PLUS QUE JAMAIS CHAQUE MINUTE COMPTE • Angel Otaegui
DE GARMENDIA
ET OTAEGUI!
DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE DE LA LCR-ETA (6) L'agression de la dictature est brutale et ferme. Elle est déterminée à assassiner Garmendia et Otaegui. La farce du procès au cours duquel même les témoins n'ont pas reconnu Garmendia - - et, malgré cela, il fut condamné à mort - - ne pourrait être plus scandaleuse. Pour la dictature, il s'agit avant tout, d'un acte politique à la signification claire : démontrer au mouvement ouvrier ce que subiront ceux qui luttent pour la renverser. Chaque minute compte. Mercredi prochain, l'assassinat des deux militants de ETA (V) sera déjà peut-être un fait. Seule la mobilisation la plus large et la plus déterminée des travailleurs et de tout le peuple sera capable de l'empêcher. L'Euskadi s'est lancée ouvertement dans la lutte. Avec encore plus de force et d'organisation qu'elle ne l'avait fait lors du procès de Burgos en décembre 1970. L'appel unitaire à la grève générale lancé par les commissions ouvrières et les organisations politiques (à l'exception du Parti nationaliste) a été largement appuyé. En Biscaye, le jeudi, 5000 ouvriers des grandes entreprises de la Margen firent grève et divers ateliers des Hauts-fourneaux, de Babcok-Wilcox, de Nava General Electrica, etc. s'arrêtèrent avec eux. A la Margen, rive droite, des entreprises importantes s'arrêtèrent également : Westinghouse, Mecanica la Pena, Franco-Española...). Dans la région de Basauri également : arrêts à Firestone, Echeverria, EDESA, Bandas, Ripolin... Les travailleurs des banques se joignirent à la grève
SAUVONS
LA VIE
SUIVONS L'EXEMPLE D'EUZKADI : TOUS EN GREVE, TOUS EN LUTTE, TOUS DANS LA RUE! • José Aetonio Garmendia dans divers centres de Bilbao et la police mis à sac la Banque de Biscaye. La grève générale avec fermeture des magasins et manifestations très larges a caractérisé le climat général dans la majorité des autres villes et villages de la province ; à Lekeito et Baskio, la police a dispersé les manifestants en tirant. A Bilbao également, les manifestations se sont succédées : 1000 personnes à Algorta ; 400 personnes armées de barres de fer à Erandio, manifestation à Portugalete et Santurce, 1000 personnes dans le centre de Bil. bao. Le vendredi, l'arrêt fut total dans toutes les grandes entreprises et la grève générale se poursuivit dans les villages, les manifestations s'élargissant à d'autres endroits (San Salvador, etc.). Dans tous les coins commencent à apparaitre des organes de coordination et de direction de la lutte : dans les entreprises où plusieurs organes existent, ils se coordonnèrent pour diriger la grève. Des comités de grève sont apparus, comme celui de Sestas (coeur de la grande industrie de Biscaye), formé par les commissions ouvrières, les organes de quartiers et des enseignants et les organisations ouvrières. Un comité technique se forma au niveau de toute la grande zone industrielle, dans lequel se retrouvèrent les commissions ouvrières de toute la zone, les commissions de quartiers, les organes des enseignants, les organes contre la répression et les organisations ouvrières. Le Guipuzcoa est la province dans laquelle la lutte a atteint les niveaux les plus élevés.
EUZKADI Dès le jeudi il y eut un arrêt général dans toutes les entreprises de la province et une grève générale dans la grande majorité de la zone. La banque se joignit à la lutte à Central, Hispano, Cajas de Ahorro, etc., tout comme les agences d'assurances. Les travailleurs et les médecins des hôpitaux se joignirent également à la grève. Certains commerçants organisèrent eux-mêmes des piquets d'extension de la grève qui paralysèrent le commerce. Les manifestations se succédèrent au cours du jeudi et du vendredi 3 000 personnes à Zarauz, où participèrent des femmes, des enfants et tout le village et où des barricades furent dressées; 1000 personnes à Renteria ; à Hernani tout le village descendit dans la rue, éleva des barricades aux sorties du village et répandit du verre sur les routes pour empêcher l'avance des voitures de la police ; à Lasarte, il y eut des assemblées dans le village ; à Mondragon même les coopératives s'arrêtèrent, la grève fut générale et les mères des prisonniers politiques organisèrent une "retraite" ; à Elgoibar il y eut également des barricades : à Azpeitia une manifestation de 1500 personnes, etc. Tout comme en Biscaye, la grève se développa le vendredi et les manifestations continuèrent. La grève générale est complète. En plus d'un bureau unitaire au niveau de la province, la lutte de chaque village est dirigée par des bureaux de coordination composés des Commissions ouvrières, des comités d'usine, des comités de quartier et des comités enseignants ainsi que des organisations politiques. Aujourd'hui dimanche (31 août -- INPRECOR) de nombreuses assemblées très larges ont eu lieu dans presque toute la zone pour préparer la poursuite de la grève. Malgré le fait qu'il y a déjà eu quatre blessés par balles, malgré la brutalité de la police et les arrestations, malgré la loi "anti-terroriste", la classe ouvrière et le peuple de Guipuzcoa se préparent à continuer le combat. En Navarre des assemblées et des arrêts de travail se développèrent dans ne nombreuses entreprises le jeudi et le vendredi. jours, il y eut des manifestations de plus de 2 000 personnes, parfaitement encadrées, les manifestants portant des pancartes et des barres de fer. Le samedi il y eut des assemblées larges des commissions ouvrières dans chaque entreprise d'abord, puis par secteurs; le soir, plusieurs piquets des commissions ouvrières arrosèrent Pampelune de tracts. Aujourd'hui dimanche, il y a une assemblée générale de la ville, convoquée par les commissions ouvrières et avec l'appui des militants de tous les secteurs, pour impulser la grève générale à partir de demain. Depuis le début du procès, un Comité central de grève fonctionne, formé par les commissions ouvrières, les comités de quartiers et d'enseignants et les organisations politiques.
A Aleva, le jeudi, il y eut un arrêt à Aceros de Lledo, une des principales usines de la province et des manifestations eurent lieu à Vitoria. Le samedi, la grève s'étendit à plusieurs entreprises et une manifestation de quelques 1 000 personnes fut organisée. Voilà le chemin qu'il faut suivre. Voilà la lutte qui peut arracher la vie de Garmendia et Otaegui des griffes franquistes. L'Euskadi ne peut pas rester seule en ce moment. La mobilisation commence à s'étendre à d'autres endroits : arrêts dans la construction de toute la zone nord de Madrid et assemblées dans diverses entreprises, ainsi que des actions de commandos dans le centre de la ville; arrêts de travail dans quelques chantiers navals de Gijon (''El Dique") et agitation intense dans les entreprises et dans les mines; manifestation à Barcelone, à Séville et dans d'autres régions de l'Etat espagnol. La solidarité internationale s'étend également : manifestations et occupations d'ambassades à Stockholm, Paris, Rome, Bayonne, Hendaye, Toulouse, Amsterdam, etc.. Mais il est nécessaire d'agir vite. Il faut activer la lutte. L'unité dans l'action, le front unique de toutes les organisations ouvrières contre la répression assassine est aujourd'hui -- comme le montre l'exemple d'Euskadi -le chemin le meilleur pour la lutte. Il n'y a pas de place maintenant pour le doute, l'attente et les hésitations. C'est le moment d'agir. Et d'agir unitairement. L'Euskadi doit pouvoir compter sur tous les peuples de l'Etat espagnol et sur toute la classe ouvrière internationale, non pas seulement pour un appui symbolique mais, effectivement, sur l'unité de la lutte directe pour sauver la vie de Garmendia et Otaegui. Et pour cela, rompant le silence de la presse officielle, il est nécessaire de populariser l'exemple de la lutte des travailleurs et du peuple d'Euskadi. Et, en plus, il est nécessaire de populariser l'exemple des prisonniers politiques qui, unitairement, ont commencé une grève de la faim dans toutes les prisons franquistes. Suivons l'exemple d'Euskadi. Tous en grève, tous en lutte, tous dans la rue. Comme le dit l'appel des prisonniers politiques de Ségovie : Transformons cette attaque de la dictature en sa défaite irréversible et en une victoire ouvrière et populaire qui accélère son renversement définitif.
- LIBERTE POUR GARMENDIA ET OTAEGUI !
- LIBERTE POUR TOUS LES PRISONNIERS
POLITIQUES !
- JUGEMENT DES CRIMINELS FRANQUISTES !
- DISSOLUTION DES CORPS REPRESSIFS
ET DES TRIBUNAUX FRANQUISTES !
- A BAS LA DICTATURE ASSASSINE ! 31 août 1975