Le dernier "accord provisoire' égypto-israëlien fut paraphé le 2 septembre à Alexandrie par les représentants du gouvernement égyptien ; les Israëliens l'avaient paraphé la veille. Après la signature et en présence de Henry Kissinger, le président égyptien Anouar-el-Sadate fit un bref discours. Après avoir récité les quelques platitudes qu'on attend des hommes d'Etat en de telles occasions ("Après 27 ans de sang, de haine et de guerre, la chose essentielle est d'établir une nouvelle atmosphère", etc.), Sadate fit, pour une fois, une remarque fort à propos: "Les Etats-Unis" dit-il "tiennent 99% des cartes dans ce conflit. C'est à cause de cela et parce qu'ils sont une super-puissance que les Etats-Unis sont responsables de la paix au Moyen-Orient". C'est là un commentaire judicieux sur le contenu et la signification de l'accord. Les termes de l'accord font de l'impérialisme US le garant du "processus de paix" dans l'Orient arabe. Les clauses secrètes de l'accord, contenues dans plusieurs "memoranda" échangés entre les diverses parties, préparent de nouveaux pas importants dans l'évolution de l'Egypte vers l'orbite de l'impérialisme US. Dans un discours aux dirigeants de l'Union Socialiste Arabe, le seul parti politique légal d'Egypte, Sadate allégua qu'au travers d'une stratégie diplomatique qu'il était bien forcé de caractériser comme brillante, il avait réussi à transformer les Etats-Unis de partisans en arbitres dans le "conflit israélo-arabe". Il serait plus juste de dire que l'impérialisme US s'est transformé de partisan et guarantie pour un seul côté en mentor et en surveillant pour les deux côtés. Une analyse de l'accord montre que le régime de Sadate a sérieusement capitulé devant les demandes de l'impérialisme US. Militairement et politiquement, Sadate fait des concessions sur tous les points importants. L'accord représente un nouveau pas vers l'imposition de la Pax Americana après laquelle soupirent depuis plus de quatre ans maintenant les classes dominantes égyptiennes, l'impérialisme américain et les classes dirigeantes d'Israël. Qu'une telle "paix" puisse réellement être établie dans la région reste cependant une question ouverte. Il y a d'autres parties intéressées en dehors des trois partisans de la Pax Americana. Les clauses militaires D'un point de vue purement militaire, Israël n'a pas fait d'importantes concessions dans cet accord. Les lignes de front égyptiennes avanceront vers l'est d'environ 10 km seulement. Les lignes de front israéliennes se retireront d'environ 20 à 50 km selon les secteurs. La "zone-tampon"' occupée par les troupes d'à peu près 4000 hommes des Forces de Sécurité de l'ONU sera par conséquent plus large qu'auparavant. Il est vrai que l'armée israelienne stationnera désormais à l'est des passes de Mitla et Giddi, passages stratégiques par lesquels l'armée égyptienne
-MER MEDITERRANEE
• DAMIETTE
- PORT-SAID
*Port-Fouad
El Manzala
- Golfe de Tinah:
Bir-el-Abel
Ei Kantar
1 Salhiya El Ball
CANAL DE SUEZ
Mt Maghara
E
ISMAILIA
CoLe
Abou Souwe
Khetmia r-Gafgafa
LAC. 2
RAN
MER
ÉGYPTE
Gineifa
: Dum Khashiba: e3840
1X: 7.34
El Chaloufa
Al ARU SUEZ
Djebel Ata 4868
1591
Port-Tewfik
Adabiya
1 622
-Sudr
Désert de Tin
4861
2 897
O.N.U.
25
-Abou Rodeiss
*
2
O.N.U:
1. Emplacement des stations de surveillance américaines entre les cols. -
2. Station de surveillance israélienne.
Station de surveillance égyptienne.
Secteurs de limitation des des
LOrCeS
Zone égyptienne.
SUus serait obligée de passer si elle tentait d'avancer vers l'est.
Mais les Israéliens seront stationnés à la sortie des débouchés est des cols et continueront à dominer les hautes terres surplombant ces défilés. Il est donc tout simplement faux de clamer (comme cela a été fait par l'extrême-droite en Israël et par quelques experts militaires américains)
que l'armée sioniste se trouve dans une position affaiblie pour répondre à une attaque égyptienne du type de celle qui a déclenché la guerre d'Octobre. Même s'il n'y avait pas de zone tampon de l'ONU et pas de limitation des troupes et de l'armement autorisés à stationner sur les lignes de front, les nouvelles positions israéliennes seraient exactement
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Maar 2s
orient arabe:
Paix
provisoire
et
capitulation
permanente
JON ROTHSCHILD aussi "défendables"' que les anciennes. Mais la position israëlienne est, de plus, renforcée par la clause de l'accord qui limite les forces qui peuvent être envoyées sur le front. Le protocole publié impose les limites suivantes aux troupes et aux armes dans les secteurs appelés "zones de forces limitées'' : 8 bataillons d'infanterie normale, 65 chars, 75 pièces d'artillerie, y compris les mortiers lourds, dont la portée ne doit pas excéder 12 km; au total, le nombre de soldats doit être inférieur à 8.000; aucun des deux côtés ne devra introduire dans les zones de forces limitées d'armes capables d'atteindre les lignes de front de l'autre côté; aucun des deux côtés ne devra construire dans les zones de forces limitées des fortifications capables d'abriter plus que le nombre indiqué de troupes et d'armement. De plus, il y a des limitations sur les armes même en dehors des zones de forces limitées : aucun des deux côtés ne devra installer d'armes capables de mettre les lignes de front de l'autre côté sous le feu; aucun des deux côtés ne placera de missiles anti-aériens à l'intérieur d'un secteur de 10 km à l'est et à l'ouest de la frontière des zones de forces limitées. En somme, non seulement les nouvelles lignes israëliennes sont faciles à défendre contre toute tentative des Egyptiens d'avancer vers l'est, mais de surcroit, l'armée égyptienne est empêchée d'amener suffisament d'armes et de troupes à l'est du canal de Suez pour menacer les lignes israéliennes, pour faire une guerre d'usure, ou même pour mener une de ces actions à petite échelle qui ont à l'occasion été engagées par le régime égyptien dans le passé. Trois stations de surveillance équipées des moyens électroniques les plus modernes seront installées dans la zone tampon pour s'assurer que les deux parties respectent les termes de l'engagement. L'une sera équipée par les Egyptiens, une autre par les Israëliens et la troisième par les Américains, Les Américains auront libre accès aux stations égyptienne et israélienne. Les forces de l'ONU resteront dans la zone tampon et leur mandat sera renouvelé sur la base d'une année, au lieu de quatre ans comme par le passé. Il a été largement rapporté que dans les clauses secrètes de l'accord, Sadate a promis de renouveler le mandat des forces de l'ONU pour au moins trois années consécutives. Si les aspects militaires de l'accord du Sinal sont respectés - - et il n'y a pas le moindre signe qu'il ne le seront pas --le front égypto-israélien sera effectivement gelé. Il sera virtuellement impossible à l'armée égyptienne d'engager le combat avec les Israéliens, car le faire impliquerait de rompre les accords et de faire face directement à la fois à l'impérialisme US et aux troupes des Nations Unies dans la zone tampon. Et cet affrontement devrait avoir lieu avant toute rencontre avec l'armée israélienne, qui, comme nous allons le voir, n'a pas seulement une excellente position stratégique, mais accroitra ses capacités militaires beaucoup plus rapidement que l'Egypte. Mais ce qui est encore plus important que les arrangements militaires ce sont les concessions politiques que le régime de Sadate a faites. L'article 1 de l'accord commence par déclarer : "Le conflit entre eux (Egypte et Israël) et au Moyen-Orient ne sera pas résolu par la force militaire mais par des moyens pacifiques". L'article II déclare : "Les parties
ici présentes s'engagent à ne pas employer la menace ou l'usage de la force ou du blocus militaire l'une contre l'autre". L'article VII déclare : "Les cargots non militaires destinés à ou venant d'Israël seront autorisés à emprunter le canal de Suez". L'article IX déclare : "Cet accord entrera en vigueur dès la signature du protocole et restera en vigueur jusqu'à ce qu'un nouvel accord le rende caduc. Cette déclaration de non-belligérance est sans précédent depuis la création de l'Etat d'Israël. En la faisant, le régime Sadate promet de ne pas faire la guerre à l'Etat d'Israël. Selon le présent accord, les actions faites par le gouvernement égyptien et qui ont amené la guerre d'Octobre seraient interdites. La renonciation à la violence est inconditionnelle et virtuellement définitive, car l'accord doit rester en vigueur jusqu'à ce qu'un nouveau protocole soit signé et aucune clause ne prévoit la dénonciation unilatérale de l'accord. L'Egypte renonce également à toute tentative de bloquer le passage aux Israéliens à travers Bal el-Mandab, (débouché sud vers la mer Rouge) et le Golfe d'Akaba (entrée du port israëlien d'Eilat). Les navires faisant route pour Israël n'avaient jamais été autorisés à emprunter le Canal de Suez; même en mars dernier, pendant les démarches de Kissinger préparatoires à la signature de l'accord du Sinal, Sadate avait refusé de faire cette concession. Pris dans leur ensemble, tous ces arrangements ne sont rien de plus gu'une paix séparée entre l'Egypte et Israël. Ceci ressort très clairement du texte de l'accord lui-même. Mais on y trouve plus encore. Dans un memorandum qui doit rester secret, Sadate offre à Washington une série "d'assurances" dont il a été dit qu'elles incluent une promesse de ne pas intervenir en cas d'une guerre entre Israël et la Syrie, une promesse de modérer la propagande anti-sioniste émanant du territoire égyptien, et une promesse de relâcher le boycott en Egypte des compagnies US qui font des affaires en Israël. (Il n'est pas prévu de semblable arrangement en ce qui concerne les firmes européennes qui commercent avec Israël). Retour dans le giron U.S. Cet accord capitulalard est sans doute le dernier pas de Sadate vers la tutelle de l'impérialisme US. La guerre d'Octobre avait précisément été déclenchée pour obliger l'impérialisme américain à intervenir au Moyen-Orient pour imposer à Israel un réglement prévoyant le retrait de ses forces de la plupart des territoires occupés lors de la guerre de 1967 en échange de la reconnaissance de l'Etat d'Israël par les Arabes, tout cet arrangement devait être conclu aux dépens des Palestiniens auxquels on jetterait peut-être la miette d'un mini-Etat style Bantoustan sur la rive occidentale du Jourdain. En même temps, l'approfondissement de la crise économique et sociale en Egypte amenait le régime bourgeois égyptien à rechercher une aide massive des puissances impérialistes, et en premier lieu des Etats-Unis. Ceci en retour exigeait deux réajustements de la politique égyptienne : d'abord qu'Israel soit reconnu et que le réglement obtenu permette à l'Etat sioniste et à son armée de rester la force contre-révolutionnaire la plus puissante du Moyen-Orient. Deuxièmement, que l'économie égyptienne soit dénationalisée, que les restrictions concernant les investissements étrangers soient levées et que le pays se rapproche plus étroitement de l'orbite américaine, politiquement, économiquement et diplomatiquement. De ce point de vue, l'accord du Sinal est tout à fait cohérent. Sadate essaiera de proclamer qu'une grande victoire a été obtenue par -! ce que l'Egypte a forcé Israël à se retirer des passes de Mitla et Giddi et a repris possession des champs de pétrole d'Abou Rudeis dont Israël doit se retirer selon les nouveaux accords. Tout ceci s'adresse à la consommation intérieure. Pour le reste, Sadate à réussi à obtenir une série d'avantages économiques pour la classe dominante égyptienne les Etats-Unis offriront à l'Egypte une aide de 650 millions de dollars pour l'année fiscale en cours; la trésorerie d'Etat va être renflouée par les bénéfices des champs de pétrole d'Abou Rudeis; le canal de Suez se trouvant hors de portée de l'artillerie israelienne, le trafic va augmenter et avec lui les revenus apportés à l'Etat par les droits de passage; la confiance accrue dans la durée de la "paix' stimulera les in astissements du capital impérialiste qui jusqu'à maintenant avait été réticent à s'engager dans une situation instable; le gel du front du Sinal pour au moins trois ans permettra au gouvernement de retirer des fonds des dépenses militaires pour les investir dans le développement économique. Il ne fait pas de doute que l'accord du Sinal apportera d'importants bénéfices à la fois au capital impérialiste américain et à la bourgeoisie égyptienne et sa bureaucratie d'Etat. Mais il est également certain que l'injection de capital impérialiste sera incapable de résoudre la crise de l'économie égyptienne qui est marquée par l'inflation, le chômage et une baisse constante du niveau de vie des travailleurs et des paysans. (Voir le Manifeste des trotskystes égyptiens du Groupe communiste révolutionnaire Mustapha Kamis in "Inprecor" n° 14/15, décembre 1974. ) Les mesures sociales et politiques que le régime Sadate devra prendre pour réaliser les avantages potentiels de l'accord du Sinal ne feront qu'intensifier la crise sociale égyptienne. Et l'intensification de cette crise continuera à alimenter à son tour le
renouveau du mouvement ouvrier égyptien. Sadate et la bourgeoisie égyptienne ont peutêtre réussi un modus vivendi de paix avec 1'Etat sioniste, même au prix d'une capitulation. Ils ne pourront cependant capituler devant les ouvriers et les paysans égyptiens et sur ce front là, ils ne trouveront nulle paix, mais une escalade dans la lutte à mesure que le mouvement ouvrier égyptien réaffirmera son rôle d'avant-garde de la révolution arabe. Les lendemains de la guerre d'Octobre Les résultats de la guerre d'Octobre 1973 avait créé une nouvelle situation objective à laquelle la politique sioniste avait dû s'adapter. Du point de vue de la classe dirigeante d'Israël, les principaux éléments de cette nouvelle situation étaient
- 1. que l'impérialisme US, ayant compris que sa pénétration dans le monde arabe nécessitait quelques concessions aux classes dirigeantes arabes, avait décidé que ces concessions ne seraient pas faites par les Etats-Unis mais par l'Etat sioniste; cela veut dire que le coût de l'opération américaine serait supporté par Israël sous forme de concessions territoriales aux Etats arabes, en premier lieu à l'Egypte.
- 2. que la fourniture américaine d'armes aux Israeliens était pour eux une question de vie et de mort, ce qui fut à la fois révélé et accentué par la guerre d'Octobre et que cela avait renforcé la dépendance d'Israel envers les USA et par là réduit la possibilité pour Tel-Aviv de resister à leur pression.
- 3. que l'isolement international d'Israël sur le plan diplomatique avait empiré, des puissances impérialistes européennes et de nombreux Etats du monde semi-colonial retirant leur soutien diplomatique à Israel dans des organismes commes les Nations Unies.
- 4. que l'impossibilité pour l'armée israëlienne d'anéantir les forces arabes dans la guerre avait engendré une crise politique intérieur (connue sous le nom de "tremblement de terre") et changé le rapport de forces entre Israël et les Etats arabes au bénéfice de ces derniers. (Ceci, en dépit du fait que d'un point de vue purement militaire la guerre d'Octobre fut une nette victoire pour Israël. Voir "Inprecor" n°3, 4 juillet 1974). Les classes dirigeants sionistes reconnurent que cette nouvelle situation objective les obligerait inévitablement à quelques concessions territoriales. Il n'y avait tout simplement aucun moyen de s'y opposer effectivement. L'un des objectifs de base des dirigeants israeliens devint alors de forcer l'impérialisme US à payer une lourde compensation pour toute concession territoriale israëlienne, c'està-cire de faire porter le poids du prix de l'offensive américaine dans le monde arabe sur les épaules de l'impérialisme américain luimêne. Plus spécifiquement, cela signifiait :
-1. faire payer l'addition de la crise économique israélienne par les Etats-Unis.
-2. leur soutirer suffisamment d'aide militaire pour élargir de nouveau l'écart entre les capacités militaires d'Israël et celles des Etats arabes.
-3. obtenir des USA des garanties contre l'élargissement de l'isolement international
-4. rendre aussi peu de territoire que possible. Un corollaire de ce quatrième point était que tout le territoire qui devrait être rendu le serait sur le front égyptien. Il y avait à cela de nombreuses raisons. En premier lieu, le Sinal est de tous les territoires occupés le moins intéressant. Il est pratiquement inhabité; aucune installation de civils israeliens n'y a eût lieu; à l'exception de la bande de Gaza (que les Israëliens ont bien montré leur intention de garder), il n'y a pas de Palestiniens dans le Sinal et céder du terrain à cet endroit évite de voir soulever le "problème palestinien", c'est-à-dire le sionistes de reconnaitre les droits de la partie palestinienne de la nation arabe. Examiné à la lumière de ces objectifs, l'accord égypto-israëlien est un franc succès pour l'Etat sioniste. Lorsque les négociations pour cet accord n'en étaient qu'aux premiers pas, on dit qu'Israel avait demandé 2, 5 milliards de dollars d'aide américaine en compensation pour l'accord. Le "slogan" en Israël tel que le rapporta l'hebdomadaire américain "Time"' était "Il faut demander beaucoup pour espérer avoir un peu". Cependant, en ce qui concerne le résultat, Israël a obtenu entièrement les 2,5 milliards dollars et en obtiendra vraisemblablement plus avant que la partie ne soit terminée. On raconte qu'un officiel non identifié de Jérusalemn aurait dit : "Après tout, Rabin (le premier ministre israëlien) accepte cette épouse laide appelée Mademoiselle Accord provisoire. S'il n'obtient pas une jolie dot de Papa Washington, il aura des ennuis. " La dot est certainement convenable. Israël a rendu 20 à 50 km de désert vide qui n'avait pas la moindre valeur pour l'Etat d'Israël. La seule concession matérielle réelle est l'évacuation par Israël des champs de pétrole d'Abou Rudeis dans le sud-ouest du Sinal. Il y a environ une centaine de puits dans les champs d'Abou Rudeis. La production totale de 1972 fut de 5. 400 000 tonnes. Les experts israéliens estiment que les champs seront de toute taçon épuisés en 1980. La production couvrait 55 à 60% des besoins israëliens qui sont d'environ 7. 000 000 tonnes. En compensation pour les champs de pétrole d'Abou Rudeis, les Etats-Unis ont accordé à Israël un montant de 300 à 350 millions de dollars par an pour acheter du pétrole sur le marché mondial. De plus, Washington s'est engagé à garantir les besoins en pétrole d'Israel au cas où celui-ci aurait des problèmes pour en acheter sur le marché mondial. Ainsi la cession des champs de pétrole n'est pas une perte.
En plus de cette compensation, les USA donneront 150 millions de dollars pour payer le démantèlement des lignes de front israéliennes et pour l'établissement des nouvelles. Sur le reste du montant de l'aide, on dit qu'il est prévu 1. 500 millions de dollars pour l'équipement militaire. "Notre position actuelle dans la négociation"' a dit un politicien israélien "peut-être décrite comme une liste d'achats". L'édition du 25 août du "Time" rapporte que la liste d'achats inclut les objets suivants: au moins deux escadrons (36 avions) du bombardier américain F-15;plusieurs escadrons du dernier "véhicule longue distance" américain, un avion à réaction qui puisse être utilisé aussi bien au combat qu'en reconnaissance; de nouvelles versions du char US M. 60; "smart bombs", des bombes guidées au laser qui ont été utilisées par l'aviation US en Indochine; des "boites noires" électroniques qui brouillent les radars ennemis et le système de guidage des missiles anti-aériens; et enfin, mais très important, un certain nombre non révélé de missiles terre-terre. Ces missiles ont une portée de 70 miles (environ 110 km) et peuvent porter des ogives conventionnelles ou nucléaires; ils sont estimés être cinq fois plus efficaces que le "Scud-B", missile terre-terre soviétique basé en Egypte et en Syrie. On a dit également ("Washington Post" du 15 septembre 1975) que les Etats-Unis ont promis de fournir à Israël des missiles Pershing terre-terre dont la portée est de 460 miles (à peu près 735 km) et qui peuvent être armés d'ogives nucléaires d'une puissance de 400 kilotonnes. (Les bombes américaines qui ont détruit Hiroshima et Nagasaki était estimées à environ 20 kilotonnes). La grande extension de l'aide militaire, le stationnement des américains avec les forces de l'ONU dans la zone tampon, la garantie américaine de l'accord, et les diverses promesses politiques faites par Wahsington à Israel constituent de facto un pacte de sécurité entre Israël et les Etats-Unis ainsi que cela a été remarqué par un officiel israelien de haut rang. Sur le plan diplomatique, les Etats-Unis ont promis à Israel d'user de leur influence pour empêcher les tentatives d'expulsion d'Israel des Nations Unies. Au surplus, Kissinger semble avoir obtenu l'accord de Sadate pour coopérer avec lui en ce sens et on peut prévoir que dans l'avenir, Sadate jettera aussi tout son poids dans la balance pour soutenir les efforts américains contre de telles tentaIl est clair, alors que la classe dirigeante israelienne a réussi dans ses principaux objectifs et même dans quelques autres. Le front égyptien étant stabilisé indéfiniment et sa suprématie militaire étant assurée pour les années à venir, les dirigeants israéliens peuvent maintenant se permettre d'adopter une position d'une extrême intransigeance en ce qui concerne l'occupation des hauteurs du Golan syrien et la rive occidentale du Jourdain. Immédiatement après la signature de l'accord Sadate déclara que Kissinger avait assuré que les Etats-Unis feraient pression sur Israël pour qu'il négocie un accord Syrie. Mais le régime israélien n'a pas tardé à faire connaitre son refus de le faire. Le 6 septembre, le premier ministre d'Israël, Rabin a dit dans une interview : " Il n'y a pratiquement aucune possibilité d'un accord provisoire entre Israël et la Syrie". Et il en énonça les raisons. D'abord l'existence de l'établissement de colons sur les hauteurs : "Ces de populations n'ont pas été installés dans l'intention de les évacuer", dit-il, admettant implicitement qu'Israël à l'intention d'occuper le Golan de façon permanente. Ensuite, "à cause de la situation topographique du Golan, de la présence au pouvoir à Damas du parti extrêmiste Baas, et à cause de la puissance des forces armées syriennes, il y aurait très difficilement une 'marge de manoeuvre' pour un accord provisoire sur les hauteurs du Golan, à moins que vous ne vouliez parler de 100 ou 200 mètres par-ci, par-là. ' Comme on le questionnait sur ce qu'il ferait si les Américains lui demandaient d'ouvrir des négociations avec la Syrie, il répondit: "Nous attendrons deux ou trois mois pour voir ce qu'ils proposent, puis le Cabinet devra prendre une décision". Le 10 septembre, un communiqué israëlien officiel déclarait qu'aucune négociation avec la Syrie ne pourrait avoir lieu jusqu'à ce que le Cabinet ait pris une décision; aucune décision n'était prévue en ce sens pour plusieurs mois. Les véritables raisons de la répugnance d'Israel à rechercher un accord avec la Syrie (à part sa détermination à conserver toires syriens occupés dont l'établissement de colons est un symbole), tiennent à la position affaiblie dans laquelle se trouve le régime syrien. Avec le gel du front égyptien, le régime de Damas se trouve privé d'un sérieux atout pour la reprise d'activités militaires destinées à faire pression sur Israël. Aucun doute que si les Syriens entreprenaient quelque action armée, les forces armées égyptiennes recevraient l'ordre de ce tenir en dehors du conflit. C'est une des clauses du marchandage égypto-israelien et Sadate n'a aucune raison de la dénoncer. La Syrie est tout bonnement incapble de mener une guerre contre Israël sans aide de l'Egypte, même dans le cas où, par ailleurs, le gouvernement syrien aurait l'intention de prendre ce chemin. C'est pourquoi, à moins que la situation intérieure en Syrie devienne si critique que la survie du régime soit menacée, le régime baassiste n'aura d'autre choix que de limiter ses efforts au terrain diplomatique. Et comme Israel n'a pas pour le moment le désir de s'emparer de plus de territoire syrien, les dirigeants sionistes n'ont pas intérêt à provoquer des actions précipitées de la part de
Damas. En conséquence Tel-Aviv se tiendra dans l'expectative, refusant de faire aucune concession sur les hauteurs du Golan jusqu'à ce que Washington se manifeste avec quelques propositions sérieuses. Ainsi, l'accord avec l'Egypte a renforcé de façon significative la position de marchandage d'Israel sur le front syrien. L'opposition syrienne à l'accord La compréhension de ce fait est ce qui provoque l'opposition du gouvernement syrien à cet accord. Le parti Baas au pouvoir a officiellement condamné l'accord le 3 septembre, l'appelant "une grave défaite pour la cause arabe". Plusieurs manifestations furent organisées à l'ambassade d'Egypte à Damas pour dénoncer l'accord. Zuhair Mohsen, le leader de el-Sa'ika, l'organisation palestinienne pro-Baas syrien fut très violent dans sa dénonciation de l'accord. Pour le régime baassiste, cependant, la réthorique sur la défaite de la cause arabe n'est qu'une couverture gauche pour les véri tables griefs : Sadate a conclu une paix séparée avec Israël laissant ainsi le régime syrien sans poids pour forger son propre accord de capitulation. Dans une interview exclusive donnee au rédacteur en chef de "'Newsweek", Arnaud de Borchgrave (publiée dans 1'''Herald Tribune" du 15 septembre), le président syrien Hafez el-Assad prit un ton différent. Interrogé pour savoir pourquoi il caractérisait l'accord égypto-israëlien de paix "danger" au Moyen-Orient, el-Assad
"Parce que cet accord est un pas en arrière vers la paix et qu'il va précipiter une prochaine crise. Il ferme la porte à ce qui autrement aurait pu conduire à une paix réelle". El-Assad exprima largement son amertume de la conduite du gouvernement Sadate. "L'Egypte dit que des négociations pour un nouvel accord sur le Golan vont commencer dans un mois et que tout le monde est au courant " dit Borchgrave. " Israël dit qu'il n'en est rien et que rien n'est possible en dehors de ce qui a été fait au Sinal. Qui dit vrai ?' A cela el-Assad répondit: "'Il n'y a aucun accord avec qui que ce soit pour entamer des négociations". "L'Egypte et la Syrie sont-elles convenues qu'il n'y aurait pas d'autre étape dans le Sinal à moins qu'elle ne soit liée directement à un retrait dans le Golan et à quelques progrès dans la solution du problème palestinien ?" demanda de Borchgrave. Assad répondit : "Quand j'ai rencontré le Président Sadate à Ryad (Arabie Saoudite) nous sommes convenus que nous ne ferions aucune démarche sans une étroite coordination entre nous. Coordination signifie un échange d'opinions et la recherche d'une position commune. Sur cette base, nous avons formé un comité de coordination. Son but était d'étudier les principaux sujets et de soumettre ses conclusions aux deux présidents. Nous devions aussi nous rencontrer chaque fois que nécessaire. Cependant, le comité n'a jamais rien discuté concernant l'accord du Sinal. Il n'y a eût aucun échange d'opinions, aucune position commune sur cet accord. Autrement dit, pas de coordination". Le régime baassiste n'est pas concerné par une quelconque "défaite de la cause arabe". Ce par quoi il est concerné, c'est par le fait qu'il a été tenu en dehors du marché par l'Egypte et qu'il a de ce fait été mis dans une position de grande faiblesse. En dépit de toute sa réthorique, le régime baassiste n'a guère d'autre choix que de continuer sa politique antérieure qui n'est pas substantiellement différente de celle de l'Egypte. El-Assad jouera aussi la carte US. Il offrira des concessions politiques et économiques à l'impérialisme US en échange de pressions de Washington sur Israël pour faire quelques concessions à Damas. Mais el-Assad rencontrera bien des difficultés dans cette politique. Il est soumis à des pressions de la part du mouvement palestinien et de son propre peuple de façon plus importante que Sadate; il a moins à offrir à l'impérialisme américain sur le plan des bénéfices économiques que Sadate; et ce qui est plus important, la position du régime israélien envers la Syrie restera beaucoup plus intransigeante qu'envers l'Egypte. En conséquence, les chances d'un accord prochain sur les hauteurs du Golan sont minimes. Le régime israélien bloquera la situation au moins jusqu'à ce que la nouvelle ligne de front dans le Sinal soit stabilisée (probablement aux alentours de février 76) avant d'essayer de discuter sérieusement avec la Syrie.
L'opposition de l'OLP
L'opposition de la direction de l'OLP à l'accord du Sinal est de même nature que l'opposition du Baas syrien. Le tournant politique fait par l'OLP après la guerre de 1973 avait pour but sa participation à l'arrangement qui devait suivre la guerre. (Voir "Inprecor" n°13 du 28 novembre 1974, n° 14/15 du 12 décembre 1974, et n° 19 de février du 13 février 1975). L'appareil de l'OLP est devenu un appareil d'Etat en quête d'un Etat. Ayant renoncé en pratique à la lutte armée contre l'Etat sioniste les dirigeants de l'OLP ont mis leurs espoirs dans l'établissement d'un Etat palestinien sur la rive ouest du Jourdain après qu'Israel s'en sera retiré. Mais le retrait d'Israel de la rive occidentale du Jourdain -- le plus peuplé et le plus riche des territoires occupés pendant la guerre de 67 - - ne pourrait être obtenu, selon la stratégie de l'OLP que par la pression combinée de l'Egypte, de la Syrie, des autres grands Etats arabes et de l'impérialisme US. Le président de l'OLP, Yasser Arafat, comme
el-Assad, reconnait qu'étant donné la stabilisation du front égyptien et la paix séparée de facto avec l'Egypte, les dirigeants sionistes ne subiront pas de pressions diplomatiques suffisamment fortes pour les amener à négocier avec l'OLP, sans parler d'un retrait de la rive occidentale. Si l'accord du Sinal repousse au moins de plusieurs mois un accord sur les hauteurs du Golan, il repousse la question de la rive occidentale dans un future indéterminé. L'OLP a réagi rapidement à la signature de l'accord. Le 2 septembre elle publia une déclaration dénonçant l'accord, en disant : "En dépit de toutes les assurances fournies par l'Egypte, l'accord ne se limite nullement à des clauses militaires mais constitue clairement un texte politique qui met explicitement fin à l'état de belligérance qui existe entre les deux pays". Le 10 septembre, le Comité central de l'OLP émit un communiqué disant : "L'accord égypto-israélien constitue une offense à la dignité du peuple égyptien et à son armée aussi bien qu'à la dignité de la nation arabe dans son ensemble. Cet accord est un véritable arrangement politique, suspendant l'état de belligérance avec l'ennemi sioniste sur un front seulement et ouvrant la route à la collaboration avec l'ennemi". Le 6 septembre, l'OLP organisa une manifestation d'environ 1000 personnes à l'ambassade d'Egypte à Damas. Mais la manifestation dont l'un des mots d'ordre était "le peuple palestinien salue fièrement l'attitude du général Hafez el-Assad", avait visiblement plus l'intention de soutenir le gouvernement syrien que de mobiliser les Palestiniens contre l'accord. Le fait est que l'OLP est dans une position extrêmement difficile. Sa propre adhésion au "processus de pacification" dans la région l'a politiquement désarmée pour s'organiser contre l'accord. L'appareil de l'OLP est bien trop étroitement lié au régime Saoudien pour risquer une confrontation directe avec lui, qui a rapidement exprimé son plein soutien à l'accord sur le Sinal. De plus, la politique constamment suivie par l'OLP de séparer la lutte des Palestiniens du combat révolutionnaire plus large du monde arabe lui laisse une base fort réduite en Egypte pour affronter Sadate. La réponse de Sadate aux critiques de l'OLP contre l'accord montre qu'il est conscient des rapports de forces. Le 4 septembre, il fit un discours dénonçant fortement et ouvertement l'OLP. Le ll septembre la station de radio de l'OLP au Caire "la Voix de la Palestine" fut reprise par le gouvernement égyptien. Le nom fut changé en "Radio-Palestine" et le personnel de la "Voix de la Palestine" empêché d'entrer dans les locaux. La station a continué d'émettre sur la même fréquence et au même horaire, mais les speakers sont égyptiens et les textes qu'ils lisent sont en grande partie des communiqués et des déclarations du gouvernement égyptien. Au même moment, une attaque contre l'OLP fut lancée dans la presse égyptienne. Etant donné le rapport de forces existant sur le plan diplomatique, la seule façon dont l'OLP pourrait engager une épreuve de force avec Sadate ou l'Arabie Saoudite serait de mobiliser les ouvriers, les paysans et les réfugiés palestiniens à travers tout le Moyen-Orient pour une lutte de masse contre la solution pacifiste dans son ensemble. Il n'y a pas de doute qu'une base de masse existe pour une telle campagne, comme cela a été démontré par l'accueil reçu par les organisations qui composent le "Front du Refus" palestinien (parmi elles le Front populaire de Libération de la Palestine et le Front populaire-Commandement général). Mais la direction de l'OLP ne peut pas mener une telle campagne sans renoncer à sa propre position politique et sans rompre avec les forces qui subventionnent la bureaucratie de l'OLP. Il est donc vraisemblable que l'OLP évitera toute épreuve de force et acquiescera éventuellement à l'accord sur le Sinal. Une paix «provisoire»? Bien que l'accord du Sinal ait pour but d'établir une paix séparée entre l'Egypte et Israël, il n'est en rien une garantie que la paix sera réellement maintenue. Si aucun accord n'est atteint sur le front syrien et si la mobilisation des masses palestiniennes, syriennes et libanaises continue, la position du régime de Damas pourrait devenir intenable. Dans cette éventualité, Damas pourrait être contrainte à lancer une attaque militaire contre l'occupation israélienne dans un effort pour débloquer la situation diplomatique. Le régime de Sadate aurait alors à faire face à sa plus grave crise. C'est une chose que de mettre fin à l'état de guerre avec Israël sur le front égyptien et permettre qu'il continue à occupper 80% de la péninsule du Sinat. Ce serait sûrement autre chose, de rester totalement passif pendant une guerre à grande échelle entre Israël et la Syrie. En face d'une telle éventualité, Sadate aurait le choix entre rompre l'accord du Sinal, ce qui impliquerait un affrontement direct avec les USA et subir vraisemblablement une nouvelle grande défaite militaire de la part de l'armée israëlienne très renforcée, ou s'en tenir à l'accord, ce qui presque certainement signifierait une confrontation sans précédent avec les masses égyptiennes et même la menace d'une explosion révolutionnaire de grande ampleur. Le choix ne serait pas un choix heureux ni pour Sadate ni pour l'impérialisme américain. Si, d'un autre côté, le front syrien peut être stabilisé aussi fermement que le front égyp-
tien l'a été, la question de l'occupation par Israel de la rive occidentale serait traitée mollement, la menace de guerre avec l'Egypte et la Syrie étant éliminée, rien ne pourrait forcer le régime sioniste à faire des concessions et l'OLP se trouverait totalement marginalisée. A ce moment-là, toute négociation qui aurait lieu se ferait entre Israel et le régime de Hussein en Jordanie et non entre Israel et l'OLP. Il s'ensuit que le premier pas dans le calendrier de l'impérialisme US ( et de el-Assad et Sadate) se trouve être maintenant le réglement d'un accord pour les hauteurs du Golan. Comme nous l'avons expliqué, à cause des rapports de force créés par l'accord sur le Sinal il ne sera pas facile d'arriver à un accord sur le Golan. Mais on peut à coup sûr prédire que le régime syrien suivra le chemin de Sadate vers la capitulation. L'accord prendra vraisemblablement la forme d'une démilitarisation partielle ou totale des hauteurs du Golan, sans doute avec la mise en place d'une importante force de l'ONU, combinées avec une renonciation des Syriens à la guerre selon la même ligne que celle de Sadate. La poursuite des négociations orchestrées par les USA comporteront un durcissement de la répression dans tout le Moyen-Orient arabe. Les masses palestiniennes, l'avant-garde dans tout le Moyen-Orient et même les dirigeants de l'OLP eux-mêmes vont comprendre ce qu'implique la pax americana qui est en train d'être négociée. Il y aura de la résistance et les régimes de Syrie, du Liban et d'Egypte affronteront cette résistance avec toute la rigueur en leur pouvoir. Une coordination plus étroite entre les appareils de répression des différents pays arabes a déjà commencé (le cas de l'Organisation Communiste Arabe, par exemple) et va sans aucun doute s'intensifier. On peut compter sur les occupants israéliens pour organiser la répression sur la rive occidentale du Jourdain et dans la bande de Gaza. Pour tous les régimes arabes concernés, la capitulation devant l'Etat sioniste et l'impérialisme US implique inévitablement la répression de l'avant-garde arabe. Même si l'on met à part la question spécifique du "réglement'' du conflit israëlo-arabe, les tentatives d'établir la "paix américaine" dans le Moyen-Orient arabe nécessite un accroissement de la répression. Le régime de Sadate essaye de résoudre la crise sociale et économique en Egypte avec l'injection massive de capitaux américains mais cela s'est révélé être une faillite totale et ne fera pas mieux dans l'avenir. Le problème du chômage, de l'inflation et de la baisse du niveau de vie en Egypte ont déjà amené un réveil de la classe ouvrière égyptienne et à la ré-émergence d'une avant-garde politique implantée dans les secteurs les plus décisifs de tout le prolétariat arabe. Même s'il n'y a pas immédiate mobilisation en Egypte contre la dernière capitulation de Sadate, la montée des luttes ouvrières dont certaines ont adopté des formes organisationnelles très avancées, va continuer. Depuis plusieurs mois maintenant, Sadate a entrepris une campagne de répression contre l'avant-garde égyptienne, il a très récemment arrêté 20 militants marxistes révolutionnaires. (Voir "Inprecor" n° 33, du 11 septembre 1975). La mobilisation pour défendre les militants révolutionnaires d'Egypte et des autres pays du Moyen-Orient devient donc une tâche cruciale pour les révolutionnaires dans tout le Moyen-Orient et pour tout le mouvement ouvrier international. Faire échec à la répression est l'un des points-clés de la défaite du réglement capitulard.