IL POPOLO L'ITALIA HA SCELTO LA DEMOCRAZIA
Vittoria
della DC
ZACCAGNINI Cambiare nella libertà terremo fede alle promesse Les élections du 20 juin en Italie ont provoqué comme réactions immédiates la déception des soulagement des autres. La déception de l'extrême-gauche qui escomptait la conquête de la majorité absolue par les partis du mouvement ouvrier, des militants du PCI qui espéraient arracher à la DC la majorité et des socialistes qui ont perdu du terrain. Le soulagement de tous les bourgeois - aussi bien en Italie que dans le monde entier - qui gnaient une nouvelle défaite de la DC et l'avènement d'un gouvernement de la gauche. effet, le principal parti bourgeois à fait preuve d'une capacité de récupération incontestable et il a représenté de nouveau le pôle de cristallisation de toutes les forces conservatrices. Par conséquent, la bataille de la classe ouvrière pour une alternative au niveau gouvernemental devra surmonter des obstacles supplémentaires, et les luttes de masse se dérouleront, dans la période qui s'ouvre, dans des conditions relativement moins favorables de ce que l'on escomptait généralement il y a quelques semaines. Toutefois, il faut éviter de tirer des conclusions fausses. Globalement, les formations se réclamant du mouvement ouvrier ont progressé encore, et notamment le PCI a amélioré et amplifié le succès spectaculaire de l'année passée. Le phénomène de polarisation qui s'est manifestement prodult est allé de pair avec une évolution du rapport des forces en faveur du mouvement ouvrier. Voilà la donnée essentielle qu'on ne saurait ignorer ni sousestimer. Cela d'autant plus que la reprise de la DC s'est réalisée essentiellement aux dé-
LIVIO MAITAN l'Unità
Nettamente -postati a sinistra i rapporti di forza nel Parlamento uvito dalle elezioni del 20 giugno
Nuova
impetuosa
avanzata
del PCI
I comunisti oltre l'eccezionale risultato del *
La DC recupera a spese del centro e della des pens d'autres partis du centre et du centre-droite, notamment le PSDI (parti social-démocrate de Saragat) et le PLI (parti libéral). et seulement dans une mesure très réduite aux dépens de l'extrême-droite (MSI), qui n'a pas perdu beaucoup par rapport à 1975. Il en découle que la formation d'un nouveau gouvernement ne sera pas une tâche facile. La majorité de centre - qui existait auparavant -a disparu; la majorité de centre-droite est aussi impossible. Sur le papier, le centre-gauche pourrait être relancé. Mais le PSI, qui a payé un lourd prix pour sa participation au gouvernement et à la majorité parlementaire, à réitéré sa décision de ne participer à aucun gouvernement auquel ne participe pas, directement ou non, le PCI. Le compromis historique aurait évidemment une majorité écrasante: mais la DC, qui a mené une campagne virulente contre cette solution, aurait beaucoup de peine à l'accepter, du moins à échéance immédiate. Les jours prochains, à l'occasion de l'ouverture des nouvelles Chambres, Rome sera le théâtre de pas mal de manœuvres, d'intrigues, de jeux de poker. Le développement de la situation économique n'est pas de nature à faciliter les choses. Il est vrai que la production remonte dans la plupart des secteurs. Mais les problèmes du déficit de la balance des paiements et des déficits budgetaires de l'Etat et des administrations locales, restent dramatiques. Le taux d'inflation monte de nouveau après le ralentissement de 1975 et, s'il n'y a pas de changement dans les prochains mois, 1976 risque de battre tous les records de l'après-guerre. En même temps, il
n'y a pas jusqu'ici une perspective réelle de réduction du chômage. En d'autres termes, la bourgeoisie devra faire face encore une fois à des problèmes extrêmement graves sans avoir résolu sa crise de direction. Quant aux directions réformistes, il ne leur sera pas facile de trouver une base de compromis concrète, indépendamment de leur volonté de collaborer à relancer l'économie et à stabiliser le contexte politique. Même si, en dernière instance, une forme quelconque de compromis historique se réalisait, cela se passerait dans un contexte très instable et gros de conflits explosifs. Voilà une difficulté majeure que toute l'astuce tactique de Berlinguer et Cie ne saura surmonter si facilement... Le score réalisé par l'extrême-gauche sera sans doute l'un des principaux objets de discussion en Italie et ailleurs, dans les mois qui viennent. Comme il ressort des textes des organisations, que nous publions, le 1,5 % de Démocratie Prolétarienne est considéré, en général, comme un échec. Le texte des marxistes-révolutionnaires italiens - dont nous reprenons de larges extraits - analyse les raisons de cet échec, partiellement admises même par d'autres composantes de DP. En plus de facteurs objectifs incontestables, la forme dans laquelle l'accord unitaire a été réalisé et les conditions imposées bureaucratiquement par le PDUP et AO ont représenté des obstacles sérieux à l'élargissement de l'influence de l'extrême-gauche vers les masses sous l'hégémonie de partis traditionnels, et notamment du PCI. Les comités de DP qui ont été présentés parfois comme l'axe porteur de la campagne, n'ont été construits qu'à une échelle extrêmement modeste et le plus souvent ils ont été soumis à la logique de la collaboration préférentielle - et discriminatoire à l'égard de tous les autres - entre le PDUP et AO. Cela n'empêche pas que l'accord pour une seule liste de l'extrême-gauche a été le produit d'un sentiment unitaire assez fort dans l'avant- garde large et qu'il est tout de même important qu'un cadre unitaire de l'extrême-gauche ait été construit au cours d'une bataille politique cruciale. Cet acquis ne doit pas être perdu. Cela veut dire qu'il faut faire un effort pour maintenir ce cadre unitaire, dans le but aussi bien de réaliser l'unité d'action dans les luttes qui se dessinent, que dans celui de développer la confrontation nécessaire entre les différentes organisations sur la problématique que la campagne électorale a permis d'expli-, citer et de mieux définir (problème de la nature de la phase de transition, celui des modes de la prise du pouvoir, la conception du rôle et de la structure du parti révolutionnaire). En ce qui concerne la perspective gouvernementale, la gauche révolutionnaire devra corriger certaines déviations électoralistes. La perspective du gouvernement PCI-PSI ne doit pas être liée uniquement à la possibilité de la conquête du 51 % des voix. Même après le 20 juin, elle doit rester un axe d'orientation essentiel, indépendamment de toutes les questions d'accent et de rythme qui se posent à chaque moment. En même temps, une clarification s'impose sur le contenu même de la formule "gouvernement des gauches". En effet, chez les organisations centristes, la tendance se précise maintenant pour inclure dans le "gouvernement des gauches" aussi bien le PSDI que le PRI. Plus particulièrement "le Manifesto" et le "Quotidiano dei Lavoratori" ont affirmé que dans le Conseil municipal de Rome, la gauche est majoritaire, en calculant explicitement aussi les sièges du PSDI (Saragat) et des Républicains. Il faut lutter sans concessions contre de telles interprétations, le PRI notamment, étant un parti bour - strict, directement lié à des couches d'industriels et de financiers. Une collaboration avec un tel parti ne serait donc qu'une forme de collaboration de classe. Ce n'est pas dans une telle perspective que la bataille pour ce 20 juin a été menée.
2.7,1976.