Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ESPAGNE

Déclaration de la "Coordination Démocratique"

· Inprecor (première série) n° 49, 15 avril 1976 · p. 14-15 · 1 035 mots

État espagnol Syndicalisme

La Coordination démocratique, fondée le 26 mars dernier à Madrid, regroupe les deux organisme d'opposition qui existaient depuis deux ans en Espagne: la Junte démocratique et la Plateforme de Convergence démocratique.

Ils ont été rejoints par la Démocratie-chrétienne de Ruiz Jimenez (qui signe Gauche démocratique et dont le congrès vient de ratifier l'accord).

La Junte démocratique avait été fondée le 30 juill et 1974 à Paris. Elle rassemblait autour du Parti communiste, le Parti carliste et le

Parti socialiste populaire. Elle se prononçait pour l'utilisation de moyens pacifiques pour,

"au moment politique opportun" ,mener une

"action démocratique nationale"

DECLARAT

"COORDINATION

Face à la crise générale du gouvernement et du régime et l'absence de solutions justes et efficaces aux graves problèmes du pays, ayant pleinement conscience de la responsabilité historique qui incombe à l'opposition démocratique devant le peuple d'Espagne, la Junte Démocratique d'Espagne et la Plate-forme de convergence démocratique ont décidé, en ce jour, leur dissolution et la constitution simultanée d'un seul organe d'opposition, dénommé Coordination démocratique, comme moyen indispensable d'offrir à la société espagnole une réelle alternative de pouvoir capable de transformer, par voie pacifique, l'Etat actuel en Etat démocratique. La Coordination démocratique s'oppose à la permanence d'un régime qui rend impossible l'exercice des libertés démocratiques de tous les citoyens, tant sous la forme qui découle des Lois Fondamentales (de la phalange - NDLR) que sous n'importe quelle forme de gouvernement ou d'Etat qui prétend s'imposer au peuple sans la consultation préalable nécessaire avec la pleine garantie de libertés politiques et l'impartialité, qui assurent l'égalité dans l'utilisation des moyens de communication de masse de l'Etat. En conséquence, la Coordination démocratique dénonce comme un obstacle à la coexistence pacifique la soi-disant politique réformiste du gouvernement, qui vise à se maintenir au pouvoir en combinant les promesses démocratiques et les moyens répressifs et

La Plateforme démocratique s'est créée un an plus tard en été 1975. Elle regroupait autour du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), le Parti nationaliste basque, la Gauche démocratique, le Mouvement communiste d'Espagne (MCE), l'Organisation révolutionnaire des travailleurs (ORT), le Parti carliste et l'Union social-démocrate espagnole. Elle se prononçait pour "l'ouverture d'une période constituante" vers une "rupture négociée". Nous publions ci-dessous la plateforme autour de laquelle s'est unifiée l'opposition démocratique, ainsi qu 'une déclaration de la Ligue communiste révolutionnaire - ETA VI, (Organisation sympathisante de la IV° Internationale en Espagne) au sujet de cette unification.

ION DE LA

DEMOCRATIQUE"

en cherchant à diviser les forces politiques et syndicales les plus responsables par des discriminations et des exclusions arbitraires. Les lois de réforme politique prévues, approuvées par le gouvernement et présentées aux Cortès, ne sont pas acceptables par l'opposition car, même si d'un point de vue formel elles modifient les critères antérieurs, elles ne reconnaissent pas les libertés démocratiques pour tous les citoyens de l'Etat. La Coordination démocratique affirme sa décision d'entreprendre les actions politiques adéquates pour la concrétisation des objectifs suivants: - la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et syndicaux sans exclusion, le retour de tous les exilés et une amnistie qui restitue tous leurs droits à ceux qui en ont été privés pour des motifs politiques ou syndicaux - l'exercice total et effectif des droits et des libertés politiques reconnus dans les textes juridiques internationaux, particulièrement ceux de tous les partis politiques, sans aucune ex- la reconnaissance immédiate et totale de la liberté syndicale et la destruction de l'actuel syndicat d'Etat. - l'exercice effectif immédiat et total des droits et libertés politiques pour les différentes nations et régions de l'Etat espagnol - la mise en place d'un pouvoir judiciaire unique et indépendant, selon les exigences d'une

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société démocratique - la réalisation de la rupture ou alternative démocratique par l'ouverture d'une période constituante qui conduise, à travers une consultation populaire basée sur le suffrage universel, à une décision sur la forme de l'Etat et du gouvernement, ainsi que la défense des libertés et droits politiques durant cette période. La Coordination démocratique invite : - les organes d'opposition existant parmi les nations et les régions à rejoindre cet Organisme pour une alternative démocratique à l'échelle de l'Etat espagnol - les partis politiques et organisations syndicales à l'échelle de l'Etat, qui ne font pas partie de la Plateforme ou de la Junte, à intégrer la Coordination démocratique - les secteurs économiques, professionnels, culturels, ainsi que les institutions écclésiastiques, militaires et judiciaires à ouvrir un dialogue pour la défense des intérêts patriotiques supérieurs, qui amène à la définition de l'alternative politique définie ici; - toutes les forces démocratiques, politiques, syndicales et sociales, et tous les membres des peuples de l'Etat espagnol, à participer aux actions et aux mobilisations pacifiques nécessaires pour la conquête réelle des droits et des libertés fondamentales, et pour établir, au moment de la rupture, des organes de pouvoir exécutif de large coalition - sans exclusives, ni obligations - qui garantissent le plein exercice des libertés et des droits démocratiques et l'ouverture et le développement d'un processus constituant jusqu'a la transmission des pouvoirs aux organes exécutifs ou de gouvernement qui seront

JUAN HAVENIOS (Convergencia). (Reagrupament Socialiste), HERIBERT BARRERA (Esquerra ANTONIO GUTIERREZ (P. S U. C.), PEDRO bari, Jr. CORNUDELLA (Front Nacional).

élus constitutionnellement. La Coordination démocratique estime que l'accomplissement de son objectif politique comme alternative démocratique exige son maintien jusqu'à la convocation d'élections générales, sans préjudice envers la liberté d'aucun parti dans le débat constitutionnel, et que, après la rupture démocratique, elle devra reconsidérer l'opportunité de son maintien en tant qu'organisme unitaire. Les signataires de la Coordination démocratique affirment leur profonde conviction de lutter pour cet objectif avec la volonté de surmonter les affrontements passés et de respecter le résultat du processus constituant et des élections démocratiques correspondantes. La Coordination démocratique exprime sa conviction totale que ce programme n'est pas pour autant la tâche exclusive de l'opposition mais doit être primordiale pour tous les Espagnols.

Madrid le 26 mars 1976 Signataires: Commissions ouvrières, Groupe indépendant, Mouvement communiste, Parti carliste, Parti communiste d'Espagne, Parti social-démocrate, Parti socialiste ouvrier espagnol, Parti socialiste populaire, Parti du travail d'Espagne, Union générale des travailleurs, Union sociale-démocrate espagnole, Parti Démocratique Populaire, Gauche Démocratique (sous réserve de ratification de son prochain congrès). ARDIAGA (P. S. U.), AMADEO CUITO (Reagrupament), PALLACH Republicana), FRAN CES GORDO (Convergencia Democrática), ARAGAY (Unión Democrática), BADIA

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