Nous publions ci-dessous une correspondance de Pampelune qui montre comment le mouvement ouvrier de Navarre s'organise pour donner le plus de force et d'unité à ses luttes. La façon dont les travailleurs de Navarre préparent la lutte pour la défense de leurs revendications est déjà une tradition. sions ouvrières élaborent une plateforme unitaire qui est discutée dans les assemblées de chaque entreprise avant d'être présentée au patronat le même jour, que cela coincide ou non avec la date établie dans le contrat. Ceci permet d'unifier la lutte. C'est ainsi que s'est forgée cette extraordinaire solidarité ouvrière du prolétariat navarrais. Et c'est ainsi que se sont renforcées quelques Commissions ouvrières qui ont une forte base organisée dans chaque entreprise et une extraordinaire influence dans tout Pampelune. Avant les dernières élections syndicales (au syndicat officiel vertical) les Commissions ouvrières décidèrent de lancer une campagne pour s'emparer des postes de responsabilité dans le syndicat. Et elles y réussirent largement. Mais, dès le début, tous ces postes apparurent
ESPAGNE comme compléments de la lutte des Commissions ouvrières, jamais comme substitut. Les Commissions ouvrières elles-mêmes introduisirent dans la plateforme lancée au moment de la seconde phase des élections syndicales le mot d'ordre d'"Election et révocation libres des responsables syndicaux par les assemblées"'. A de nombreuses occasions, le patronat et l'organisation syndicale ont tenté de renverser ce poids prépondérant des Commissions ouvrières. Ils tentèrent par exemple d'imposer que les réunions du syndicat dans lesquelles participaient librement les représentants et les non représentants soient limitées aux premiers seulement. Mais le résultat a été le contraire de celui escompté par le patronat : il existe aujourd'hui à Pampelune une assemblée des travailleurs de toutes les entreprises qui se réunit régulièrement dans les locaux syndicaux. Environ 600 travailleurs participent activement à ces réunions, parmi lesquels environ 125 occupent des postes dans le syndicat. C'est une assemblée plénière des Commissions ouvrières ouverte à tous les travailleurs. Lors d'une des dernières réunions de cette assemblée, un groupe de camarades a mis en avant la nécessité d'élaborer une nouvelle plateforme de revendications - - différente de celle déjà exposée par les Commissions ouvrières - - qui touche toute la province. selon eux, nécessaire d'intégrer plus étroitement les petites entreprises dans cette lutte, et ceci impliquait d'abaisser les revendications afin de les assimiler à celles de ces petites entreprises. Après un débat, l'assemblée décida à la majorité d'appuyer la plateforme des Commissions ouvrières (l'unité autour de cette plateforme représente précisément la plus grande garantie pour que les travailleurs des petites entreprises puissent mener leur lutte en même temps que les grandes entreprises, ce qui facilite la défense de leurs revendications). blée décida, de plus, de proclamer explicitement le rôle des Commissions ouvrières dans la direction de la lutte revendicative. se, la direction des Commissions ouvrières décida de mettre en place une "Commission ad hoc" dans laquelle se retrouvaient, à côté de cette direction, les représentants des entreprises les plus importantes, afin que leur activité soit directement coordonnée par les Commissions ouvrières en tant qu'instrument de la lutte revendicative. Contrairement à cela, la Commission de Délibération sur le Contrat de la Métallurgie continue à ne regrouper que les représentants syndicaux. Nous pensons que cet organe doit s'élargir, que, lors de l'assemblée qui se réunit dans les locaux syndicaux, il faut élire une commission plus large numériquement, qui soit réellement représentative de tous les travailleurs de Pampelune et responsable devant eux et constamment soumise à leur contrôle. Il existe un climat de mobilisation unitaire à Pampelune. Et on peut en voir un résultat important dans le fait que, à Magnesitas et à Asessa, le patronat a décidé de céder et d'accorder des augmentations de 60 000 et de 54 000 pesetas respectivement. Il semble que dans la première entreprise il était même prêt à accepter la formation d'un Comité de sécurité des travailleurs pour contrôler les conditions de travail. Mais il serait dangereux de penser que cela va être la position du patronat dans toutes les autres entreprises. Nous allons vers des négociations très dures. La bourgeoisie veut faire payer les frais de la crise économique aux travailleurs. Les licenciements ont déjà commencé dans quelques entreprises. L'indice du chômage monte de façon alarmante. La bataille n'a donc en fait que commencé. Au cours des derniers jours, les Commissions ouvrières ont approuvé un plan de lutte : 1) Dans la perspective de préparer une grève générale pour la fin janvier, lancer dès maintenant dans toutes les entreprises différentes actions, assemblées, arrêts, etc., et proposer cette perspective dans toutes les entreprises; 2) Fixer pour le 15 janvier une première journée de lutte pour la plateforme, avec des assemblées et un arrêt de travail d'une heure; 3) Renforcer le travail de chaque Commission ouvrière dans son entreprise, tout en continuant et en élargis -sant les réunions par secteur et les assemblées centrales. Parallèlement une Commission de chômeurs a été formée, coordonnée avec les Commissions ouvrières, afin que son action et ses revendications soient pleinement intégrées dans les luttes à venir. Il faut maintenant s'attaquer à ces tâches. Préparer la lutte dans chaque entreprise par le biais de réunions ouvertes et larges de chaque Commis -sion ouvrière qui préparent des assemblées plénières. Préparer des caisses de résistance et, comme l'an passé, les coordonner avec les quartiers, les paysans, etc., afin d'assurer des fonds qui permettent aux travailleurs de ne pas abandonner la lutte à cause de la faim. Impulser l'activité des assemblées, leur caractère d'organes de direction et de décision. La lutte sera dure. Et large : nous devons nous y préparer. Et notre organisation constitue la meilleure garantie de notre unité.