Inprecor 1974–2004

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ESPAGNE

Communiqué de la LCR-ETA(VI) sur la constitution de la "coordination démocratique" du 31 mars

· Inprecor (première série) n° 49, 15 avril 1976 · p. 15-16 · 949 mots

État espagnol France Euskadi

Tout d'abord, après l'arrestation de plusieurs membres de la Coordination Démocratique (CD) et le jugement de quatre d'entre eux - donttrois dirigeants d'organisations ouvrières - nous exprimons notre solidarité face à la répression franquiste. Nous nous engageons à lutter pour leur libération de même que pour celle de tous les prisonniers politiques ainsi qu'à renforcer et élargir la lutte pour l'amnistie. La signification fondamentale de la CD n'est autre qu'une offre de pacte politique avec les secteurs dits "réformistes" du gouvernement, et du franquisme en général, comme l'ont expliqué, chacun à leur manière, les dirigeants des organisations bourgeoises et ouvrières signataires.

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ESPAGNE La logique politique de ce pacte ne répond, en réalité, pas à la crise du gouvernement et du régime et à l'absence de solutions justes et efficaces aux graves problèmes du pays. Ce pacte répond essentiellement au rapport de forces entre les classes fondamentales de la société, la bourgeoisie et le prolétariat, tel qu'il existe actuellement dans le pays. Ce rapport de forces s'est exprimé dans une offensive de l'action combative des masses dont l'extension et l'organisation atteint un niveau sans précédent, surtout depuis janvier dernier. Cette offensive a non seulement "brûlé" le premier gouvernement de la monarchie en moins de trois mois et a montré la non viabilité de tous les projets de réforme de la dictature, mais encore a commencé à mettre en question toute possibilité de stabilisation d'un régime bourgeois en Espagne. La volonté des travailleurs d'imposer leurs revendications, leur droit au travail, leur organisation propre - fondée sur la souveraineté de l'assemblée et l'élection en son sein de divers types de représentants directs, délégués, commissions représentatives, etc... -, la profonde solidarité entre la classe ouvrière et les secteurs exploités et opprimés socialement et nationalement, l'extension de la lutte pour l'amnistie, ainsi que l'inclusion dans ce cadre de "l'amnistie pour le travail"', l'extension de la lutte pour la dissolution des corps répressifs et pour le jugement de tous les crimes franquistes, en définitive pour la liquidation totale de la dictature : tout cela annonce déjà que la dynamique objective de la mobilisation des masses, au-delà de la conquête de la liberté, se heurtera à toute tentative de demeurer dans le cadre d'une "démocratie limitée", confectionnée à la mesure de la bourgeoisie espagnole. Le pacte qu'offre la CD aux "réformateurs" du franquisme considère comme interlocuteur véritable le grand capital espagnol, la hiérarchie militaire et l'impérialisme. Il a pour objectit essentiel de freiner cette dynamique de masse, de la confiner dans un cadre compatible avec_la stabilisation d'un Etat bourgeois "démocratique' en Espagne. Partant de cela, il est possible d'expliquer pourquoi dans la déclaration de la CD, ne s'affirme pas explicitement l'opposition à la monarchie franquiste. De même, n'est pas défendu clairement le libre exercice du droit à l'auto-détermination de tous les peuples opprimés par l'Etat espagnol. Il n'est même pas fait allusion à la nécessité de la dissolution de l'appareil répressif franquiste, ni aux revendications économiques et sociales des travailleurs. Les élections à l'Assemblée Constituante sont fixées à une date indéterminée, dans l'intervalle la défense des libertés et des droits politiques serait "garantie" par des "'organes de pouvoir exécutif issus d'une large coalition", où seraient inclus les "réformateurs" franquistes, avec à leur tête Juan Carlos. En conséquence, la LCR-ETA(VI) s'oppose fermement à l'alternative politique de la CD. Nous nions que la "rupture négociée" soit la voie pour renverser la dictature. Pour atteindre cet objectif, il n'existe qu'une voie, elle passe par le développement de l'action indépendante de la classe ouvrière et du peuple luttant pour leurs revendications et mots d'ordre, sans raccourci, et utilisant ses méthodes de lutte et ses propres formes d'organisation. Cette action de masse seule garantira la liquidation de la dictature et l'exercice des libertés et droits démocratiques fondamentaux. L'heure est venue de lancer le dernier assaut de la classe ouvrière et du peuple contre le franquisme, de préparer la grève générale pour renverser la dictature. Aucun "gouvernement provisoire de coalition" n'a le moindre droit d'exercer le pouvoir après le renversement de la dictature : CONVOCATION IMMEDIATE D'ELECTIONS A L'ASSEMBLEE CONSTITUANTE AU SUFFRAGE UNIVERSEL, AVEC DROIT DE VOTE A SEIZE ANS !!! Face aux manœuvres désespérées de la bourgeoisie, à travers ses différentes fractions politiques, pour résoudre la crise de son pouvoir la classe ouvrière doit maintenir une totale indépendance politique et organisationnelle. Notre peuple a payé, et il paye encore, un prix trop élevé (Vittoria !) pour sa liberté, il n'est donc pas question de recevoir en échange une "caricature négociée" de ses droits et revendications. L'unité du mouvement ouvrier et populaire est certainement plus nécessaire que jámais. Cette unité est en train de se construire à travers la lutte, les assemblées, les comités de grève, les délégués. Cette unité exige un effort commun de toutes les organisations et partis politiques ouvriers pour élargir, renforcer, centraliser les organes unitaires du mouvement de masse et de son avant-garde, dans les entreprises, les chantiers, les quartiers, les écoles, etc. Cette unité exige la défense inconditionnelle des objectifs des travailleurs face à la dictature et au patronat. C'est pour cette unité que nous luttons. Qu'apparaissent comme signataires de la déclaration de la CD, les Commissions Ouvrières, le mouvement communiste, le Parti Communiste d'Espagne, le Parti Socialiste Ouvrier d'Espagne, le Parti du Travail Espagnol, et l'Union Générale des Travailleurs, constitue un obstacle et non pas un stimulant à l'unité de la classe ouvrière et du peuple. Nous appelons toutes ces organisations ouvrières, ainsi que les autres organisations et partis ouvriers comme les organisations nationalistes révolutionnaires à constituer un FRONT UNIQUE CONTRE LA DICTATURE. A BAS LA MONARCHIE FRANQUISTE !

LCR-ETA (VI)

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