui ont amené tout d'abord à l'élabo-
Brejnev s'est jusqu'ici toujours montré maltre dans l'art de renvoyer les choix les plus cette année, qui précède le XXVème congrès du PCUS, comment sa maestria réussit à gé-
Mais peut-être est-ce là la cause profonde de
= million m. = millier
Différence approximative
- 10
2
- 19
+ 14
2
2.1
-
0. 8
+ 0.1
0.1
0. 5
• Les "résultats effectifs" comprennent la gasoline alors que les chiffres du plan ne la comprennent pas. La différence entre ce qui a été planifié et ce qui est at-
Turbines (mio
22.3 de KWT)
233
Machines outils
Presses et for-
54.3 ges
Machines à calculer (md de rou-
1.6 bles)
Raffineries de pé-
228.5 trole (md de t. )
Complexes chi-
717.2 miques (md de r.)
Machines pour l'industrie légère (mio
793.7 de roubles)
Machines pour l'industrie alimentaire (mio
650 de roubles)
Camions (m.)
781
1204
Voitures (m.)
Tracteurs (m.)
542
Machines agricoles (mio de r.)
3323
Moissonneuses
123
(milliers)
Excavatrices (m.)
40.7
Bulldozer (m.)
41
Bois (mio. m3)
302
Cellulose (mio t.)
7.4
( " ")
Papier
5.1
Charbon ( " ")
4.
Ciment
116
Tissus en tout genre (mio m2)
10450
7000 dont coton lin
853 laine
825 soie
1461
Confection
(md de roubles)
19.8
Chaussures de cuir (mio de paires)
791
Horloges (mio.)
51.3
Radio et gramophones (mio.)
10.3
Télévisions (mio.)
6.3
Frigidaires (mio.)
6.2
Motocyclettes (m)
975
Meubles
(md de roubles)
4 teint est donc supérieure à deux millions de tonnes.
Tableau (2)
Produit national
Production industrielle
Salaires ouvriers et employés
Revenus réels per capita
Productivité nal prévoyait 149.3
Plan '74 (quinquennal)
129
135.1
117.5
123.8
129
• Pour 1975 on prévoit 144 alors que le plan quinquen-
17.3
225
49
2.2
172
607
629
456
666
1119
531
3465
88.4
37.1
47.2
296
6.3
5
3.2
115
9825
6619
796
724
1412
18.1
684
50.6
8.8
6.6
5.4
960
4
Résultat effectif
123.6
133
115
119
126.4
5
8
- 5.3
+ 0.6
- 53.5
- 110.2
- 164
- 194
52
-
85
-
11
-
+ 142
34
3. 6
6.2
+
6
1.1
0.1
0.8
-
- 630
- 381
57
- 101
49
1.7
- 107
0.7
1.5
+
0.3
0.8
-
15
-
1970 = 100