ITALIE Les évènements espagnols ont eu de grandes répercussions en Italie avant et après l'exécution des militants de l'ETA V et du FRAP. En réalité, durant tout le mois de septembre, se sont succédées des manifestations, qui par leur ampleur et leur caractère militant ont rappelé les mobilisations pour le Vietnam dans la plus forte période de mobilisation. Des manifestations ont eu lieu dans pratiquement toutes les villes importantes et dans de nombreux centres plus petits. A Rome, une première manifestation regroupant quelques milliers de participants fut organisée par le PCI le 4 septembre. Le 6 septembre, une manifestation analogue, plus ou moins de la même ampleur fut organisée par l'extrême-gauche. Au cours de la manifestation, un membre du secrétariat national du syndicat CGIL, appartenant au Manifesto-PDUP et la solidarité
Rome Alain Krivine qui se trouvait alors à Rome ont pris la parole, parmi d'autres. Une autre manifestation de masse a eu lieu le 17 septembre avec la participation du Parti communiste, du Parti socialiste et des organisations d'extrême-gauche. Il y avait entre 8 et 10. 00) participants. Durant toute la semaine qui précéda les exécutions, les organisations d'extrême-gauche ont organisé des piquets sur la place d'Espagne, faisant appel à la solidarité avec la lutte du peuple espagnol contre le franquisme et collectant des signatures contre les exécutions. Le jour de l'annonce des exécutions, les trois organisations les plus importantes de l'extrême-gauche -- Lotta Continua, Manifesto-PDUP, Avanguardia Operaia --,avec les Gruppi communisti internazionali, section italienne de la IV° Internationale, et d'autres organisations d'extrême-gauche avaient prévu une manifestation nationale pour le Portugal à Rome, la manifestation a surtout été centrée
sur l'Espagne. Pendant six heures, un cortège d'environ 30. 000 personnes a défilé dans le centre de la ville dans une atmosphère très combative. Cette manifestation était ouverte par plusieurs centaines de soldats masqués en uniforme. Quelques actes de vandalisme accomplis par de petits groupes contre des magasins qui ne constituaient en aucune façon des objectifs politiques, et autour desquels la radio et la télévision ont cherché à développer une campagne de dénigrement systématique, ont été dénoncés par les organisateurs eux-mêmes. Au même moment, se déroulait non loin de là, une manifestation convoquée par le PCI et le PSI avec la participation de représentants du PSDI (Parti social-démocrate) du PRI (Parti républicain) et même de la démocratie-chrétienne. On compte qu'il y avait environ 5000 participants. L'orateur démocrate-chrétien s'est fait violemment sifflé. Au stade olympique, avant le début du match de football Finlande-Italie, les 60. 000 spectateurs ont observé une minute de silence en mémoire des victimes et un grand nombre ont scandé : "'Espagne libre!" Le 27 septembre également, des manifestations eurent lieu dans de nombreuses autres villes. Deux manifestations à Milan - - l'une appelée par les partis traditionnels et les syndicats et l'autre par l'extrême-gauche -- rassemblèrent plusieurs milliers de personnes. Le 2 octobre a eu lieu une grève générale d'un quart d'heure décidée par les trois centrales syndicales unies. Dans l'après-midi de la même journée eurent lieu de nouvelles manifestations dans diverses villes, la plus importante se déroulant à Rome. Les travailleurs des ports ont développé des actions de boycott contre les bateaux espagnols et des actions semblables ont été menées dans les aéroports contre des avions de la compagnie Iberia. A Rome et dans d'autres villes, quelques cars espagnols ont été brûlés. FRANCE L'annonce de la confirmation des peines de mort contre les cinq militants basques et espagnols a déclenché une puissante vague de protestation dans le mouvement ouvrier et révolutionnaire français. Vague qui s'est amplifiée face au silence total, pour ne pas dire la complicité ouverte, du gouvernement Giscard d'Estaing. Dès le jeudi soir, les 2500 participants au meeting que la LCR avait organisé à la Mutualité sur le Portugal sortaient en manifestation à minuit dans les rues du quartier latin aux cris de "Franco fasciste, assassin". Le vendredi 26 dès la fin de l'après-midi à l'annonce de la confirmation des peines de mort, un rassemblement spontané se forma devant l'ambassade fortement gardée par les policiers de Giscard-Poniatowsky, rassemblement qui grossit au fil des heures, avec l'arrivée de militants français et espagnols. Il faut noter qu'une petite manifestation organisée par le PC et la JC fut dissoute place de la Concorde et n'approcha jamais de l'ambassade. Vers 10 heures, des heurts se produisirent avec les policiers utilisant abondamment les gaz lacrymogènes et plusieurs milliers de personnes partirent en manifestation sur les Champs-Elysées et dans les quartiers environnants. Jusqu'à trois heures du matin, des milliers de manifestants marchèrent dans les rues de la capitale pour crier leur haine du régime franquiste. Au passage tous les offices et représentations diverses du régime fasciste espagnol en France furent détruits. De violentes attaques de la police dispersèrent la manifestation à 3 heures du matin alors qu'elle tentait de rejoindre l'ambassade. Le samedi 27 septembre après l'annonce des exécutions, la manifestation organisée par l'extrême-gauche pour le Portugal, dans le nord de Paris se transforma en manifestation anti-franquiste militante. Elle se déroula de la République à la gare de l'Est, après quoi, les organisateurs demandèrent aux participants de rejoindre les délégations syndicales qui se rassemblaient à la même heure sur les Champs-Elysées. Vers 6 heures la police lança de violentes attaques, dispersant les manifestants dans les rues avoisinnantes. La presse et la radio mirent tout l'accent sur la destruction de 150 vitrines de magasins sur les Champs-Elysées, à l'initiative de groupes étrangers à la manifestation et pour certains directement organisés par la police. Le pouvoir tentait ainsi de dénaturer la puissante mobilisation anti-franquiste et de faire oublier son attitude honteuse de véritable béquille du régime franquiste. Les organisations syndicales appelèrent le lundi 29 septembre à une grève générale de 5 minutes, largement suivie et le jeudi 2 octobre à des actions de boycott contre l'Espagne. Le lundi 29 septembre au soir, une manifestation réunit près de 100.000 personnes à l' appel des partis de gauche traditionnels et de l'extrême-gauche. Là encore, le régime Giscard montra son vrai visage en lançant violemment ses policiers contre cette puissante manifestation alors que Poniatowsky laissait entendre qu'il faudrait peut-être interdire ces manifestations démocratiques.
SUEDE La mobilisation de solidarité avec les prisonniers politiques espagnols commença assez tardivement en Suède, pour une raison particulière : jusqu'au 22 septembre, l'activité des organisations révolutionnaires et des partis réformistes fut centrée autour de l'organisation d'une manifestation de solidarité avec le Chili (voir le compte-rendu dans ce numéro d' "Inprecor"). Il y eut cependant quelques petites manifestations et une campagne de propagande qui préparaient une riposte beaucoup plus large. Le 27 septembre, jour de l'exécution des cinq prisonniers, il y eut une manifestation de près de 8. 000 personnes devant l'ambassade d'Espagne. Cette manifestation était appuyée par 1l organisations politiques et mouvements de solidarité en réponse à un appel du Comité de solidarité Espagne anti-fasciste. Les principaux mots d'ordre et banderoles dans la manifestation étaient : A bas Franco! Liberté pour tous les prisonniers politiques! Rupture des relations diplomatiques! Face à l'ambassade les cinq prisonniers assassinés furent salués par 5 minutes de silence absolu, que même la police n'osa pas rompre en arrivant sur la scène de la manifestation. Les manifestants adoptèrent une résolution condamnant le régime franquiste qui devait être remise à l'ambassadeur. Mais celui-ci refusa d'ouvrir la porte. Ceci déclencha une explosion de colère et des heurts avec la police quand les manifestants tentèrent de traverser les barricades. L'ambassade fut ensuite obligée d'ouvrir ses portes et la résolution put être remise. Il faut signaler la présence d'un certain nombre de personnes âgées dans la manifestation, ce qui montre que le souvenir de la guerre civile espagnole reste profondément enraciné; de nombreux vétérans de la guerre civile y participèrent. Dans l'ensemble du mouvement ouvrier, il y a eu une forte réaction qui s'est manifestée par des actions de grève et de boycott. De nombreux syndicats ont adopté des déclarations de solidarité avec les victimes de la répression en Espagne. A Arlanda, l'aéroport de Stockholm, les ouvriers et employés firent grève contre trois avions espagnols qui devaient partir pour l'Espagne le samedi 28 septembre. Mais ce fut une grève passive qui permit à l'équipage espagnol de s'occuper lui-même de l'enregistrement des passagers et des bagages. Cependant le départ fut de beaucoup retardé. Certains syndicats envisagent des actions directes. Le syndicat du transport, le syndicat des pilotes et le syndicat des employés ont décidé un boycott de 3 jours (3-5 octobre) de tous les avions en partance pour l'Espagne; ceci empêchera environ 10.000 personnes de partir pour l'Espagne. Les dirigeants de tous les partis politiques ont fortement condamné les exécutions. De même tous les quotidiens du pays. A la tribune du Congrès du Parti Social-démocrate suédois, le premier ministre Olaf Palme a lancé une très violente attaque contre le gouvernement espagnol. "La chose la plus étonnante" a-t-il déclaré "c'est que ces fieffés assassins puissent continuer à agir comme ils le font. Après la deuxième guerre mondiale on parlait beaucoup de construire une nouvelle Europe fondée sur la démocratie. Mais l'Europe porte toujours cette infection du passé". Il attaqua également l'attitude de l'OTAN : "C'est étrange qu'ils prétendent défendre la démocratie achetant des bases militaires aux fascistes". SUISSE Dès le mois d'août, à l'annonce de l'ouverture de procès en Espagne, un vaste mouvement de solidarité s'est développé dans les principales villes de Suisse : chaque semaine, des manifestations des occupations d'églises ont été organisées. Le Consulat d'Espagne à Zürich et l'ambassade d'Espagne à Berne ont été occupés par des militants anti-franquistes la semaine qui a précédé les exécutions. Partout où cela a été possible, la Ligue marxiste révolutionnaire a impulsé les comités unitaires les plus larges. Là où l'unité n'a malheureusement pas pu être réalisée, nous avons pris nous-mêmes les initiatives que la campagne de solidarité exigeait. A l'annonce de la décision du Conseil des ministres de confirmer les peines de mort, la riposte du mouvement de solidarité a été immédiate et s'est amplifiée. Partout, des mobilisations ont été organisées et elles ont regroupé plusieurs milliers de participants. Les principales manifestations furent les suivantes : La Chaux-de-fonds : manifestation de plus de 1000 personnes organisée par le Parti socialiste, le Parti du travail (Parti communiste), les organisations syndicales, la LMR. Zurich: manifestations de 2000 personnes qui s'est terminée devant le Consulat d'Espagne. Bâle : occupation du Consulat d'Espagne. Lausanne: manifestation de 1500 personnes après l'occupation d'une place au centre de la ville pendant la nuit de vendredi à samedi. Lugano : manifestation de 1500 personnes, occupant le Consulat d'Espagne et brûlant tous les documents qui s'y trouvaient. Genève : c'est dans cette ville que s'est déroulée la plus importante manifestation; elle a regroupé plus de 1500 personnes. Après avoir par -couru les rues de la ville et lancé des pots de peinture contre les façades d'une agence commerciale espagnole, les manifestants se sont
dirigés vers le Consulat qui était protégé par d'importantes forces de police. Un affrontement en résultait, affrontement dont la responsabilité incombe entièrement aux forces de police genevoises. A Lugano, où la police s'était prudemment abstenue d'intervenir, l'occupation du Consulat et l'autodafé des documents se sont faits sans heurts. Les mobilisations contre la répression en Espagne ont connu une ampleur sans précédent dans toute la Suisse, Plus important encore, les organisations du mouvement ouvrier y ont apporté leur soutien dans bien des cas, même si, souvent, celui-ci s'est avéré plus verbal que réel, en particulier dans l'organisation unitaire de la mobilisation, Une chose est claire : l'activité permanente et le refus de céder aux pressions attentistes dans les divers comités locaux a permis de forcer une partie du mouvement ouvrier à appuyer et à participer aux mobilisations. Si ces manifestations ont été importantes, elles ont connu une faiblesse essentielle : elles ont été organisées à l'échelle locale sans qu'une coordination réelle à l'échelle nationale ait été possible. Or, aujourd'hui, pour permettre une extension du mouvement de solidarité, il est indispensable de renforcer, mais aussi de coordonner l'initiative et la mobilisation des comités locaux sur les axes suivants : - dénonciation de tous les crimes du franquisme, de tous les procès fabriqués, de toute peine de mort, pour la libération de tous les prisonniers politiques, contre l'état d'exception, la loi "anti-terroriste". - soutien aux luttes des travailleurs, des paysans pauvres et de tous les opprimés en Espagne. - mobilisation de toutes les forces possibles pour exiger la rupture immédiate des relations diplomatiques avec la dictature. Ce dernier point est particulièrement important. Le gouvernement suisse est un des seuls
Genève
gouvernements européens à ne pas avoir pris de positions publiques avant les exécutions, Cela s'explique notamment par les intérêts économiques qui lient la Suisse à la dictature, en particulier les exportations d'armes : après l'Iran, l'Espagne est le pays où la Suisse exporte le plus d'armes. Pour permettre cette extension du mouvement de solidarité les militants marxistes révolutionnaires avancent aujourd'hui la perspective d'une manifestation nationale pour le samedi 1l octobre à Berne et mettent tout en oeuvre pour réaliser l'unité d'action la plus large avec toutes les forces du mouvement ouvrier, chaque fois que cela est possible, mais en comprenant aussi que l'initiative des militants anti-franquistes les plus décidés sera capable aujourd'hui d'entrainer derrière elle les autres forces du mouvement ouvrier et d'élargir ainsi le front contre la dictature sanguinaire.
HOLLANDE
Le 26 septembre au soir, il y eut des manifestations de solidarité devant les Consulats espagnols à Amsterdam et Utrecht, devant l' Ambassade à La Haye et devant un Bureau officiel du Travail espagnol à Eindhoven. Le bufut occupé par les manifestants. Le piquet devant le Consulat d'Amsterdam dura toute la nuit. La manifestation de La Haye fut la plus importante avec plus de 1000 participants. En général ces manifestations, qui furent organisées en l'espace d'un temps très court, furent des actions unitaires entre l'IKB (section hollandaise de la IV° Internationale), les maoistes, certains membres du PC, des social-démocrates de gauche, des centristes. Le 26 septembre au soir, le ler ministre social-démocrate Joop Den Uyl appela à une manifestation unitaire de masse pour le 27 septembre. Le samedi 27 au matin, il y eut une manifestation de 1500 personnes à Eindhoven.
Un comité unitaire mobilisa 1000 personnes à Amsterdam. Dans ces deux villes le PC s'opposa aux manifestations en appelant à la manifestation nationale d'Utrecht l'après-midi du même jour. Environ 10 000 personnes participèrent à cette manifestation. Mais les organisations réformistes qui ne s'attendaient pas à une aussi grande participation n'avaient pas prévu d'infrastructure matérielle (pas même de sonorisation adéquate). En conséquence de quoi, un front uni des organisations révolutionnaires (parmi lesquelles l'IKB) prit la direction d'une partie importante de la manifestation, lançant ses principaux slogans : boycott de l'Espagne! Leur lutte est la nôtre! Solidarité internationale! Mort au fas -cisme! Espagne rouge! Quand Den Uyl demanda aux manifestants de se disperser, environ 5000 personnes refusèrent et suivirent les révolutionnaires dans une manifestation militante à travers la ville. ALLEMAGNE L'étendue de la mobilisation, les différentes actions de protestation qui se sont déroulées au cours du week-end des 27/28 septembre furent dans la tradition de notre mouvement de solidarité avec le Chili en Allemagne de l'Ouest. Durant les semaines qui ont précédé l'assassinat des cinq prisonniers politiques, des dizaines de "comités contrela peine de mort en Espagne sont apparus, la plupart à l'initiative des groupes d'extrême-gauche et des groupes de réfugiés espagnols. Dès la fin août il y eut des manifestations, des grèves de la faim, des actions de protestation et l'occupation de l'ambassade d'Espagne à Düsseldorf, dans lesquelles le GIM (Gruppe internationale marxisten, section allemande de la IV° Internationale) prit une part active. Il y eut donc une certaine organisation et préparation, bien qu'elle soit restée éparpillée. Mis à part les groupes d'exilés espagnols, cependant, aucune organisation d'extrême-gauche n'avait fait de la solidarité avec l'Espagne le centre de son activité. Le GIM, ainsi que de nombreux autres groupes était engagé dans l'organisation de la solidarité avec le Portugal. Le KBW, qui est la plus forte organisation d'extrême-gauche, avait lancé une campagne sectaire - mais non sans succès -contre la loi sur l'avortement et ne se joignit à la campagne de solidarité avec l'Espagne qu'au dernier moment. En conséquence, la plupart des mobilisations sur l'Espagne furent improvisées. Le 26 septembre, à l'annonce de la confirmation des peines de mort, il y eut des réunions et des manifestations spontanées dans différentes villes. A Francfort, 2000 personnes manifestèrent devant le Consulat. Un groupe d'ouvriers espagnols occupa la fameuse Paulskirche (Eglise St Paul) où l'assemblée constituante de 1848 eut lieu. Les manifestants qui étaient au Consulat se rendaient à la Paulskirche pour défendre l'occupation. La police attaqua les manifestants avec des gaz lacrymogènes et les canons à eau. Il y eut 50 arrestations. Un camarade espagnol fut blessé. Les mobilisations se poursuivirent durant le week-end. Le 27 septembre, une manifestation de 4000 personnes organisée à Francfort en solidarité avec la révolution portugaise fut transformée en une manifestation anti-franquiste militante. A Essen il y eut une manifestation de 1000 personnes; 2000 personnes à Munich (y compris la section locale des Jeunes socialistes); 1000 personnes à Berlin. A Hanovre, une manifestation de 900 personnes en solidarité avec le Portugal fut partiellement transformée en manifestation anti-franquiste. Le dimanche 28 septembre, environ 1000 personnes manifestèrent à Bonn. L'ambassade espagnole était gardée par des tanks! De nombreuses églises furent occupées (A Hambourg par exemple). A Aix-la-Chapelle 200 ouvriers et militants espagnols et allemands occupèrent la cathédrale. La Gedächtniskirche (Eglise du souvenir) fut occupée à Berlin. A Heidelberg il y eut une grève de la faim et une occupation de la Heilggeist-kirche (Eglise du St Esprit). Malheureusement, un nombre très limité d'ouvriers participèrent à ces mobilisations. Après l'appel lancé par la Fédération syndicale mondiale à Genève, le DGB ( Confédération syndicale allemande) appela à une "grève générale" de 2 minutes le 2 octobre! Au cours des semaines passées, un groupe de 48 députés socialistes avaient lancé une pro-
France, en ca Co, Kat testation contre les sentences de mort. Le
DGB envoya un télégramme de protestation à Franco. Même certains politiciens bourgeois (le président de la CDU, Kohl) et le Cardinal Döpfner de Bavière, appelèrent à la clémence sur des "bases humanitaires".
GRANDE-BRETAGNE—
L'exécution de cinq militants anti-fascistes en Espagne a déclenché une vague importante de solidarité en Grande-Bretagne comme dans le reste de l'Europe. Le jour de l'exécution, environ 800 militants espagnols et anglais ont réalisé une manifestation spontanée dans les rues de Londres. Le lundi suivant, la conférence du Parti travailliste adopta à l'unanimité une résolution déclarant sa "haine et sa condamnation des condamnations à mort". Cependant elle ne lança aucun appel concret à des actions de solidarité. Parlant à la Conférence, Jack Jones, dirigeant
du principal syndicat anglais (syndicat des transports - TGWU) qui représente 1.250.000 travailleurs, appela au "harcèlement sans répit de la dictature franquiste. Il expliqua que cela signifiait "arrêter et retarder le chargement et le déchargement des bateaux espagnols, le chargement et le déchargement des espagnols, le chargement et le déchargement des avions espagnols". Alors que Jones ne montra aucun signe de sa volonté de traduire ces belles paroles en actions en publiant un appel officiel à ses membres, plusieurs groupes importants d'ouvriers ont décidé d'arrêter toute circulation des marchandises espagnoles. Un meeting de masse de 2000 dockers du port de Hull a voté le boycott de tout le commerce avec l'Espagne "jusqu'à la fin du régime de Franco". A Heathrow, le principal aéroport de Londres, les délégués d'ateliers votèrent de boycotter les lignes aériennes espagnoles d'Ibéria "indéfiniement". Les téléphonistes de nuit du standard international de Londres ont décidé de boycotter tous les appels vers ou en provenance de l'E'spagne. D'autres travailleurs des transports ont annoncé leur soutien aux 48 heures de boycott des marchandises espagnoles auxquelles a appelé la Fédération internationale des travailleurs des transports pour les 2 et 3 octobre. Parmi ceux-ci, des travailleurs de l'aéroport de Stanstead, le principal syndicat des cheminots -(Syndicat national des travailleurs des chemins de fer) - et le syndicat des Transports et Manoeuvres, qui contrôle les transports des docks et les transports routiers. DANEMARK Avant et en particulier après les élections, il y a eu une condamnation quasi-unanime du régime franquiste. Avant la fin des procès contre les militants basques et espagnols il y eut plusieurs manifestations à Copenhague dont une de 500 personnes la veille des exécutions. Le jour des exécutions un regroupement spontané de plusieurs centaines de personnes se rassembla devant l'ambassade tôt le matin. Plusieurs fenêtres de l'ambassade furent brisées par la foule en colère. Dans l'ensemble, ces assassinats ont reçu une violente riposte. Le Premier Ministre socialiste Anker Jorgensen a fortement condamné les actions du régime franquiste dans une déclaration et rappela l'ambassadeur danois à Madrid. La presse a également réagi violemment et même certains journaux bourgeois ont demandé un boycott total de l'Es-
Le 29 septembre les travailleurs du port de Copenhague ont refusé de décharger et de charger tout bateau arrivant d'Espagne ou partant en Espagne. De plus la direction du Syndirat national des transports a décidé de répondre à l'appel de la Fédération internationale des transports pour un blocage total de 48 heures de toutes les liaisons avec l'Espagne, bateaux, trains, camions, avions. Le large sentiment en faveur d'un boycott contre l'Espagne est centré autour de deux buts: 1) Tous les voyages touristiques vers l'Espagne. Les grandes agences de voyage organisent des voyages pour environ 100. 000 touristes en Espagne. Un boycott dans ce domaine serait un coup efficace contre l'économie espagnole. 2) Il y a un match de football entre le Danemark et l'Espagne le 12 octobre. Un refus d'y participer de la part des danois serait interprété comme une action de protestation et de solidarité avec tous les opposants à la dictature franquiste.
Stockholm