Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

LIBAN

La guerre civile

· Inprecor (première série) n° 38, 20 novembre 1975 · p. 7-10 · 3 024 mots

Liban Palestine et Israël France États-Unis

AU LIBAN

G. VERGEAT Au début du mois de novembre la trêve qui a mis fin aux combats à Beyrouth et dans le reste du pays n'est en aucune mesure la manifestation du retour de la paix sociale ou du rétablissement de la situation antérieure au déclenchement de la guerre civile. Rien n'est règlé au fond, les conditions de l'explosion de la guerre civile demeurent et un nouveau recours aux armes peut se reproduire à tout moment. Les raisons qui ont déterminé les affrontements ont été accumulées à une vitesse grandissante tout au long de l'histoire du Liban depuis sa création sur une base confessionnelle à la suite du Pacte de 1943, année de son apparition comme Etat indépendant. L'évolution de la situation internationale au Proche-Orient combinée aux contradictions internes du Liban a poussé le pays vers la guerre intérieure. Qu'est-ce que le Liban? Depuis son apparition, le Liban est devenu chaque jour un peu plus la propriété privée presque exclusive d'une bourgeoisie chrétienne maronite compradore. Peu intéressée au développement économique de ce pays arriéré, cette bourgeoisie tire sa puissance commerciale et financière de la place qu'elle occupe à la charnière des relations économiques entre l'Orient arabe et l'occident impérialiste. Sa fonction unique d'organisatrice du transit et de banquier dans la région lui a permis d'amasser des fortunes immenses. L'inexistence de cadres juridiques de contrôle des échanges internationaux,du fait de l'inexistence d'un Etat capable d'imposer sa loi à ce monde de trafiquants, a miné peu à peu la structure de cet Etat , l'anarchie capitaliste et la course échevelée aux profits oeuvrant finalement contre l'intérêt général de la bourgeoisie. Une idée précise de la réalité de ce paradis de la finance est fournie par une publication récente d'un Avis de l'Association des Banques du Liban destiné aux banques étrangères, qui établit que : "depuis le début des évènements le marché des changes est resté relativement équilibré sans que la Banque n'ait eu à intervenir à aucun moment. En conséquence les réserves monétaires libanaises en or et devises sont demeurées inchangées à leur niveau relativement très élevé. Ces réserves dépassent ( si l'or est évalué au cours du marché) trois fois la circulation fiducière en Livres libanaises"'. Au cours de ces années d'affirmation du rôle commercial et financier de la bourgeoisie maronite de cet Etat, un personnel nombreux et rompu à toutes ces opérations économiques internationales a été formé, et représente un capital technique nécessaire à la marche des économies arabes fondées sur le pétrole, ainsi qu'à la pénétration orientée des investissements des capitaux impérialistes dans l'Orient arabe. Totalement concentrée sur Beyrouth cette activité tournée vers l'extérieur du pays a draîné vers la capitale plus de la moitié de la population de tout le pays, par les emplois qu'elle créait et les retombées d'argent qu'elle provoquait. Un commerce local petit et moyen s'y est développé, lié à la croissance énorme des services de toute catégorie. Sous la domination de la bourgeoisie chrétienne maronite cette activité s'est traduite dans le cadre du confessionalisme institutionnel par une politique de discrimination confessionnelle dans les écoles privées et publiques, dans l'administration, sur tout le marché de l'emploi, tenant à l'écart la masse de la population musulmane. Enseignements secondaires et universitaires en français ou en anglais, par des organismes possédés par des institutions religieuses ou lalques françaises ou américaines traduisent l'intégration totale, économique comme culturelle, de la bourgeoisie maronite à l'impérialisme. L'évolution vers la situation présente Le souhait le plus cher de cette classe dirigeante était de maintenir cet état de fait aussi longtemps que possible. L'aile musulmane de la bourgeoisie libanaise rejoignait sur ce terrain sa consoeur maronite. Cette attitude impliquait de maintenir le Liban hors des convulsions politiques et sociales du Proche-Orient, hors des guerres d'agression de l'Etat d'Israel contre les Etats arabes. Cela voulait dire empêcher l'arabisation du Liban et maintenir en sous-main une politique de reconnaissance de fait de l'Etat sioniste. Le nationalisme arabe en réaction au sionisme ne devait surtout pas prendre pied au Liban. C'est l'inverse qui s'est produit. Les conséquences de l'entreprise sioniste au Proche-Orient se sont manifestées de plusieurs manières dans le pays. L'installation de centaines de milliers de réfugiés palestiniens de 1948 dans des camps à proximité des banlieues des villes, Beyrouth, Tripoli, Salda, sans emploi et sans espoir d'en

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LIBAN trouver dans ce pays sous-développé, est la précondition de la crise qui ravage actuellement le pays. Ce facteur historique d'explosion s'est peu à peu affirmé comme tel avec la mobilisation ascendante des masses palestiniennes de tout l'Orient arabe contre le sionisme. Avec leur organisation et leur armement hors d'un contrôle véritable des régimes arabes, est apparue au Liban une force politique et sociale autonome dont le fonctionnement propre signifiait tôt ou tard un affrontement avec le Liban de la bourgeoisie maronite. Celui-ci, paralysé par son laxisme galopant, sa corruption absolue, et ses structures minées par les luttes des clans autour du pouvoir, était incapable de réagir en tant qu'Etat central libanais. Il était difficile sinon impossible que l'aile musulmane du système confessionnel, masses et bourgeoisie comprises, reste comme un bloc passif dans le cas où serait décidé d'engager l'épreuve de force contre les palestiniens : une même réalité nationale arabe réunit masses libanaises et palestiniennes, et la sensibilisation à la question du sionisme a pénétré les masses libanaises. Depuis 1969 l'intermittence de conflits locaux armés entre les milices bourgeoises maronites attaquant des combattants palestiniens préfigurait exactement quelle serait l'évolution interne du

Ces affrontements répétés étaient autant de bornes successives sur la voie d'une guerre civile généralisée. Qui avait intérêt à cette guerre civile généralisée ? Qui avait intérêt à cette guerre de liquidation de la Résistance palestinienne ? Ceux-là même qui étaient menacés par le développement du conflit israélo-palestiniens sur le terrain libanais qui amenait inévitablement une ionction entre les Palestiniens et les masses libanaises. La bourgeoisie musulmane du Liban, au même titre que ses homologues égyptienne, jordanienne, syrienne, désire la paix avec Israël, mais elle ne possède pas à elle seule les moyens d'obliger les Palestiniens à se soumettre. De ce fait elle est tributaire du système confessionnel et solidaire de la bourgeoisie maronite par nécessité. De son côté, la bourgeoisie maronite voyait en son sein s'organiser divers courants politiques en vue de la guerre civile. Le courant dominant militairement, les Phalanges de Pierre Gémayel représentait une véritable armée privée équipée de pied en cap par l'impérialisme américain. C'était la première réponse de la chrétienté maronite hors des structures de l'Etat libanais à la menace qu'elle percevait pour son ordre socio-économique. Fer de lance de la réaction anti-palestinienne, pro-impérialiste, pro-sioniste entrainée par des mercenaires blancs du colonialisme en Afrique, les Phalanges se recrutent surtout dans les couches inférieures de la bourgeoisie maronite. Celles-ci, directement vulnérables dans leurs possessions face aux masses arabes exploitées ou rejetées, libanaises ou palestiniennes, ont une activité économique directement tournée vers le marché intérieur, tributaire de la précarité croissante de la situation dans ces dernières années. La haute bourgeoisie financière intégrée aux circuits internationaux n'est pas soumise aussi directement aux conditions intérieures du Liban. Le déclenchement du conflit Il fallait davantage que les conditions persistantes de conflit pour engager le processus de guerre civile. Le choix du moment et du prétexte devait servir les intérêts communs de l'impérialisme et de ses alliés dans la région en général et au Liban en particulier. C'est l'Accord sur le désengagement progressif au Sinal, glissé par Kissinger entre Israel et l'Egypte qui donna le signal du déclenchement des hostilités. L'embuscade phalangiste dans laquelle tomba le bus transportant des combattants palestiniens du Front du Refus fournit le prétexte à l'engrenage des combats. Les Phalanges prenaient l'initiative, mettant devant le fait accompli toute la bourgeoisie maronite et musulmane, qui ne disposait d'aucun plan consistant pour donner un coup d'arrêt aux Palestiniens et museler les masses libanaises de plus en plus combatives. Derrière ces affrontements, l'internationalisation du conflit était bien évidente. Ce conflit, par libanais interposés, oppose la Syrie et l'OLP à l'impérialisme américain et à Israel. C'est selon ces deux axes que les camps se sont constitués sur le terrain. L'enjeu concerne les conditions de la solution pacifique générale. De son côté, Israel veut réduire au maximum la réalité combattante des Palestiniens avant tout accord final possible; les Etats-Unis, le Liban et des régimes arabes tels que l'Egypte, l'Arabie saoudite, la Jordanie partagent cette volonté. De l'autre, craignant une paix séparée d'Israel avec l'Egypte qui l'isolerait face aux Etats-Unis et Israel, alors qu'elle recherche un Accord de paix générale, mais à d'autres conditions, la Syrie veut empêcher toute paix séparée ouverte par l'Accord de désengagement

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dans le Sinal. Liée directement aux Palestiniens qu'elle peut utiliser comme moyen de pression, la Syrie veut intégrer les Palestiniens - l'OLP/ Fatah - dans un règlement général. Cette position rencontre celles de l'impérialisme français et de la bureaucratie soviétique qui ont reconnu diplomatiquement l'OLP et préconisent une solution appelant la création d'un Etat palestinien croupion. Ainsi, chaque camp en présence au Liban affronte indirectement la Syrie d'une part et Israël de l'autre. Une intervention directe de l'impérialisme américain au Liban, comme en 1958, ou d'Israel risquerait de provoquer une levée des masses arabes dans la région qui mettrait à mal les pouvoirs bourgeois dans chaque Etat, les chances de paix impérialiste s'effondrant. L'objectif immédiat des Phalanges était d'obliger l'armée libanaise à intervenir contre les Palestiniens pour reproduire au Liban le Septembre noir jordanien de 1970. Mais l'armée libanaise a été neutralisée par le soulèvement populaire massif et la combativité des masses. Le phénomène qui s'est produit est la fusion dans la lutte des masses arabes libanaises et palestiniennes. La première manifestation de cette jonction armée à la base s'était effectuée au printemps dernier à Salda en réaction à la tentative de prise de contrôle de force des pêcheries locales de la côte par la haute finance de Beyrouth (l'homme de l'opération, Camille Chamoun, actuel ministre de l'Intérieur, est celui qui avait réclamé le débarquement des troupes américaines en 1958 alors qu'il était président de la République). Devant les menaces de se voir arracher leurs ressouces essentielles, pêcheurs, populations locales et militants palestiniens déclenchèrent ine véritable insurrection. Ces évènements furent un révélateur pour la droite maronite en même temps que pour les masses elles-mêmes qui prirent davantage conscience de leur puissance. C'était un avertissement que les Phalanges saisirent exactement. Ce premier objectif des Phalanges ne fut pas atteint, le conflit s'installa par rounds successifs impliquant des sections des masses chaque fois plus importantes. La jonction entre les détachements palestiniens et les masses libanaises, organisations politiques armées à leur tête, empêcha que le conflit se réduise aux palestiniens et phalangistes permettant l'intervention de l'armée. Musulmane dans sa base, maronite dans son commandement. l'armée courait le risque grave de voir son unité éclater si elle s'engageait dans le conflit pour faire cause commune avec les Phalanges. Maintenue en dehors des combats elle demeurait le seul garant important du maintien des intérêts bourgeois par la suite.

La guerre civile Le glissement du pays dans la guerre civile prit son cours le plus violent au cours de l'été. L'engagement de secteurs de plus en plus larges des masses dans les combats était une manifestation de la domination du confessionalisme. C'est aussi la cause directe des atrocités qui furent commises par les deux camps, montrant l'arriération politique de la grande masse. Des mots d'ordre démocratiques anti-impérialistes et anti-sionistes furent lancés dans les secteurs influencés par les organisations révolutionnaires libanaises. Tout au début des combats, les affrontements se circonscrirent aux détachements armés des deux camps. Il s'en suivit une extériorisation des masses du fait de leur impréparation politique et militaire à affronter globalement la situation. Le cours des évènements entraina leur mobilisation organisée et leur armement. Alors seulement un tournant commençait à s'opérer qui donnait aux affrontements armés une dimension de guerre civile où le centre de gravité de la crise n'était plus seulement entre phalangistes et Palestiniens mais entre les masses arabes et la réaction impérialiste. Les masses commençaient à lutter pour elles-mêmes, indépendamment des appareils politiques bourgeois. Ainsi le risque devenait grand pour la bourgeoisie maronite d'abord, musulmane ensuite, de voir leur échapper de plus en plus le contrôle de la situation, faisant échouer de toute manière la tentative initiale d'application du plan combiné des Phalanges avec l'impérialisme américain et Isra el. C'est dans le courant de l'été que la tendance à la politisation de masse du conflit s'affirma davantage, débordant du cadre originel des hostilités, débordant de la politique imbriquée de la Syrie etde l'OLP. Ce processus se manifesta dans les quartiers populaires plus touchés que d'autres par les conséquences économiques de la guerre civile. Les salaires n'étant plus versés, le travail arrêté et le ravitaillement en vivres plus assuré par les moyens traditionnels (les marchés disparaissant à cause de l'extension générale des combats), il s'imposait d'entamer un processus d'auto-organisation élémentaire pour l'obtention et la distribution des moyens de subsistance. Il fallait entreprendre des réquisitions. La disponibilité d'habitants des quartiers et l'intervention des militants des organisations d'extrême-gauche dans de nombreux cas résultèrent dans la formation de comités populaires pour la prise en charge de ces tâches. Parallèlement des équipes d'autodéfense assuraient la sécurité des quartiers où l'auto-organisation des masses se développaient. La trêve du début novembre est intervenue quand une nouvelle étape du développement de l'auto-organisation des masses se dessinait dans cer-

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LIBAN tains quartiers grâce à l'intervention d'organisations révolutionnaires, notamment à Chiah et Nabaa. Expériences localisées, plaires, leur objectif était la formation de Conseils de quartiers avec des délégués élus, dépassant le cadre de l'organisation autonome de la vie quotidienne à l'échelle du quartier, pour poser le problème d'une organisation de conseils dans tous les quartiers, reliés entre eux et traitant de questions politiques centrales. Des tracts distribués par les marxistes-révolutionnaires affirmaient : "Nous luttons contre Gémayel et Chamoun, mais pas pour Saeb Salam et Karamé!" rejettant les solutions bourgeoises des deux dirigeants centraux de la bourgeoisie musulmane, et se prononçant pour : "Un gouvernement ouvrier et paysan". Le mot d'ordre de gouvernement d'union nationale était mis en avant par les réformistes bourgeois et la gauche, le Front progressiste de Kamal Joumblatt et le Parti communiste libanais. La force encore réduite des courants révolutionnaires et l'emprise du confessionalisme sur les masses sont deux éléments qui rendent difficile ou improbable la transformation révolutionnaire de la guerre civile. En plus la répartition des forces combattantes en une multitude d'organisations d'obédience allant du nationalisme nassérien à l'extrême-gauche marxiste-révolutionnaire; en passant par celles qui sont liées directement à l'Union soviétique (Parti communiste libanais) ou à la Syrie (la Salka), reflètent autant de projets politiques divergents et contradictoires. La bourgeoisie et ses perspectives La bourgeoisie libanaise et les courants réformistes sont encore en état de contrôler la situation et de définir des solutions. Dans le camp maronite, deux courants s'opposent. Celui de la petite et moyenne bourgeoisie et du bas clergé en faveur d'une partition du pays, en opposition à la haute bourgeoisie et au haut clergé qui prônent le maintien de l'entité libanaise actuelle. Ces positions sont dictées par les positions économiques respectives des deux composantes en ques -tion. La première, limitée au marché intérieur ne perdrait pas dans une partition, mais tirerait plutôt ses profits du tourisme, de relations avec Israel, et des retombées de la présence militaire directe ou indirecte de l'impérialisme. Quant à la haute bourgeoisie, la disparition du Liban signifierait la destruction de la base territoriale à partir d'où elle menait ses entreprises lucratives grâce au caractère semi-arabe et semi-occidental de l'Etat libanais. Si la haute bourgeoisie maronite a été peu touchée dans ses richesses par les combats, la petite et la moyenne bourgeoisies l'ont été souvent durement : magasins, restaurants, hôtels, immeubles, appartements, entreprises, etc., ont été détruits en grand nombre. Les gros ont leurs armées privées et les capitaux à l'abri, ainsi que les familles. Le maintien d'un Liban intégré implique la réforme complète de la structure de l'Etat, et donc l'abandon du confessionalisme. Déjà les chefs religieux des divers courants musulmans réclament la disparition du confessionalisme érigé en système politique. Si la Constitution doit être amendée, la loi électorale changée (qui est fonction des divisions religieuses) et le recensement de la population refait - mesures impliquées dans l'abolition du confessionalisme -, alors la communauté maronite se trouvera minoritaire naturellement; soumise à la pression des ultras qui pourraient de nouveau prendre prétexte de ces réformes bourgeoises pour relancer les combats pour la par -tition. Déjà des regroupements de populations chrétiennes se sont opérés dans l'Akkar, amorçant des exodes partiels. L'affaire est très délicate. Un regroupement se fait jour au sein des deux ailes de la bourgeoisie, son objectif étant la mise en place d'un Etat fort autoritaire débarassé des armées privées des Gémayel et Chamoun associées, capables de mater Palestiniens et masses libanaises et de tenir en respect les caciques locaux. L'axe Karamé-Raymond Eddé est porteur de cette orientation. Un important réseau d'appui à cette solution se profile, rassemblant des forces internationales dont les intérêts politiques et économiques convergent dans ce sens. L'impérialisme français y voit une alternative au clan américain Frangié-Chanoun et un nouveau moyen d'accentuer sa présence dans la région, dans la lignée de la politique gaulliste. Le haut clergé maronite, lié corp et âme à la France chrétienne coloniale d'hier et d'aujourd'hui, soutient cette perspective. Moscou a reçu Eddé à plusieurs reprises en invité et préconise des solutions proches des Français, notamment la reconnaissance de l'OLP et une solution matérielle, à savoir un Etat palestinien croupion, à la question palestinienne. La Syrie observe cette opération avec bienveillance. La solution bourgeoise de la crise se situe à deux niveaux: d'une part, un accord entre la Syrie et Israel via Kissinger, impliquant l'OLP qui aurait pour effet de décroitre les tensions au Liban; d'autre part, une réforme de la structure du pays scellant l'arrêt de la guerre civile. Au cas où rien de tout cela n'interviendrait, il faudrait s'attendre à une reprise des combats et une marche à la partition, solution qui verrait glisser sous une forme ou sous une autre les masses musulmanes sous le contrôle de l'Etat syrien, posant le développement de la révolution arabe dans un contexte nouveau.

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