-AO
UNE ISSUE
A GAUCHE
CRED
SIETRURGICA
Nous publions ici des extraits d'un document élaboré par une Commission du Bureau Politique d'Avanguardia Operaia (AO) intitulé : "Les forces prolétariennes et populaires préparent une issue à gauche de la crise italienne" Ce texte parut le 12 juin 1976. Dans une première partie, il fait l'analyse de la crise du "parti-régime", la Démocratie-Chrétienne (DC), de l'évolution des rapports de forces sociaux et politiques et de l'orientation du Parti Socialiste italien (PSI) et du Parti Communiste italien (PCI). Le document souligne de même que face aux progrès électoraux prévisibles de la gauche lors des élections du 20 juin, s'affirme l'émergence d'une tendance à un niveau de masse, "actuellement encore implicite et exprimée de façon ambiguë dans le vote pour les réformistes", à "voir dans le gouvernement des gauches la seule alternative réelle et pratique dans la situation actuelle".
Nous avons choisi des extraits de la partie centrale du document. Ils mettent en relief le sens donné par AO au mot d'ordre "de gouvernement des gauches' et la conception de cette organisation du rapport "du mouvement des masses au gouvernement des gauches"'. La dernière partie de ce document traite de la fonction d'un "gouvernement des gauches", non seulement comme instrument de défense des travailleurs face à la crise économique, mais parce qu'il peut "constituer une phase décisive dans le développement du processus révolutionnaire de la lutte des masses pour le socialisme' En outre est exposée leur conception du "développement du contrôle ouvrier et populaire et du problème du pouvoir". Sur le thème du contrôle ouvrier le document affirme : "la "valeur stratégique" du contrôle ouvrier et populaire peut être synthétisée sous trois aspects : - c'est, dans des situations déterminées, l'instrument avec lequel on impose la réalisation d'importantes conquêtes partielles; - la croissance du contrôle ouvrier et populaire affaiblit et désagrège le degré de contrôle exercé par l'adversaire de classe sur l'ensemble du tissu social; - enfin, l'expérience qui s'accumule, au niveau de masse, dans la lutte sur ce terrain, dans l'exercice des formes de contrôle, constitue un précieux "apprentissage" pour la future conquête et gestion effective du pouvoir. Mais au même moment il doit être clair que l'incidence effective, en termes de pouvoir, du contrôle ouvrier et populaire, ne peut être que partielle et précaire ". Nous reprenons les mêmes intertitres que le document original. Les résistances des réformistes La phase politique qui s'ouvrira apres les élections sera donc marquée, d'une part, par l'impossibilité pour la DC de maintenir le monopole du gouvernement et du pouvoir, et d'autre part, par son impuissance à "partager" réellement ce gouvernement et ce pouvoir avec l'ensemble des partis du mouvement ouvrier. De là surgira une poussée objective en faveur d'un "gouvernement des gauches" (governo delle sinistre) comme unique alternative réellement possible à cette situation : mais „ sa réalisation concrète, les contenus de son programme et le type de rapport avec le mouvement de masse devront être l'objet d'une lutte dure sur le plan politique et social. En fait, ni la base parlementaire, ni le caractère en quelque sorte de "maturité historique" du "gouvernement des gauches" ne sont suffi-
sants pour faire que le PCI et le PSI en arrivent à la décision de gouverner sans et contre la DC (...) Cette ligne (du PSI et du PCI) tendra à se manifester en première instance dans la tentative d'embarquer à tout prix la DC dans n'importe quel type de formule gouvernementale. Mais - même si cela se révélait impossible - dans ce gouvernement sans la DC auquel, tant bien que mal, seront finalement contraints les partis ouvriers réformistes, cette orientation se traduira soit au niveau de la formule gouvernementale, soit au niveau de son programme. Les partis réformistes, toute possibilité de gouvernement avec la DC disparue (gouvernement DC-PCI ou d'autres formules), tenteront pourtant de lancer une sorte de "compromis historique sans la DC" (ou de "gouvernement de salut public avec ceux qui sont là"). En termes de composition du gouvernement, cela se refléterait dans l'effort d'entraîner dans le gouvernement les "partis mineurs" de la bourgeoisie et, en particulier, le Parti Républicain italien (PRI) qui - malgré son poids quantitatif assez réduit - est en réalité significatif en termes de représentation de classe, dans le sens qu'il concentre la volonté de secteurs importants de la grande bourgeoisie de se donner une représentation alternative à la DC. Pour ce qui est du programme, cela conduirait probablement à un programme dans lequel se retrouverait, à côté de certains objectifs réformistes traditionnels, l'essentiel de cette politique traditionnelle de "sortie de la crise", au sens anti-populaire prôné par la grande ourgeoisie (...) Certes, la tentative des réformistes de se montrer les administrateurs les plus efficaces des intérêts de la bourgeoisie aura affaire au mouvement de masse : avec sa capacité de résistance, désormais éprouvée, à l'attaque des salaires et de l'emploi, mais aussi avec les nouveaux espoirs et les nouvelles poussées stimulés dans les masses par la confirmation d'une majorité de gauche. Cependant, il faut avoir à l'esprit deux conditions d'un poids considérable. En premier lieu, il n'est pas dit que les grands espoirs suscités par une victoire électorale de la gauche se traduiront directement en une nouvelle et plus forte poussée de luttes; celle-ci se heurtera aux "tendances à l'attente confiante" que les réformistes tenteront d'alimenter de toutes leurs forces. En deuxième lieu, et c'est ce qui compte le plus, les actuels rapports de forces dans le mouvement ouvrier et populaire voient les réformistes en position hégémonique et les révolutionnaires en position minoritaire. Ils sont certes capables de développer une hégémonie sur d'importants objectifs et mouvements de lutte mais sont encore incapables de la consolider dans un projet stratégique d'une certaine ampleur. Le problème central auquel nous devrons nous mesurer sera donc d' "être le levain" de la poussée de fond présente dans le mouvement de masse, pour réussir à la faire émerger et faire peser politiquement avec un poids qui aille au-dela de notre force organisationnelle actuelle. Ce qui peut nous permettre de surmonter ce fossé (entre nécessités objectives et nos propres forces) est la force objecti ve des contradictions de classes, leur reflet dans la conscience des masses. Mais nous réussirons à faire peser cette force de manière politiquement précise et incisive seulement lorsque nous serons aptes à l'orienter sur la base d'un programme: avant tout un programme immédiat portant sur les contradictions les plus aiguës et les plus dramatiques de la situation et sur lesquelles un "gouvernement des gauches" devra se déterminer dès sa formation. (...) Programme de lutte, programme de gouvernement Ce programme doit être en même temps un programme de lutte et un programme de jouvernement. En premier lieu, programme de lutte : d'une part, parce que chaque programme politique des révolutionnaires doit naitre des masses et de leur expérience de lutte et savoir y retourner sous forme d'indications systématiques, autour desquelles peut se concentrer la force de la lutte, afin de la faire peser de manière politiquement déterminante; d'autre part parce que, la condition essentielle d'un progrès politique, d'autant plus dans cette phase, consiste dans l'autonomie du mouvement de classe, dans sa capacité à porter en avant ses objectifs principaux sans les subordonner aux équilibres politiques passés auxquels les réformistes voudraient les contraindre. Mais, également, un programme de gouvernement. En quel sens ? Certes pas dans le sens illusoire de celui qui se sent désormais une "force de gouvernement", acceptée et influente, et pense pouvoir influencer de manière concrète le nouveau gouvernement, grâce à la force de ses propres idées ou de sa propre présence
"Programme de gouvernement" veut dire autre chose. Avant tout, cela signifie assumer pleinement un fait fondamentalement nouveau qui caractérise la période du "gouvernement des gauches"': c'est-à-di re la possibilité (mais non la certitude automatique !) que surgisse un gouvernement qui soit au moins partiellement un instru-
ment utilisable par les masses populaires dans leurs luttes plutôt que d'être un instrument entièrement dans les mains de leurs ennemis. Cela signifie que, au moment même où les masses luttent pour un objectif, elles doivent se poser la question de la façon dont un gouvernement peut agir pour ce même objectif. Par exemple, si on lutte pour la création d'un nombre déterminé de postes de travail, il s'agira de définir en même temps le type de politique économique gouvernementale adapté à la réalisation de cet objectif (en termes d'investissements publics directs, de contrôle du crédit, etc). Mais cela implique également définir une échelle des priorités dans les objectifs du mouvement de masse qui tienne égaement (mais non seulement) compte des marges de manœuvres "autolimitées" par la volonté de compromis des réformistes, mais de celles définies par les rapports de forces entre les classes et par certaines "résistances" (économiques et institutionnelles) non éliminables dans cette courte période. Concrètement, cela nécessite la définition d'un programme faisant référence prioritairement aux problèmes de la crise en cours et comportant un double ordre d'objectifs : d'une part, donner la force maximale aux objectifs de défense des intérêts populaires surgis des luttes dans cette phase de crise; d'autre part, déterminer les contenus de classe de la politique avec laquelle le gouvernement de gauche affrontera la crise, c'est-à-dire la "distribution des coûts" de la crise et le type de modification qui, à travers la crise, se produiront dans la structure et le développement économiques. Le développement (même s'il est inévitablement partiel et contradictoire, non généralisable dans des formes institutionnelles) de formes de contrôle ouvrier et populaire constitue le terrain fonda -mental sur lequel s'effectue une soudure entre les deux niveaux ("'de lutte" et "de gouvernement"') de ce programme. (...) Le mouvement de masse et le gouvernement des gauches Dans la lutte complexe pour la constitution du "gouvernement des gauches", le développement maximum et autonome des initiatives du mouvement de masse est d'une importance décisive. En aucune manière, il ne devra se subordonner à l'encadrement contraignant des équilibres précaires produits des compromis que tenteront de passer les partis réformistes. La raison de fond de cette option est due au fait que la réalisation de notre projet politique - "un gouvernement des gauches"' fondé sur un programme anticapitaliste de sortie de la crise - possède comme élément moteur la nécessité de transférer, également sur le plan institutionnel, la force et les objectifs qui se sont exprimés jusqu'à maintenant sur le plan social. Du rapport qui s'établira entre la force que la gauche aura au Parlement et les luttes de masse dans le pays dépendra dans une grande mesure le développement du contexte politique après les élections. Rien n'est plus faux que l'illusion consistant à ouvrir la voie au "gouvernement des gauches", à rendre acceptables ses mesures de transformation sociale, en demandant aux masses une délégation de pouvoir et offrant leur passivité à l'adversaire. Un tel marché, proposé à plusieurs reprises par le secteur avancé de la bourgeoisie et suscitant la bienveillance évidente des directions politiques et syndicales du mouvement ouvrier - pourtant refusé à maintes reprises par la réalité du mouvement de masse - sera reproposé de manière bien plus dangereuse et d'une victoire électorale et d'une présence directe du PCI dans la majorité gouvernementale. D'importance é gale est le fait, qu'une fois constitué, "le gouvernement des gauches" sera harcelé et soutenu par une lutte de masse étendue et forte. Sur cela se fondent aussi bien la garantie de la survivance même du "gouvernement des gauches" que la possibilité d'ouvrir concrètement le chemin vers le pouvoir populaire. La première raison en est que le gouvernement n'est pas encore le pouvoir. La lutte des classes, à ce point, se trouve face à ses échéances les plus difficiles. Seule la mobilisation et la présence organisée des masses peut surmonter les obstacles, éviter les contre-offensives et également empêcher indécisions et reculs d'un gouvernement qui, ne l'oublions pas, nait comme gouvernement de coalition et sera donc dirigé par des forces réformistes, socialement hétérogènes et à structure d'organisation bureaucratisée. La deuxième raison réside dans le fait que seul un mouvement de masse toujours plus actif et étendu est en mesure de créer un climat de mobilisation, de transformer l'orientation des couches sociales incertaines. Faute de quoi, l'action du gouvernement, qui ne peut pas ne pas déranger des équilibres établis, ne pas toucher à des intérêts multiples, ne pas connaître mille difficultés, se trouverait bien vite devant une vague de protestations corporatistes et serait contrainte à reculer, comme cela est arrivé si souvent lors d'expériences antérieures. (...) Une troisième raison a trait aux "problèmes à long terme" et est liée à la qualité nouvelle de la crise actuelle, au type de programme nécessaire pour l'affronter et au type de perspective révolutionnaire qui en découle. C'est la suivante : la prise du pouvoir et son exercice ne peuvent être conçus aujourd'hui, ni seulement, ni avant tout, comme une simple extension des instruments d'intervention de l'Etat (même dirigé par des partis ouvriers) ou encore comme une simple radicalisation
des objectifs du "gouvernement des gauches", mais bien comme un processus articulé et prolongé de lutte pour le pouvoir, à travers la réalisation de formes de contrôle ouvrier et populaire sur tout le tissu social, un processus dont le "gouvernement des gauches" sera poussé à en être l'instrument. (...) Cette perspective stratégique exclut donc d'autres hypothèses, avec leurs conséquences sur la direction que l'on tente d'imprimer au mouvement de masse. D'une part, elle exclut l'hypothèse selon laquelle le "gouvernement des gauches" ou -vrirait la voie à la révolution dans la mesure où il sera rapidement "brûlé" par les contradictions aigues entre sa politique et le mouvement de masse. D'autre part, elle exclut l'hypothèse d'un "gouvernement des gauches"' qui constituerait par lui-même la condition d'une sorte de "croissance harmonique" du pouvoir ouvrier et populaire dans la société, de telle manière que, par progrès successifs, il finisse par modifier la nature de classe du pouvoir. Une hypothèse de ce genre oublie deux questions fondamentales. Premièrement, l'antagonisme irréductible entre pouvoir populaire et pouvoir bourgeois, raison pour laquelle est inimaginable une croissance graduelle du premier à l'intérieur du second. Deuxièmement, la lutte entre les deux lignes au sein du mouvement ouvrier, raison pour laquelle il n'est pas pensable qu'un "gouvernement des gauches", né sous l'hégémonie réformiste évolue "naturellement" jusqu'à devenir un instrument docile du processus révolutionnaire. (...) Quel type de gouvernement de masse, sur quels objectifs prioritaires, dans quel rapport avec l'action du gouvernement ? (...) Ce qu'il importe d'affirmer ici, toutefois, parce que cela implique un grand effort théorique et pratique également de notre part, c'est la nécessité de construire le mouvement de masse à un nouveau niveau, un mouvement capable d'une autonomie complète envers le "gouvernement des gauches", mais également susceptible de comprendre et d'utiliser la nouveauté constituée par celui-ci. En quelque sorte, un mouvement qui refuse la délégation, sans pour autant offrir un quelconque espace à l'agitation corporatiste et "poujadiste". De ce point de vue, le rôle du syndicat est essentiel. C'est l'unique organisation capable - si elle suit une ligne de classe correcte - de recueillir la poussée immédiate de la lutte des masses et d'en opérer une première unification et organisation, capable de la faire peser positivement au niveau politique sur l'orientation même du gouvernement, tout en évitant les risques aussi bien de luttes exemplaires qui restent isolées et exposées à un "nouveau modèle de répression", que qui se maintiennent confinées à un milieu corporatif et puissant, donc, à la limite, devenir les instruments de la contre-offensive réactionnaire. Il est donc nécessaire que : a) se reconstruise une effective autonomie de classe du syndicat, refusant le rôle de "syndicat du régime"; b) que cette autonomie mette au centre l'unité de la classe ouvrière, la capacité d'unifier ses mobilisations combatives autour d'une stratégie cohérente, et non pas la simple représentation éparpillée des diverses luttes sectorielles (il faut donc refuser le lemme entre "la vision globale liée à la trève sociale" et "l'autonomie de luttes restreintes aux limites corporatistes"'). Cette orientation générale comporte une série d'implications: - en ce qui concerne les objectifs, la défense et le développement de l'emploi doivent de -venir les éléments centraux et unificateurs de l'action syndicale; l'autre axe central doit naturellement être la défense du salaire, avec une mise en évidence particulière des formes de "défense sociale" (lutte contre la vie chère); - en ce qui concerne les structures organisationnelles du syndicat, la capacité de relancer les structures démocratiques de base là où elles existent est décisive, de même qu'est essentielle leur construction dans de nouveaux domaines. Voilà, la condition décisive pour la réalisation de trois buts politiques : 1) pour construire une autonomie de classe effecive dans le syndicat; 2) pour relancer un processus d'unification syndicale qui ne se fonde pas sur des compromis paralysants et s'oppose à la tendance à reproduire dans le syndicat les heurts et les accords entre les directions des partis politiques; 3) pour construire à la base l'unité entre les diverses couches du prolétariat, et développer, à partir de ces nouvelles capacités, le contrôle ouvrier sur les grandes orientations de politique économique; - en ce qui concerne la stratégie de lutte du syndicat, déterminante est la capacité de relier des thèmes de lutte généraux avec une stratégie_articulée : la seule stratégie qui permette de ne pas se limiter à une vague soumission à la politique gouvernementale qui en découle, mais de construire des formes de contrôle à la base sur la réalisation des objectifs que l'on veut atteindre. Enfin, le rôle décisif du syndicat est évident dans la défense et le développement des formes de démocratie, contre les tentatives d'attaques réactionnaires qui se développeront sans aucun doute. (...) Mais, justement, à cause de l'importance politique que le mouvement de masse revêt dans cette période, il est clair que notre action au niveau de masse ne peut se limiter à la tâche - pourtant déterminante - d'affirmer une ligne de classe dans le syndicat.
Nous devons donc nous engager à construire des formes autonomes de mouvement et d'organisation des masses sur divers terrains et à divers niveaux. a) Sur les terrains mêmes où se développe aujourd'hui l'action du syndicat, il est nécessaire de développer des formes d'organisation larges et unitaires de l'avant-garde des luttes: capables de renforcer, à travers l'orientation politique, et si nécessaire par le moyen d'initiatives autonomes de lutte, la pression des masses sur le syndicat; il s'agit donc de recueillir l'expérience développée en frabriques, par les CUB (Comités Unitaires à la Base), des collectifs de DP, et d'autres formes analogues d'organisation, en l'insérant dans une perspective politique plus consciente, capable d'influer sur la ligne du syndicat et sur la politique du gouvernement. b) D'autres formes d'organisation autonome des masses seront consolidées et étendues sur ces terrains et par rapport à ces problèmes que l'action syndicale n'a pas touchés directement jusqu'à présent, ou n'a atteint que de façon tout-à-fait inadéquate : la lutte pour le logement, contre l'augmentation du coût de la vie, sur le prix des transports publics, les luttes des soldats, des sous-officiers, le combat pour la syndicalisation dans les forces de police. Elles doivent avoir comme objectif, soit de conquérir directement certaines revendications que le syndicat ne prend pas en charge (les liant à une perspective cohérente du "gouvernement des gauches"), soit de contraindre le syndicat à intervenir réellement sur ces terrains, prenant en charge les revendications essentielles exprimées par le mouvement de masse qui se développe déjà de façon autonome. c) Enfin, il existe un mouvement autonome de masse qui ne peut que de façon très partielle être assumé par le syndicat, même si ce dernier est dirigé par une orientation de classe : le mouvement de libération de la femme. Celuici exprime une contradiction au sein même du prolétariat, qui se prolonge même à l'intérieur de ses secteurs révolutionnaires, et qui ne peut pas être résolue entièrement dans le cadre d'une ligne syndicale de classe correcte, parce qu'elle est en rapport avec des questions concernant le processus révolutionnaire dans sa totalité et la construction même du socialisme. (...)
Tous ces mouvements autonomes au niveau des masses, sur leurs différents terrains et avec des rapports divers avec le mouvement syndical, doivent et peuvent avoir un élément stratégique en commun. Celui d'être des facteurs propulsant et dirigeant , du point de vue politique, le développement de formes de contrôle ouvrier et populaire, éléments caractéristiques de cette nouvelle phase d'affrontement entre les classes et qui sera de même le terrain décisif sur lequel l'orientation révolutionnaire peut exprimer sa capacité d'hégémoniser le mouvement des masses.
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