Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

La fête rouge

Inprecor (première série) n° 37, 6 novembre 1975 · p. 31 · 569 mots

France Portugal

Le soldat portugais du SUV et le soldat français du FSMAR Il existe une tradition bien assise désormais dans la gauche et l'extrême-gauche françaises : depuis plusieurs années se succèdent les manifestations répétées à caractère politique, cul. turel, financier et à une échelle de masse. La plus ancienne et la plus massive d'entre elles est la fête de l'Humanité, le quotidien du PCF. qui réunit chaque année au début de septembre plusieurs centaines de milliers de personnes. Avec l'apparition de courants révolutionnaires, d'une presse hebdomadaire et quotidienne de l'extrême-gauche révolutionnaire ces fêtes se sont multipliées avec une réussite et une qualité inégales. Elles sont des rassemblements politiques en même temps que des manifestations à caractère culturel. La Fête Rouge se situe dans cette tradition, mais elle ne constitue pas une répétition identique aux autres. Elle s'est tenue à l'entrée de l'hiver, handicap surmonté par les plus de 50 000 participants venus de toute la France et de toute l'Europe. Pendant 36 heures continues, du samedi 18 octobre au dimanche 19 octobre au soir, débats politiques, orchestres de musique pop, chanteurs, restaurants s'entremêlèrent dans un accord sans fausses notes. L'objectif de cette Fête rouge était clair : réaliser une manifestation de masse aussi grande que possible pour aider financièrement et politiquement au lancement du quotidien rouge prévu pour le début de 1976. Ainsi cette fête possédait-elle un caractère propre qui donnait à sa manière bien que particulière un premier visage de ce que serait le quotidien "Rouge". Des cités ouvrières, femme, internationale, presse et édition, des régions de France, jeunesse, armée, reflétaient précisément les développements révolutionnaires dans ces secteurs regroupant différents courants d'extrême-gauche exprimant leurs conceptions différentes. Une tonalité militante, offensive et anti-sectaire était ainsi le trait dominant de ces heures colorées de la Fête rouge.

la fête rouge

UNE FETE

POUR UN

QUOTIDIEN

Les débats politiques principaux touchèrent à certaines des questions centrales des luttes révolutionnaires qui prennent pied en Europe : - la presse et les mass media, avec des camarades portugais du quotidien Republica et de Radio Renaissance, Rosanna Rossanda du quotidien italien Il Manifesto, un réalisateur de la télévision française, Jean Daniel du Nouvel Observateur de Paris, Daniel Bensald de Rouge et Ernest Mandel, Le sujet de ce débat était la conception de la liberté de la presse du côté des travailleurs et des révolutionnaires à la lumière des expériences portugaises et de certaines grèves dans l'imprimerie et la presse. - la situation au Portugal, avec des représentants des organisations qui composent le FUR dont la LCI, organisation de la IVème Internationale au Portugal), des camarades du S.U, V., de l'A, D. F.A. (Association des handicapés des Forces armées), de Radio Renaissance et de Republica. - l'Union de la gauche et les révolutionnaires, avec des représentants de l'extrême-gauche française. - le marxisme aujourd'hui, traitant des condi -. tions actuelles, dans la période post-stalinienne, du développement du marxisme révolutionnaire, de la lutte contre les séquelles bureaucratiques dans la pensée marxiste qui ont perverti les conceptions du parti révolutionnaire. Un meeting central, le dimanche dans l'après-midi, rassembla plus de 15.000 personnes. Ernest Mandel, interdit de séjour en France depuis Mai 68, prononça un discours sur la montée des luttes révolutionnaires en Europe. Des camarades soldats portugais du S. U. V. et soldat français du FSMAR (Front des soldats, marins et aviateurs révolutionnaires) soulevèrent l'enthousiasme de toute l'assistance quand, poings levés en commun, ils affirmèrent l'unité

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