Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PORTUGAL

La construction défait le gouvernement

· Inprecor (première série) n° 38, 20 novembre 1975 · p. 14-18 · 3 146 mots

Portugal

Deux semaines de campagne de soutien au et le PPD, ont été réduites à leur juste dimension par quatre jours de lutte des travailleurs de la construction. Les espoirs qu'avait le gouvernement - ou qu'il feignait d'avoir - se sont rapidement envolés. Face aux dizaines de milliers d'ouvriers de la construction, Pinheiro avait perdu son air de fanfaron. Il est vrai que le peuple manifestant devant le palais de Sao Bento ressemblait fort peu au "peuple" qui l'acclamait le 25 octobre à Porto, le 4 novembre à Faro ou le 10 novembre à Lisbonne. Décontenancé, en une exclamation, il résuma la politique anti-ouvrière du VI° gouvernement. "Vao a merda ! " lança-t-il aux dizaines de milliers d'ouvriers scandant leurs revendications. Ces derniers, du tac au tac, lui renvoyèrent la balle ! La mobilisation des travailleurs d'un secteur-clé du capitalisme portugais a fait surgir la réalité des rapports de forces

A.UDRY entre les classes pour tous ceux qui parlaient déjà d'un reflux ou d'une inversion de tendance. Suite à la victoire des travailleurs de la construction, la manifestation convoquée pour le dimanche 16 novembre par la coordination des Commissions de travailleurs de la ceinture industrielle de Lisbonne -contrôlée par le PCP - traduira certainement la montée du mouvement revendicatif qui s'est développé dès le début octobre. La bourgeoisie a d'ailleurs fort bien compris la situation, même si elle ne manque pas de lancer une campagne alarmiste sur un "coup d'Etat' préparé par le PCP. Ainsi, le CDS, dans un communiqué daté du 15 novembre, déclare : "Le VI° gouvernement et les forces qui l'appuient ne parviennent pas à mener à bien leurs projets. Il ne possède aucune autorité pour se faire respecter et obéir, ni ce qui permettrait de rétablir les conditions minimum d'ordre,

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de discipline et d'autorité sans lesquelles les pouvoirs s'évanouissent, les Etats se dissolvent et les patries n'en finissent pas de mourir". Quant au PPD, il se "réfugie" à Porto, affirmant que "'Lisbonne n'est plus sûre". S'il joue la carte de l'opposition nord-sud, ce qui peut encourager une offensive de la réaction dans le nord, il exprime néanmoins la crainte de la bourgeoisie face à la capacité de mobilisation montrée par les travailleurs de la construction. Le PS tire à boulets roses sur la future manifestation du 16 novembre et s'écrie: "Il est évident qu'une telle mobilisation se donne pour but de préparer un blocage de la circulation en ville et de lancer un assaut contre les structures de base de l'appareil d'Etat". Il termine son communiqué en appelant à la "vigilance" et en lançant le mot d'ordre de "Tous dans la rue!" Les socialistes se gardent bien cependant d'organiser une contre-manifestation à Lisbonne, surtout une contre-manifestation reprenant le slogan traditionnel : "Le peuple L'A.M.I: un premier échec Au moment même où des secteurs importants de travailleurs engagent des luttes revendicatives débouchant quasi toutes sur une confrontation avec le gouvernement et le ministère du Travail, les luttes des soldats continuent. Voilà ce qui donne sa dimen-

... DEFAIT L

GOU

sion à la crise politique actuelle. Ainsi, gouvernement et Conseil de la révolution confièrent aux troupes du DGAFA (Dépôt général des forces aériennes) la tâche de détruire l'émetteur de Radio-rennaissance à Buraca. Pinheiro de Azevedo affirma à ce sujet que : "Le Conseil de la révolution a accompli son devoir de la façon qui lui paraissait la moins risquée et la force armée l'a exécuté avec une discipline consentie, comme il convenait". Or, le lendemain de cette action, les soldats parachutistes du DGAFA , réunis en assemblée plénière, condamnaient cette opération et votaient la motion suivante: "Nous répudions et condamnons la destruction de RR faite sur ordre émanant directement du Conseil de la révolution . Nous informons l'opinion publique que la mission fut exécutée par des éléments étrangers à cette unité (DGAFA) concrètement par des spécialistes de la PSP, bien que sous la présence de parachutistes appartenant à l'AMI. Que cette action visait essentiellement à la destruction d'un instrument d'information au service de la classe exploitée et des travailleurs. Nous exigeons la dissolution immédiate de l'AMI et nous répudions son action"'. Dans d'autres unités de parachutistes des réactions se développèrent. Ainsi, l'assemblée plénière des sergents de la Base et Ecole de Parachutistes de Tancos, exige que: "Les compagnies de parachutistes qui se trouvent détachées à Lisbonne au service de l'AMI reviennent immédiatement dans la base de Tancos". Le succès du gouvernement était complet! Non seulement les soldats du DGAFA expliquèrent longuement sur les ondes des radios et à la TV qu'ils n'avaient pas été informés de l'objectif de la mission, mais ils ne manquèrent pas d'établir une comparaison entre la façon dont les commandants de parachutistes tentèrent de les entraîner le 1l mars, pour attaquer le RALIS, et cette opération. "La contestation" s'est donc installée dans les rangs des troupes sur lesquelles le gouvernement et le Conseil de la révolution comptaient s'appuyer. L'explication donnée

VERNEMENT!

par les soldats de leur refus de continuer à faire partie de l'AMI, comme la revendication de dissolution de l'AMI expriment un processus de radicalisation et de politisation peu usuel pour des troupes de cette nature. En réaction à l'attaque contre l'émetteur de RR, les soldats-parachutistes prennent donc position directement contre le VI° gouvernement. Un clivage très net s'introduit entre les soldats et sergents d'un côté et les officiers de l'autre. Ces derniers, à la quasi unanimité, soutiennent le premier Ministre et le CR. Ils trouvent un soutien dans le Parti socialiste. La défense des institutions bourgeoises possède une certaine logique. Ainsi, la Fédération du PS de la zone urbaine de Lisbonne, face à la volonté déclarée des parachutistes de ne pas servir de force de

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PORTUGAL frappe anti-ouvrière, apporte son soutien aux officiers, car : "détruire les troupes parachutistes revient à détruire une arme importante de notre révolution' (''Portugal socialista" 12.11.75).

Parallèlement, le mouvement de lutte pour les transports gratuits continue. Par centaines, des soldats prennent le train et refusent de payer.

Dans de nombreuses unités des déclarations contre l'AMI sont votées. Par exemple, les soldats du RIA (Régiment d'infanterie d'Abrantès) adoptent, en assemblée génér le, une motion "condamnant l'AMI et dénonçant les manoeuvres réactionnaires du VI gouvernement de la bourgeoisie qui, avec la formation d'une armée de mercenaires, crée la condition pour que le peuple portugais soit écrasé par une dictature sanguinaire, comme au Chili... Nos armes seront toujours aux côtés du peuple dans la lutte contre le fascisme et le capitalisme". (6.11.75) En outre, s'affirme une tendance des soldats à prendre directement en main le contrôle des dépôts d'armes. Dans le

DGMG ( Dépôt général de matériel de guerre) de Beirolas, une commission de lutte s'est formée ayant pour but de mettre en pratique le slogan : "'Les armes doivent être contrôlées par les soldats qui sont aux côtés des masses ouvrières et des paysans". Une manifestation de soutien à cette lutte fut organisée par des soldats d'autres unités ainsi que par des CM et CT. La hiérarchie compte maintenant sur les troupes spéciales de retour d'Angola pour renforcer qualitativement sa force d'intervention. Le responsable direct de l'attaque contre RR, le général des Forces aériennes, Morais e Silva, a longuement expliqué l'importance de remettre à l'ordre du jour les manoeuvres militaires. Le but est clair, il faut structurer les troupes de retour d'Angola et éviter leur contamination : "'Le retour des forces aériennes et des troupes des ex-colonies donne aux unités une sensation de manque de mission. Dans ces conditions... la création de ces détachements (de combat) est hautement dynamique et mobilisatrice pour la troupe'. Face aux multiples mises en question de ces manoeuvres par des assemblées de soldats, le général s'exclame : "'Il serait étrange que cela (les manoeuvres) ne puisse pas se faire, dans la mesure où c'était la raison même d'existence des Forces armées que de défendre le peuple portugais et non pas de servir à la multiplication d'assemblées générales de soldats' . Les soldats comprennent différemment la tâche de défense du peuple portugais. Certes, à l'échelle nationale, le niveau de radicalisation n'est pas homogène et les mesures de démobilisation d'une partie importante des soldats de l'armée de terre vont avoir des effets.

Mais il est certain que, pour l'instant, la bourgeoisie ne dipose pas de forces suffisantes pour porter des coups tant soit peu importants au mouvement de masse, du moins sans risquer une crise très grave pour elle. La réapparition des actions terroristes soigneusement calculées et techniquement bien préparées, est l'indice de la perte de confiance des secteurs réactionnaires dans le VI° gouvernement. En effet, comme par miracle, dès l'intronisation de Pinheiro, les attentats avaient pris fin. Aujourd'hui, ils se multiplient. Il est difficile pour le gouvernement d'employer la PSP et la GNR. Ces troupes portent trop la marque du passé et rendent politiquement hasardeuse leur utilisation. En plus, elles commencent à être atteintes par la démoralisation.

du moins celles stationnées à Lisbonne. L'impuissance gouvernementale, ses reculades, l'attitude de la Police militaire, l'aspect massif des mobilisations (construction civile) doivent susciter des doutes chez ceux qui se considéraient invulnérables il y a moins de deux ans.

Par exemple, plus d'un policier hésita à intervenir contre le piquet des travailleurs du ministère de la Communication sociale qui voulaient empêcher le secrétaire d'Etat à l'Information - un ancien collaborateur des services "scientifiques" de la PIDE - de pénétrer dans les bâtiments du ministère. Après quelques heures, la PM les remplaça et collabora avec les travailleurs du ministère. Il apparait donc qu'une des caractéristiques de la période actuelle, une crise extrêmement profonde de l'appareil d'Etat, se trouve confirmée et renforcée, même si le gouvernement a voulu faire preuve d' "'autorité" en faisant taire RR. Cette crise ne fait que refléter le niveau de la confrontation entre classes qui se développe actuellement au Portugal. Une défaite claire La lutte des travailleurs de la construction civile couronne les mouvements revendicatifs des métallos, des ouvriers-boulangers, des transports routiers etc. Tous se sont heurtés au ministre du Travail, Tomas Rosa, et plus généralement au gouvernement. Les travailleurs de la construction ont fait reculer les ministres. Le gouvernement, dans son dernier "plan d'urgence pour rétablir les mécanismes économiques fondamentaux" opte évidemment pour une "politique d'austérité". Comme il le reconnait lui-même : "La politique d'austérité n'est pas une politique populaire et pose, pour cette raison des problèmes politiques sérieux..." (A Capital, 10.11.75) À cinq heures du matin, le vendredi 14, alors que le gouvernement devait céder sur l'essentiel aux travailleurs de la construction, les ministres ont da se rendre concrètement compte que ces mesures posaient des "problèmes politiques sérieux". D'autant plus que, selon le texte même du "plan d'urgence", la construction

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était considérée comme le secteur décisif d'un redémarrage de l'économie en général (avec le secteur des exportations). Une relance capitaliste de la construction impliquait, entre autres, ne faire aucune concession sur les salaires, refuser de passer de 4. 500 à 6.500 escudos! L'austérité, les ministres dûrent l'appliquer eux, durant deux jours! Les travailleurs de la construction avaient organisé le siège du Palais de Sao Bento. Toutes les rues étaient barrées. La capacité d'organisation de l'auto-défense était impressionnante. A tous les barrages un strict contrôle était établi. Face à cette démonstration de force, les habitants du quartier, quasi naturellement, montraient leur carte d'identité à chaque barrage. L'organisation de la circulation automobile était prise en main par des piquets de travailleurs. Durant deux nuits entières et deux jours des milliers de travailleurs assiégèrent le gouvernement. Ces milliers d'ouvriers, parmi lesquels un nombre important de iravailleurs immigrés (du Cap Vert) totalement unis à leurs camarades portugais, ont acquis avec une rapidité extrême un sens de la riposte politique. Voilà un signe indiscutable d'une montée révolutionnaire. Par exemple, le vendredi 14, à deux heures du matin, la commission de négociation annonce que le premier Ministre est prêt à accepter les propositions faites, mais qu'il doit consulter pour cela le Conseil de la révolution qui se réunit au PaLa commission de négociation avait certainement accepté cette demande de Pinheiro de Azevedo. Pourtant, sur le champ, des milliers de travailleurs répondent: "Pinheiro ne sortira pas ! Le CR n'a qu'à venir ici! "En deux jours ces milliers de travailleurs, qui faisaient pour la première fois une telle grève, avaient assimilé les éléments de base de la tactique politique. Ils avaient parfaitement compris où résidait leur force: la capacité de tenir physiquement un gouvernement incapable de faire le moindre mouvement non seulement vu le niveau de l'auto-défense, mais vù la crise même de l'appareil de répression, un gouvernement si bien contrôlé que lorsqu'un hélicoptère vint pour apporter de la nourriture (le jeudi soir), les travailleurs ont soustrait ces mets et enseigné pratiquement aux ministres le sens du terme austérité. De plus, le degré d'organisation de l'auto-défense constituait une assurance contre toute action aventuriste militaire de la part de certaines organisations ultra-gauches qui confondent trop facilement la prise du pouvoir avec la "prise du palais d'Hiver". Il ne fait pas de doute que la victoire des travailleurs de la construction renforcera le sentiment de force de l'ensemble de la classe ouvrière. Elle fonctionnera aussi comme une référence pour les prochaines luttes. Lors d'une lutte revendicative, poir la première fois, les travailleurs ont pris des initiatives aussi larges d'édification de barricades en ville, de contrôle de la circulation, etc. Toutes ces expériences, qui sortent du terrain connu de l'usine, sont essentielles pour une riposte efficace et une contre-offensive à toutes manoeuvres de la réaction, Un nouveau pas a été franchi par la classe ouvrière portugaise, entrainée cette fois par une fraction de la classe qui ne formait pas son avant-garde. Voilà aussi un autre signe d'une montée révolutionnaire. Conjointement à ce "triomphe", dans de nombreux secteurs, surgissent des plate-formes revendicatives fort avancées (voir Inprecor N° 37). Trois aspects doivent être notés. Tout d'abord, l'importance de la solidarité avec les luttes les plus significatives. A chaque fois qu'un mouvement acquiert une certaine ampleur, ou devient un pôle de cristallisation, les motions de soutien des CT arrivent de tout le pays. Ensuite, un débat commence à surgir, au niveau de l'avant-garde ouvrière, sur le contrôle ou -vrier A la Soreframe, depuis septembre, la "Commission de contrôle de la production et de gestion' publie un bulletin intitulé "Contrôle ouvrier". Dans la grande entreprise SACOR (pétrole), un véritable programme de contrôle ouvrier, précédé d'un texte d'explication, fut voté en assemblée plénière. Dans le bulletin de la Soreframe on peut lire cette définition du contrôle ouvrier: "Le contrôle ouvrier est donc une phase transitoire. C'est une école dans laquelle les travailleurs apprennent les secrets de la gestion de leurs entreprises et dans laquelle se créent de nouvelles méthodes démocratiques de gestion, etc. " Alors que les travailleurs de nombreuses entreprises et même de restaurants et de magasins donnent immédiatement à leur lutte la qualification de "contrôle ouvrier", la divulgation de tels textes par la presse - entre autres par Republica -joue évidemment un rôle important pour préciser les objectifs de leurs actions revendicatives. Enfin, vu la conjonction entre le niveau des revendications (contrôle ouvrier, planification socialiste, reconversion) et la confrontation avec le gouvernement, le problème de la fonction des CT, de leur coordination, de leur centralisation se pose avec toujours plus d'actualité. Lors de l'assemblée plénière des CT de la "ceinture industrielle du grand Lisbonne", assemblée contrôlée et fortement manipulée par le PCP, le secrétariat ne put éviter que le débat porte sur cette question cruciale. Dans la perspective du PCP, il mettait l'accent sur le rôle des CT comme "organes de volonté populaire et de défense des conquêtes", c'est-àdire des organes cohabitant avec les institutions d'un système démocratique parlementaire bourgeois. D'autres tendances, par contre, affirmaient que les CT : "Sont des instruments au travers desquels s'affirme le pouvoir des travailleurs, et sont des organes de pouvoir populaire embryons du futur Etat prolétarien. " Une grande partie des débats stratégiques se résumaient dans ces deux définitions. La base objective pour assurer une centralisation des CT s'affirme donc toujours plus. Il n'en va pas de même pour les CM qui, d'une part, sont beaucoup plus sujettes aux divisions

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vue de leur représentativité réelle, de leur fonctionnement régulier, etc. Mais

Ice mouvement vers la centralisation exige aussi bien une position très claire démocratie ouvrière, qu'une propagande et des initiatives concrètes, qui fassent surgir la centralisation comme une nécessité propre du mouvement revendicatif. La faiblesse politique de l'extrême-gauche, souvent marquée par un ultra-gauchisme effréné, constitue un des obstacles majeurs au déclenchement de ce processus de centralisation qui serait possible malgré un relatif développement inégal de la mobilisation ouvrière entre le nord et le sud. Durant la dernière période, le PCP a indiscutablement reprit l'initiative et affirmé son autorité face à une extrême-gauche incapable de mettre à profit les rapports de force et les avantages acquis en août-septembre. Le PCP a donc fait la peuve dans l'Alentejo comme à Lisbonne de sa capacité de mobilisation, par le biais de l'Inter-syndicale ou des organisations paysannes. Son objectif est clair. Le 29 octobre: "Octavio Pato, leader du PCP à l'Assemblée constituante déclarait: "La solution de la crise passe obligatoirement par le rapprochement et l'entente entre diverses tendances du MFA, par l'entente entre les partis de gauche, du PCP, du PS... La solution de la crise implique obligatoirement, l'existence d'un gouvernement qui possède la confiance des diverses tendances du MFA, des officiers, sergents, soldats et marins, des partis de gauche, des masses populaires, de la classe ouvrière. Seul un gouvernement qui est capable d'inspirer cette confiance a le pouvoir de rétablir l'autorité, la discipline et le tra vail intense qu'il est essentiel de développer. " (A Capital, 30.10.75). Le PCP ne veut pas renverser le gouvernement, il craint la crise qu'ouvrirait une chute du gouvernement se situant dans le prolon gement d'une mobilisation ouvrière. Il ne désire qu'une refonte du gouvernement et du Conseil de la révolution, sur un axe PS-PC-MFA. Pour cela, il se garde bien d'attaquer directement Pinheiro de Azevedo et met l'accent sur le PPD et divers ministres. En outre, face à la mobilisation des travailleurs de la construction, d'une part, il reste relativement en arrière (le syndicat organisait et contrôlait la mobilisation), d'autre part, il se distancie de certaines méthodes de lutte. Ainsi, le 13 novembre, il publie un communiqué affirmant: "Tout en appuyant la manifestation et l'encerclement de Sao Bento, le PCP est pourtant en désaccord avec la séquestration des députés de l'Assemblée constituante et du premier Ministre"'. L'ouverture vers le PS, le respect dû à Pinheiro ont leurs exigences! Face aux mobilisations ouvrières, il n'est pas impossible qu'une fraction des Neuf (le groupe de Melo Antunès) opère un rapprochement avec les Gonçalvistes pour tenter de mettre devant le PS et devant le PC des propositions de gouvernement sur une base PS-PC-MFA. Le VI° gouvernement provisoire bis pourrait alors prendre place. Il resterait provisoire. Cette "solution" est difficile, les autres le sont plus. 15.11.75

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