WINFRIED WOLF La reprise de l'économie ouest-allemande ne s'est pas produite au printemps 1975. Elle ne se produira pas non plus en été. Le gouvernement fédéral s'est trompé; ou, ce qui est plus probable, il a trompé les masses. Toute la campagne électorale du Parti socialdémocrate (SPD) en Sarre et en Rhénanie du Nord-Westphalie au début de mai 1975 avait été centrée autour du mot d'ordre : "'Votez pour la reprise. La reprise a déjà commencé". Les masses y ont cru. Le SPD a eu un bon résultat électoral. Mais la crise économique s'est approfondie et généralisée. Outre les masses allemandes, ce sont les chers voisins et partenaires de la bourgeoisie allemande qui ont été trompés. Pour eux, la reprise de l'économie ouest-allemande était décisive. Elle pourrait arrêter la récession, voire déclencher la reprise, dans le reste de l'économie capitaliste en Europe. Le minis-
tre français des Finances, Fourcade fit une remarque significative le 26 mai, lors du 20ème anniversaire de la fondation de la
Chambre du Commerce et de l'Industrie franco-allemande. "Les Allemands et les Français sont des partenaires commerciaux privilégiés", a-t-il affirmé. "Cela s'exprime notamment par le fait que chacun attende que l'autre parte le premier, pour pouvoir le suivre dans sa foulée...". Il en est effectivement ainsi. Chacun attend -et ne voit rien venir. Cela ne signifie évidemment pas que rien ne soit changé au cours des cinq derniers mois, depuis la parution de notre dernière analyse de l'état de l'économie ouest-allemande (voir INPRECOR N° 16-17, 16 janvier 1975 : "La force relative du capitalisme allemand"'). Durant cette période, il s'est vérifié que l'actuelle récession constitue la crise économique la plus profonde et la plus significative que ce pays ait connue depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. L'ampleur de la crise Depuis le début de 1974 jusque et y compris mai 1975, la production industrielle n'a cessé de baisser en RFA. Au premier trimestre de 1975, elle manifeste un recul nouveau de 4%. Pendant les mois d'avril et de mai 1975, elle est retombée à un niveau qui correspond à celui de 1970! En ce qui concerne le chômage, on peut dire qu'il commence à plafonner. Le chiffre officiel des chômeurs complets a atteint en avril 1975 1 087 000, ce qui correspond à un taux de 4.9%. En chiffres absolus, il a donc légèrement diminué. Mais le nombre de travailleurs victimes du chômage partiel s'est simultanément accra de 85. 000 unités par rapport au mois précédent, pour atteindre près de 900.000 en avril. Cela suffit pour qu'on rejette l'optimisme officiel de commande, concernant un recul du chômage. La baisse légère du chiffre des chômeurs complets signifie simplement que certaines entreprises ont étendu le système du chômage technique au lieu de licencier le personnel, et qu'elles ont "embauché" du personnel immédiatement remis au chômage technique (c'est-à-dire payé seulement quelques jours par semaine ou quelques semaines par mois), afin de profiter des primes d'embauchage prévues par le programme gouvernemental de relance conjoncturelle. La deuxième raison pour laquelle le léger recul du nombre des chômeurs complets ne corespond point à une réelle reprise économique, c'est qu'il résulte d'une moyenne fédérale. Si l'on examine par contre la pondération régionale, on s'aperçoit immédiatement que les régions particulièrement frappées par la crise continuent de subir une augmentation du chômage en avril et y compris en mai 1975.
Pour tous ceux qui connaissent la réalité du mode de production capitaliste, il est presqu'inutile d'ajouter que les victimes principales du chômage sont les travailleurs immigrés, les femmes et les jeunes. Pour toutes ces catégories, il y a accroissement plus que proportionnel du chômage. Le talon d'Achille Dans notre précédente analyse conjoncturelle, nous avions déjà indiqué que les deux principaux facteurs qui avaient freiné la récession en RFA au cours de l'année 1974 avaient été l'essor des exportations ainsi que la poursuite du boom de la sidérurgie. Nous en avions conclu combien ces deux facteurs étaient devenus vulnérables et quelles étaient leurs limites. Ces limites apparaissent clairement dès aujourd'hui. Les exportations ouest-allemandes avaient constitué en 1974 le principal contre-poids au recul de la demande interne (investissements, bâtiment, automobile, etc.) qui avait déclenché la récession. Même à la fin de 1974, les commandes venues de l'étranger pour l'industrie ouest-allemande étaient encore supérieures de 20% au niveau de fin 1973. Cet essor des exportations s'expliqua en bonne partie par la poursuite de la conjoncture dans certains autres pays capitalistes, ainsi que par un taux d'inflation supérieur dans ces pays qui stimula l'expansion des importations. Comme nous l'avions annoncé dans notre analyse précédente, dès la fin de 1974 un renversement de cette tendance devint visible. Dans la mesure où les autres pays capitalistes avaient commencé à combattre l'inflation de manière rigoureuse par des restrictions d'importations (par exemple l'Italie) et que les tendances à la récession s'étaient généralisées dans tous les autres pays impérialistes. Le boom des exportations ouest-allemandes devait arriver à bout de souffle. Dès le début de 1975, les commandes étrangères ont commencé à diminuer. Les effets de ce retournement pour une industrie qui travaille pour près d'un quart pour l'exportation sont évidents. On peut même dire que la situation s'est renversée. Avant on a pu dire : oui il y a crise sur le marché intérieur, mais elle est compensée par l'essor des exportations. Aujourd'hui, il y a crise combinée sur le marché intérieur et extérieur, et on a même tendance à dire : la relance de la demande intérieure devrait, dans la mesure du possible, compenser les effets du recul des exportations. De même, la récession doit maintenant frapper avec une vigueur particulière les branches qui s'orientent plus nettement vers les exportations. Entre 1973 et 1974, la part de l'industrie du fer et de l'acier dans les exportations totales
Développement de la Production Industrielle dans Différents Secteurs
SOURCE : Chiffres du rapport mensuel de la Deutsche Bundesbank, mai 75
RFA s'était accrue de 4.9 à 5.6%, celle de l'industrie chimique de 13.2 à 14.6%. Aujourd'hui ces branches se trouvent confrontées à un recul de leurs débouchés tant intérieurs qu'extérieurs, et ne semblent pas capables de prendre des mesures d'adaptation rapides. Nous avions nier article les tendances à une réorientation géographique des exportations ouest-allemandes. impérialistes devaient nécessairement se heurter aux effets combinés du recul de la demande interne dans ces pays et des résistances conscientes à un accroissement des importations, résistances qui ne pouvaient pas ne pas avoir des effets en période de récession. Les exportations se réorientèrent donc en partie vers les pays semi-coloniaux vers les Etats ouvriers bureaucratisés. Un fait nouveau s'y est joint depuis lors : l'expansion continue et plus que proportionnelle des exportations vers les Etats ouvriers bureaucratisés semble se heurter à une première barrière, qui est celle du déficit de la balance commerciale de ces pays avec la RFA. ouest-allemandes vers ces pays (y compris la République populaire de Chine) de 15,88 milliards de DM ne sont accompagnées d'importations en provenance de ces pays que pour un montant de 8, 41 milliards de DM. de ces marchés qui, du fait du caractère non-capitaliste de leur économie, avaient été censés pouvoir compenser partiellement le recul des exportations vers les pays capitalistes en temps de crise, doit donc être comprise comme fort limitée, vu les ressources encore limitées de ces pays qui ne leur permettent pas de payer pour un large excédent d'importations ou d'offrir un large éventail de marchandises vendaTARLDAT 1 crotesance en %) Année trimestre ler tri. 2e 1973 4e tri. ler tri. 28 1974 4ề 1975 ler tri.
de même signalé dans notre der-
Les exportations vers les autres pays
Pour 1974, des exportations
La fonction
2.
3
Total
Cons-
Consmachines
+ 3
14 tri.
40
- 4
+2 tri.
+1
+0
+0
+1
- 5
43
- 1
+10
- 2 tri.
- 1
- 8
-2
- 5 tri.
- 3 tri.
-2
- 1
-4
- 6
+0 cession.
Le développement par branches tro-technique.
aggravation de la conjoncture économique concerne leur taux de croissance.
diverses branches industrielles (tableau 1).
sives, le tableau devient encore plus clair suivantes se dégagent :
sions est entrée en crise;
4.
5.
6.
Indus- Véhi- Produits
Industrie tructiontruction detrie élec-cules chimiques trique
+4
+ 6
1
+1
+3
0
+2
+
+ 5
3
+2
-4
7
+2
+1
+3
+
0
- 1
6
-12
- 6
- 6
-4 bles en Occident justement en période de réLe développement inégal des diverses branches industrielles avait été le facteur principal pour soutenir la haute conjoncture ouest-allemande pendant la phase précédente. Il y avait une série de branches à croissance plus que moyenne, qui pouvaient de ce fait soutenir un taux moyen de croissance appréciable et stimuler l'expansion d'autres branches qui ont joué ce rôle furent l'industrie sidérurgique, l'industrie chimique et l'industrie élecAujourd'hui ces branches ne sont absolument plus en état de continuer à jouer ce rôle. Au contraire, dans certains cas, le danger d'une ouest-allemande provient justement de quelques-unes des branches jadis "en pointe" en ce qui On peut par contre analyser le développement inégal que la récession elle-même a pris dans Si nous calculons le taux de croissance cumulatif et si nous le subdivisons par phases succes(tableau 2). D'après ces tableaux; les conclu1. - A partir du deuxième semestre de l'année 1974, l'ensemble de l'industrie ouest-allemande 2. - Les secteurs du bâtiment et de l'industrie des moyens de transport ont été ceux qui, au début de la récession, avaient déterminé parti-
7. Fer +4 +2 +1 5 +6 +2 -2 2 +2 - 15
TABLEAU 2 Taux Cumulatif de Croissance de Secteurs Industriels Individuels.
1973-75 (taux de croissance comparé au trimestre précédent, en %)
SOURCE : Chiffres du rapport mensuel de la Deutsche Bundesbank, mai 75
Période 1. Du ler tri. 1973 au 4è tri. 1973 (inclus) 2. Du ler tri. 1973 au 2e tri, 1974 (inclus) 3. Du ler tri. 1973 au 4e tri. 1974 (Inclus) 4. Du ler tri. 1973 au ler tri. 1975 (inclus) culièrement la détérioration de la situation économique; 3. - L'industrie des machines électriques et de exportent quelque 25% de leur production, ont exercé jusqu'à la fin 1974 une influence positive ou neutre sur l'évolution économique dans son ensemble. A partir du début de 1975, elles ont cependant commencé à exercer une influence négative sur celle-là. 4. - Les secteurs "'industrie chimique" et "industrie du fer et de l'acier'', qui contribuent tous les deux de manière plus que proportionnelle aux exportations ouest-allemandes, manifestent une tendance nettement contraire à celle de l'économie dans son ensemble. Alors qu'ils ont soutenu la conjoncture pendant toute la phase initiale de la récession (au milieu et à la fin de l'année 1974), leur rôle s'est renversé à partir du début de 1975. Ce sont justement ces secteurs qui ont contribué de manière majeure à la détérioration de la situation économique globale, avec des chutes de production de 6% pour l'industrie chimique et de 15% pour l'industrie du fer et de l'acier. De ce fait, les deux facteurs centraux pour la neutralisation de la récession en RFA -- le boom des exportations et le boom de certaines branches particulières - - ont disparu. La situation s'est même renversée. Alors que l'industrie du bâtiment, qui avait "déclenché" la récession, cesse maintenant de reculer, et stagne plutôt (fat-ce à un niveau très bas),
2,
3.
Cons-
Total
Industrie truction
+4
+ 5
- 5
+3
- 3
+2
-2
-10
+1
- 6
-10
- 5 la construction des machines, qui, chacune d'elles,
6.
4.
5.
Indus -
Machi-trie élec- Véhi- Produits nes cules chimiques tique
+13
+2
+10
-9
+4
- 13
+2
-2
-17 de 1974, subit une forte chute de 15% de sa production au cours des premiers mois de
1975.
La demande interne n'en devient que plus déterminant pour permettre une réelle reprise économique.
pare l'évolution des commandes venues de l'intérieur et de l'étranger pour l'industrie ouest-allemande (index 100 = 1970, en prix de 1970)
mandes avaient atteint leur point le plus bas au cours du 4ème trimestre de 1974 et marquent un accroissement au cours du premier mier trimestre de 1975, et cela est particu-
Fer +10 +16 +15 +16 +20 +5 l'industrie sidérurgique, qui connut encore une expansion soutenue pendant le 4ème trimestre La conjoncture sur le marché intérieur ouest-allemand a aujourd'hui dépassé le point le plus bas. Les forces d' "assainissement" ont agi de façon suffisante pour provoquer un retournement. Mais le rôle des débouchés extérieurs
Ceci se dégage nettement du tableau (3), qui com-
(Voir Tableau 3 page suivante). Le tableau reflète de nouveau de manière nette le développement inégal. Alors que les comtrimestre de 1975, ce sont surtout les commandes passées à l'industrie des biens d'équipement qui déterminent cette reprise, ce qui reflète des investissements de rationalisation qui colncident habituellement avec la phase finale d'une crise, et qui sont encore en cours. Par contre, les commandes étrangères connaissent leur chute la plus prononcée au cours du pre-
SOURCE : Chiffres du rapport mensuel de la Deutsche Bundesbank, mai 75
RFA TABLEAU 3 Evolution des Commandes (Index, 1970 : 100, en prix 1970)
Période Total ler tri. 116 147 2e tri. 112 149 1974 tri. 108 146 4è tri. 102 135 1975 ler tri. 102 122 lièrement vrai pour le secteur des biens d'in-
Les commandes étrangères pour ce secteur ont connu une réduction particulièrement prononcée, passant de l'indice 143 à l'indice 124, soit une réduction de près de 15%. Ceci explique en partie le phénomène mentionné plus haut d'un chômage qui s'accroft encore dans certaines régions et d'un nombre croissant de chômeurs partiels. Il résulte du recul des exportations et des commandes étrangères. Dans le cadre de la logique capitaliste, la relance de la conjoncture et de la demande sur le marché intérieur ne doivent nullement impliquer un réembauchage automatique de main d'oeuvre. Tout au contraire, vers la fin de la crise, ce sont les investissements de rationalisation qui dominent, et ils réduisent l'emploi plutôt que de l'étendre. A cela s'ajoute la conséquence d'une accélération générale des rythmes de travail et des cadences de production. Dans beaucoup d'entreprises, le même volume de production ou (et) de travail est assuré par un nombre réduit de travailleurs voir l'artiele de W. Hullsberg sur la crise du trust Volkswagen, dans le numéro 26 d'INPRECOR, 22 mai L'Etat relance ... Les efforts entrepris jusqu'ici par le gouvernement pour relancer la production industrielle par diverses mesures de relance conjoncturelle, notamment des facilités plus grandes accordées aux capitalistes sur le marché des capitaux et en général en matière de crédits, ont nettement échoué. Notre jugement du début de l'année a été confirmé. Le programme du cabinet Helmut Schmidt, annoncé le 12 décembre 1974, qui devait injecter une somme de 1.7 milliard de DM additionnels dans l'économie, ce qui constituait une "relance'' totale de 2.5 milliards de DM, compte tenu de l'aide à l'industrie du bâtiment précédemment décidée, a constitué un échec retentissant. Il est venu trop tôt. Sa mise en chantier fut surtout
ETRANGER ES DOMESTIQUES Industrie Total Biens az: Total "" Biens d'équipement quipement
144 106 101
148 100 93
145 96 89
143 92 89
124 95 98 déterminée par des facteurs politiques (élections en Rhénanie du Nord-Westphalie pression des partenaires du Marché Commun). les sondages effectués auprès des entreprises confirment que ces mesures de relance n'ont presque pas influencé leurs décisions d'investissements. La presse financière note, de manière un peu honteuse, que cette "aide aux investissements" a surtout été utilisée pour acheter des
En d'autres termes : les "dirigeants'' de l'économie allemande ont acquis de nouvelles voitures de luxe avec des rabais d'au moins 7.5% et quelquefois jusqu'à 20%. ...l'inflation Ce qui reste en tout cas incontestable, c'est que la politique de l'aide étatique à la conjoncture aura des effets pleinement couronnés de succès pour relancer le taux d'inflation. Le tournant s'est déjà produit. Alors que le taux d'inflation avait légèrement baissé jusqu'à 5% au début de 1975, il a recommencé à augmenter à partir d'avril 1975.. Cela s'applique surtout aux biens de consommation achetés par les ménages d'ouvriers et de pensionnés : ici la hausse a de nouveau dépassé le rythme annuel de 7.5%. Les perspectives de l'endettement public sont particulièrement sombres pour 1975. En 1974, la dette publique s'accrut déjà de 25 milliards de DM. En 1975, il risque d'y avoir un déficit global des dépenses publiques de 50 milliards de DM; soit le double de celui de l'année pré-
Ces chiffres n'incluent pas les déficits des chemins de fer et des postes fédéraux. Dès maintenant, des charges supplémentaires considérables se profilent pour les finances publiques de 1976. La réforme fiscale décidée en 1974 implique des remboursements d'impôts, de même que les aides aux investissements. Il y a en outre la pénurie des ressources des caisses d'assurances sociales, qui ne s'étaient pas préparées à un chomage si important et si prolongé. Cela cau-
sera quelques milliards de déficit additionnels en 1976. La solution ouvertement discutée dans la presse ouest-allemande dès aujourd'hui est claire : ce trou devra être comblé avec de l'argent enlevé aux masses laborieuses. On discute d'une augmentation des impôts indirects, de réductions nouvelles de dépenses budgétaires sociales, de suppressions de dépenses et d'emplois dans les postes, les chemins de fer, les transports en commun urbains, les hôpitaux, etc.. Perspectives L'année 1975 restera dans son ensemble une année de crise, du moins en ce qui concerne la classe ouvrière. L'évolution des marchés d'exportation, c'est-à-dire de la conjoncture surtout aux USA, en France, en Italie et en Grande-Bretagne, jouera un rôle encore plus déterminant qu'au début de l'année 1975. Vu la situation dans ces pays, on peut s'attendre à ce que la production industrielle en RFA continue à diminuer jusqu'au début du second semestre 1975, puis plafonne jusqu'à la fin de l'année. Il est vrai que l'économie ouest-allemande sera caractérisée de manière croissante par une "désynchronisation renversée". Les sec-
Prix du numéro: 8 F Abonnement 10 numéros : 60 F Pour toute correspondance: • MARX OU CREVE, 10 impasse Guéménée. 75004 Paris.
teurs principalement orientés vers l'exportation, c'est-à-dire surtout l'industrie chimique et l'industrie sidérurgique, traverseront une récession accentuée, tandis que certaines branches travaillant plus particulièrement pour le marché intérieur pourraient se redresser plus tôt. Le chômage continuera à plafonner autour d'un million de chômeurs complets pendant toute l'année; un nouvel accroissement du chômage n'est pas exclu , si les exportations reculent davantage. Pour la classe ouvrière, cela implique qu'elle soit soumise pendant une année de plus à la pression massive du chômage, et que ses salaires réels risquent de s'effriter pendant une deuxième année, si les négociations salariales devaient être conduites avec des argumentations similaires à celles de 1974. Le gouvernement dirigé par le SPD insistera sur le fait que c'est justement maintenant qu'il faudrait faire preuve de modération en matière salariale. Nous entendrons sans doute le même refrain en 1976 encore. Alors on dira que, vu la fragilité de la reprise, il ne faudra surtout pas la "menacer" par des revendications salariales "excessives". C'est un refrain déjà archi-usé, mais il apparait avec la même régularité que la crise elle-même. 30 mai 1975
Greve MARX de critique ommuniste
OU CREVE
ILAN 1975
----- photo credits and running heads -----
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