Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

EGYPTE

5 militants encore emprisonnés

Inprecor (première série) n° 46, 18 mars 1976 · p. 8 · 611 mots

5 MILITANTS EGYPTIENS

TOUJOURS EMPRISONNES

D'autres informations nous sont parvenues au sujet des militants révolutionnaires qui ont été arrêtés en Egypte l'été dernier. Les premiers compte-rendus de la presse égyptienne officielle disaient que 20 personnes avaient été arrêtées au début de juillet 1975, et accusées d'etre membres de la Ligue communiste internationaliste, une organisation marxiste-révolutionnaire. (Voir "Inprecor", n°33, du 11.9. 1975). La presse égyptienne rapporta que les militants arrêtés seraient accusés d'avoir pris contact avec le Groupe communiste révolutionnaire du Liban et la IV° Internationale et d'avoir organisé le "renversement du régime économique et politique" de l'Egypte dans l'in-, tention de le remplacer par "un régime extrémiste trotskyste communiste". Les dernières informations sont les suivantes : Le régime a délivré 21 mandats d'arrestation. 60 personnes ont été arrêtées et emprisonnées, tandis que 5 personnes sur les 21 sont restées introuvables. L'un des 60 arrêtés a été relâché. 10 autres ont été mis en liberté provisoire et peuvent être à nouveau arrêtés à tout moment, bien qu'aucune accusation formelle ne soit portée contre eux. 5 militants sont toujours détenus. Ce sont : Abdel Kazim Shahit Mahmoud, et Muzahim Muhi el-Takriti, tous les deux sont des professeurs irakiens, Reda Ibrahim Farag, un étudiant, Mahmoud el-Sayid Muhammed et-Sayid, ouvrier, et Rashad Mansour Mustafa el-Bedawi, ouvrier également. Ces militants attendent toujours de savoir officiellement de quoi on les accuse, et un long délai dans l'instruction de leur cas est possible, le gouvernement peut les garder en prison indéfiniement. On ne sait pas quelles peines ils encourent, mais une loi votée en 1971 prévoit des sentences allant jusqu'à l'emprisonnement à vie pour toute activité politique menée en dehors du cadre de l'Union socialiste arabe, le seul parti légal du pays. Les 10 militants qui ont été relâchés provisoirement sont : le Dr. Muhammed Abdu Bayuni, vétérinaire; Ibrahim Abdel Azziz Azzam, étudiant; Muhammed el-Bashir Abdel Fu'ad el-

Sibai, employé de l'agence de presse égyptienne;Kemal Fu'ad Nagib Muftah; Muhammed Ali Tayil, étudiant; Muhammed Na'man Hashim Tawfal; Randa Abdel Ghaffar el-Baasi et son frè-re, Najwa el-Baasi, tous les deux étudiants; Ali Mahmoud Khalil, employé; et Shawki Muhammed Rashad Abdel-Ghanni. Par ailleurs, il a été confirmé que Ahmad Nabil el-Hilali, avocat égyptien bien connu défend les militants emprisonnés. La situation dans laquelle se trouvent les militants frappés par la répression en Egypte a des significations politiques contradictoires. D'un côté, le fait que quelques uns des camarades aient été relâchés, même si c'est provisoirement, montre que le régime de Sadate qui essaye à l'heure actuelle de faire reluire son image de marque "libérale" est sensible à des pressions internationales sur la question des prisonniers politiques. D'un autre côté, le fait que 5 militants aient été gardés en prison depuis plus de 8 mois sans même avoir été formellement accusés, implique que le régime peut bien avoir l'intention de les détenir indéfiniment, refusant le risque d'un procès politique mais refusant également de relâcher les prisonniers. Il est donc clair que le destin des camarades dépend de deux facteurs: la situation en Egypte et le degré de la solidarité internationale organisée pour leur défense. Ce dernier facteur est particulièrement important dans le cas des deux militants irakiens qui pourraient être expulsés en Irak, où, entre les mains du régime baasiste ultra-répressif, ils seraint presque certainement condamnés à la mort. Mais la solidarité n'est pas purement politique. Plusieurs des militants emprisonnés sont des travailleurs dont les familles sont privées de tout revenu aussi longtemps qu'ils restent détenus en prison. Ces familles sont dans d'extrêmes difficultés financières et ont besoin d'aide. Les contributions peuvent être envoyées au CCP de G. Sholtz, N° CCP 000 - 108 5001 - 56, avec la mention solidarité familles Egypte.

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