Une série d'arrestation s'est déchainé dans la seconde moitié de septembre, contre des membres des organisations révolutionnaires et dé -mocratiques du pays. La police, sous de la préparation supposée d'une grande action de commémoration de la date du 23 septembre par l'organisation militariste qui porte cette date comme nom, a arrêté, torturé et incarcéré des dizaines de soi-disani "guerilleros". Certains furent mis en liberté comme nos camarades Carlos Ferra Martinez, Maria Elisa Villaezcusa et Margarito Montes Parra de México, mais d'autres sont toujours en prison comme notre camarade Raùl Villegas de Ciudad Juarès, sur la frontière nord avec les Etats-Unis. Le Groupe communiste internationaliste (GCI) fut durement touché dans son organisation par la perquisition de son local, lieu où était composé et édité "Bandera Roja" , l'organe de ce groupe. Les camarades du GCI furent également soumis à de terribles tortures, ce qui n'a été ni expliqué ni justifié une fois que les camarades de México furent libérés. En fait, il ne s'agit là de rien de nouveau. Comme le dit un tract signé par plus de 70 organisations: "C'est une pratique commune de la police que de séquestrer des gens qui d'une façon ou d'une autre s'opposent à la politique officielle, de nier leur détention, de les torturer et de les interroger pendant plusieurs jours et selon ce que "confessions" ont donné, alors elle les arrête officiellement ou les libère et dans quelques cas, où la torture a été appliquée avec excès, elle les fait simplement disparaitre". Le même tract distribué très largement dans les organisations démocratiques et l'opinion publique en général, souligne que cet arbitraire s'inscrit dans la logique répressive qui se développe dans le pays sous le prétexte de combattre le "terrorisme". A Guerrero sont détenus des centaines de paysans accusés d'appartenir à la guérilla de Lucio Cabanas, récemment disparu. Le nombre de prisonniers politiques augmente comme le montre le cas du dirigeant syndical Moises Escamilla et celui du militant Manuel Anzaldo, ce dernier relié de force à la Ligue du 23 septembre. La politique de Echeverria contre le mouvement révolutionnaire et démocratique a changé son cours et quelques unes de ses méthodes. Ces méthodes ont été mises en pratique en conjonction avec la politique d'''ouverture démocratique" que le régime aujourd'hui prêt de sa fin a initié en 1971 : politique qui a permis de réaliser dans une quasi impunité la répression sélective qui s'estacharnée sur les groupes révolutionnaires et d'abord, bien sûr contre les groupes militaristes. Mais cette répression, comme nous l'avons montré, en vient à atteindre des groupes politiques et des secteurs sociaux de moins en moins minoritaires, c'est le cas par exemple des paysans de Guerrero et aujourd'hui du GCI. En 1975, le GCI a connu un développement qui en fait sans aucun doute le groupe révolutionnaire le plus important du pays à la gauche du Parti communiste mexicain (PCM), qui indubitablement a monopolisé pendant des décennies la fonction de la gauche au Mexique. Aujourd' hui, ainsi que cela s'est vu le 14 mars avec le rejet de Echeverria à la Cité Universitaire, avec la grève du SPAUNAM (syndicat des professeurs d'université d'UNAM) et avec les journées en faveur de l'Espagne, le GCI est un pôle reconnu par des milliers de militants qui convergent chaque fois davantage vers le marxisme révolutionnaire. En septembre dernier, la visite spectaculaire du camarade Ernest Mandel a permis la tenue de plusieurs meetings de grande envergure, surtout le dernier, en défense du Portugal auquel assistèrent 2. 500 personnes. Tous ces meetings, organisés par le GCI, ont montré à la politique officielle et à ses instruments policiers que le GCI devait être surveillé avec plus d'attention. C'est cela qui explique la répression qui se déchaine actuellement contre l'organisation sympathisante de la IV ° Internationale au Mexique, le GCI.