La situation en Angola est, aujourd'hui, présentée au public comme l'effet direct de l'affrontement entre l'URSS et les USA. La "détente" serait "en danger" et les masses angolaises plongées malgré elles dans une "guerre fratricide" cons -tituerait la chair à canon des conflits entre les deux super-puissances. Une telle présentation des faits recouvre évidemment un projet politique de la part des mass media. Il s'agit de rappeler le bon vieux temps des accords d'Alvor, celui du gouvernement de coalition et de la coexistence "pacifique" entre le MPLA, le FNLA et l'UNITA. L'ambiguité partisane d'une telle position se révèle à la lumière de la campagne du Zalre selon laquelle "seul le peuple angolais doit décider de son sort et selon la voie déjà tracée par ses leaders lors de la conférence d'Alvor" (déclaration de l'agence zalroise AZAP du 6 janvier). L'internationalisation du conflit angolais opacifie partiellement dans la presse internationale la perception des luttes entre le MPLA et la coalition FNLA-UNITA. C'est pourtant l'inverse qui devrait se produire, dans la mesure où chacun s'emploie maintenant à argumenter, à justifier et à négocier sa position. Les masques tombent. Il y a, de ce fait, tout lieu de s'interroger et de préciser l'analyse d'éléments aussi importants que la nature des intérêts américains. la diplomatie africaine, les raisons de l'intervention soviétique, les projets du MPLA, etc... La guestion du nouveau Vietnam A part celle de Kissinger, l'argumentation américaine la plus brutale aura été celle de D. Moynihan, ambassadeur à l'ONU qui affirma le 12 janvier que "le conflit angolais est une conséquence pratiquement inévitable de la détente... Il convient de considérer la détente comme une situation dans laquelle les tensions vont aller croissant, sinon on passe entièrement à côté du sujet... Les Etats-Unis ont subi un grave revers en Asie du Sud-Est et ont été victimes d'un manque de sang-froid. Si réellement nous ne sommes pas en mesure de répondre aux attaques idéologiques, nous ferions mieux de ne pas avoir de détente"(Newsweek). Moynihan est connu depuis quelques temps pour ses déclarations sans ambages. En voici encore une preuve. C'est ainsi que dans la rubrique "garder son sang-froid"', les Etats-Unis ont envoyé au FNLA depuis 1962, armes et finances tout en votant contre la plupart des résolutions onusiennes condamnant le colonialisme portugais. (1) Il semble que vers 1969 Nixon décida de ralentir ce soutien, probablement sous l'effet conjugué des demandes portugaises et sud-africaines. Toutefois, le soutien matériel reprit de plus bel à partir du 25 avril. En janvier 75, une réunion du "White House high level intelligence - coordinating body" (instance de coordination du renseignement de haut niveau de la Maison Blanche) décréta l'envoi de 300.000 $ à Holden (2).
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A la mi-juillet, la CIA se vit autorisée à envoyer 10 millions de dollars de matériel au FNLA et à l'UNITA. Par la suite, ce soutien se maintint à un niveau élevé. Dans le débat qui éclata en décembre au sein du Congrès, des sénateurs s'insurgèrent essentiellement contre le secret recouvrant les activités américaines en Angola. Pour autant, ces affrontements ne mettaient pas en cause uniquement cet aspect formel. Le sénateur démocrate Humphrey, qui s'est prononcé pour un arrêt de l'engagement américain sans exigence de réciprocité de la part de l'URSS a formulé avec subtilité sa perception du conflit. "Si l'Union Soviétique, dit-il, persistait (à fournir une aide au MPLA), elle se trouverait isolée. Cela s'est déjà produit en Afrique. Le nationalisme angolais prouvera probablement qu'il est une force plus puissante (en Afrique), que le communisme soviétique. Même si l'URSS prenait quelque avantage tactique immédiat, il serait sans doute de courte durée" (3). En quelque sorte, pour Humphrey, l'intervention américaine ne peut que radicaliser la lutte alors que la ligne nationaliste actuelle du MPLA constitue à terme une préservation ultime contre des luttes anti-capitalistes. Les Soviétiques répondent à Humphrey par l'agence Tass qui, le 12 janvier, demande aux Etats-Unis d'appliquer avec plus "d'esprit de suite" la politique de coexistence pacifique. Et le journal de Moscou "Etats-Unis, économie, politique, idéologie" estime "qu'en général, les relations soviéto-américaines gardent une tendance à l'amélioration" en dépit de leurs "problèmes complexes" et de toutes "les questions non résolues". Le périodique soviétique appelle à ce propos à compléter la détente politique par la détente militaire et souligne que "la question de la normalisation des relations économiques
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BIEL soviéto-américaines reste toujours d'actualité". Les intérêts impérialistes américains en Afrique ne sont pas homogènes. Certains envisagent leur politique dans le cadre global du continent, composant de-ci, de-là avec les formes les plus diverses du pouvoir politique. Pour ceux-là, les Etats-Unis doivent conserver une image de marque dans tout le continent, en conciliant les impératifs de leurs investissements en Afrique du Sud et les nécessités de ceux réalisés dans les Etats indépendants. Les investisseurs américains, en Guinée Conakry, par exemple, ne sont pas prêts à jouer le soutien inconditionnel au FNLA et à l'UNITA. Par contre, d'autres fractions impérialistes, peuvent fonder leur attitude sur un soutien inconditionnel au bloc austral et au régime zalrois. Toutefois, la surenchère américaine en Angola n'est pas le fait d'un choix délibéré et prémédité. Tout porte à croire que les Accords d'Alvor constituaient pour les USA une solution fort acceptable. Mais dans la suite des évènements, tout cela se transforma en chiffons de papier. L'affrontement entre le MPLA et le FNLA s'il se soldait par une défaite des troupes de Holden, laisserait le champ libre aux projets politiques et économiques du MPLA avec notamment des perspectives immédiates de nationalisations. L'Afrique du Sud, dès lors ne pouvait accepter que le gouvernement américain laisse a'implanter en Angola un régime dont la première oeuvre serait de se constituer un secteur économique d'Etat sur le dos de certains investisseurs. A ce titre étaient directement menacés les investissements sud-africains dans la vallée du fleuve Cunene, probablement, en partie, ceux des mines de Cassinga, etc. Outre la question des investissements, une Angola contrôlée par le MPLA se serait opposée très sérieusement à la perspective sud-africaine de balkanisation de la Namibie en Bantoustans autonomes et aurait aidé les forces luttant pour une indépendance immédiate et totale de ce pays. L'Etat expansionniste sud-africain, bénéficiant d'un degré important d'autonomie vis-avis des capitales impérialistes décréta une intervention directe en Angola qui, tout en bloquant l'avance du MPLA, forçait la main au gouvernement américain dans le sens d'un alignement inconditionnel au côté du FNLA et de l'UNITA, Roberto Holden décrit parfaitement cette demande lorsqu'il déclare lancer un appel à l'occident "pour qu'il sauve l'Afrique du communisme". "Je demande à l'Ouest qu'il se sauve lui-même. Je suis stupéfait d'avoir à crier ceci dans le désert" "Sans considérer les Etats-Unis comme les gendarmes du monde, j'estime qu'ils sont les gardiens de la liberté mondiale". Et de se féliciter de l'intervention des Sud-africains qui "viennent combattre l'incendie quand la maison de leur voisin brûle. Peut-être ne le font-ils pas par amour pour leur voisin, mais pour éviter que leur propre maison prenne feu à son tour. Les nations occidentales devraient en tirer la leçon". (4) Ainsi dans la perspective de la conférence de l'Organisation de l'Unité Africaine un ballon d'essai diplomatique fut lancé sur le thème d'un retrait possible des troupes sud-africaines laissant entendre qu'un accord entre les trois mouvements la satisferait. Washington a exercé des pressions sur Pretoria en essayant de les monnayer, au sein de l'OUA, pour un retour à un gouvernement de coalition. Une telle éventualité semble encore très éloignée dans la mesure où le MPLA a réitéré son rejet d'une nouvelle coalition et où se développent les conflits entre UNITA et FNLA. A Huambo (ex-Nova Lisboa) se sont dérou -lés des affrontements meutriers entre troupes de l'UNITA et troupes du FNLA dirigées par Chipenda. Incapables d'insufler à leurs troupes un minimum de conscience nationale, les états-majors du FNLA et de l'UNITA en sont réduits à mesurer leurs divergences au gré de conflits tribaux, de rancunes et de confrontations entre hommes de La diplomatie américaine reste donc relativement paralysée. Le retour à une coalition étant une perspective prématurée, l'opposition démocrate faisant valoir que de toute manière l'engagement américain ne se justifie pas et qu'il ne s'agit nullement d'un enjeu comparable au Vietnam, Washington s'est contenté de préparer la conférence de l'OUA pour éviter la reconnaissance majoritaire de la République populaire d'Angola proclamée par le MPLA. La diplomatie africaine à l'épreuve L'Organisation de l'unité africaine (OUA) a comme fonction essentielle de préserver un consensus en-
ANGOLA tre toutes les directions bourgeoises africaines face aux remous de la vie politique continentale et aux luttes révolutionnaires. La clause de non-ingérence dans les affaires intérieures de chaque Etat constitue la suprême hypocrisie de ceux qui savent combien leurs intérêts se rejoignent et leurs économie s'interpénètrent. La fétichisation des thèmes pan-africains petits- bourgeois ser traditionnellement d'idéologie aux grandes foires que sont les assemblées de l'OUA. Dans le conflit angolais, pour la première fois la vieille routine des motions unanimes perdait son efficacité. Le Zalre intervient directement et publiquement dans le conflit.
L'Afrique du Sud est intervenue aussi, imposant à chaque régime de préciser sa "sensibilité" vis-à-vis du régime raciste.
Les gouvernements les plus susceptibles de suivre la diplomatie soviétique, ceux qui se sont engagés sur une ligne similaire à celle du
MPLA ( Guinée Bissau), ceux pour lesquels une victoire du FNLA refléterait un risque direct pour des raisons d'opposition intérieure (Congo), etc., annoncèrent très tôt leur reconnaissance de la République populaire d'Angola.
D'autres enfin, tacticiens subtils, se trouvèrent convaincus de l'irréalisme d'un soutien au bloc
FNLA-UNITA. Parmi ceux-ci, on peut placer le Nigéria, le Mali, l'Ethiopie, le Burundi... Ils furent donc 22 pays à reconnaitre la RPA. Le projet de résolution fut présenté par le Nigéria sur un thème qui constitue en lui-même un consensus parmi ce groupe. Le document propose la reconnaissance de la RPA mais exprime par ailleurs sa confiance à ce gouvernement pour "continuer d'instaurer un climat de réconciliation de tous les Angolais prêts à oeuvrer au renforcement de l'unité nationale. " L'autre camp n'est guère plus homogène. Au côté du groupe des durs, Zalre, Cameroun, se trouvent les partisans de l'UNITA pour une nouvelle coalition (Sénégal) et les plus hésitants qui se contentent d'un appel à l'unité. Vingt deux de part et d'autre! L'abstention de l'Ouganda, sauvera cet équilibre précaire. Tous condamnent l'Afrique du Sud et tous reportent l'affaire aux instances régulières de l'OUA. Les protagonistes directs du conflit considèrent tous cette conférence comme une semi-défaite. Le MPLA croyait quelques semaines auparavant qu'il obtiendrait la reconnaissance. Le Zalre espérait décision qui bloque la situation dans la mesure où la dynamique actuelle se traduit par des défaites successives du FNLA sur le front nord après la chute d'Ambriz. Or la conférence n'a rien décidé et le FNLA continue de reculer. Jamais la fonction de l'OUA n'aura été autant malmenée. Ceux qui ailleurs dans le continent se font des illusions encore sur la diplomatie africaine comprendront-ils la leçon ? L'intervention soviétique Les raisons de l'aide massive soviétique aux côtés des combattants anti-impérialistes relève fondamentalement d'une volonté de briser le soutien inconditionnel des Américains à l'intervention sud-africaine. L'URSS a décidé de renforcer spectaculairement ses fournitures en matériel et ses activités diplomatiques après que l'intervention sud-africaine et l'aide des USA au FNLA aient menacé l'équilibre diplomatique en Afrique noire. La Zambie est de plus en plus proche de la politique sud-africaine, ce qui représente déjà un glissement important dans la région par rapport au passé. Une victoire du FNLA en renforçant les forces centripètes de l'ethnie Bakongo fournirait un souffle nouveau à l'opposition congolaise des notables bakongos du régime Ngouabi, expression des intérêts "nordistes". Or ce régime constitue une carte non négligeable de la position soviétique en Afrique centrale. Les tentatives de dialogue officiel entre l'Afrique noire et les racistes sud-africains deviennent de plus en plus crédibles du fait des avantages en nature que fait miroiter Pretoria en direction des régimes néo-coloniaux. Enfin, une victoire du FNLA permettrait la constitution d'un axe Zalro-Angolais dont la fonction anti-communiste serait tout à fait redoutable pour l'avenir de la politique soviétique dans toute l'Afrique. Il s'agit pour la bureaucratie soviétique de préserver, voire de satisfaire sa clientèle diplomatique parmi laquelle il faut placer le Congo, la Somalie, la Tanzanie, la Guinée, l'Algérie et maintenant la Guinée-Bissau. Toutefois, il ne saurait être question de mettre en parallèle cette intervention soviétique avec celle des Américains. Nous devons, quelqu'en soient les raisons diplomatiques, considérer comme positive l'aide militaire de l'URSS au MPLA et refuser la prudence hypocrite des tenants d'une "non-ingérence des grandes puissances". Reste à mesurer les conséquences de cette aide sur le cours politique du MPLA. Celui-ci de toute manière n'a pas attendu les pressions soviétiques pour s'opposer à un développement trop impétueux du mouvement de masse. Hormis cela, les conséquences seront sans doute : a) une crédibilité plus grande des projets de capitalisme d'Etat du MPLA garantie par un soutien économique soviétique; b) un développement de courants staliniens au sein du MPLA sans pour autant donner naissance à une fraction stalinienne ayant un projet politique propre à opposer au reste de la direction. La conjugaison de ces deux éléments a déjà produit dans la presse de Luanda un cocktail surprenant de déclarations nationalistes et de déclarations sur "la Commune de Paris par Marx" "marxisme-léninisme". Et l'intervention cubaine ? Faut-il se contenter de penser que les Cubains en Angola servent de chair à canon pour la politique soviétique ? Nous pensons que non. Les Cubains ont une tradition de présence dans les rangs de mouvements de libération, notamment avec le PAIGC de Guinée-Bissau. De plus, il semble que Cuba craigne for-
tement un investissement brésilien dans cette partie de l'Afrique.
Par ailleurs, facteur très important, la direction cubaine a affirmé par la voix de Carlos Rafael
Rodriguez, vice-premier ministre qu'elle continuerait à apporter une aide militaire au MPLA quel que soit le verdict de l'OUA: "Nous ne tiendrons pas compte d'un appel de l'OUA"' (5). Ceci tranche clairement avec l'enjeu de l'OUA placé au centre des motivations soviétiques.
Enfin la Chine. Il semble que les instructeurs chinois aient quitté les rangs du FNLA. Cependant, la politique chinoise conserve toute sa teneur. Rap pelons que les deux régimes de la région envers lesquels Pékin a mené une campagne de charme et dont les présidents ont été invités en Chine ces dernières années sont le Zalre et le Cameroun. Ces deux pays ont été à la direction du camp antiMPLA à la conférence de l'OUA et tout porte à croire que la diplomatie chinoise maintiendra ses liens avec ces régimes. Dès lors, la politique maoiste envers l'Angola conservera sa prudence, voire sa complicité envers le camp UNITA-FNLA. La nature nationaliste petite-bourgeoise de la direction du MPLA est directement en opposition avec un développetement anti-capitaliste du mouvement de masse et des formes d'auto-organisation véritable. Les derniers mois confirment cette analyse. Alors que le MPLA avait mené essentiellement la lutte de libération nationale en zone rurale, le milieu urbain allait, après le 25 avril, féconder des courants anti-capitalistes issus de la jeunesse étudiante et scolarisée, sur laquelle le MPLA n'avait pas de contrôle direct. Ainsi étaient apparus notamment, les Comités Amilcar Cabral (CAC) liés à l'UDP portugaise et des éléments d'orientation marxiste-révolutionnaire comme les diffuseurs de Revolucao Socialista. Les CAC largement majoritaires au sein de cette extrême-gauche purent jouer un rôle décisif de pression sur le MPLA pendant toute une période et particulièrement sur la question des comités de quartiers, de leur coordination et aussi des milices d'auto-défense, pénétrant assez loin dans les rangs du MPLA l'encadrement militaire et des postes de responsabilité. La direction du MPLA composant de fait avec ces courants pour ne pas s'opposer frontalement à un certain secteur des masses qui dans le courant de 1975 développait leur mouvement spontané. Dès que la guerre civile prit un autre cours et qu'il fallu se préparer à une véritable guerre prolongée, il devint à la fois plus facile pour la direction du MPLA de contrôler les comités de quartier et d'isoler l'extrême-gauche. Briser le poids des CAC sur les comités de quartiers fut un premier objectif. Nito Alves déclara par exemple qu'après "le FNLA et l'UNITA, la lutte devra être menée contre les gauchistes". A la radio on entendit des discours contre les "partisans de Trotsky et Bakounine" et le journal maoiste "Pouvoir populaire" fut interdit. Isolée, affaiblie, l'extrême-gauche pouvait subir l'estocade. En octobre le comité de quartier de San Paulo est occupé par les ÉAPLA et 9 membres de ce comité sont arrêtés ainsi que ll autres militants d'autres quartiers. Les intimidations se multiplient envers des franges plus larges. En novembre ils seront relâchés et une partie expulsée vers le Portugal. Les CAC sont très affaiblis et la direction du MPLA peut à loisir contrôler les structures de "Poder Popular". Donner à ces formes d'auto-organisation un contenu anti-capitaliste devait évidemment fournir l'occasion d'une bataille avec la direction du MPLA. Celle-ci a été perdue par l'extrême-gauche dans une conjoncture de guerre pour laquelle ces courants ne donnaient que des réponses insuffisantes. Les CAC ont développé des conceptions opportunistes et entristes vis-à-vis de la direction du mouvement, alors que d'autres ont pu, au contraire, se tromper par certains aspects abstraits de leur propagande. Confronté au mouvement de masse, ces courants maoistes, empiriquement, rompirent avec la traditionnelle Révolution nationale démocratique et populaire, sans pour autant présenter un projet stratégique clair. Tous avaient contre eux le prestige d'une direction issue de la lutte armée et ils surestimèrent leur implantation véritable au sein des masses. Le fait que leur répression n'engagea pas le MPLA contre les masses est une preuve du suivisme grandissant du mouvement de masse vis-à-vis du MPLA. Toutefois, cela ne peut rien retirer à notre solidarité envers ces militants, notamment ceux qui orientaient leur travail sur une transcroissance socialiste de la révolution angolaise, Certains sont morts face au FNLA et à l'UNITA, donnant une preuve flagrante de leur combat anti-impérialiste. Parmi eux, deux membres du Groupe Révolution Socialiste, Salvador Catao et José Xingumba qui ont été tués à Nova Lisboa. Aujourd'hui, leur combat politique n'est pas terminé. Le journal du MPLA, "'Victoria Certa" du 20 décembre titre: "Face à la lutte contre les droitiers et les gauchistes" et fait son éditorial sur la lutte contre le gauchisme. Cela prouve que la normalisation à Luanda n'est nullement un problème résolu. Il faut mener la polémique sur les thèmes de la liberté d'expression, sur le droit à l'organisation pour tous ceux qui se réclament de l'anti-impérialisme. Il faut exiger la plus large démocratie pour tous ceux qui combattent la réaction. Il faut poser la question de la répression aux représentants du MPLA qui sillonnent le monde et marquent de leur présence des meetings de soutien qu'organise l'extrême-gauche internationale. Si l'aide sud-africaine au FNLA et à l'UNITA doit servir de leçon aux "neutralistes" qui ne perçoivent le conflit qu'en termes de lutte de directions petites-bourgeoises opposées, il faut que la répression contre l'extrême-gauche serve de leçon aux groupes centristes les plus divers qui, au contraire, ont refusé d'avancer la moindre critique envers le MPLA jusqu'à
13. janvier 1976. (1) New York Times, 25. 9. 1975, article de Leslie Gelb. (2) New York Times, 19 décembre 1975. (3)A. F.P. 13 janvier 1976. (4) Newsweek, 22 décembre 1975. (5) New York Times, 12 janvier 1976.